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Textes / Relations entre la France et l'Afrique

rapport d'information déposé en application de l'article 145 du règlement, par la commission des affaires étrangères, en conclusion des travaux d'une mission d'information sur les relations entre la France et l'Afrique

Rapport d'information · d'une mission d'information constituée au sein d'une commission permanente · 08/11/2023 · 402 835 caractères · HTML sur assemblee-nationale.fr

Sommaire (113)
  1. introduction
  2. I. UNE France DÉSTABILISÉE DANS UNE AFRIQUE EN PLEINE MUTATION
  3. A. L’AFRIQUE : un continent en recomposition au cœur de toutes les convoitises
  4. 1. « L’Afrique-Monde » : l’émergence d’un continent pleinement ancré dans la mondialisation
  5. a. L’Afrique : un géant démographique tourné vers l’avenir
  6. b. L’Afrique, un continent au fort potentiel économique, malgré la persistance de fragilités et une présence française en recul
  7. 2. Un continent traversé par de profonds bouleversements endogènes
  8. a. Une Afrique travaillée par un ensemble de transformations qui s’entremêlent…
  9. b. …et dont résulte une série de coups d’État en Afrique francophone
  10. c. Un partenaire politique dont le soutien n’est plus acquis aux puissances occidentales
  11. 3. L’Afrique, terre d’opportunités et de promesses : un nouvel enjeu de compétition internationale
  12. a. L’intérêt renouvelé des États-Unis pour l’Afrique
  13. b. Une stratégie chinoise tous azimuts fondée sur le contrôle des ressources et des infrastructures
  14. c. Une concurrence aux méthodes parfois déloyales
  15. i. La Russie en Afrique : une présence ancienne réactivée
  16. ii. La stratégie russe de déstabilisation de la France
  17. B. de la françafrique À la prÉsidence d’emmanuel macron : une volontÉ constamMent exprimÉe de rÉformer la politique africaine de la France
  18. 1. La rupture de 1990 : l’émergence d’une politique de la conditionnalité plus théorique que réelle
  19. 2. Des choix politiques lourds de conséquence pour la relation bilatérale
  20. 3. De la politique à la stratégie africaine : une nouvelle grammaire sous la présidence d’Emmanuel Macron pour « inventer ensemble une amitié »
  21. C. la France BALLOTTÉe DANS une AFRIQUE EN MOUVEMENT
  22. 1. La France : un pays contesté dans une partie de l’Afrique
  23. a. L’image de la France s’est dégradée auprès des élites africaines
  24. b. Le désamour entre la France et une partie des sociétés africaines
  25. i. Un phénomène ancien…
  26. ii. …qui s’exprime avec une vigueur renouvelée mais doit être nuancé
  27. c. Des sujets persistants qui nourrissent un certain ressentiment contre la France
  28. 2. Une fragilité qui conduit au retrait partiel de la France du continent africain, notamment dans la zone sahélienne
  29. a. La fin de l’opération Barkhane
  30. b. Le retrait des troupes françaises du Burkina Faso
  31. II. les dÉfauts d’une stratÉgie qui n’a pas su comprendre et s’adapter pleinement aux besoins nouveaux de l’afrique
  32. A. Une mÉthode dÉfaillante : l’Élaboration en vase clos d’une politique africaine insuffisamment arrimÉe aux RÉalitÉs locales
  33. 1. Du 20, rue Monsieur au 2, rue de l’Élysée
  34. a. Le conseiller Afrique du président : la figure incontournable des relations franco-africaines
  35. b. Le Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA) : une innovation certaine, des résultats mitigés
  36. c. Un entourage militaire resserré autour du président de la République
  37. d. Élysée, ministère des Armées, Quai d’Orsay, secrétariat à la coopération : un manque d’équilibre et de cohérence entre des acteurs très divers
  38. e. Une vision souvent unilatérale et mal documentée : les faiblesses de la méthode française
  39. 2. Une perte de connaissances généralisée sur l’Afrique qui vient renforcer la dimension parfois « hors sol » de la politique africaine française
  40. a. Un monde de la recherche jouissant d’une expertise d’excellence mais peu dense et entravé par les problématiques sécuritaires de l’Afrique
  41. b. Une perte de connaissances sur l’Afrique au sein du Quai d’Orsay
  42. c. Une lente régression de la présence française sur le terrain
  43. 3. Des postures et des discours qui abîment la relation en profondeur
  44. a. Des maladresses vexatoires
  45. b. La politique des visas « au cœur de la discorde »
  46. B. la stratÉgie africaine de la France manque de lisibilitÉ dans sa mise en œuvre
  47. 1. La France dispose d’avantages comparatifs en Afrique mais subit encore trop souvent les évènements
