En 2019, le périmètre de la mission cinéma du MINARM s’est étendu au secteur du jeu vidéo. La cheffe de la MCIC a souligné à cet égard devant vos rapporteurs que « le jeu vidéo de guerre n’est pas exempté du risque de célébration et d’esthétisation de la violence, mais n’est pas non plus enfermé dans cette seule approche. » Il convient à ce sujet de noter que le jeu « Call of Duty » qui se caractérise notamment par sa violence et son réalisme a très directement alimenté la polémique selon laquelle le jeu vidéo serait un facteur d’incitation à la violence. « Bien que de nombreux jeux vidéo soient des jeux de combats, le secteur du jeu vidéo reste encore prudent face au risque d’association d’images avec les armées. Peu de jeux au niveau international ont été développés en collaboration avec des armées. » L’économie du jeu vidéo est complexe, largement supérieure en poids à celle du cinéma (5,5 milliards d’euros en 2022 en France). Un jeu AAA bénéficie d’un investissement moyen de plusieurs centaines de millions d’euros et demande plusieurs années de développement. « Une collaboration avec le ministère des armées ne peut s’inscrire que sur le temps long et au niveau international. Si les éditeurs ont besoin d’un minimum de connaissance technique de combat pour assurer le réalisme du programme, ils n’ont clairement pas besoin du soutien officiel du ministère. Ce dernier imposerait des contraintes éthiques dont les studios de développement s’affranchissent, le jeu vidéo étant un exutoire souvent opposé à l’éthique du soldat. » La MCIC a reçu fin 2022 les principaux éditeurs et studios de développement français afin d’envisager les pistes d’accompagnement et de collaboration possibles.
En parallèle de ces efforts pour pénétrer la sphère du jeu vidéo, la MCIC s’emploie également à ancrer la présence du ministère des armées dans la communauté du « e-sport ». L’e-sport constitue un véritable phénomène de société, en France comme à l’international. En France, l’e-sport intéresse aujourd’hui près de 12 millions de personnes (sources Médiamétrie 2023), soit plus de 23 % des internautes de plus de 15 ans. Plusieurs millions de spectateurs suivent les compétitions en direct, souvent sur les plateformes Twitch et Discord. Désormais considéré comme une discipline à part entière, l’e-sport pourrait même devenir discipline olympique. L’e-sport est ainsi devenu un vecteur majeur pour s’adresser aux jeunes de plus de 15 ans. Au sein du ministère des armées, plusieurs entités sont actives dans l’e-sport mais fonctionnent de façon indépendante. La MCIC s’est positionnée comme coordinatrice de ces différentes initiatives et est en train de monter une équipe e- sport interarmées, qui participera à la prochaine « gamers assembly », la première compétition de e-sport en France fréquentée par plusieurs milliers de joueurs.
Selon la cheffe de la MCIC « Le e-sport en revanche est une discipline beaucoup plus facile d’accès. Le e-sport désigne la pratique sur Internet ou en LAN party, d'un jeu vidéo seul ou en équipe, par le biais d'un ordinateur ou d'une console de jeux. Le e-sport connaît une croissance fulgurante et est capable d’attirer dans des salles de spectacles des milliers de jeunes qui viennent s’affronter ou assister à des compétitions internationales. La MCIC envisage de créer une équipe e-sport interarmées qui pourrait participer à des tournois, rencontrer d’autres joueurs et contribuer ainsi au renforcement du lien armée-Nation. (…). Dans le même esprit est à l’étude la participation du ministère à la Paris Games Week, un salon grand public de jeux vidéo, qui se tient chaque année à Paris en novembre. Loin d’une participation institutionnelle, le ministère pourrait proposer aux visiteurs de jouer avec des militaires à des jeux de drapeaux dans une arène virtuelle. Ces interactions contribuent toutes à resserrer et développer l’esprit défense. »
Dans ces efforts de rapprochement avec le secteur du jeu vidéo, vos rapporteurs invitent la MCIC à respecter une charte éthique préalable à tout projet de collaboration avec un éditeur de jeu vidéo. Les projets accompagnés devront nécessairement proposer des expériences axées sur la réflexion critique, l’éthique du soldat et la stratégie. À ces conditions, ils constitueront des vecteurs critiques de sensibilisation aux enjeux de défense.
Vos rapporteurs estiment par ailleurs que le lancement récent de la marque « Game France », destinée à fédérer l’écosystème du jeu vidéo français et à lui donner davantage de visibilité à l’international, peut être le bon moment pour envisager l’extension du protocole Défense/Culture au jeu vidéo afin de construire une offre d’accompagnement à destination des professionnels.
g. L’industrie musicale et la radio ; un éveil en musique
L’industrie musicale peut également être un vecteur intéressant de sensibilisation aux enjeux de défense. Le 27 mars dernier, la commission de la Défense nationale et des forces armées a auditionné Pierre Bellanger, président du groupe Skyrock et propriétaire de Skyrock PLM (pour les militaires). Skyrock PLM est une radio privée civile qui, en partenariat avec le ministère des armées, s’adresse particulièrement aux militaires. Skyrock PLM est une webradio disponible uniquement sur smartphone et qui fonctionne dans le monde entier avec une adresse IP. En 2023, Skyrock PLM se classe parmi les quarante premières radios du classement des 500 premières radios numériques. En pratique, des flash infos permettent de mettre en lumière l’actualité des enjeux de défense tandis que « les dédicaces Skyrock PLM » permettent d’entrevoir la vie des unités tout en renforçant le moral des militaires. Les principaux chefs militaires des armées et de la Gendarmerie nationale ont réalisé des entretiens à l’antenne ainsi que de nombreux soldats de tous grades. L’entretien accordé par le chef d’état-major de l’armée de Terre Pierre Schill a obtenu 205 000 vues, dont 102 000 sur Youtube et 60 000 sur TikTok. Les moins de 18 ans représentent 28 % de l’audience, les 18-34 ans 41 % et les 34 ans et plus 31 %. Le public est masculin à 59 % et féminin à 41 %. 11 % des auditeurs sont en relation familialement ou professionnellement avec le système militaire. 41 % sont intéressés par l’univers de la défense et 48 % par le programme musical. Ainsi, Skyrock PLM rayonne bien au-delà de la seule sphère militaire.
4. Le patrimoine, levier incommensurable d’éveil aux enjeux de défense
L’histoire de France a forgé une culture et un patrimoine militaires extrêmement riches qu’il importe de conserver, transmettre et faire connaître aux générations futures afin de préserver le lien entre la Nation et ses armées. Le patrimoine constitue ainsi un levier incommensurable d’éveil aux enjeux de défense. Les délégués au patrimoine des armées jouent à cet égard un rôle majeur souvent méconnu.
Vos rapporteurs ont auditionné le délégué au patrimoine de l’armée de terre (DELPAT). D’après le DELPAT, « L’armée de terre est probablement l’armée possédant le plus riche patrimoine matériel, mais aussi immatériel, tant par son importance quantitative que par la valorisation culturelle qui en est faite. ». La DELPAT est ainsi affectataire des plus de 500 000 biens culturels répartis dans les 15 musées de l’armée de terre, 150 salles d’honneur, 31 fortifications gérées par des associations, 38 hôtels de quartier généraux. Les musées de l’armée de terre conservent près de 250 000 objets. À cela, il faut rajouter les 100 000 objets dont la DELPAT est le scientifique affectataire pour le compte de l’armée de terre dans les hôtels de commandement, des lieux de cultes et les lycées militaires. Le DELPAT suit également un nombre important de pièces déposées dans un grand nombre de fortifications, notamment du Grand Est. En outre, près de 150 000 pièces ont été confiées au DELPAT faute d’organismes de tutelle en interarmées ou au sein des DSIA.
Dans le sillage des premiers protocoles Défense-Culture, l’armée de terre se dote dès 1993 d’une délégation au patrimoine (DELPAT). Autorité fonctionnelle en charge de la politique culturelle de l’armée de terre, la délégation au patrimoine de l’armée de terre est intégrée à l’état-major de l’armée de terre. Elle a pour mission de contribuer « à la conservation du patrimoine historique et à la politique culturelle et des musées de l’armée de terre » en coordination, mais sans lien hiérarchique, avec la DMCA qui joue un rôle d’animateur de la politique patrimoniale du ministère. Son rôle est donc d’assurer le recensement, la préservation, la valorisation du patrimoine matériel et immatériel de l’armée de Terre. La DELPAT gère également le transfert et les mises en dépôt de matériels au profit de collectivités et associations qui la sollicitent. Elle assume également la tutelle des 47 peintres de l’armée de terre, coordonne leur activité artistique dans le cadre d’expositions annuelles et d’un salon organisé à l’Hôtel national des invalides tous les deux ans.
Selon le DELPAT « La fin de la conscription ayant nécessité de développer des voies alternatives de compréhension mutuelle, d’éveil de vocations, afin de renforcer un « lien armée-nation » désormais distendu et désincarné (…). Cette politique se traduit par la volonté de « percer » les murs des casernes pour rendre les musées accessibles au grand public. Elle se concrétise aussi par la construction de musées pour les armes qui en étaient dépourvues comme l’arme du matériel en 2000, l’arme des transmissions en 2004 ou le musée de la cavalerie en 2007(…). Les visiteurs étrangers au monde militaire dans nos 15 musées représentent aujourd’hui 85 % de nos visiteurs. »
Les rapporteurs s’inquiètent du déclin de la démographie des associations gestionnaires des fortifications de l’armée de terre. Vos rapporteurs appellent de leurs vœux un soutien public renforcé à l’égard de ces associations qui font vivre le patrimoine militaire local ; ainsi, les associations de la fortification du Grand Est ont accueilli 63 000 visiteurs en 2020 et 79 000 en 2021.
La DELPAT est une structure ramassée, composée d’un officier général, de deux officiers conservateurs du patrimoine ainsi que d’un personnel civil. Dans l’exercice de ses missions elle s’appuie également sur l’expertise particulière d’une dizaine de réservistes. Qu’ils soient affectés à la DELPAT ou dans les musées d’armes, les 23 officiers conservateurs ont soit été recrutés comme officiers sous contrat à la sortie de l’École du Louvre ou d’un master en histoire de l’art, soit choisi de s’orienter vers la filière patrimoine après une première partie de carrière opérationnelle et la réussite au concours du diplôme technique. En général, ils sont tous formés à l’École du Louvre puis à l’institut national du Patrimoine après deux affectations comme conservateur de musée d’arme. Depuis, la création de la DELPAT, 16 officiers ont été formés à l’INP (un tous les deux ans) et 12 à l’École du Louvre.
La Marine nationale, l’armée de l’air et de l’espace ainsi que la Gendarmerie nationale disposent également toutes d’une délégation au patrimoine.
La DMCA rencontre les délégations au patrimoine des différentes armées selon une logique de réunion bilatérale semestrielle. Le rôle de la DMCA est double dans ces échanges, comme animateur de la politique muséale et patrimoniale ministérielle et comme gestionnaire logistique de biens culturels à l’échelle ministérielle. Les échanges entre collaborateurs des musées et de la DMCA sont très fréquents dans l’utilisation d’Archange, qui permet l’introduction des bonnes pratiques en matière de récolement, inventaire des collections, entrée en collections etc. En tant qu’interlocuteur du ministère de la culture au sein du ministère des armées, la DMCA est également le dernier valideur à l’échelle ministérielle des projets scientifiques et culturels (PSC) des musées. Enfin, elle réunit régulièrement un « comex » de la politique muséale, avec l’ensemble des musées du ministère.
À l’aune de ces constats, vos rapporteurs appellent à étoffer les effectifs et moyens de la DELPAT afin de lui permettre de monter en puissance sur ses missions toujours plus nombreuses et complexes.
a. Les musées en lien avec la défense nationale, notamment les musées de traditions de l’armée de terre, doivent encore renforcer leur stratégie vis-à-vis des publics
i. Les trois musées-établissements publics administratifs du MINARM ont renoué avec le niveau de fréquentation pré-Covid et se transforment
Le ministère des armées a la tutelle des trois grands musées que sont le musée de l’armée, le musée de l’air et de l’espace et le musée national de la Marine qui ont tous les trois le statut d’établissement public administratif.
Selon la directrice du musée de l’air et de l’espace, « Les musées jouent un rôle structurant dans la promotion du lien armée-Nation tant ils touchent un public varié, famille, jeunes, territoire, empêchés, prioritaire. Notre Nation, notre jeunesse, ont besoin de retrouver un sens et des valeurs. Nos musées sont organisés pour permettre une prise de conscience, via l’histoire et les collections, de ces valeurs, de nos forces morales, de notre résilience (…). Nos institutions sont le lien entre la société civile et les armées par une série d’actions au sein de nos musées, colloques, journée portes ouvertes, événements, expositions (…). Notre musée est au cœur d’un territoire, il s’investit dans l’accueil des groupes scolaires, des familles et des publics du champ social (…). Le musée est également un musée-lieu mémoriel ». Un constat corroboré par le SIRPA-Gendarmerie au sujet du musée de la gendarmerie nationale de Melun : « Le musée de la gendarmerie nationale se situe véritablement à un carrefour où se rencontrent le monde des armées, qui appartient à la Nation, et la société civile qui la compose. De surcroît, depuis la suspension du service national et l’adoption des mesures dites Vigipirate, le musée fait partie, comme les autres musées des armées, des rares lieux militaires ouverts au grand public. »
En 2023, près de 1,2 million de visiteurs ont été accueillis par le musée de l’armée sur toute l’année. Conscient de sa responsabilité, le musée de l’Armée (MA) entame un programme d’extension de ses parcours au travers du projet ministériel MINERVE, qui va proposer un examen critique de l'histoire dans son approche historique patrimoniale et civique. Dans ce cadre, un nouveau parcours « Forces armées et engagement militaires de la France » donnera à comprendre l'organisation et les missions de l'armée française aujourd'hui, à travers des sujets d'actualité. Suivront des parcours sur l’histoire militaires de 1945 à nos jours et sur la colonisation/décolonisation.
Au 30 septembre 2023, la fréquentation de l’ensemble des sites du musée national de la Marine s’est élevée à 237 665 visiteurs soit 88 % de l’objectif du contrat d’objectif et de performance (COP). Sur toute l’année 2023, la cible du COP (315 000) devrait être atteinte. La réouverture très attendue du site parisien du musée national de la Marine à l’automne 2023 marque un tournant dans la relation de ce musée avec le public. En 2024, le musée prévoit 572 000 visiteurs dans le contexte général de l’accueil des JOP à Paris.
Au 30 septembre 2023, le musée de l’Air et de l’Espace a accueilli 302 773 visiteurs soit 97 % de la cible du COP. Près de 136 500 visiteurs ont été accueillis dans le cadre du salon international de l’aéronautique et de l’espace (SIAE) organisé au Bourget en juin 2023. Cette fréquentation du salon témoigne d’une augmentation de 44,6 % par rapport à 2019. Sur toute l’année 2023, le musée devrait dépasser la cible du COP révisé. En 2024, il prévoit 150 743 visiteurs dans le contexte général de l’accueil des JOP à Paris.
Ces musées se caractérisent par de nombreux liens avec les publics scolaires (conventions avec des établissements, marrainage et accueil de CDSG, conception de ressources pédagogiques pour les enseignants et pour le site EDUSCOL, dispositif enfants-conférenciers etc). Toutefois, vos rapporteurs estiment que le visitorat scolaire peut encore être renforcé : en 2023, près de 70 000 élèves de tous niveaux ont été accueillis au musée de l’Armée soit 6 % de la fréquentation totale. Ces classes viennent principalement de Paris (40 %), IDF (40 %) et dans une moindre mesure des régions (20 %). Ce chiffre semble plus élevé au musée de l’air et de l’espace puisque 50 % des visiteurs y ont moins de 26 ans.
Le 4 octobre 2023, la DGESCO et le musée de l’Armée ont établi une convention de partenariat triennale. Cette convention prévoit principalement que le MENJ soutienne le musée de l’armée dans la réalisation de ses objectifs pédagogiques à l’égard du monde scolaire. Il s’agira notamment pour le musée de :
– poursuivre l’accompagnement de projets pédagogiques dans le cadre d’un partenariat national ayant pour but de favoriser une démarche historique, mémorielle, scientifique et patrimoniale dans un projet global d’enseignement ;
– accompagner les élèves dans la découverte du patrimoine, des collections et de l’histoire de l’établissement à travers des propositions adaptées à l’âge et au niveau scolaire des élèves ;
– produire et mettre à disposition des professeurs et de leurs classes, du premier degré et du second degré, des ressources pédagogiques adaptées, notamment numériques et accessibles en ligne, portant sur les collections et les expositions de l’établissement ;
– accompagner la formation des professeurs, en proposant des actions de formation conduites en partenariat avec les académies conventionnées, les INSPÉ. D’ores et déjà, des visites de sensibilisation gratuites des nouvelles expositions ou des collections, sont organisées sur une base mensuelle.
– soutenir et contribuer à faire connaître auprès des enseignants et du jeune public le CNRD organisé par le MENJ.
Le musée a lancé le 4 octobre son programme de développement d’une communauté de relais éducatifs par une présentation de saison 2023-2024. Dans cette dynamique, le musée lancera, aux côtés du MENJ et en lien avec le musée de l’ordre de la Libération, une journée consacrée à l’éducation morale et civique (EMC) en juin 2024 pour une centaine d’enseignants.
Par ailleurs, le Musée s’inscrit dans le dispositif Pass Culture et sa part collective à destination des scolaires en proposant des visites des expositions temporaires notamment.
