Amendement n° AS29 · Article 6 quater
De Catherine Coutelle (Socialiste, républicain et citoyen) · déposé le 06/11/2015
- Sort
- Adopté (discuté)
- Texte amendé
- Proposition de loi « proposition de loi relative à la protection de l'enfant »
- Dossier
- Famille : protection de l'enfant
Dispositif
Rétablir cet article dans la rédaction suivante :
« Au premier alinéa de l’article 378‑1 du code civil, après le mot : « délictueux, », sont insérés les mots : « notamment lorsque l’enfant est témoin de pressions ou violences, à caractère physique ou psychologique, exercées par l’un des parents sur la personne de l’autre, ». ».
Exposé sommaire
Cet amendement vise à rétablir l’article 6 quater adopté par l’Assemblée Nationale en première lecture puis supprimé par le Sénat en deuxième lecture et à préciser sa rédaction.
Nombreux sont les enfants témoins de violences conjugales, cette situation entraînant des traumatismes souvent profonds et durables chez ces derniers, et en particulier chez les plus jeunes d’entre eux. L’enfant évolue alors dans un environnement familial dépourvu de sécurité et peut se retrouver personnellement en danger, légitimant ainsi un retrait de l’autorité parentale à l’égard du parent violent.
Si l’article 378‑1 du code civil prévoit l’action en retrait d’autorité parentale dans les cas où l’enfant est victime directe de violences, il ne prévoit pas explicitement les cas dans lesquels il est témoin de violences exercées par l’un de ses parents sur la personne de l’autre.
Le rapport d’étude de l’ONED de décembre 2012 rappelle pourtant les risques pour l’enfant quand il est exposé à ces situations : risque d’être la cible accidentelle ou volontaire d’un acte de violence entre les parents, risque traumatique et de retard du développement, troubles du comportement extériorisés et intériorisés.
Etre exposé à des violences est une maltraitance en soi, dangereuse pour le développement de l’enfant.
Or dans la pratique, les enfants exposés à des violences conjugales sont encore difficilement reconnus comme des enfants en risque de danger.
Ainsi, parallèlement à l’avancée opérée par cet amendement, une étude sur les conséquences des violences conjugales sur les enfants vient d’être lancée par la DGCS. Elle permettra notamment de quantifier le phénomène mais aussi de mieux connaître le parcours des enfants concernés.
Cosignataires (42)
Pierre Aylagas, Alexis Bachelay, Gérard Bapt, Gisèle Biémouret, Kheira Bouziane-Laroussi, Sylviane Bulteau, Marie-Arlette Carlotti, Fanélie Carrey-Conte, Martine Carrillon-Couvreur, Marie-Anne Chapdelaine, Marie-Françoise Clergeau, Philip Cordery, Catherine Coutelle, Michèle Delaunay, Sandrine Doucet, Françoise Dumas, Richard Ferrand, Hélène Geoffroy, Jean-Patrick Gille, Laurent Grandguillaume, David Habib, Mathieu Hanotin, Joëlle Huillier, Christian Hutin, Monique Iborra, Michel Issindou, Chaynesse Khirouni, Bernadette Laclais, Conchita Lacuey, Catherine Lemorton, Michel Liebgott, Gabrielle Louis-Carabin, Robert Olive, Monique Orphé, Elisabeth Pochon, Pierre Ribeaud, Denys Robiliard, Bernard Roman, Gérard Sebaoun, Christophe Sirugue, Jean-Louis Touraine, Jean Jacques Vlody