  48. a. Une volonté manifeste d’investir de nouveaux domaines…
  49. i. Sur le plan culturel
  50. ii. Sur le sport
  51. iii. Sur l’entreprenariat et l’innovation
  52. b. …dont la réalisation tarde à se concrétiser
  53. 2. Une stratégie qui pâtit des contradictions entre ses fondements théoriques et sa mise en œuvre
  54. a. Des enjeux sécuritaires persistants
  55. b. Les limites d’un prisme trop sécuritaire
  56. 3. La politique du « double standard » : l’écueil d’une doctrine politique mal assurée
  57. C. des marges de progrÈs : une sous-utilisation de nos outils d’influence et un dÉfaut de moyens et de pilotage
  58. 1. Des instruments d’influence peu ou mal mobilisés
  59. i. L’audiovisuel extérieur de la France : un formidable outil qui a pu se retourner contre notre pays
  60. ii. Une stratégie communicationnelle déployée avec retard
  61. 2. Des moyens en demi-teinte
  62. a. Sur le temps long, une diminution significative des moyens militaires et civils préjudiciable
  63. i. Sur le plan militaire
  64. ii. Sur le plan civil
  65. b. Une volonté de « réarmer » la diplomatie française : une nécessité
  66. c. L’aide publique au développement en Afrique : des moyens en augmentation
  67. 3. Un pilotage perfectible de la stratégie africaine de la France et de ses outils
  68. a. Une aide publique au développement à l’efficacité contestable et progressivement vidée de sa dimension politique
  69. i. L’autonomisation progressive de la politique d’aide au développement
  70. ii. Redéfinir les objectifs et renforcer le suivi des actions menées
  71. iii. Une aide non perçue par les populations bénéficiaires
  72. iv. Une arme puissante qui se retourne désormais contre la France
  73. b. La dilution du suivi de la stratégie africaine de la France : une myriade d’acteurs et des pratiques déconcertantes
  74. III. Reconstruire une offre stratÉgique crÉdible : la condition sine qua non au renouveau des relations franco-africaines
  75. A. Mobiliser davantage les atouts stratÉgiques de la France et rÉFORMER LA POLITIQUE DES VISAS : une ambition commune des deux...
  76. 1. La Francophonie : un instrument à réinvestir
  77. 2. Développer notre proximité culturelle et éducative
  78. 3. Repenser l’APD
  79. a. Une réforme profonde
  80. b. Un pilotage politique absolument nécessaire
  81. c. Plus de dons, moins de prêts
  82. 4. Relancer une politique de coopération modernisée
  83. 5. Réformer la politique des visas : une urgence
  84. 6. Mieux valoriser nos résultats : mieux communiquer et mobiliser les médias
  85. B. En FINIR AVEC « LES IRRITANTS » pour fonder un nouveau partenariat sincÈre, respectueux des intÉrÊts des deux parties : le plaidoyer...
  86. 1. Mettre fin aux attitudes paternalistes et à celles jugées condescendantes. Écouter plus et mieux et partir des réalités du terrain.
  87. a. « Un Africain ça s’invite, ça ne se convoque pas »
  88. b. La familiarité d’une relation acquise
  89. c. Arrêter d’imposer nos réalités et nos modes de pensée
  90. 2. Fixer une doctrine claire : la « juste distance »
  91. a. Sortir du double standard
  92. b. Proposer une nouvelle doctrine
  93. c. Solder notre passif colonial par des actes tangibles et partagés
  94. 3. Miser sur un développement économique mutuellement gagnant
  95. a. Les économies subsahariennes, une importance bien loin des idées reçues
  96. b. De fortes contraintes et des risques
  97. c. Un marché stratégique
  98. d. Des avantages compétitifs
  99. 4. Valoriser les politiques solidaires de la France
  100. a. Le rôle moteur de la politique française de la santé
  101. b. La mobilisation historique de la France en faveur de programmes de recherche et de conservation de la biodiversité africaine
  102. c. La France, chef de file de la lutte contre le réchauffement climatique en Afrique
  103. 5. S’appuyer sur les diasporas
  104. C. La dimension géopolitique des relations entre la France et l’Afrique : une préoccupation majeure pour la rapporteure Michèle Tabarot
  105. 1. La nouvelle géographie de la politique africaine de la France
  106. 2. Achever la recomposition de notre politique militaire
  107. 3. La place du multilatéralisme
  108. EXAMEN EN COMMISSION
  109. PROPOSITIONS du rapporteur BRUNO FUCHS
  110. PROPOSITIONS DE LA RAPPORTEURE MICHÈle tabarot
  111. analyse du rapporteur bruno Fuchs
  112. Annexe N°1 : Liste des personnes RENCONTRÉes ou auditionnÉes par LEs RAPPORTEURS
  113. ANNEXE N°2 : Liste des acronymes et des abrÉviations utilisÉs dans le rapport