Vos rapporteurs saluent les perspectives ouvertes par la signature de la convention précitée entre le musée de l’armée et la DGESCO, notamment en matière de formation des enseignants, de professeurs-relais et d’accueil de classes. Ils invitent le DGESCO, le musée de l’air et de l’espace ainsi que le musée national de la Marine à mener une réflexion similaire dans la perspective d’une convention de partenariat.
ii. Les musées de tradition de l’armée de terre doivent encore parachever leur montée en puissance
La fréquentation des musées de l’armée de terre a doublé en une quinzaine d’années, passant de 110 000 visiteurs en 1999 à 220 000 visiteurs en 2016. Les 15 musées actuellement ouverts comptaient avant le COVID près de 250 000 visiteurs. Leur fréquentation est revenue en 2023 à 230 582 visiteurs. En 2023, les visiteurs des musées de l’armée de terre étaient à 85,4 % des civils, dont 30 660 de jeunes scolaires, et seulement 14,6 % de militaires, selon un ratio assez stable depuis plusieurs années.
Selon le DELPAT, « Ces chiffres constituent une illustration de l’atout que représente l’ouverture sur la ville de nos musées d’arme en complément des trois musées nationaux au profit du développement de l’esprit de défense et du lien armée-Nation. Ces musées sont un atout pour la compréhension par les Français de la politique de défense du pays ».
Les liens des musées d’armes avec les scolaires sont importants mais peuvent encore être renforcés. Au niveau académique, de nombreux partenariats existent entre musée et rectorats. Entre 2015 et 2018, la DELPAT a travaillé étroitement avec le MENJ afin d’alimenter les plateformes EDUSCOL ou EDUCADEF. Au musée de la Légion étrangère, l’opération « le musée c’est pour nous » permet d’accueillir une trentaine de classes par an lors d’une journée complète au cours de laquelle sont proposées de multiples activités.
Le développement de cette politique d’accueil des publics scolaires repose nécessairement sur la présence de médiateurs. Selon le DELPAT, « La DELPAT s’est engagée dans cette voie en lien avec les musées d’armes qui disposent désormais de médiateurs identifiés. Néanmoins, dans un contexte de ressource humaine comptée seuls trois musées ont pu mettre en place un médiateur professionnel à temps plein. »
Vos rapporteurs plaident de nouveau pour un renforcement des moyens et effectifs des musées de l’armée de terre. Ce renforcement permettra notamment de garantir la présence d’un médiateur professionnel à temps plein par musée. Ils encouragent également l’élaboration de visites virtuelles de ces musées, largement relayées par le SIRPA-Terre sur les réseaux sociaux, afin de s’adresser à un public plus large que le seul public du bassin territorial. Vos rapporteurs encouragent la mise en ligne des inventaires des collections des musées de traditions sur Archange via le site Mémoire des Hommes géré par la DMCA, afin d’offrir le contenu des collections au plus grand nombre à l’instar du site Joconde qui constitue le catalogue collectif des œuvres des musées de France.
À plus long terme, vos rapporteurs encouragent la transformation des musées de l’armée de terre en musées de France.
Pour mémoire, cinq musées de la sphère Défense ont obtenu l’appellation « musée de France » depuis 2005, ce qui confirme la possibilité d’obtenir cette appellation lorsque les conditions posées par le code du patrimoine sont satisfaites :
– En 2006, le musée du service de santé des armées du Val-de-Grâce, le musée de l’Artillerie à Draguignan ainsi que le musée des troupes de marine à Fréjus ;
– En 2011, le musée de la gendarmerie nationale à Melun ainsi que le musée de la Légion étrangère à Aubagne et Puyloubier.
L’appellation Musées de France et ses bénéfices
L’appellation « Musée de France » a été créée par la loi du 4 janvier 2002. Est considéré comme « Musée de France », au sens de cette loi, « toute collection permanente composée de biens dont la conservation et la présentation revêtent un intérêt public et organisée en vue de la connaissance, de l'éducation et du plaisir du public » (Art. L. 410-1.). Le musée propriétaire d’une telle collection doit répondre en outre à des critères spécifiques pour obtenir cette appellation :
L'engagement sur les missions : conserver, restaurer, étudier, enrichir les collections ; les rendre accessibles au public ; mettre en œuvre des actions d’éducation et de diffusion ; contribuer aux progrès et à la diffusion de la recherche (Art. L. 441-2.) ;
– être obligatoirement dirigé par un personnel scientifique issu de la filière culturelle territoriale ou nationale (conservateur ou attaché de conservation) ;
– disposer en propre ou en réseau avec d'autres musées, d'un service éducatif ;
– tenir à jour un inventaire de ses collections ;
– rédiger un projet scientifique et culturel (PSC) qui fixe ses grandes orientations.
Parmi les plus de 1 200 musées de France, 82 % relèvent des collectivités territoriales ou de leur groupement, 13 % de « personnes morales de droit privé (associations ou fondations) » et 5 % de l'État.
L'appellation procure les avantages suivants : mention dans les documents de communication diffusés par le ministère de la Culture, possibilité d'obtenir une signalisation routière spécifique portant le logotype, autorisation d'utiliser le label et son logo sur tous les documents de communication et de signalétique, participation aux journées nationales de communication (Nuit européenne des musées etc) et possibilités de recevoir des subventions de l’État.
Concernant les acquisitions, l’appellation emporte l’éligibilité au fonds régional d’acquisition des musées et au fonds du patrimoine ainsi que le cas échéant l’éligibilité au fonds régional de restauration. L’appellation ouvre aussi la possibilité de bénéficier pour les acquisitions du droit de préemption de l’État ainsi que des dispositions fiscales en faveur du mécénat d’entreprise pour les acquisitions. L’inaliénabilité, l’imprescriptibilité et l’insaisissabilité des collections sont garanties.
L’appellation permet également de bénéficier de la possibilité de transférer la propriété des collections à un autre musée de France, ou de bénéficier du transfert de propriété de collections d’un autre musée de France. Les musées de France ont la possibilité de bénéficier du conseil et de l’expertise des services de l’État tant au sein des DRAC qu'au sein du service des musées de France (architectes-conseils, restaurateurs-conseils, conservateurs du service des musées de France, spécialistes des publics et des nouvelles technologies). Ils peuvent également bénéficier des dépôts des musées nationaux.
La DELPAT porte l’objectif d’obtenir l’appellation musée de France pour ses musées de traditions. En parallèle, le changement de statut des musées de traditions de l’armée de terre est à l’étude depuis 2012. Le modèle associatif, qui était le modèle originel des musées de traditions depuis leur création dans les années 70 est en déclin. Selon le DELPAT, « C’est le modèle des groupements d’intérêt public (GIP) qui, à ce stade et sous réserve des conclusions du groupe de travail mis en place, semble le mieux pouvoir répondre à nos besoins. » ([52])
Le projet de candidature à l’appellation « Musée de France » des musées de l’armée de terre est un projet de long terme. Cette opération suppose au préalable d’établir un inventaire de l’ensemble des collections concernées, de rédiger un projet scientifique et culturel global décliné par sites, de définir un programme d’acquisition de collections, un plan de conservation préventive et de restauration global accompagné d’annexes par lieux. Compte tenu de la complexité de la situation actuelle, du fait de la multiplicité des sites et de la diversité des statuts des musées concernés, ce projet apparaît encore relativement long à mettre en œuvre. Interrogé par vos rapporteurs, les services du ministère de la Culture ont déclaré ne pas encore avoir été saisis de projet à ce stade. Une stratégie pourrait être soit de réunir les différents musées de l’armée de terre en une seule et unique appellation musée de France, soit au contraire de solliciter l’appellation pour chacun de ces musées, traités ainsi individuellement et progressivement. Dans tous les cas de figure, un travail préparatoire pour aboutir à la conformité avec le corpus « musée de France » sera nécessaire.
iii. Les musées, vecteurs critiques de l’éducation à la défense
Selon les mots du directeur du mémorial de Caen, les musées « visent à rendre l’histoire accessible au plus grand nombre (…). Parler des guerres vise à réfléchir aux conditions de la paix ». Sur les 500 000 visiteurs accueillis chaque année au Mémorial, 110 000 jeunes viennent dans le cadre scolaire, ce qui fait de ce musée d’histoire le plus important en termes d’accueil des jeunes scolaires. « Ici, on apprend aux jeunes à décrypter les propagandes, on leur donne l’esprit critique. Les citoyens ont une responsabilité dans la défense nationale et dans l’esprit de défense, qui ne reposent pas que sur les militaires ». Afin de favoriser cet éveil critique, le directeur a imposé la présence d’un médiateur pour l’accueil de chaque classe. En outre, le rectorat met à disposition du mémorial deux professeurs détachés une après-midi par semaine, ce qui demeure insuffisant pour répondre aux flux de visiteurs.
Vos rapporteurs invitent l’Éducation nationale à renforcer les effectifs détachés de « professeurs relais » dans les musées en lien avec la défense nationale afin de permettre aux élèves une meilleure appropriation des collections.
Ils suggèrent également que soit proposée à chaque classe de scolaires visitant l’Assemblée nationale une information sur la possibilité de visiter gratuitement après leur visite du Palais-Bourbon les musées parisiens en lien avec la Défense nationale (musée de l’armée, musée national de la Marine, musée de l’air et de l’espace etc).
b. Structurer une filière interarmées des officiers conservateurs du patrimoine
L’armée de terre a structuré une filière d’officiers conservateurs pour ses musées. Les 23 officiers conservateurs de musée ont soit été recrutés comme officiers sous contrat à la sortie de l’École du Louvre ou d’un master en histoire de l’art, soit choisi de s’orienter vers la filière patrimoine après une première partie de carrière opérationnelle et la réussite au concours du diplôme technique.
Certains officiers conservateurs ont rejoint la DMCA ou le musée de l’air et de l’espace. D’autres ont rejoint le ministère de la culture, comme conseiller musées ou adjoint d’un DRAC. La mobilité interministérielle du MINARM vers le ministère de la culture est encore très modeste. Cela s’explique notamment par le pyramidage des postes de conservateurs au sein de l’armée de terre qui permet l’occupation successive de postes de niveau de responsabilité croissant au sein du réseau des 15 musées, via l’enchainement des fonctions de conservateur adjoint, de conservateur d’un musée, puis de chef de pôle muséal regroupant généralement deux musées puis d’adjoint au DELPAT.
Afin d’offrir davantage de débouchés aux officiers conservateurs en interarmées, et d’harmoniser les pratiques professionnelles au sein du MINARM, vos rapporteurs plaident pour la structuration d’une filière d’officiers-conservateurs interarmées également commune à la Gendarmerie nationale.
c. Saisir pleinement l’opportunité des journées européennes du patrimoine (JEP) et des journées européennes des métiers d’art (JEMA)
Conformément aux orientations du protocole Défense-Culture, vos rapporteurs invitent l’ensemble des musées et établissements patrimoniaux en lien avec la défense à participer aux évènements nationaux du ministère de la culture (Journées européennes du patrimoine, Nuit des musées, Journées européennes des métiers d’art etc). Ils soulignent que le musée de l’armée et le site des Invalides sont d’ailleurs les sites les plus visités en France pour les JEP depuis plusieurs années avec plus de 30 000 visiteurs sur deux jours.
d. Davantage valoriser l’institution des peintres des armées
L’article 2 du décret n° 81-304 du 2 avril 1981 relatif au titre de peintre des armées précise les missions de ces artistes : « Le titre de « peintre des armées » peut être décerné, sur leur demande, par le ministre de la défense à des artistes qui consacrent leur activité à la représentation plastique ou graphique de sujets militaires, maritimes, aéronautiques ou de gendarmerie et dont le talent lui paraît de nature à contribuer au renom des forces armées. Ce titre ne confère aucun droit à rétribution et ne comporte aucun engagement de commandes ou d'acquisitions de la part de l'État. »
Les peintres des armées sont une institution ancienne, dont les origines remontent au XVIIème siècle. Chaque armée exerce une tutelle sur ses peintres ; ainsi le DELPAT exerce une tutelle sur les peintres de l’armée de terre, le CESM sur ceux de la Marine, le CESA sur les peintres de l’air, tandis qu’existent également les peintres de la Gendarmerie nationale.
Les peintres constituent un autre levier de la politique culturelle développée par l’armée de Terre. Actuellement 47 artistes ont le titre de peintre de l’armée de terre, dont 34 peintres, 8 sculpteurs, 5 photographes et récemment 1 graffeur (C215/Christian Guémy). Selon le DELPAT : « Ils participent au rayonnement de l’armée de Terre à travers de très nombreuses expositions, un salon bisannuel, le prêt ou la vente d’œuvres pour nos unités qui reflètent leur engagement opérationnel. Nous assurons le suivi des missions qui leur permettent d’aller à la rencontre de nos soldats et traduire l’humanité et le dévouement de ces derniers. Ils sont dotés d’un uniforme (sans coiffure et sans galon) afin de faciliter leur intégration dans les forces. Le salon bisannuel est un temps fort qui se déroule en règle générale aux Invalides. Il rassemble autour d’un thème arrêté par le CEMAT les œuvres des peintres agréés et titulaires qui produisent pour l’occasion des œuvres nouvelles. »
Les peintres des armées, spécialité marine, sont assimilés lors de leurs embarquements au sein de la Marine Nationale au corps des officiers (capitaine de corvette pour les peintres titulaires, lieutenant de vaisseau pour les peintres agréés). Selon le directeur du CESM, « Le travail des peintres est laissé à leur entière appréciation. La Marine leur propose régulièrement des embarquements, à bord de ses bâtiments comme au sein de ses unités à terre afin d’illustrer par leur œuvre les missions et la vie quotidienne des marins. Ainsi, en 2023, des embarquements ont notamment pu avoir lieu sur le patrouilleur La Glorieuse à l’occasion de la dernière mission de ce bâtiment ou encore sur le chantier de l’arrêt technique majeur du Charles de Gaulle. »
En capturant l’histoire militaire en train de s’écrire, les peintres de l’armée jouent un rôle majeur dans l’éducation et la sensibilisation du public aux enjeux de défense nationale. Ils sont également des passeurs de mémoire.
Vos rapporteurs souhaitent revaloriser cette institution souvent méconnue pour le grand public. Ils encouragent notamment les associations de peintres de chacune des armées à se doter de galeries virtuelles pour permettre l’accès numérique à leurs œuvres par le grand public. La communication de ces associations sur les réseaux sociaux pourrait aussi être renforcée. Les projets de résidence et d’expositions itinérantes de ces peintres dans l’espace public pourrait être renforcés notamment dans les grands nœuds urbains (gares, aéroports, métros etc). Afin de renforcer leur attractivité auprès des publics les plus jeunes, les armées gagneraient également à ouvrir le recrutement de leurs peintres aux nouveaux champs de la création artistique : street-art, graphisme, bande-dessinée. Le travail du peintre de l’armée de terre et street-artiste C215, très populaire et visible sur les réseaux sociaux, contribue notamment à réinscrire la mémoire des compagnons de la Libération dans l’espace public.
e. Davantage utiliser le patrimoine musical des forces armées comme vecteur de rayonnement
Les armées disposent de nombreuses formations musicales de grande qualité qui permettent de sensibiliser la population aux valeurs et à l’histoire des unités. Entièrement constituées de musiciens professionnels, les deux formations musicales de l’armée de l’air et de l’espace incarnent « le prestige et l’excellence » des valeurs de l’aviateur. Elles participent au cérémonial militaire et se produisent également en concert en France ou à l'étranger.
L’armée de terre compte 6 formations musicales (musique des troupes de marine à Versailles, musique des Transmissions à Rennes, musique de l’arme blindée cavalerie à Metz, musique de l’Artillerie à Lyon, musique des Parachutistes à Toulouse et musique de l’Infanterie à Lille). À ces six formations il convient de rajouter également la musique de la légion étrangère dont le recrutement est spécifique.
La musique de la Marine nationale est la plus ancienne des musiques militaires françaises, composée de 76 musiciens professionnels.
La Gendarmerie nationale dispose également de plusieurs formations musicales de renom. La musique de la Gendarmerie mobile et les formations musicales de la garde républicaine (GR), et plus particulièrement l'orchestre de la garde républicaine, participent activement au rayonnement de l'État français, tant sur le territoire national qu’à l’étranger.
Vos rapporteurs suggèrent de renforcer les parrainages de CDSG avec les différentes formations musicales des armées, à l’instar du parrainage réussi entre une CGSD et la musique de l’Infanterie de Lille.
f. Continuer le grand travail de facilitation de l’accès aux archives du grand public
Le ministère des armées compte deux grands opérateurs en matière d’archives. Le service historique de la défense (SHD) est un service à compétence nationale chargé de la collecte, de la conservation et de la communication des archives historiques et définitives du ministère des armées. En tant qu’opérateur rattaché au secrétariat général pour l’administration (SGA) du ministère des armées, et sous la tutelle de la DMCA, il applique la politique d’archivage définie par la DMCA. Le SHD gère plus de 450 km linéaires d’archives et plus de 20 km de rayonnages en bibliothèques (soit plus de 20 millions d’ouvrages, ce qui en fait la plus grosse bibliothèque d’histoire militaire en Europe). Par ailleurs, le service d’histoire de la défense est chargé de l’homologation, de la conservation et de la restauration des emblèmes militaires et participe ainsi à la mémoire militaire. À ce jour, le service emploie 606 personnes réparties sur onze sites sur l’ensemble du territoire national, dont 260 personnels à Vincennes.
L’ECPAD est créé en 1915. L’établissement public est aujourd’hui sous la tutelle de la DICoD. Les missions de l’ECPAD n’ont pas sensiblement évolué depuis 1917 et consistent aujourd’hui en : (a) la formation à travers l’École des métiers de l’image (ÉMI) ; (b) la production audiovisuelle avec une maîtrise de la totalité de la chaine de production audiovisuelle à partir des archives de l’ECPAD directement, ce qui est un modèle unique au monde ; (c) l’envoi d’opérateurs images en opérations extérieures et intérieures avec un quota de 1 500 jours-hommes ; (d) la captation évènementielle des hommages nationaux de la mémoire combattante au service du Premier ministre ou du président de la République ; (e) la conservation des archives collectées au ministère des armées depuis les années 1980 jusqu’à aujourd’hui et dans des archives privées jusqu’à 1842 ; et (f) la valorisation par l’intermédiaire de la vente d’images ou de formations ou par l’intermédiaire de coproductions audiovisuelles d’expositions, de livres ou de festivals. Il bénéficie de l’appui d’une enseignante mise à disposition de l’établissement par l’Éducation nationale Avec près de 15 millions de photographies et 100 000 heures de films, l'ECPAD conserve des archives témoignant des conflits contemporains auxquels nos forces armées ont participé depuis 1915. Au sein même du ministère des armées et de son imaginaire, l’ECPAD reste méconnu pour ses missions en matière d’archivage et reste présenté comme le service qui envoie des soldats d’images en opérations.
L’accès facilité des Français aux archives du SHD et de l’ECPAD est un enjeu essentiel afin de faire comprendre l’histoire et les enjeux de la défense nationale. La valorisation des fonds d’archives détenus par le SHD et l’ECPAD constitue donc un enjeu majeur de sensibilisation aux enjeux de défense. Dans cette perspective, un travail majeur de numérisation des archives militaires est en cours.
Le travail renforcé d’accessibilité des archives militaires repose notamment sur un cadre de travail étroit avec le ministère de la culture.
Les relations sont étroites entre les opérateurs archivistiques du ministère des armées et l’administration des archives qui relève du ministère de la culture. Les deux administrations sont réunies, depuis 2013, au sein du comité interministériel aux archives de France (CIAF), présidé par le délégué interministériel aux Archives de France, par ailleurs directeur général des patrimoines et de l’architecture. Ce comité, placé auprès des services du Premier ministre se réunit régulièrement et produit des référentiels partagés par les trois administrations des archives (Culture, Armées, Affaires étrangères), notamment dans le cadre du cadre stratégique commun de modernisation des archives qui fixe des axes, objectifs stratégiques et opérationnels partagés. Le comité a également un cadre méthodique pour l’évaluation des archives, ainsi qu’un vade-mecum sur la politique de revendication d’archives publiques détenues en mains privées. Les trois administrations portent ensemble depuis 2015 le programme interministériel d’archivage électronique VITAM, avec production d’un logiciel commun intégré dans chacune des directions des archives. Cette contribution interministérielle se poursuit depuis 2019, le programme étant désormais piloté par le ministère de la culture.
Les trois administrations ont également beaucoup œuvré pour favoriser l’accès aux archives, en contribuant notamment à la rédaction de l’article 25 de la loi n° 2021-998 du 30 juillet 2021 relative à la prévention d'actes de terrorisme et au renseignement, dite « loi PATR », qui assure désormais l’articulation entre le l’articulation entre le code du patrimoine, d’une part, et les codes pénal et de la défense, d’autre part, s’agissant de l’accès aux documents protégés par le secret de la défense nationale. Les administrations ont également élaboré ensemble des ouvertures anticipées d’archives non librement communicables, dites « dérogations générales », qui ont porté sur les archives relatives à la seconde guerre mondiale, à la guerre d’Algérie, au rôle de la France au Rwanda entre 1990 et 1994, ou encore aux essais nucléaires en Polynésie française. Elles travaillent actuellement, en étroite collaboration, en soutien aux travaux de la commission de recherche sur le rôle et l'engagement de la France dans la lutte contre les mouvements indépendantistes et d’opposition au Cameroun de 1945 à 1971 ou encore de la commission mixte franco-algérienne d’historiens. La DMCA instruit quotidiennement les demandes de consultation anticipées qui lui sont adressées par les services d’archives du ministère.
L’ensemble de ces ressources est publié sur le portail national FranceArchives, créé par les trois administrations des archives, et dont le ministère de la culture est l’opérateur depuis son ouverture en 2017. Créé à l’initiative du ministère de la culture, du ministère des armées et du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, le portail FranceArchives donne accès aux inventaires et aux métadonnées associées aux documents d’archives numérisés ou nativement numériques des services d’archives, des établissements d’enseignement supérieur et de recherche et d’autres institutions qui conservent des archives. Ce service constitue pour le grand public un véritable point d’entrée pour accéder au patrimoine archivistique français. À ce jour, le portail rassemble les ressources archivistiques (inventaires et archives numérisées) de 166 services d’archives publiques ou privées, soit 85 500 instruments de recherche pour 4,4 millions de visites en 2023.
Afin d’ouvrir plus largement ses archives, le SHD a créé le site « Mémoire des hommes » et, à cette occasion, a numérisé plus de 10 km d’archives. La base des Morts pour la France, diffusée sur « Mémoire des hommes » est moissonnée ([53]) par le Grand Mémorial depuis 2018. La création d’une « base de noms » sur FranceArchives en 2023 a d’ores et déjà permis le moissonnage des 1,3 million de notices de la base des Morts pour la France sur ce portail national. Les évolutions en cours de cette base de noms rendront possible, dès 2024, le moissonnage des autres ressources que la DMCA souhaitera valoriser sur FranceArchives.
Afin de faciliter l’accès des utilisateurs aux archives audiovisuelles du ministère des armées, l’ECPAD a initié à partir de 2014 la construction d’une plateforme « ImagesDéfense » qui est devenue la plateforme des images du ministère des armées. Le site ImagesDéfense a été inauguré lors des journées européennes du patrimoine 2021. Le nombre moyen de visites mensuelles sur le site est passé de 15 000 en 2021 (sur 4 mois) à 48 000 en 2022 pour atteindre 65 000 en 2023. Le pic de visites mensuelles a été atteint en novembre 2023 avec près de 80 000 visites mensuelles. ImagesDéfense propose la consultation d’une partie des collections d’images fixes et animées produites par les armées depuis 1915 et archivées à l’ECPAD. À la fin de l’année 2023, le site ImagesDéfense permettait de compulser un catalogue de 98 000 notices de reportages photo et 35 000 notices de films, et de consulter en ligne 370 000 photographies (193 000 fin 2021) et 10 000 films représentant 2 000 heures de visionnage.
Depuis 2022, l’ECPAD participe au portail FranceArchives dans le cadre d’une convention de partenariat. Ce partenariat permet à l’ECPAD de donner une plus grande visibilité à ses contenus numériques et de les interconnecter avec ceux des autres institutions territoriales, nationales et internationales. Ainsi, les instruments de recherche des fonds d’archives de l’établissement sont collectés en quantité et rendus accessibles sur francearchives.fr. Par ailleurs, le site ImagesDéfense s’inscrit dans la politique gouvernementale d’ouverture des données publiques puisqu’il dispose d’un entrepôt de données OAI-PMH qui permet à toute personne, tout organisme ou toute institution de « moissonner » tout ou partie des données ouvertes – « open data » – issues du système documentaire de l’ECPAD. Cet entrepôt permet un moissonnage par le portail interministériel France Archives. L’ECPAD valorise également sur le portail France Archives ses expositions et publications qui sont relayées sur les réseaux sociaux et les espaces d’actualités du portail national.
Afin de favoriser l’accès des plus jeunes aux ressources archivistiques, l’ECPAD participe à l’éducation à la défense. Tout d’abord, l’établissement figure parmi les principaux fournisseurs de ressources vidéo et des focus photographiques du site Educ@def pour la catégorie « enseigner la défense et la sécurité nationale ». Par ailleurs, dans le cadre d’ateliers pédagogiques, l’ECPAD intervient auprès de plusieurs classes de défense et sécurité globale (CDSG). Il met à disposition de l’ONaCVG de nombreux visuels dans le cadre de projets d’éducation à la défense et est partenaire depuis 2013 de la Fondation de la Résistance et de la Fondation pour la mémoire de la Déportation. Chaque année, l’établissement propose sur son site internet des ressources à destination des enseignants, collégiens et lycéens participant au concours national de la Résistance et de la Déportation (CNRD).
Afin de valoriser encore davantage ses fonds, l’ECPAD entretient de plusieurs partenariats avec des institutions patrimoniales qui donnent lieu à de nombreuses expositions thématiques. L’ECPAD concourt également à de nombreux évènements culturels ou festivals et renforce sa stratégie de coédition d’ouvrages ([54]) qui mettent à l’honneur ses fonds. L’ECPAD développe également de nouvelles coproductions. Tout en créant des partenariats durables avec un large spectre de diffuseurs, nouveaux ou récurrents, l’établissement continue à collaborer avec ses diffuseurs historiques, notamment les chaines de France Télévisions. C’est à leurs côtés que l’ECPAD a travaillé tout au long de l’année sur le développement d’une dizaine de projets relatifs à la guerre d’Indochine ou au 80ème anniversaire de la Libération, dont la diffusion sera assurée en 2024.
À l’aune de ces éléments, vos rapporteurs souhaitent proposer quelques recommandations en matière d’archives :
– actualiser le protocole Défense-Culture en matière d’archives, en y intégrant notamment l’objectif d’intensifier l’exploitation des fonds d’archives audiovisuelles de l’ECPAD ;
– accroître le nombre de professeurs-relais au sein du SHD et de l’ECPAD.
5. La littérature, ferment plus confidentiel de réflexion sur les questions de défense
D’après le Président de l’UBFT : « La littérature peut sensibiliser le public aux enjeux liés à la défense, en exposant les défis auxquels font face les forces armées, les questions éthiques et morales qui se posent en temps de conflit, et les conséquences humaines de la guerre. Les œuvres littéraires offrent souvent des perspectives uniques sur la vie des soldats, les expériences de guerre et les implications plus larges des conflits armés. Elles permettent de mieux comprendre les motivations, les sacrifices et les défis auxquels sont confrontés ceux qui servent dans les forces armées. La littérature contribue à préserver la mémoire collective des événements historiques liés à la défense, en témoignant de la réalité de la guerre et de ses effets sur les individus et les sociétés. Les œuvres littéraires encouragent la réflexion critique sur les politiques de défense, les décisions militaires et les implications à long terme des conflits armés. Elles invitent les lecteurs à remettre en question les idées reçues et à envisager des alternatives. En mettant en avant la littérature en lien avec la défense, on favorise donc une meilleure compréhension, une sensibilisation accrue et une réflexion plus approfondie sur les questions liées à la sécurité et à la défense. »
De grands écrivains ont fait magistralement entrer en littérature l’expérience combattante, parfois dans sa plus sordide cruauté (Maurice Genevoix, Ceux de 14, Céline, Voyage au bout de la nuit ou encore Rimbaud, avec le poème Le dormeur du Val). Ces œuvres font partie du patrimoine littéraire français. Elles sont autant d’« entrées Défense » pour les professeurs de français ou d’histoire-géographie.
Vos rapporteurs estiment également important d’encourager le travail d’écriture des hommes et femmes qui « font » la défense au quotidien. À rebours de l’image de « Grande Muette » qui continue de coller à la peau de l’institution, les romans ou journaux écrits par des soldats contribuent à faire davantage connaître l’institution militaire et à l’humaniser aux yeux de nombreux lecteurs. Le travail d’écriture a été plus ou moins encouragé par la haute hiérarchie militaire, dans une sorte de perpétuel mouvement de balancier. Un genre « militaire » est en germe grâce à la plume de soldats-écrivains comme le colonel Jean Michelin, auteur du roman Ceux qui restent ou encore du journal de bord Jonquille. Ces deux titres donnent tous les deux à voir le quotidien d’un soldat en opération, qu’il soit affecté au cœur de la jungle amazonienne en Guyane ou dans les collines afghanes. L’expérience décrite, à hauteur d’homme, permet d’incarner le temps du récit l’expérience militaire.
Dans un entretien au journal Le Figaro, le chef d’état-major de l’armée de terre écrivait « encourager les militaires à écrire : ([55]). La singularité de militaire réside dans le fait d'être prêt à donner la mort au prix de risquer sa propre vie. Les écrivains proposent une réflexion sur la guerre et l'approche de la réalité des combats : le courage, l'héroïsme, l'honneur et la fraternité d'armes, mais aussi la peur, la souffrance, l'horreur et parfois la folie. ».
Le prix Erwan Bergot, prix littéraire de l’armée de terre, a été créé en 1995 sous l’impulsion du CEMAT afin de récompenser un « ouvrage contemporain de littérature française qui témoigne d’un engagement actif, d’une véritable culture de l’audace au service de la collectivité. » Au sein de l’AAE, le concours d’écriture « Les plumes de l’air » récompense également les œuvres produites par les aviateurs. En 2020, la Gendarmerie nationale a créé le prix du roman de la Gendarmerie nationale, en partenariat avec les Éditions Plon. Chaque année, ce prix est remis à l'auteur d'un « roman sur manuscrit de qualité et destiné à un lectorat grand public, et ce, sans considération de genre littéraire. La Gendarmerie doit y être présente d'une manière ou d'une autre et jouer un rôle dans l'intrigue ; un ou des personnages doivent être des gendarmes ; le roman doit réserver une place importante au métier de gendarme, à ses missions et à ses valeurs. » Il est ouvert à tous les auteurs qui souhaitent y concourir, qu'ils soient gendarmes ou civils.
Vos rapporteurs encouragent fortement ce travail d’écriture, qu’il soit effectué via le truchement des divers prix littéraires des armées ou hors de ce cadre, dans le respect des obligations de confidentialité qui s’imposent aux militaires.
En outre, ils estiment que le recours à la science-fiction peut être très utile pour sensibiliser aux enjeux prospectifs de défense auprès du grand public. Selon les services de l’agence de l’innovation de la défense auditionnés par vos rapporteurs, « L’utilisation de l’imaginaire permet de rendre le public acteur d’un récit, de manière à ce qu’il se l’approprie, qu’il crée sa propre expérience. Il peut avoir un impact majeur pour structurer la capacité de réflexion des générations montantes en s’extrayant du confort du recours à l’intelligence artificielle. » Le rapprochement entre monde de la défense et auteurs de science-fiction est au cœur du projet Red Team, né en 2019. Ce projet a pour objectif d’élaborer des scénarii de rupture d’adversité et de menaces à horizon 2030-2060 afin d’aider à orienter les efforts d’innovation et d’anticipation du ministère des armées. Huit scénarii non classifiés de la Red Team Défense ont été rendus partiellement publics à ce jour, de la saison 0 à la saison 3. Les auteurs sont des scénaristes qui travaillent étroitement avec des experts et militaires. Le programme participe à la modernisation de l’image de l’institution militaire en France en formant une communauté transverse interne et externe aux armées, fédérée autour de la science, de l’innovation, de l’anticipation stratégique et des connaissances futures.
Dès 2020, la saison 0 de la Red Team Défense a fait l’objet d’une restitution publique, en ligne, dans le cadre du Digital Forum Innovation Défense du ministère des Armées. Selon les services de l’AID « Le site internet a connu une réelle augmentation de son trafic au moment de la restitution de la saison 1 (…). La publication sur un site internet et sous forme d’ouvrage a permis de mieux faire connaître le projet, tant au sein du ministère des armées, d’une communauté intéressée aux sujets de défense et de sécurité, que par le grand public avide de science-fiction. L’initiative Red Team Défense est un programme qui dépasse les frontières du monde de la défense. Il bénéficie d’une couverture dans la presse qui l’a rendu connu du grand public et participe ainsi pleinement au lien armée Nation. Cette notoriété est confirmée avec les ventes de plus de 25 000 exemplaires de l’ouvrage rassemblant les scénarii de la saison 0 et de la saison 1, intitulé « Ces guerres qui nous attendent », publié aux éditions Les Equateurs (…). Le volume 2, publié en début d’année 2023 sur les scénarios de la saison 2, a quant à lui atteint les 7 000 ventes, et le volume 3 vient d’être publié sur les scénarii de la saison 3(…). Il n’y a pas d’appropriation de la science-fiction par les armées, les auteurs restant indépendants et totalement libres dans leur action créative. »
B. Dans une perspective de rayonnement et d’influence, les institutions du monde de la défense doivent s’ouvrir autant que possible sur l’extérieur
1. Organiser des portes ouvertes dans les emprises militaires sous réserve de la disponibilité opérationnelle et des impératifs de confidentialité
Lors du déplacement de la mission d’information à la base aérienne de Nancy-Ochey, le colonel Fix qui commande la base aérienne133 a souligné l’importance de « Faire connaître nos missions pour mieux les faire comprendre ». Vos rapporteurs estiment que ce « faire connaître » est bel et bien le maître objectif pour sensibiliser aux enjeux de défense et « faire comprendre ».
En conséquence, ils invitent l’ensemble des forces à organiser des portes ouvertes dans les emprises dès lors que le plan de charge et que les impératifs de confidentialité le permettent. Les évènements publics de découverte de l’armée à destination du grand public, à l’image des échanges avec les forces armées en marge du défilé du 14 juillet, rencontrent un vif succès. L’éveil aux enjeux de défense continue de s’écrire à ces occasions.
2. La communication des armées doit être proactive et adaptée à l’ensemble des publics
La communication institutionnelle des armées constitue un canal majeur de contact avec l’institution pour des millions de concitoyens. Selon la délégation à la communication et à l’information de la défense (DICoD) : « L’image de « la grande muette » perdure dans l’imaginaire collectif, notamment auprès des professionnels qui n’ont jamais travaillé avec le ministère. Les efforts d’information et de communication de nos services permettent néanmoins d’actualiser cette image un peu caricaturale, tout en veillant toujours au respect du statut général des militaires comme de la sécurité des opérations. ».
Dans son discours d’ouverture du « séminaire des communicants des armées » organisé par la DICoD en décembre 2023, le CEMA déclarait : « L’extension des domaines de conflictualité place la communication et ses acteurs au cœur de nos missions. ». Alors que la guerre de haute intensité fait son retour en Europe, la communication institutionnelle des armées est essentielle pour sensibiliser toujours plus de citoyens aux enjeux de défense sans alarmer à outrance. Selon la DICoD, « L’importance de la communication institutionnelle se renforce dans le contexte de saturation et de désinformation du champ informationnel que nous connaissons aujourd’hui. Plus que jamais, les Français attendent d’un organisme comme la DICoD une parole vraie, une information vérifiée. C’est un contrat de confiance qui nous lie à nos concitoyens. »
Afin de mieux acculturer les journalistes aux enjeux du monde de la défense, vos rapporteurs invitent la DICoD à poursuivre sa stratégie communication à leur encontre, via des sensibilisations informelles selon l’actualité ou encore des stages de sensibilisation. L’ensemble des demandes doivent être traitées sur un pied d’égalité quel que soit le média et son niveau d’ancrage (national ou PQR).
Vos rapporteurs invitent les armées à adapter leur communication sur les réseaux sociaux selon l’âge et le profil des utilisateurs. Aujourd’hui, un tiers des Français sont présents sur TikTok qui est devenu le principal réseau social utilisé par la jeunesse. Le compte TitkTok de la Gendarmerie nationale compte près de 570 000 abonnés. Les jeunes sont aussi massivement présents sur Instagram et Youtube. Les formats courts sont adaptés à la jeunesse. Selon le SIRPA-Air « Sur X, le public cible se rapporte plutôt aux experts et attachés de défense, journalistes, industriels. La jeunesse est moins touchée par ce réseau : on observe peu de réactions sur les contenus orientés sur cette thématique, d’où le souci de diversification des comptes (Instagram, TikTok…) afin de toucher toutes les cibles. » L’« infomobilité » est le maître-mot pour être agile et s’adresser au maximum de concitoyens.
Par ailleurs, l’essor des réseaux sociaux a fait naître des influenceurs qui produisent des contenus autour d’une thématique, d’un sujet ou de leur personnalité. Les influenceurs issus des armées permettent d’incarner le quotidien et les enjeux d’une unité. Vos rapporteurs saluent notamment les reportages immersifs des officiers communication des SIRPA qui sont très populaires sur les réseaux sociaux, à l’instar des vidéos postées par la première classe Clémence en reportage immersif pour le SIRPA-Terre. ([56])
Chaque militaire est, selon la formule consacrée de longue date, un « ambassadeur » des Armées dans une logique de recrutement, de rayonnement ou de visibilité. L’influenceur peut constituer une déclinaison numérique de cette fonction. Selon les SIRPAs, « Les vidéos postées par les « influenceurs » des armées sont efficaces, en particulier sur le public des plus de 25 ans. D’autres vidéos plus immersives et sur des formats plus percutants s’avèrent davantage efficaces sur le public jeune (moins de 25 ans) ; elles ne mettent pas en avant « d’influenceurs » mais focalisent l’action sur « le soldat ». L’incarnation par une « égérie » trouve ainsi plutôt son public sur les plus de 25 ans, là où « le soldat » est le seul « héros » (dans toute sa diversité et ses multiples identifications) pour les jeunes. »
3. Afin d’amplifier substantiellement le public cible, les partenariats avec des influenceurs extérieurs aux armées doivent être développés sous certaines réserves
Les partenariats entre les influenceurs extérieurs aux armées et les services de communication des armées se sont multipliés ces dernières années. Ainsi, à l’occasion de l’anniversaire des 90 ans de l’AAE, un partenariat entre l’influenceur Benjamin Briaud (alias « Nota Bene ») et la Fondation des ailes de France a permis de financer cinq publications sur l’armée de l’air et de l’espace mises en ligne par l’influenceur. Ces publications ont donné lieu à 210 000 vues en 4 jours sur Youtube.
L’ECPAD a noué à la fin de l’année 2023 un partenariat avec la chaîne Mamytwink. Créée en 2010, cette chaîne diffuse sur YouTube des vidéos de vulgarisation historique ciblant les 18-35 ans. La chaîne a franchi le seuil de 2 millions d’abonnés et cumule 250 millions de vues à travers plus de 800 vidéos publiées. L’émission « Histoire de Guerre » atteint les millions de vues à chaque épisode, certains épisodes générant pouvant occasionner jusqu’à 10 millions de vues. L’émission, travaillée avec un historien, prend la forme de vidéos d’une durée de 15 à 25 minutes en moyenne. Selon le directeur de l’ECPAD, « Contrairement à Nota Bene, Mamytwink n’a pas sollicité d’argent pour rentrer en partenariat avec l’ECPAD ». Dans le cadre de ce partenariat, l’ECPAD met à disposition des archives cédées gratuitement (jusqu’à 7 min et 40 photos par épisode) en échange d’une visibilité plus ou moins importante en fonction du volume d’archives utilisées. Cette visibilité se traduit a minima en introduction par la mention « en partenariat avec l’ECPAD » avec logo et/ou lien vers le site ImagesDéfense et l’intégration d’une « capsule » en fin de vidéo présentant l’ECPAD. Les archives de l’ECPAD ont été jusqu’ici exploitées dans 4 épisodes : Un épisode s’intitulait notamment « La sombre histoire des essais nucléaires français » et sa diffusion a occasionné 832 000 vues.
Ces partenariats permettent donc aux forces d’obtenir un nombre de vues inégalables sur les réseaux sociaux. Ils constituent ainsi un vecteur intéressant de sensibilisation aux enjeux de défense pour peu qu’ils s’appuient sur des influenceurs dont le sérieux scientifique est un minimum attesté.
Vos rapporteurs souhaitent toutefois conditionner le développement de ces partenariats au strict respect des dispositions de la loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 visant à encadrer l'influence commerciale et à lutter contre les dérives des influenceurs sur les réseaux sociaux. Les influenceurs doivent systématiquement et explicitement indiquer si leur publication a un caractère commercial ou est en lien avec un contrat passé par le ministère des armées. Ils doivent explicitement signaler la promotion de bien, de services, ou d’une cause quelconque par une mention claire, lisible et identifiable sur l’image ou la vidéo durant l’intégralité de la promotion (rémunération directe ou indirecte). Les montants des contrats doivent également être spécifiés.
4. Encourager les résidences d’artistes dans les institutions culturelles en lien avec la défense
Vos rapporteurs souhaitent encourager les artistes contemporains indépendants non situés dans la sphère défense à pénétrer le patrimoine des armées, dans l’objectif d’attirer de nouveaux publics vers ces enjeux. Dans le champ de l’art contemporain, en dehors des peintres officiels des armées, des artistes ont pu aborder les enjeux de défense au sein du ministère des armées. On peut notamment penser à une exposition audacieuse aux Invalides de mai 2021 à février 2022 et intitulée « Napoléon ? Encore ! » et rassemblant des œuvres de Marina Abramović, Adel Abdessemed, Art & Language, Stéphane Calais, Pascal Convert, Hélène Delprat, Damien Deroubaix, Pablo Gosselin, Laurent Grasso, Juliette Green, Fabrice Hyber, Hervé Ingrand, Alexander Kluge avec Georg Baselitz, La Méduse, Célia Muller, Yan Morvan, Hans Op de Beeck, Pavel Pepperstein, Edgar Sarin, Julian Schnabel, Shu Rui, Assan Smati, Georges Tony Stoll, Laure Subreville, Agnès Thurnauer, Yan Pei-Ming.
Les résidences d’artistes pourront également être encouragées, à l’instar du programme « La Résidence au fort » de l’ECPAD qui vise à soutenir la création artistique par l’accueil en résidence d’artistes autour de disciplines artistiques et/ou de thématiques variées. Des appels à projets sont élaborés avec des partenaires extérieurs, proposant des bourses de vie et une diffusion auprès des auteurs artistes. Ainsi en 2024, le projet de résidence photographique proposé par la lauréate Camille Lévêque s’intéresse à la perception collective des réfugiés et à l’analyse de leur statut social grâce à la mise en place d’un index iconographique permettant d’illustrer les recherches en sciences humaines sur le sujet afin de créer un dialogue entre texte et images, anciennes et contemporaines. Ces projets ont l’immense vertu de contribuer à la meilleure valorisation des fonds d’archives de l’ECPAD et de participer au décloisonnement des frontières entre artistes et monde de la défense.
5. Utiliser les ressorts de jeu pour développer une approche ludique des enjeux de défense
En plaçant les joueurs dans une position d’acteurs, le jeu est également un puissant vecteur de sensibilisation aux enjeux de défense. Vos rapporteurs estiment que les jeux de guerre (« wargames ») et autres jeux sérieux doivent être des compléments indispensables à l’éducation à la défense.
Le « wargaming », « jeu de guerre » en français, est un outil immersif et stimulant qui combine stratégie et tactique pour recréer des scénarii, passés ou fictifs, tactiques ou opérationnels, sur des théâtres d’opération. Il est notamment utile pour préparer les engagements opérationnels, former et entraîner, évaluer les besoins capacitaires des armées ou encore tester les concepts et les organisations. Depuis 2021, le ministère des armées s’est organisé pour développer la culture du « wargame », et faire monter en gamme les compétences internes en matière de conception et de capacité d’animation de jeux de guerre.
Selon les services de l’AID « Avec des atouts indiscutables et une simplicité d’utilisation et de mise en œuvre, le wargame est un outil auquel la génération Z peut être sensible. Il permet un apprentissage au niveau individuel de notions de tactique et de stratégie, de gestion des imprévus et des contraintes. Aussi, il encourage la prise d’initiative, l’anticipation et la prise de décision. Au sein du ministère des armées, plusieurs entités organisent régulièrement des wargames au profit de la jeunesse, par exemple l’École navale, le pôle écoles Méditerranée, le CESM qui en mettent en place pour leurs élèves. ».
Les exemples de jeux associés à l’univers de la défense se multiplient. L’association Les Jeunes IHEDN a lancé en 2023 « Opération Hexagone », un jeu de culture général ludique et éducatif sur les thématiques de défense, de sécurité, de mémoire et de citoyenneté. Ce jeu de société était disponible en édition limitée via un financement participatif. Vos rapporteurs encouragent l’édition de ce jeu à destination du grand public. L’agence nationale pour la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a également mené des travaux avec le ministère de l’Éducation nationale afin de sensibiliser les plus jeunes à la sécurité numérique par l’apprentissage ludique. Ces travaux ont abouti à la création du jeu « CyberEnJeux », distribué à la rentrée scolaire 2023 dans près de 300 établissements scolaires situés sur l’ensemble du territoire national. La DSNJ et la DMCA ont également élaboré une offre pédagogique propre à l’enseignement de défense ; dans ce cadre, des jeux sérieux sont mis à disposition des jeunes lors des JDC et JDM.
Selon les services de l’AID, « Durant la période d’incertitude que nous vivons actuellement, il n’est pas suffisant de se reposer sur des expertises et outils classiques. Face au risque de désinformation, le meilleur rempart est l’esprit critique. Le meilleur moyen de cultiver les capacités intellectuelles est d’entraîner à la prise de décision et de favoriser le débat d’idées. Pour ce faire, l’imaginaire est un outil sans risque. L’utilisation du jeu ou le recours à des points de vue externes, par exemple ceux d’auteurs de science-fiction dans le cadre de la Red Team Défense, sont des moyens tout à fait adaptés, et d’importants vecteurs de transmission. »
Annexe 1 : Liste des propositions
Une gouvernance rénovée de l’éducation à la défense pour organiser son passage à l’échelle
Transformer le bureau de l'action pédagogique et de l’information mémorielles (BAPIM) à la DMCA, qui soutient l’éducation à la défense pour le MINARM, en une sous-direction aux effectifs étoffés afin d’organiser le passage à l’échelle de l’éducation à la défense.
Rendre effective la nomination d’un relais défense dans chaque établissement scolaire.
Doter les trinômes académiques d’un budget en propre afin d’augmenter leur potentiel d’action en autonomie
Au sein de chaque force armée, identifier clairement un délégué à la jeunesse responsable des actions d’éducation à la défense. Découpler ses fonctions de celle de sous-directeur chargé du recrutement.
Instaurer un suivi statistique de la mise en œuvre effective de l’enseignement de défense.
Renforcer la présence des inspecteurs de l’Éducation nationale enseignement technique / enseignement général (IEN-ET/EG) comme représentants du recteur au sein des trinômes académiques
Instituer au sein du MINARM un guichet unique pour l’octroi de subventions finançant les projets d’éducation à la défense.
Renforcer substantiellement la formation initiale et continue des enseignants aux enjeux de la défense nationale
Mettre en place un module obligatoire de formation initiale à l’enseignement de défense au sein des Master MEEF ainsi qu’un module de formation continue obligatoire du même type que celui de la laïcité. (modules seulement optionnels pour Mme Etienne, obligatoires pour M. Blanchet))
Mettre en place une épreuve relative à la défense et la sécurité nationale à l’oral 2 des épreuves d'admission des concours de recrutement de professeurs des écoles (CRPE) ainsi que des concours externes et des troisièmes concours du Capes, du Capeps, du Capet, du CAPLP et de recrutement des conseillers principaux d'éducation. (M. Blanchet uniquement)
Encourager la signature par le MENJ d’une convention facilitant le financement de la participation des enseignants aux formations de l’IHEDN.
Renforcer la transversalité de l’enseignement de défense
Renforcer l’interdisciplinarité de l’enseignement de défense en construisant notamment des ponts avec l’éducation aux médias et à l’information, l’éducation artistique et culturelle et l’éducation au développement durable
Dans l’objectif de renforcer la sensibilisation des élèves au risque cyber, renforcer la coopération entre l’ANSSI et le MENJ afin de mettre en place, dans le cadre du programme PIX, des épreuves obligatoires relatives à la sécurité et l’hygiène numérique.
Développer le levier du sport pour sensibiliser la jeunesse aux enjeux de défense (M. Blanchet uniquement).
Saisir l’opportunité de la réforme en cours de l’EMC
Garantir que le doublement horaire hebdomadaire d’EMC ne sera pas effectué sous plafond.
Maintenir l’obligation d’enseigner la défense nationale dans le cadre de l’EMC en 3ème et non en 4ème comme le prévoit la réforme des programmes d’EMC en cours d’élaboration.
Une gouvernance rénovée des CDSG
Recommander l’inscription des CDSG dans les projets d’établissement et sanctuariser le volume horaire consacré aux CDSG au sein de la dotation horaire globale des établissements.
Davantage reconnaître les enseignants particulièrement engagés dans des projets de CDSG, en attribuant par exemple les palmes académiques, la légion d’honneur ou l’ordre du mérite aux enseignants se distinguant pour leur engagement dans ces classes.
Davantage reconnaître la participation des élèves aux CDSG via :
l’attribution de points supplémentaires aux candidats pour l’obtention du diplôme national du brevet (uniquement M. Blanchet) ;
l’inscription d’une mention spécifique portée au diplôme ou encore la création d’un diplôme d’honneur remis par les trinômes académiques aux élèves.
Encourager l’existence d’une CDSG dans chaque établissement du second degré en inscrivant si besoin cette recommandation dans le protocole visant à développer « les partenariats dans le cadre du déploiement du dispositif classe de défense ». (uniquement M. Blanchet)
Encourager le développement de partenariats entre CDSG et unités de la police municipale (M. Blanchet uniquement)
Instituer un cours obligatoire en classe de seconde sur les enjeux de défense et géopolitiques
Mettre en place un cours obligatoire sur les enjeux géopolitiques pour tous les élèves de seconde et dispensé exclusivement par des enseignants de l’Éducation nationale (uniquement Mme Etienne)
Mettre en place pour tous les élèves de seconde un module obligatoire sur la défense globale. Ce module serait dispensé par des réservistes citoyens ou opérationnels et décliné en 35 sessions. Il pourrait être ponctué par la participation en fin d’année scolaire à un camp militaire de deux jours sur la base du volontariat. (M. Blanchet uniquement)
Renouveler la transmission des questions mémorielles en favorisant l‘apprentissage d’une mémoire « incarnée » qui rende les élèves acteurs de cette transmission
Décliner le plan national de lutte contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations en permettant effectivement à chaque élève de visiter un lieu de mémoire au cours de sa scolarité
Permettre aux élèves de participer à une cérémonie patriotique sur le temps scolaire au moins une fois par an (uniquement M. Blanchet).
Permettre aux élèves de participer à une cérémonie patriotique sur le temps scolaire au moins une fois par scolarité (uniquement Mme Etienne).
Supprimer le caractère férié du 8 mai afin de renforcer sur cette journée la sensibilisation des élèves à l’engagement et au travail de mémoire dans le cadre scolaire. (uniquement M. Blanchet)
Encourager la création dans chaque collège et lycée d’une délégation de porte-drapeaux. (uniquement M. Blanchet)
Créer les conditions d’un parcours citoyen dynamisé
Clarifier la place du SNU dans l’éducation à la défense nationale
- Supprimer le SNU et réinvestir les crédits alloués au profit des élèves et des enseignants (formation continue, remplacements de courte-durée, rémunération des enseignants selon le principe une heure travaillée= une heure payée). (uniquement Mme Etienne) ;
-Établir un suivi statistique des jeunes ayant participé aux premières cohortes de l’expérimentation SNU depuis 2019 afin de connaître leur parcours (M. Blanchet uniquement)
- Détailler dans les enquêtes annuelles de l’INJEP les problèmes recensés lors des séjours ainsi que le nombre d’encadrants ; (uniquement Mme Etienne) ;
Transmettre au Parlement un audit complet sur le coût d’une potentielle généralisation du SNU ; (uniquement Mme Etienne) ;
-Inviter le Gouvernement à remettre au Parlement un « rapport faisant état d'un bilan sur la mise en place du service national universel avant toute évolution du dispositif », ainsi que le prévoit le rapport annexé de la loi de programmation actuelle. (uniquement Mme Etienne).
-L’éventuelle généralisation du SNU sur le temps scolaire devra nécessairement être autorisée par un vote du Parlement.
Introduire une conscription nationale aux contours redessinés
Mettre en place une conscription citoyenne obligatoire de neuf mois pour les hommes et les femmes. (uniquement Mme Etienne)
Mettre en place une conscription inspirée du modèle suédois. Les armées émettraient chaque année leur besoin en recrutement d’appelés selon leurs propres capacités d’accueil. (M. Blanchet uniquement).
Moderniser et redynamiser les deux premières étapes du parcours de citoyenneté que sont le recensement et la journée défense et citoyenneté (JDC).
Dans l’objectif de prolonger l’éveil aux enjeux de défense au-delà du cycle secondaire, renforcer les études supérieures en lien avec la défense
Établir une feuille de route pour l’enseignement supérieur à destination de l’organisation territoriale interarmées de défense (OTIAD).
Rendre effective la nomination d’un référent enseignement de défense et de sécurité (REDS) dans chaque établissement d’enseignement supérieur et de recherche.
Davantage valoriser l’engagement des réservistes afin qu’ils deviennent des vecteurs de sensibilisation aux enjeux de défense dans l’espace public
Faciliter l’engagement des enseignants dans les réserves
Étendre le modèle de la réserve citoyenne du patrimoine aéronautique aux autres armées afin de permettre aux citoyens intéressés de mettre leurs compétences au service des activités de restauration de l’ensemble des patrimoines militaires.
Renforcer la visibilité des réservistes dans l’espace public (M. Blanchet uniquement).
¬affirmer que les réservistes qui le souhaitent ont le droit sans autorisation préalable de l’autorité militaire de porter leur tenue de réserve à l’occasion des cérémonies commémoratives, notamment le 8 mai ; (M. Blanchet uniquement).
¬ faire de l’appartenance à une réserve un nouveau critère de discrimination au sens de l’article L. 225- 1 du Code pénal ; (M. Blanchet uniquement).
¬donner davantage de publicité à la nouvelle médaille des réservistes volontaires de défense et de sécurité intérieure (MRV-DSI) ; (M. Blanchet uniquement).
¬davantage mettre à l’honneur les réservistes lors de la Fête nationale.
Renforcer l’information et la sensibilisation des citoyens à la défense nationale tout au long de leur vie
Afin de favoriser l’inscription des élus aux sessions régionales de l’IHEDN, autoriser l’IHEDN à recevoir de nouveau l’agrément au titre du DIF élus du ministre chargé des collectivités territoriales.
Renforcer les contacts entre correspondants défense et DMD en encourageant l’institution d’une réunion trimestrielle obligatoire du DMD avec les correspondants défense du département. Dans cette perspective, la mise sur pied d’un fichier national consolidé des correspondants défense serait bienvenue.
Développer les réflexes quotidiens de résilience dans la population
Sur le modèle des deux modules de sensibilisation à la stratégie nationale de résilience conçus par le SGDSN pour les agents publics et les élus, concevoir un module de sensibilisation à la stratégie nationale de résilience à destination du grand public.
La culture constitue un puissant vecteur de sensibilisation à l’esprit de défense
Dans le cadre de l’actualisation du protocole Défense-Culture :
- instaurer une gouvernance et une composition homogène des commissions interministérielles culture-armées ;
- formaliser dans le protocole la nécessaire ouverture ultérieure au public des bâtiments du MINARM dont la restauration a fait l’objet d’un financement conjoint défense-culture ;
- étoffer les effectifs et moyens de la DELPAT afin de lui permettre de monter en puissance sur ses missions toujours plus nombreuses et complexes ;
-renforcer les effectifs et les moyens budgétaires de la MCIC ;
-renforcer l’accueil de productions internationales par la MCIC ;
-actualiser le protocole Défense-Culture en matière d’archives, en y intégrant notamment l’objectif d’intensifier l’exploitation des fonds d’archives audiovisuelles de l’ECPAD ;
-accroître le nombre de professeurs-relais au sein du SHD et de l’ECPAD ;
-intégrer l’ensemble des industries culturelles et créatives au protocole : industrie audiovisuelle, bande-dessinée, webtoons, jeu vidéo et e-sport notamment ;
-respecter une charte éthique propre au MINARM préalablement à tout projet de collaboration entre la MCIC et un éditeur de jeu vidéo. Les projets accompagnés devront nécessairement proposer des expériences axées sur la réflexion critique, l’éthique du soldat et la stratégie.
Sensibiliser aux enjeux de défense grâce à la littérature
Encourager les militaires à écrire aux fins de publier leurs œuvres
Renforcer l’éveil critique aux enjeux de défense permis par les musées :
Encourager la signature par la DGESCO d’une convention de partenariat avec le musée de l’air et de l’espace ainsi qu’avec le musée national de la Marine, dans le même esprit que celle signée entre la DGESCO et le musée de l’armée.
Autant que de possible, prévoir des professeurs-relais de l’Éducation nationale dans les musées en lien avec la défense nationale.
Concernant les musées d’armes de l’armée de terre :
-Renforcer les moyens et effectifs de ces musées afin de garantir la présence d’un médiateur professionnel à temps plein par musée ;
-élaborer des visites virtuelles de ces musées et mettre en ligne les inventaires des collections des musées de traditions
Structurer une filière interarmées des officiers conservateurs du patrimoine
Revaloriser l’institution des peintres des armées, via la création de galeries virtuelles en ligne, le renforcement des projets d’expositions itinérantes dans l’espace public et le recrutement au sein de nouvelles formes artistiques comme le street-art ou la bande-dessinée.
Encourager les artistes contemporains indépendants non situés dans la sphère défense à réaliser des résidences artistiques dans les institutions culturelles en lien avec la défense
Proposer à chaque classe de scolaires visitant l’Assemblée nationale une information sur la possibilité de visiter gratuitement après leur visite du Palais-Bourbon les musées parisiens en lien avec la Défense nationale (musée de l’armée, musée national de la Marine, musée de l’air et de l’espace etc).
Amplifier et mieux contrôler la communication des forces
Renforcer la publication sur les réseaux sociaux de reportages immersifs réalisés par les officiers communication des SIRPA.
Conditionner le développement de partenariats avec des influenceurs extérieurs au strict respect des dispositions de la loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 visant à encadrer l'influence commerciale et à lutter contre les dérives des influenceurs sur les réseaux sociaux.
Annexe 2 : Cartographie des acteurs de l’éducation à la défense
Annexe 3 : Cartographie des solutions de financement des projets pédagogiques en lien avec la défense s’offrant aux enseignants
Annexe 4 : Synthèse des résultats de la consultation citoyenne sur le rôle de l’éducation dans la défense nationale
Présentation de la consultation citoyenne
Il a semblé opportun aux rapporteurs de la consultation sur le rôle de l’éducation et la culture dans la défense nationale de consulter directement les citoyens sur leur perception du rôle de l’éducation dans la défense nationale.
L’ouverture de cette consultation citoyenne a été autorisée dans un premier temps par le bureau de la commission de la défense nationale et des forces armées puis dans un second temps par la conférence des présidents de l’Assemblée nationale. Il s’agit du second cas de recours à cet outil par des rapporteurs de la commission de la défense nationale et des forces armées, après une première utilisation en 2019 dans le cadre d’une mission d’information relative aux réserves et rapportée par les députés Christophe Blanchet et Jean-François Parigi.
Ouverte du 26 février au 25 mars 2024, la consultation citoyenne a recueilli la participation de 37 819 citoyens. Cette participation excède la participation moyenne des consultations précédemment menées à l’Assemblée nationale.
La consultation citoyenne a pris la forme d’un questionnaire à renseigner en ligne.
Dans un premier temps du questionnaire, les répondants ont été invités à renseigner leurs données démographiques (sexe, âge, catégorie socio-professionnelle, département de résidence), avant d’être interrogés sur leur intérêt personnel pour les enjeux de la défense, les principaux médias utilisés pour se renseigner sur ces enjeux, leur auto-perception de leur niveau de formation à ces questions et enfin sur leur participation à la journée défense et citoyenneté.
Dans un second temps, les répondants devaient choisir leur catégorie d’appartenance, entre « élève ou étudiant(e) » (5 371 réponses, soit 14,20 % des répondants), « enseignant(e) » (4 249 réponses, soit 11,24 %) ou « aucune de ces deux propositions » (28 199 réponses, soit 74,56 %). Grâce à l’usage d’un filtre conditionnel, ils ont ensuite été orientés vers les seules questions qui concernaient leur catégorie.
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
Dans le double but d’encourager le plus grand nombre de citoyens à participer à la consultation et de faciliter l’exploitation des ressources, vos rapporteurs ont le fait choix de formuler principalement des questions dites « fermées ». Ils ont également permis aux citoyens qui le souhaitaient de préciser librement leur réponse sur certains points par l’intermédiaire de champs optionnels. Les répondants se sont largement saisis de cette possibilité, ce qui témoigne de leur fort intérêt pour l’objet de la mission d’information. Ces commentaires libres, lus et analysés individuellement par le secrétariat de la commission de la Défense nationale et des forces armées sans recours à des outils d’aide à la décision, ont enrichi l’analyse qualitative des résultats.
Au total, en incluant les questions relatives à son profil, un élève ou étudiant pouvait répondre jusqu’à 30 questions ; un enseignant pouvait répondre jusqu’à 31 questions ; enfin, un citoyen ne relevant d’aucune des deux catégories précédentes pouvait répondre jusqu’à 17 questions. Le temps de réponse moyen au questionnaire était d’environ 5 minutes.
Avant de révéler les premiers résultats de la consultation, vos rapporteurs souhaitent préciser que les outils de la consultation citoyenne ne permettent pas de vérifier que les répondants correspondent effectivement à la catégorie dans laquelle ils se sont déclarés. Il est également impossible de se prémunir de réponses multiples par un même répondant à la consultation citoyenne.
Ce type d’exercice a donc une valeur indicative mais n’équivaut pas à un sondage ou à une enquête statistique rigoureuse, qui reste peut-être à conduire. Malgré le nombre élevé de réponses, rien ne peut garantir le caractère représentatif des répondants à la consultation. La communication relative à cette consultation a en effet été très largement faite sur les réseaux sociaux. En conséquence, une surreprésentation des répondants militants n’est pas à exclure.
En outre, toutes les personnes, institutions, administrations, armées, directions et services auditionnés par vos rapporteurs ont été invités à la diffuser au sein de leurs réseaux. De tels relais ont pu contribuer à la surreprésentation de certains profils parmi les répondants. Par ailleurs, la consultation citoyenne n’a pas vocation à se substituer aux auditions de vos rapporteurs ni à l’envoi de questionnaires aux personnes auditionnées.
Afin de restreindre la possibilité pour une même personne de renseigner plusieurs fois de suite le questionnaire, un jeton d’authentification a été mis en place vingt-quatre heures après le lancement de la consultation. À partir du 27 février 2024, chaque répondant devait renseigner une adresse courriel valide lui permettant de recevoir un lien l’invitant à poursuivre le questionnaire. Ce jeton d’authentification garantissait qu’une même adresse courriel n’était pas utilisée plus d’une fois pour renseigner le formulaire. Les réponses n’ayant jamais été appariées à l’adresse courriel utilisée, il ne permettait pas l’identification des répondants. Ce système s’est montré concluant pour garantir le strict anonymat des répondants, tout en renforçant la sincérité de la consultation citoyenne. Sur le total des 37 819 réponses enregistrées, 25 400 (67,16 %) d’entre elles ont été réceptionnées avant la mise en place du jeton d’authentification et 12 419 (32,84 %) l’ont été après la mise en place de ce jeton.
Poursuivant un même objectif de sincérité dans l’analyse des résultats, vos rapporteurs ont décidé de les présenter ci-après, d’une part, de manière globale (sur l’ensemble de la période de la consultation) et d’autre part, en distinguant la période qui précède l’instauration du jeton d’authentification (journée du 26 février) de celle qui la suit (27 février au 25 mars). Ils tiennent ainsi compte de l’ensemble des réponses et mettent en évidence, le cas échéant, les différences statistiques significatives qui seraient apparues entre les deux périodes.
une enquête ouverte au grand public
Une majorité d’hommes de 18 à 39 ans issus de tous les départements parmi les répondants
La consultation citoyenne a intéressé, au total, 20 311 hommes (53,71 %) et 15 743 femmes (41,63 %). Avant la mise en place du jeton d’authentification, cette répartition est un peu plus inégalitaire avec 56,33 % d’hommes et 39,15 % de femmes. Après la mise en place du jeton d’authentification, la part des femmes et des hommes se rééquilibre avec 48,33 % d’hommes et 46,70 % de femmes. La part statistique des hommes excède toutefois le poids démographique des hommes dans la société française.
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
Les citoyens âgés de 18 à 39 ans représentent plus de la moitié des répondants (51,53 %) et ceux âgés de 18 à 49 ans représentent près de trois quarts des répondants (74,34 %). Cette dispersion est toutefois inégale selon les sexes. À quelques classes d’âge près, les hommes ayant réalisé leur service national – aujourd’hui au moins âgés de 45 ans – sont donc peu nombreux à avoir participé à la consultation citoyenne.
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
Par ailleurs, la répartition dans les classes d’âge est plus homogène après la mise en place du jeton d’authentification. Par exemple, au cours de la deuxième période de la consultation, le nombre de jeunes de moins de 18 ans ayant répondu au questionnaire augmente plus fortement en proportion (+11,98 points), tandis que les catégories 18-49 ans sont relativement moins représentées (–15,69 points).
Répartition dans les classes d’âge
avant et après le jeton d’authentification
(Nombre de répondants)
| Classe d’âge | Ensemble | Avant le jeton | Après le jeton | |||
| Moins de 18 ans | 1 775 | 4,69 % | 193 | 0,76 % | 1 582 | 12,74 % |
| 18 à 29 ans | 9 814 | 25,95 % | 6 852 | 26,98 % | 2 962 | 23,85 % |
| 30 à 39 ans | 9 676 | 25,59 % | 7 161 | 28,19 % | 2 515 | 20,25 % |
| 40 à 49 ans | 8 625 | 22,81 % | 6 178 | 24,32 % | 2 447 | 19,70 % |
| 50 à 64 ans | 6 357 | 16,81 % | 4 157 | 16,37 % | 2 200 | 17,71 % |
| 65 à 17 ans | 1 302 | 3,44 % | 720 | 2,83 % | 582 | 4,69 % |
| 75 ans et plus | 270 | 0,71 % | 139 | 0,55 % | 131 | 1,05 % |
| Total | 37 819 | 100,00 % | 25 400 | 100,00 % | 12 419 | 100,00 % |
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
Enfin, vos rapporteurs se réjouissent de constater que tous les territoires français sont représentés parmi les répondants, d’autant plus dans des proportions relativement cohérentes et équilibrées avec la répartition de la population. L’objectif de rayonnement de la consultation citoyenne est ainsi atteint, y compris dans des départements aujourd’hui considérés comme des « déserts militaires ».
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
Absence des profils de jeunes de moins 18 ans parmi le profil « élèves et étudiants » au profit d’étudiants de l’enseignement supérieur public
Parmi l’ensemble des 37 819 répondants, 5 371 (14,20 %) ont déclaré appartenir à la catégorie des élèves et des étudiants. Or, les jeunes âgés de moins de 18 ans ne représentent que 4,69 % des répondants. Ce décalage entre l’âge moyen des répondants et la part du profil « élève ou étudiant(e) » s’explique notamment par la plus faible part des élèves de l’enseignement secondaire. En effet, la part des étudiants de l’enseignement supérieur est la plus importante, avec 3 606 étudiants dont 3 009 dans l’enseignement public. L’ambition de vos rapporteurs de mesurer la perception de l’éducation à la défense par les jeunes écoliers, collégiens et lycéens s’en est donc trouvée relativisée.
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
Alors que les étudiants de l’enseignement supérieur représentent la quasi-totalité des réponses (91,61 %) avant la mise en place du jeton d’authentification, les élèves du secondaire représentent plus de la moitié (51,81 %) des réponses après celle-ci.
répartition des élèves et des étudiants
selon le niveau d’enseignement
(Nombre de répondants)
| Enseignement | Ensemble | Avant le jeton | Après le jeton | |||
| Primaire | 59 | 1,10 % | 5 | 0,20 % | 54 | 1,86 % |
| Secondaire | 1 706 | 31,76 % | 202 | 8,18 % | 1 504 | 51,81 % |
| Supérieur | 3 606 | 67,14 % | 2 261 | 91,61 % | 1 345 | 43,33 % |
| Total | 5 371 | 100,00 % | 2 468 | 100,00 % | 2 903 | 100,00 % |
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
Enfin, 88,05 % des élèves et étudiants ont déclaré ne pas avoir un parent ou un proche exerçant un métier relevant de la défense ou de la sécurité nationale. Cet ordre de grandeur est le même avant et après la mise en place du jeton (90,36 % avant et 86,08 % après). La consultation citoyenne a donc rayonné au-delà du seul cercle de jeunes déjà initiés aux enjeux de défense, ce qui était l’objectif recherché par vos rapporteurs.
Une certaine homogénéité du profil « enseignants » : une majorité de professeurs d’histoire-géographie de l’enseignement secondaire public
Parmi l’ensemble des répondants, 4 249 (11,24 %) se sont déclarés comme enseignants dont 2 688 professeurs du second degré, 909 professeurs des écoles et 845 enseignants de l’enseignement supérieur ; par ailleurs, 3 713 enseignants exercent dans un établissement public, 332 dans un établissement privé sous contrat et 57 dans un établissement hors contrat. À noter que des enseignants exercent sur plusieurs niveaux et dans plusieurs établissements.
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
Mis à part les professeurs des écoles dont l’enseignement est, par construction, multidisciplinaire, les professeurs du second degré et de l’enseignement supérieur qui ont répondu à la consultation citoyenne enseignent principalement l’histoire-géographie, les mathématiques, le français ainsi que les langues vivantes. Avec l’éducation physique et sportive, les disciplines artistiques et scientifiques expérimentales sont les moins représentées.
Ces représentations ne sont pas incohérentes avec la pratique de l’éducation à la défense dans les faits, dont vos rapporteurs ont constaté qu’elle repose de manière prépondérante sur les enseignants d’histoire-géographie, le plus souvent également chargés de l’éducation morale et civique. Il est raisonnable de penser que ces enseignants se sont particulièrement sentis concernés par l’objet de la consultation citoyenne. À cet égard, vos rapporteurs ont formulé des propositions afin de décloisonner l’éducation à la défense et la faire irriguer l’ensemble des champs disciplinaires, à l’instar des « entrées défense ».
Parmi les autres profils de répondants, une très forte représentation des cadres et professions intellectuelles supérieures
Parmi l’ensemble des répondants, 28 199 (74,56 %) se sont déclarés comme n’étant ni élève ou étudiant ni enseignant. Les cadres et professions intellectuelles constituent toutefois plus de la moitié des profils de cette catégorie (51,82 %).
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
La CONNAISSANCE ET l’INTÉRÊT POUR LES ENJEUX DE DÉFENSE NATIONALE NE TRADUISENT PAS TOUJOURS UNE ADHÉSION AU PRINCIPE MÊME DE L’ÉDUCATION À LA DÉFENSE DANS LE CADRE SCOLAIRE
Paradoxalement, les répondants exprimant un intérêt pour les enjeux de défense estiment leur niveau de connaissance des enjeux de défense assez proche de celui des répondants désintéressés par ces enjeux
La consultation citoyenne a réuni des publics plus ou moins intéressés par les enjeux de défense nationale et plus ou moins formés à ces questions.
Sur 37 819 répondants, 20 434 citoyens (54,03 %) se disent intéressés à titre personnel par les enjeux de la défense nationale contre 17 385 qui se déclarent non intéressées (45,97 %). Cette proportion est comparable avant et après l’introduction du jeton d’authentification. Cette hétérogénéité révèle que les citoyens ont plutôt un intérêt pour les questions d’éducation à la défense, en dépit de leur intérêt pour les enjeux de défense eux-mêmes et au-delà d’un cercle de spécialistes, ce dont se réjouissent vos rapporteurs.
Lorsqu’ils sont invités à évaluer leur niveau de formation aux enjeux de défense sur une échelle de 0 (pas du tout informé) à 10 (très informé), les citoyens intéressés par les enjeux de défense se positionnent en moyenne autour de 6 sur 10, tandis que les citoyens qui n’ont pas exprimé un intérêt pour la défense se positionnent en moyenne autour de 5 sur 10. La moyenne est inchangée avant et après l’instauration du jeton d’authentification. En d’autres termes, les citoyens déclarent un niveau de connaissance sensiblement similaire, à 1 point près, peu importe leur intérêt pour la défense nationale.
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
Les données de la consultation citoyenne ne permettent pas, en l’état, d’expliquer le décalage entre l’intérêt exprimé et la perception du niveau de connaissance. Vos rapporteurs constatent que les citoyens s’estiment, en tout état de cause, moyennement informés sur les enjeux de défense. À ce titre, ils ont formulé des propositions pour renforcer la compréhension collective des citoyens des enjeux de défense et du contexte géopolitique.
Par ailleurs, lorsque les répondants sont interrogés sur les médias qu’ils utilisent pour se renseigner sur les questions de défense, près de sept sur dix (68,85 %) déclarent se renseigner par l’intermédiaire de la presse généraliste. Arrivent ensuite les réseaux sociaux (49,98 %), la radio (34,85 %), les sites et blogs spécialisés (33,86 %), la télévision (26,57 %), les podcasts (19,37 %) et, enfin, la famille et les proches (18,02 %).
En ce qui concerne particulièrement les réseaux sociaux, parmi les répondants qui s’en servent pour se renseigner sur les questions de défense, huit répondants sur dix (81,36 %) utilisent X (ex-Twitter). Suivent Instagram (28,42 %), Facebook (18,27 %), LinkedIn (14,07 %), TikTok (11,54 %), Twitch (10,63 %), Telegram (6,47 %) et Snapchat (2,12 %). Par l’intermédiaire d’un champ libre optionnel, les répondants ont également mentionné Youtube, Mastodon, Bluesky et Reddit.
Des élèves et étudiants plutôt en demande d’éducation à la défense
Si les élèves et étudiants ont plutôt tous bénéficié de cours d’enseignement moral et civique, seul un sur deux déclare avoir étudié une thématique liée aux enjeux de défense au cours de sa scolarité
La majorité des élèves et étudiants (4 676 sur 5 371 répondants, soit 86,99 %) affirme avoir bénéficié de cours d’enseignement moral et civique au cours de la scolarité. Ce constat est insensible, à plus ou moins 1 point, à la mise en place du jeton d’authentification.
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
En revanche, en moyenne, seul un peu plus d’un élève ou étudiant sur deux (54,20 %) déclare avoir étudié des thématiques liées aux enjeux de défense nationale. La tendance s’inverse toutefois avant et après la mise en place du jeton d’authentification. Reste que près de la moitié des jeunes déclare ainsi n’avoir jamais reçu un enseignement des principes et de l’organisation de la défense nationale, pourtant obligatoire et inscrit dans la loi depuis la suspension du service national en 1997. Un constat que dresse également vos rapporteurs dans leur rapport.
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
Les élèves déclarent en majorité n’avoir pas participé à des projets pédagogiques en lien avec la mémoire ou les enjeux de défense nationale mais expriment plutôt leur intérêt pour le faire
En moyenne, près de six élèves ou étudiants sur dix (60,18 %) n’ont pas participé à un projet pédagogique en lien avec la mémoire ou les enjeux de la défense nationale au cours de leur scolarité. Si, d’une part, plus de la moitié des élèves (52,41 %) exprime un intérêt pour ce type de projets, il ressort, d’autre part, que 47,59 % des élèves ou étudiants n’expriment pas un intérêt pour de tels projets. Autrement dit, il n’y a pas de motivation unanime de la part de l’ensemble des jeunes pour de tels projets.
Cette ventilation diverge toutefois avant et après la mise en place du jeton d’authentification. Le nombre d’élèves qui déclarent ne pas être intéressés par des projets pédagogiques en lien avec la mémoire ou les enjeux de défense est plus faible dans la deuxième période (passant de 44,53 % à 29,28 %, soit –15,25 points) et, en parallèle, le nombre d’élèves intéressés par de tels projets augmente (passant de 12,72 % à 33,38 %, soit +20,66 points). La proportion d’élèves ayant réalisé de tels projets, qu’ils en tirent de la satisfaction ou non, demeure toutefois stable selon les deux périodes.
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
Vos rapporteurs ont formulé des propositions pour répondre à l’attrait de certains élèves de participer à de tels projets pédagogiques. À terme, ils souhaitent renforcer la part des élèves ayant eu l’occasion de prendre part à un projet pédagogique en lien avec la mémoire ou les enjeux de défense.
Une majorité d’enseignants a exprimé un rejet du principe même d’une éducation à la défense dans le cadre scolaire
La majorité des enseignants estiment que la défense nationale ne doit pas faire l’objet d’un enseignement dispensé dans le cadre scolaire
Près de huit enseignants sur dix (77,29 %) considèrent que la défense nationale ne doit pas faire l’objet d’un enseignement dispensé dans le cadre scolaire. Cette proportion est stable avant et après la mise du jeton d’authentification, même si elle recule légèrement après l’introduction de ce système (respectivement 78,55 % et 74,53 %, soit –4,02 points).
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
Le cas échéant, les enseignants estimant que la défense nationale ne doit pas faire l’objet d’un enseignement scolaire ont été invités à en indiquer les raisons par l’intermédiaire d’un champ libre. L’analyse qualitative des 2 028 réponses libres (61,75 % des répondants concernés ont saisi un commentaire libre) fait apparaître cinq motifs principaux. Une même réponse peut être classée dans plus d’un motif.
Outre 125 réponses sans relation directe avec la question, il en ressort que les enseignants estiment que ce n’est pas le rôle de l’école (1 055 réponses) ; qu’il y a d’autres priorités ou qu’il n’y a pas le temps (422 réponses) ; que la défense est déjà enseignée et qu’il n’y a pas besoin d’en faire un enseignement à part entière (286 réponses) ; que les programmes sont surchargés, trop complexes et pas accessibles (199 réponses) ; et, qu’ils n’ont pas la formation adaptée, ni les supports ou que d’autres collègues s’en chargent (24 réponses).
La plupart des réponses libres d’enseignants exprime un rejet de toute interaction entre l’institution scolaire et l’institution militaire. De telles réponses reposent parfois sur une mécompréhension de l’éducation à la défense. Dans leur rapport, vos rapporteurs formulent un certain nombre de propositions pour mieux accompagner et former les enseignants, au-delà des seuls enseignants d’histoire-géographie, à l’éducation à la défense.
Parmi les enseignants qui dispensent l’enseignement moral et civique, la majorité n’enseigne pas les parties relatives à l’éducation à la défense
Parmi l’ensemble des enseignants interrogés, quatre sur dix (40,48 %) sont chargés de l’enseignement moral et civique ; et, parmi eux, moins de la moitié (47,03 %) enseigne la partie du programme consacrée à la défense. À quelques points près, ces proportions sont relativement identiques, avant et après l’introduction du système d’authentification.
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
Lorsque les enseignants chargés de l’EMC ont indiqué qu’ils n’enseignent pas la partie du programme consacrée à l’éducation à la défense, un champ optionnel leur permettait d’indiquer leurs raisons. L’analyse qualitative des 562 réponses libres (69,47 % des répondants concernés ont saisi un commentaire libre) fait apparaître cinq motifs principaux. Une même réponse peut être classée dans plus d’un motif.
Outre 52 réponses sans relation directe avec la question, les enseignants notent que l’éducation à la défense n’est pas au programme (notamment dans l’enseignement maternel et primaire) ou que les programmes sont déjà surchargés (352 réponses) ; qu’ils ont d’autre priorités (93 réponses) ; qu’ils ne disposent pas d’une formation adaptée ou que d’autres collègues le font (43 réponses) ; que l’éducation à la défense ne ressortit pas du rôle de l’école (30 réponses) ; et, enfin, qu’il s’agit d’un choix personnel (27 réponses). Au regard de ces éléments, vos rapporteurs ont formulé des propositions pour sensibiliser le corps enseignant aux « entrées défense » qui peuvent être mobilisées à l’occasion de l’étude d’éléments du programme scolaire ou universitaire actuel, sans le surcharger.
La majorité des enseignants n’a pas été formée à l’éducation à la défense et ne le regrette pas, que ce soit au titre de la formation initiale ou continue
S’agissant de la formation initiale, près de neuf enseignants sur dix (88,07 %) disent ne pas avoir été formés à l’éducation à la défense, et 69,95 % disent ne pas le regretter. À l’inverse, 11,93 % d’entre eux ont bénéficié d’une formation, dont 4,94 % affirment toutefois que « la formation n’était pas en adéquation avec [leurs] besoins ». Des différences significatives, jusqu’à 5 points, existent avant et après la mise en place du jeton d’authentification, sans toutefois bouleverser ce constat.
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
S’agissant de la formation continue, l’ordre de grandeur est relativement similaire. La part des enseignants qui n’ont pas été formés et qui ne le regrettent pas (73,59 %) est toutefois plus forte de près de 4 points par rapport à leur appréciation de la formation initiale. De la même manière que pour les réponses liées à la formation initiale, des écarts sont à noter entre les réponses obtenues avant et après la mise en place du système d’identification.
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
Vos rapporteurs ont formulé des propositions pour améliorer la formation des enseignants, tout en prenant en compte les contraintes qui pèsent sur leurs fonctions.
Une éducation à la défense absente de la scolarité de la majorité des répondants qui considèrent qu’elle ne relève pas du rôle de l’école
Deux personnes sur trois n’ont pas bénéficié d’enseignements portant sur les enjeux de défense au cours de leur scolarité ou auraient préféré ne pas en bénéficier
Parmi les 28 199 répondants qui ne sont ni élèves ou étudiants ni enseignants, près de deux citoyens sur trois (70,34 %) ont déclaré ne pas avoir bénéficié, pendant leur scolarité, d’enseignements portant sur les enjeux de défense, dont 52,49 % qui, en tout état de cause, n’auraient pas été intéressés. Alors que 18,77 % des répondants ont bénéficié d’un tel enseignement et en sont satisfaits, 10,89 % auraient préféré ne pas en bénéficier et 17,85 % auraient aimé en bénéficier. À noter qu’après la mise ne place du jeton d’authentification, le nombre de personnes qui ont été satisfaites de l’enseignement portant sur les enjeux de défense recule, au profit du nombre de personnes qui auraient aimé en bénéficier.
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
Trois personnes sur quatre estiment qu’il n’appartient pas à l’institution scolaire de sensibiliser les élèves aux questions de défense sur le temps scolaire
Cette perception de l’éducation à la défense pose la question de la place même d’un tel enseignement au sein de l’institution scolaire. À ce sujet, près de trois citoyens sur quatre (74,68 %) pensent que l’institution scolaire ne doit pas sensibiliser aux questions de défense sur le temps scolaire, dont la majorité (46,75 %) « pas du tout ». Seul un quart des citoyens (25,32 %) estime que l’école doit enseigner les questions de défense et, en l’espèce, seule une minorité (5,97 %) de citoyens sont « complètement d’accord » avec ce postulat. Le système d’authentification est sans effet sur la répartition des réponses.
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
Des Dispositifs d’éducation à la défense dont les niveaux de connaissance et d’adhésion sont très variables
Appréciation mitigée de la journée défense et citoyenneté
Interrogés sur leur participation à la journée défense et citoyenneté (JDC), la majorité des répondants déclare avoir réalisé cette journée (22 602 citoyens soit 59,76 %). Le reste des citoyens (14 486 soit 38,30 %) n’y a pas participé et seule une minorité ne connait pas le dispositif (731 soit 1,93 %).
Lorsque les citoyens y ont participé, leur appréciation est assez mitigée. Quasiment autant de citoyens la trouvent satisfaisante dans son format actuel (38,09 %), souhaitent sa suppression (32,36 %) et ne la trouvent pas satisfaisante (29,55 %). Cet équilibre est comparable avant et après l’introduction du système d’authentification.
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
Parmi les citoyens qui ne la trouvent pas satisfaisante dans son format actuel, plus de la moitié (55,32 %) ne souhaitent pas pour autant que la JDC soit davantage consacrée aux questions de défense. La proportion est identique, avant et après l’instauration du système d’authentification. Auditionnée par vos rapporteurs et par la commission de la défense nationale et des forces armées, la direction du service national et de la jeunesse du ministère des armées a notamment annoncé qu’une JDC « rénovée » sera prochainement présentée.
Participer aux commémorations patriotiques dans le cadre scolaire : une envie des élèves et une réserve des enseignants
Deux jeunes sur trois ont déjà participé ou aimeraient participer aux cérémonies patriotiques dans le cadre du temps scolaire
Interrogés sur leur participation aux cérémonies commémoratives du 8 mai et du 11 novembre dans le cadre du temps scolaire, en moyenne, plus de deux jeunes sur trois déclarent avoir participé ou aimeraient participer aux cérémonies patriotiques dans le cadre du temps scolaire. En effet, moins de la moitié des jeunes élèves ou étudiants (47,14 %) ont indiqué s’y être déjà rendus tandis que 22,68 % d’entre eux aimeraient le faire, contre 30,18 % qui ne sont pas intéressés. Vos rapporteurs ont formulé des propositions pour rendre les cérémonies patriotiques plus participatives en impliquant davantage les jeunes.
À noter que la proportion de jeunes n’ayant pas déjà participé à une cérémonie commémorative mais qui exprime la volonté de le faire augmente de 13 points avant et après la mise en place du filtre d’authentification, passant de 15,48 % à 28,80 % (+13,32 points), au détriment des jeunes qui ne sont pas intéressés (39,26 % à 22,46 %, –16,80 points).
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
Trois enseignants sur quatre n’assistent pas aux commémorations patriotiques avec leurs élèves parce que ce n’est pas leur rôle ou parce que c’est un jour férié
En ce qui concerne les enseignants, 75,05 % d’entre eux déclarent ne pas assister aux commémorations du 8 mai et du 11 novembre avec leurs élèves car ils estiment que ce n’est pas leur rôle (49,00 %) ou que ce sont des jours fériés (26,05 %). Près d’un quart des enseignants (24,95 %) exprime toutefois l’envie d’y participer s’ils le peuvent (20,57 %) et, dans une moindre mesure, à chaque fois (4,38 %). Ces proportions sont similaires, avant et après l’introduction du jeton d’authentification.
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
Des classes de défense et de sécurité globales méconnues
Deux enseignants sur trois ne connaissent pas le dispositif des classes de défense et de sécurité globales
Lorsque les enseignants sont interrogés sur le dispositif des classes de défense et de sécurité globales (CDSG), seul un enseignant sur trois connaît le dispositif (33,28 % contre 66,72 %). À quelques dixièmes près, ces proportions sont similaires avant et après la mise en place d’un filtre d’authentification. Cette donnée renforce le constat de vos rapporteurs selon lequel multiples dispositifs d’éducation à la défense sont peu visibles et méconnus.
Parmi les 1 387 enseignants qui connaissent le dispositif mais qui ne sont pas responsables d’une classe, la majorité ne souhaite pas créer une CDSG car ils ne sont pas intéressés par le dispositif (1 037 réponses) ou n’ont pas le temps (188 réponses). D’autres enseignants, par l’intermédiaire d’un champ libre optionnel, font état de leur opposition au dispositif (48 réponses), de l’existence d’une CDSG au sein de leur établissement (19 réponses), de leur intérêt pour le dispositif (12 réponses) et de leur manque de temps ou de moyens (7 réponses) pour en piloter une. Un enseignant indique l’avoir envisagé dans son établissement et avoir subi « trop de critiques de collègues ». Vos rapporteurs ont formulé des propositions pour améliorer la reconnaissance des enseignants responsables des CDSG.
Le dispositif des classes de défense et de sécurité globales est méconnu des élèves mais, lorsqu’ils y ont participé, ils en sont plutôt satisfaits
Lorsque les 5 371 élèves et étudiants sont interrogés sur le dispositif des classes de défense et de sécurité globales, 4 381 d’entre eux (81,57 %) ne le connaissent pas. Par ailleurs, parmi les 990 élèves ou étudiants connaissant les CDSG (18,43 %), 65 d’entre eux ont eux-mêmes été élèves dans une telle classe. Parmi ces 65 élèves, deux sur trois expriment leur satisfaction, dont 40,00 % sont « très satisfaits » et 27,69 % sont « plutôt satisfaits ». Comme pour les enseignants, à quelques dixièmes près, ces proportions sont similaires sur les deux périodes de la consultation citoyenne.
Ces faibles proportions de connaissance et de participation s’expliquent peut-être par la forte proportion d’étudiants parmi la catégorie des élèves et étudiants. En effet, les CDSG, bien que créées en 2005, ne sont montées en puissance qu’à partir de leur intégration au protocole interministériel développant les liens entre la jeunesse, la défense et la sécurité nationale en 2016 puis du protocole afférent au développement des classes de défense en 2021. Les répondants, majoritairement étudiants de l’enseignement supérieur, n’étaient probablement déjà plus élèves ou s’apprêtaient à quitter l’enseignement scolaire.
Le service national universel (SNU) : des résultats qui révèlent une bonne connaissance du dispositif, un souhait d’intégrer davantage les questions de défense et une volonté prépondérante de suppression
Le SNU est un dispositif plutôt bien connu de l’ensemble des répondants
Plus de neuf citoyens sur dix (98,77 %) (en-dehors des élèves, étudiants et enseignants) indiquent connaître le service national universel. Parmi eux, huit sur dix (88,12 %) disent « tout à fait » connaître le dispositif contre un dixième des citoyens (10,65 %) qui ne le connait que « vaguement ». Ces proportions sont relativement, à quelques points près, similaires avant et après la mise en place du système d’authentification. Indépendamment de l’appréciation qu’ils lui portent, le SNU est donc un dispositif que les citoyens indiquent globalement bien connaître. Les données de la consultation ne permettent pas, en l’état, d’évaluer la qualité des connaissances des citoyens sur le dispositif.
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
Vos rapporteurs relèvent notamment que le niveau de connaissance du SNU (connu par 98,77 % des répondants) est relativement proche voire très légèrement supérieur à celui de la journée défense et citoyenneté (98,04 % des répondants), alors que le SNU est plus récent et ouvert aux seules générations nées après 2002.
Ce niveau de connaissance est toutefois un peu plus faible et moins certain parmi les élèves et étudiants. En moyenne, 59,06 % des jeunes connaissent très bien le SNU (88,12 % pour les autres répondants), 34,31 % n’ont eu qu’une connaissance vague (10,65 % pour les autres répondants) et 6,63 % ne le connaissent pas (1,23 % pour les autres répondants).
Vos rapporteurs constatent que la mise en place du jeton d’authentification a très sensiblement modifié cette distribution. Alors même que la part des jeunes ayant réalisé le SNU est plus forte après la mise en place de ce jeton, la proportion de jeunes connaissant « très bien » le SNU a paradoxalement diminué, passant de 68,88 % à 50,71 % (–18,17 points) ; la part de ceux qui le connaissent « vaguement » est passée de 30,19 % à 37,82 % (+7,63 points) ; et, celle de ceux qui ne connaissent pas le dispositif de 0,93 % à 11,47 % (+10,54 points). La plus forte représentation des jeunes engagés dans le SNU dans cette deuxième période ne permet donc pas d’expliquer cette tendance.
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
Près de neuf répondants sur dix expriment une opinion négative à l’égard du SNU et souhaitent très majoritairement sa suppression, même si les jeunes ont une position plus réservée
Parmi les 27 853 citoyens qui ne se sont pas déclarés élèves, étudiants ou enseignants qui connaissent le dispositif du SNU, plus de neuf sur dix (95,21 %) estiment que « le SNU n’est pas un bon dispositif et qu’il devrait être supprimé ». La mise en place du système d’authentification est relativement sans effet sur ces proportions.
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
S’agissant du profil « élève ou étudiant(e) », l’analyse comparative des résultats obtenus avant et après la mise en place du jeton d’authentification confirme la distorsion identifiée à la précédente question. La distribution des réponses relatives à l’appréciation portée par les élèves ou étudiants au SNU s’inverse à hauteur de près de 48 points. Les enseignements tirés de ces résultats doivent donc être interprétés de manière prudente.
Les données de la consultation citoyenne ne permettent pas, en l’état, d’expliquer de manière certaine la dynamique de ces tendances. Si la proportion d’élèves ou étudiants faisant partie des jeunes engagés au sein du SNU est plus importante dans la deuxième période, cette hypothèse n’est toutefois pas démontrée, ni suffisante, ni exclusive, pour expliquer une variation de près de 48 points. En effet, ces jeunes engagés ne représentent que 17,67 % des élèves ou étudiants connaissant le SNU ayant répondu après la mise en place du jeton d’authentification. Par ailleurs, vos rapporteurs notent qu’une telle différence dans les résultats n’est pas aussi marquée pour les autres questions. Par exemple, malgré la plus forte représentation de ces jeunes dans la deuxième période de la consultation citoyenne, celle-ci ne se traduit pas par une augmentation du niveau de connaissance du dispositif du SNU qui, au contraire, diminue dans la deuxième période de la consultation (voir supra). Au demeurant, les autres profils de répondants n’ont subi que des effets marginaux ou peu significatifs.
Sous cette réserve, en moyenne, les élèves et les étudiants ont une appréciation plus réservée que l’ensemble des citoyens mais demeurent relativement critiques vis-à-vis du service national universel. Sur l’ensemble de la consultation citoyenne, 70,37 % estiment que « le SNU n’est pas un bon dispositif et qu’il devrait être supprimé » et 21,44 % des jeunes apprécient le SNU comme un « bon dispositif ».
En revanche, lorsque la première période (sans jeton) est isolée, 94,60 % des élèves ou étudiants estiment que « le SNU n’est pas un bon dispositif et qu’il devrait être supprimé » et uniquement 3,84 % évaluent le SNU comme un « bon dispositif ». Lorsque la deuxième période (avec jeton) est isolée, le constat est moins définitif : 47,32 % des élèves ou étudiants (–47,29 points par rapport à la première période) souhaitent la suppression du SNU contre 38,17 % (+34,33 points) qui l’évaluent positivement. À noter que la part des jeunes qui n’ont pas d’avis s’accroît de 12,96 points, passant de 1,55 % à 14,51 %.
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
Enfin, s’agissant du profil des enseignants, compte tenu des retours parvenus à vos rapporteurs moins de vingt-quatre heures après le lancement de la consultation citoyenne, le questionnaire a été ajusté pour leur permettre de se positionner sur le service national universel. Un nouveau choix de réponse a été ajouté à la question concernant les classes et lycées engagés. Par cette question, vos rapporteurs interrogeaient l’intérêt des enseignants à « mener un projet pédagogique dans le cadre du label « classes et lycées engagés » du service national universel (SNU) ». Les contraintes techniques de la consultation citoyenne empêchant de créer une question après son lancement, c’est à cet endroit que ce point trouvait le mieux s’intégrer. Les enseignants pouvaient alors, le cas échéant, exprimer un rejet du dispositif du service national universel.
Sous cette réserve, il en ressort que 76,49 % des enseignants sont « défavorables au SNU ». Cette proportion est sûrement amoindrie, dans la mesure où le choix de réponse a été ajouté quelques heures après le lancement de la consultation citoyenne et que des enseignants y avaient déjà répondu. À cet égard, la comparaison avant et après la mise en place du jeton d’authentification, laquelle est intervenue de manière quasi-concomitante, montre effectivement un effet de report des réponses « Non, car je n’ai pas le temps » vers « Non, car je suis défavorable au SNU ».
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
Les jeunes aimeraient que le SNU aborde davantage les enjeux de défense nationale
Parmi les 5 371 jeunes élèves ou étudiants ayant participé à la consultation citoyenne, 483 jeunes sont engagés au sein du service national universel, dont 342 sur leur temps libre et 141 au sein d’une classe engagée ou d’un lycée engagé. Ce choix d’engagement est le résultat d’une décision personnelle pour 326 d’entre eux, tandis que 16 jeunes sont engagés après une « décision prise uniquement par [leurs] parents ». Ces chiffres montrent donc que la participation au SNU est, en grande majorité (95,32 %), un choix volontaire du jeune. À noter que, parmi les 483 jeunes engagés dans le SNU, 454 ont répondu après la mise en place du jeton d’authentification.
Par ailleurs, en moyenne, plus des trois quarts de ces jeunes (76,81 %) souhaitent que le SNU aborde davantage les enjeux de défense nationale. En revanche, la tendance est inversée entre la première et la deuxième période. La représentativité et la taille de l’échantillon peuvent expliquer, au moins en partie, le renversement de la tendance.
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
Des conditions de généralisation du SNU différentes, avec ou sans obligation, selon le profil des répondants
À propos de la généralisation et de l’obligation du service national universel, les avis sont partagés entre les citoyens et les élèves et étudiants. À noter que seuls les répondants ayant exprimé un avis positif ou indifférent ont répondu à cette question, dans la mesure où les autres répondants souhaitaient, en tout état de cause, la suppression du SNU.
Ainsi, parmi les citoyens ni élèves ou étudiants ni enseignants qui estiment que le SNU est un bon dispositif ou sont sans avis, plus de la moitié (58,62 %) estime que le SNU devrait être obligatoire sur le temps scolaire et un tiers (32,31 %) considère qu’il doit être généralisé mais sur la base du volontariat. Moins d’un dixième (9,07 %) estiment que la généralisation du SNU est une mauvaise idée. À quelques points près, les résultats sont relativement identiques avant et après l’introduction du système d’authentification.
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
En revanche, parmi les jeunes, si l’appréciation positive à l’égard de la généralisation SNU est plus forte, les conditions de généralisation sont différentes de celles exprimées par les autres citoyens. En effet, hormis 2,42 % qui ne souhaitent pas sa généralisation (contre 9,07 % des citoyens), les jeunes sont plus nombreux à souhaiter une généralisation sans obligation (64,94 %) qu’avec obligation (32,64 %).
À l’instar des autres questions relatives au SNU pour le profil des élèves et étudiants, des différences significatives, jusqu’à 17 points, existent avant et après l’introduction du jeton. Dans le premier temps de la consultation, la majorité relative des jeunes (49,24 %) estiment que rendre obligatoire le SNU pour l’ensemble des jeunes est « une bonne idée ». En revanche, dans le deuxième temps, ils sont majoritaires (67,13 %) à penser que le SNU devrait être proposé à tous les élèves mais sans être obligatoire.
Au vu des divergences de points de vue sur le service national universel exprimées au cours de la consultation citoyenne et entendues au cours des auditions, vos rapporteurs souhaitent, chacun en ce qui le concerne, que la place du service national universel dans l’éducation à la défense nationale soit clarifiée.
Source : Exploitation des résultats de la consultation citoyenne.
Devenir de la consultation citoyenne
Les données de la consultation citoyenne ont été publiées en open data sur le site Internet de l’Assemblée nationale (questionnaire et données). Elles permettront aux parties prenantes, à des organismes de recherche ou à d’autres institutions de poursuivre le travail d’exploitation des réponses et d’en tirer des enseignements.
Annexe 5 : Liste des acronymes utilisés dans le rapport
(PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE)
A
AAE : armée de l’air et de l’espace
ACADEM : académie de défense de l’École militaire
AEFE : agence de l’enseignement français à l’étranger
AID : agence de l’innovation de défense
ANSSI : agence nationale de la sécurité des systèmes d'information
ASJC : aux sports jeunes citoyens
B
BAPIM : bureau de l’action pédagogique et de l’information mémorielle
BIA : brevet d’initiation aéronautique
BIMer : brevet d’initiation mer
C
CAP : certificat d’aptitude professionnelle
Capeps : certificat d’aptitude au professorat d’éducation physique et sportive
Capes : certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré
Capet : certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement technique
CAPLP : certificat d’aptitude au professorat de lycée professionnel
CDSG : classe de défense et de sécurité globales
CEMA : chef d’état-major des armées
CESA : centre d’études stratégiques aérospatiales
CESM : centres d’études stratégiques de la marine
CEVIPOF : centre de recherches politiques de Sciences Po
CGCT : code général des collectivités territoriales
CIAF : comité interministériel aux archives de France
CICP : commission interministérielle de coopération pédagogique
CLE : classes et lycées engagés
CLEMI : centre pour l'éducation aux médias et à l'information
CNFAS : conseil national des fédérations aéronautiques et sportives
CNFEL : conseil national de la formation des élus locaux
CNRD : concours national de la résistance et de la déportation
CODIR : comité de direction
COP : contrat d’objectifs et de performance
COPIL : comité de pilotage
CPEDEF : commission pour l’enseignement de défense
CRPE : concours de recrutement de professeurs des écoles
CSMN : commission scientifique des musées nationaux
CSNJ : centre du service national et de la jeunesse
CSP : conseil supérieur des programmes
D
DCN : division cohésion nationale (état-major des armées)
DELPAT : délégation au patrimoine de l’armée de terre
DGAC : direction générale de l’aviation civile
DGER : direction générale de l’enseignement et de la recherche (ministère de l’agriculture)
DGESCO : direction générale de l’enseignement scolaire
DGESIP : direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle
DGRIS : direction générale des relations internationales et de la stratégie
DGSCGC : direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises
DGSE : direction générale de la sécurité extérieure
DICoD : délégation à l’information et à la communication de la défense
DIF : droit individuel à la formation
DIRISI : direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information
DMCA : direction de la mémoire, de la culture et des archives
DMD : délégué militaire départemental
DRAC : direction régionale des affaires culturelles
DSNJ : direction du service national et de la jeunesse
E
EAC : éducation artistique et culturelle
EAJ : escadrille air jeunesse
ECPAD : établissement de communication et de production audiovisuelle de la défense
EDD : éducation au développement durable
EMA : état-major des armées
EMC : éducation morale et civique
EMI : éducation aux médias et à l’information
ESM : école spéciale militaire
ETPT : équivalent temps plein travaillé
EVS : établissements et vie scolaire
F
FAGE : fédération des associations générales étudiantes
FNAM : fédération nationale André Maginot
FSD : fonctionnaire de sécurité et de défense
G
GIP : groupement d’intérêt public
GN : gendarmerie nationale
H
HGGSP : histoire-géographie, géopolitique, sciences politiques
HIA : hôpital d’instruction des armées
I
IA-IPR : inspecteur d’académie – inspecteur pédagogique régional
IEN-ET/EG : inspecteur de l’éducation nationale – enseignement technique/général
IEP : institut d’études politiques
IESD : institut d’études de stratégie et de défense (université Jean Moulin Lyon III)
IFRI : institut français des relations internationales
IHEDN : institut des hautes études de défense nationale
INGÉSR : inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche
INJEP : institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire
INP : institut national du patrimoine
INSPé : institut national supérieur du professorat et de l’éducation
IRSEM : institut de recherche stratégique de l’École militaire
J
JDC : journée défense et citoyenneté
JDM : journée défense et mémoire
JEMA : journées européennes des métiers d’art
JEP : journées européennes du patrimoine
JNR : journée nationale de la résilience
JSAS : journées sport armées jeunesse
M
MCIC : mission cinéma et industries créatives
MEEF (master) : métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation
MENJ : ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse
MESR : ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche
MIG : mission d’intérêt général
MINARM : ministère des armées
MIOM : ministère de l’intérieur et des outre-mer
MRIAE : magistère relations internationales et action à l’étranger
MRV-DSI : médaille des réservistes volontaires de défense et de sécurité intérieure
MSMV : médaille des services militaires volontaires
O
ONaCVG : office national des combattants et victimes de guerre
OPEX : opérations extérieures
OPPIC : opérateur du patrimoine et des projets immobiliers de la culture
OTIAD : organisation territoriale interarmées de défense
P
PAF : plan académique de formation
PM : préparation militaire
PMM : préparation militaire marine
PNF : programme national de formation
PSC : projet scientifique et culturel
R
RDE : relai défense établissement
REDS : référent enseignement de défense et de sécurité
RGPP : révision générale des politiques publiques
S
SGA : secrétariat général pour l’administration
SGDSN : secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale
SHD : service historique de la défense
SIRPA : service d’information et de relations publiques des armées
SNI : syndicat national des instituteurs
SNSM : société nationale de sauvetage en mer
SNU : service national universel
SSA : service de santé des armées
U
UBFT : union des blessés de la face et de la tête
UNEF : union nationale des étudiants de France
V
VIGINUM : service de vigilance et protection contre les ingérences numériques étrangères
Examen en commission
La commission procède à l’examen du rapport de la mission d’information sur « le rôle de l’éducation et de la culture dans la défense nationale » au cours de sa réunion du mercredi 29 mai 2024.
L’enregistrement de cette séance est accessible sur le portail vidéo de l’Assemblée nationale à l’adresse suivante :
https://assnat.fr/7ELJRW
La commission autorise le dépôt du rapport d’information.
Annexe : Auditions et déplacements des rapporteurs
1. Auditions
Ministère des armées
➢ Direction de la mémoire, de la culture et des archives – M. Sylvain Mattiucci, directeur et Mme Anne-Gaël Le Mener, cheffe du bureau de l’action pédagogique et de l’information mémorielles ;
➢ Direction du service national et de la jeunesse – M. le général de corps d’armée Pierre-Joseph Givre, directeur ;
➢ État-major des Armées – M. le général de brigade Frédéric Barbry, chef de la division relative à la cohésion nationale ;
➢État-major de l’armée de Terre – M. le général de brigade Philippe Debesse, directeur de la délégation au patrimoine ;
➢ Délégation à l’information et à la communication de la Défense – Mme Eve- Lise Blanc-Deleuze, cheffe de la mission cinéma et industries créatives ;
➢ Délégation à l’information et à la communication de la Défense – M. le général de division Laurent Cluzel, directeur adjoint, M. le colonel Emmanuel Dosseur du Service d'information et de relations publiques de l’armée de terre, M. le capitaine de vaisseau Sébastien Perruchio du Service d'information et de relations publiques de la Marine et M. le colonel Yann Malard du Service d'information et de relations publiques de l’armée de l’Air et de l’Espace ;
➢ Centre d’études stratégiques de la Marine – M. le contre-amiral Samuel Majou, directeur ;
➢ État-major de l’armée de Terre – M. le général de brigade Bruno Louisfert, sous-directeur du pôle recrutement (SDPR armée de Terre) ;
➢ État-major de l’armée de l’air et de l’espace – M. le général de brigade aérienne Emmanuel Boiteau, délégué au patrimoine et rayonnement et M. le général de brigade aérienne Frederick Devanlay, sous-directeur recrutement réserve jeunesse de la direction des Ressources humaines ;
➢ État-major de la Marine nationale – M. le contre-amiral Laurent Berlizot, chef de la division de la cohésion nationale et M. le capitaine de vaisseau Laurent Machard de Gramont, sous-directeur du pôle recrutement, écoles et formation ;
➢ Office National des Combattants et des Victimes de Guerre – Mme Marie- Christine Verdier-Jouclas, directrice générale, M. le général de division (2S) Eric Maury, adjoint à la directrice générale et M. Benjamin Foissey, chef du département de la mémoire et de la citoyenneté ;
➢ Secrétariat général pour l’administration – Mme Nathalie Genet-Rouffiac, cheffe du service historique de la défense et M. Laurent Veyssière, directeur de l’Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense ;
➢ Agence de l’innovation de défense – M. le colonel Sébastien de Peyret, adjoint « forces armées » du directeur ;
Ministère de l’Éducation nationale et de la jeunesse
➢ M. Tristan Lecoq, inspecteur général de l’Éducation nationale (histoire- géographie) ;
➢ Direction générale de l’enseignement scolaire – M. Édouard Geffray, directeur général, M. Stéphane Colin, délégué pour l'éducation à la défense, M. Vincent Bervas, adjoint au délégué pour l’éducation à la défense et M. Mark Sherringham, président du Conseil supérieur des programmes (CSP) ;
➢ MM. Thierry Lepaon et Roland Blanchet, inspecteurs généraux de l’éducation, du sport et de la recherche ;
➢ M. David Hélard, inspecteur général de l’éducation, du sport et de la recherche, responsable du pôle voie professionnelle et apprentissage et Mme Florence SMITS, inspectrice générale de l’éducation, du sport et de la recherche ;
➢Direction générale de l’enseignement scolaire – M. Jean-Charles Martinetti, conseiller « Histoire et Mémoire » au sein de la mission « éducation artistique et culturelle » (MEAC) et M. Stéphane Colin, délégué pour l'éducation à la défense ;
Ministère de la Culture
➢ Direction générale des patrimoines et de l’architecture – M. Jean François Hébert, directeur général et Mme Isabelle Chave, sous-directrice des monuments historiques et des sites patrimoniaux ;
➢ Centre national du cinéma et de l’image animée – M. Olivier Henrard, directeur général délégué ; MM. Vincent Villette, directeur financier et juridique et Lionel Bertinet, directeur du cinéma, Mmes Béatrice de Pastre, directrice-adjointe du patrimoine et Pauline Augrain, directrice du numérique ;
Ministère de l’Intérieur et des Outre-mer
➢ Direction générale de la gendarmerie nationale – M. le général de division Jean-Pierre Gesnot, commandant de la gendarmerie pour les réserves et la jeunesse et délégué aux réserves de la gendarmerie auprès des armées, délégué à la jeunesse pour la gendarmerie et M. le général de division Jean Lettermann, conseiller pour la communication auprès du directeur général de la gendarmerie nationale et chef du service d’information et de relations publiques des armées-gendarmerie ;
Délégation générale au service national universel
➢ Délégation générale au service national universel – Mme Corinne Orzechowski, déléguée générale et Mme Emilie Guerel, cheffe de cabinet – responsable de la cellule de suivi des séjours de cohésion ;
➢ Mmes Aurore Cathenoz et Tessa Grondin et MM. Sébastien Brule et Antoine Desgranges, chefs de compagnie dans le cadre du service national universel ;
Services du Premier Ministre
➢ Institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN) – M. le général de corps d’armée Benoît Durieux, directeur ;
➢ Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN)– Direction de la protection et de la sécurité de l’État (PSE) – MM. Gabor Arany, sous-directeur adjoint de la planification de sécurité nationale et Jean-Christophe ERARD, délégué pour la stratégie nationale de résilience auprès des collectivités territoriales
Chercheurs
➢ Mme Bénédicte Cheron, maître de conférences en histoire contemporaine et M. Maxime Launay, chercheur « Défense et Société » à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire ;
➢ Centre de recherches politiques de Sciences Po – Mme Anne Muxel, directrice déléguée et directrice de recherches en sociologie et en science politique au CNRS ;
Institutions culturelles/ Producteurs de podcasts
➢ Musée de l’Air et de l’Espace – Mme Anne-Catherine Hauglustaine, directrice ;
➢ Musée de l’Armée – M. Henry de Medlege, directeur ;
➢ Musée national de la Marine – M. Thierry Gausseron, directeur ;
➢ M. Fred Marie, rédacteur en chef du Podcast « Défense zone » ;
➢ M. Alexandre Jubelin, producteur et animateur du podcast « Le Collimateur » ;
Syndicats
➢ Syndicats représentatifs des personnels de l’éducation nationale – M. François Pozzo di Borgo, secrétaire général du syndicat national FO des lycées et collèges, Mmes Claire Guéville et Clarisse Mace, Secrétaires nationales du SNES-FSU, M. Frédéric Cuignet Royer, conseiller d'éducation populaire et de jeunesse à la Direction des services départementaux de l’éducation nationale, Mmes Céline Jabot, Bérengère Basset et Nara Cladera et M. Alexandre Riche, membres de la délégation SUD éducation ;
➢ Représentants des syndicats étudiants– Mme Hania Hamidi, Secrétaire générale de l’Union nationale des étudiants de France, Mmes Maé Bouteille et Sarah Biche, respectivement vice- présidente chargée des politiques de jeunesse et vice-présidente chargée des affaires sociales, présidente de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), M. Karel Talali, secrétaire général de l’Union étudiante ;
Autres
➢ Secrétariat général de la Garde nationale – M. le général de division Louis- Mathieu Gaspari, secrétaire général et la lieutenant Astrid Morin, cheffe de cabinet du secrétaire général ;
➢ Mission du 80ème anniversaire des débarquements, de la Libération de la France et de la Victoire – M. le général de corps d’armée (2S) Michel Delion, directeur général de la mission Libération ;
➢ Institut national supérieur du professorat et de l’éducation – Académie de Lille Hauts de France – M. Sébastien Jakubowski, directeur ;
➢ Fédération nationale André Maginot (FNAM) – M. René Peter, président et M. Cyril Carnevilliers, président de la commission de la mémoire et de la jeunesse ;
➢ Union des Blessés de la Face et de la Tête (UBFT) – M. Patrick Remm, président ;
2. Déplacements
➢ Du 24 au 29 mars 2024 : Déplacement en Finlande et en Estonie
➢ Le 4 avril 2024 : Déplacement à la base aérienne 133 de Nancy –Ochey
➢ Le 11 avril 2024 : Déplacement à Caen et à Cabourg
([1]) trad. Jacqueline de Romilly, Robert Laffont éditeur, coll. Bouquins, 1 990
([2]) Expression utilisée par Sébastien Jakubowski lors de son audition
([3]) « Observatoire de la génération Z »,
([4]) Discours inaugural du colloque sur les « Forces morales de la Nation » le 28 octobre 2023 à l’École militaire
([5]) Expression notamment utilisée le 10 juin 1990 par Laurent Fabius alors Président de l’Assemblée nationale
([6]) Les rapporteurs renvoient à l’excellente note intitulée « LES ARMÉES ET LES TERRITOIRES FRANÇAIS : ENJEUX, IMPLANTATIONS, RESTRUCTURATIONS » publiée sur la page « Chemins de mémoire » du ministère des armées : https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/sites/default/files/2023-10/LES_ARMEES_ET_LES_TERRITOIRES_ENJEUX_IMPLANTATIONS_RESTRUCTURATIONS.pdf
([7]) Fractures Françaises est le titre d’un ouvrage du géographe Christophe Guilly, paru en 2010, dans lequel ce dernier documente les nombreux clivages traversant la société française, dans ce qui s’apparente à une crise profonde du « vivre-ensemble ».
([8]) Enquête publiée depuis onze ans par Ipsos et son partenaire Sopra Steria pour le Monde, le Cevipof, la Fondation Jean-Jaurès et l’institut Montaigne
([9]) Anne Muxel, Observatoire de la génération Z, Étude IRSEM N° 89, 2021
([10]) Source :National Defense University finlandaise
([11]) « National Defense is everybody’s business ».
([12]) Expression attribuée à Charles Péguy
([13]) https://eduscol.education.fr/3652/education-la-defense
([14]) LECOQ Tristan, « De Gaulle et la défense nationale. Un modèle de gouvernement », Revue Défense Nationale, 2022/3 (N° 848), p. 69-75. https://www.cairn.info/revue-defense-nationale-2022-3-page-69.htm
([15]) « De la conscription au SNU : les différentes formes du service national », Vie Publique, 14 mars 2023 : https://www.vie-publique.fr/eclairage/272290-de-la-conscription-au-snu-les-differentes-formes-du-service-national
([16]) Interview du général de corps d’armée Benoît Durieux dans Esprit défense n° 8 – été 2023
([17]) https://www.education.gouv.fr/un-carre-regalien-dans-chaque-academie-326017
([18]) Dans la voie professionnelle, des séquences consacrées à la réalisation d’un chef-d’œuvre ont lieu en 1ère et 2ème années pour le CAP et en 1ère et terminale pour le bac professionnel. Le chef-d’œuvre est un projet interdisciplinaire au cours duquel les élèves doivent développer leur créativité et leur sens de l’organisation.
[19] Dans chaque commune, un membre du conseil municipal doit être désigné correspondant défense afin de promouvoir le lien armées-Nation et de développer l’esprit de défense dans la population
([20]) https://www.ccomptes.fr/fr/publications/la-journee-defense-et-citoyennete
([21]) https://eduscol.education.fr/3664/classes-de-defense-et-de-securite-globales-classes-et-lycees-engages-cadets
([22]) Audition du Directeur de la division « cohésion nationale » de la Marine nationale par les rapporteurs
([23]) Audition d’Anne Muxel par les rapporteurs
([24]) https://www.defense.gouv.fr/sga/actualites/plus-50-classes-defense-au-feminin-organisees-toute-france
([25]) https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/le-financement-et-les-demarches
([26]) https://www.isere.gouv.fr/Services-de-l-Etat/Defense/Le-Correspondant-Defense/Le-Correspondant-Defense#:~ : text=Cr%C3%A9%C3%A9e%20en%202001%2C%20par%20le,citoyens%20aux%20questions%20de%20d%C3%A9fense.
([27]) Audition des présidents de la FNAM et de l’UBFT devant vos rapporteurs.
([28]) ADAGE est la plateforme numérique de l’éducation nationale dédiée à la généralisation de l’éducation artistique et culturelle.
([29]) Le bataillon scolaire est une institution organisée dans le cadre de l'école publique en France à partir de 1882. Elle a pour but d'initier les élèves dès le jeune âge à la pratique militaire. L'expérience ne dure que dix ans et prend fin en 18
([30]) https://www.inspe-lille-hdf.fr/actualites/detail-actualite/interroger-et-comprendre-les-liens-ecole-et-defense
([31]) https://www.education.gouv.fr/le-conseil-superieur-des-programmes-41570
([32]) PIX est un service public en ligne permettant d’évaluer, de développer et de certifier ses compétences numériques
([33]) https://www.linkedin.com/posts/karine-rousseaux-59a81296_chapeau-%C3%A0-mes-sp%C3%A9cialit%C3%A9s-g%C3%A9opolitique-en-activity-7181940945620193280-6NQ_?utm_source=share&utm_medium=member_desktop
([34]) https://theaterofwar.com/projects/theater-of-war
([35]) Anne Muxel, Observatoire de la génération Z, Étude 89, IRSEM, octobre 2021.
([36]) https://www.linkedin.com/posts/karine-rousseaux-59a81296_tout-est-dans-dune-en-ce-moment-sur-activity-7170155710306062337-_jcS?utm_source=share&utm_medium=member_desktop
([37]) Loi n° 2018-607 du 13 juillet 2018 relative à la programmation militaire pour les années 2019 à 2025 et portant diverses dispositions intéressant la défense
([38]) https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/offre-pedagogique-des-musees-et-des-lieux-de-memoire
([39]) « Finland in a chang world »
([40]) https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/allemagne/allemagne-l-armee-organise-des-jeux-de-role-pedagogiques-dans-les-ecoles-une-demarche-qui-fait-debat_6470717.html
([41]) https://www.lefigaro.fr/flash-actu/lecornu-veut-remilitariser-le-recensement-et-la-journee-defense-et-citoyennete-20240412
([42]) Article L114-10 du code du service national
[43] « defense will » en anglais
([44]) https://questions.assemblee-nationale.fr/q16/16-2736QE.htm
([45]) https://secnumacademie.gouv.fr/
([46]) (https://www.info.gouv.fr/risques/cyber-destabilisation).
[47] La Journée Nationale de la Résilience est une initiative gouvernementale qui vise à la diffusion de la culture du risque et de la résilience auprès de l’ensemble des publics.
([48]) Harris
([49]) Baromètre CSA/Havas 2023
([50]) Mots d’Eve-Lise Blanc Deleuze
([51]) Audition d’Alex Berger, producteur du Bureau des Légendes devant la commission de la Défense nationale et des forces armées le 27 mars 2024
([52]) Un GIP est une personne morale de droit public dotée de l’autonomie administrative et financière. Il est constitué par convention approuvée par l’État soit entre plusieurs personnes morales de droit public, soit entre l’une ou plusieurs d’entre elles et une ou plusieurs personnes morales de droit privé quel qu’en soit le domaine, pour une durée adaptée à ces activités. Le groupement doit nécessairement exercer une activité d’intérêt général.
([53]) Le moissonnage est un mécanisme qui permet de récolter des métadonnées sur un catalogue distant (ou sur une base de données distante) et de les stocker sur un espace local (serveur) pour un accès plus rapide. Cette récolte (ou moissonnage) se fait régulièrement et automatiquement. Pour effectuer ce moissonnage, il faut que l’organisme qui récolte utilise les mêmes protocoles techniques.
([54]) Par ex, La Grande Guerre de Joseph et Loys Roux met à l’honneur l’exceptionnel fonds d’archives des frères Joseph et Loys Roux, prêtres, soldats et photographes, engagés volontaires sur le front dès août 1914. Alors que les Archives du Rhône détiennent l’intégralité du journal de guerre de Loys Roux, comprenant également 1 919 photographies, l’ECPAD conserve, depuis 2021, 998 autres tirages de Joseph et Loys Roux, ainsi que divers documents donnés par les descendants des membres de leur famille. Rassemblant une sélection de 200 clichés et des extraits les plus intéressants du journal de guerre de Loys Roux, le livre forme une sorte d’encyclopédie visuelle de la Grande Guerre, constituée de façon ininterrompue pendant 52 mois. Cet ouvrage est le résultat d’un travail collectif entre l’ECPAD et les Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon, lesquelles ont organisé avec l’établissement une conférence à l’occasion de son lancement, dont la captation est disponible sur la chaine YouTube de l’ECPAD.
([55]) https://www.lefigaro.fr/international/general-pierre-schill-j-encourage-les-militaires-a-ecrire-20230118
([56]) https://www.facebook.com/reel/163901586179678