8-13 Promouvoir une Coopération décentralisée en lien direct avec la stratégie africaine de la France.

Réarmer notre diplomatie :

9-1 Constituer une filière « Afrique » au Quai d’Orsay et mieux préparer nos diplomates à leurs missions en incluant une meilleure compréhension des enjeux interculturels ;

9-2 Valoriser l’attractivité des carrières vers l’Afrique ;

9-3 Nommer des diplomates (ambassadeur, consuls généraux etc.) afro-descendants ;

9-4 Instituer une « diplomatie nouvelle » plus directe, plus transparente et plus visible afin d’en finir avec les suspicions d’agenda caché ;

9-5 Faire des ambassadeurs de vrais « chefs de file », ayant une réelle et totale autorité sur l’ensemble des prérogatives et compétences (Consulat général, AFD, DG trésor, BPI France, etc.) pouvant recruter et composer eux-mêmes leurs équipes rapprochées et les évaluant pour s’acquitter des missions leurs étant assignées ;

9-6 Privilégier à l’avenir une approche « toutes Afriques » :

Les Africains eux-mêmes sont organisés de cette façon. Par conséquent fusionner la sous-direction Afrique du Nord et la direction Afrique du quai d’Orsay ;

9-7 Réintroduire de l’analyse de contextes : créer un organe d’écoute et de stratégie des nouveaux partenariats (experts, associations, chercheurs, journalistes, économistes, entrepreneurs) ;

9-8 Organiser un séminaire annuel de trois jours rassemblant tous les ambassadeurs en Afrique pour nourrir la stratégie Afrique et partager leurs expériences ;

9-9 Former des agents à la gestion de projets ;

9-10 Redéfinir le rôle du conseiller Afrique et de la cellule Afrique de l’Élysée, en lien avec le quai d’Orsay ;

9-11 Renforcer les moyens de nos services de renseignements en Afrique :

Leur action s’est légitimement centrée ces dernières années sur les groupes terroristes et djihadistes mais nous y avons perdu en capacité d’anticipation des grandes évolutions.

9-12 Miser plus sur la médiation quand cela se justifie ;

9-13 Demander un rapport sur le bilan de la diplomatie économique :

Depuis l’orientation de Laurent Fabius jusqu’à nos jours intégrant la gouvernance et les résultats.

10) Renforcer notre avantage compétitif :

10-1 Défendre un modèle démocratique et multilatéral ;

10-2 Miser sur une francophonie des citoyens ;

10-3 Contribuer plus fortement aux moyens de la Fondation pour la démocratie et/ou tout autre organisation non gouvernementale opérant sur ce sujet :

Cette initiative, encore embryonnaire, porte en elle l’ADN de la nouvelle relation souhaitée à l ‘Afrique. L’Allemagne finance le soutien au développement démocratique à hauteur de 500 millions d’euros ;

10-4 La France devrait plus généralement moins s’exposer directement sur cette problématique en sous-traitant cette mission aux organisations non gouvernementales, en finançant des associations locales et françaises ;

10-5 Consolider et renforcer le réseau des écoles et instituts culturels Français. Les transformer progressivement en Instituts franco- camerounais, franco-ivoirien et ainsi de suite ;

10-6 Apprendre l’Afrique d’aujourd’hui à l’école ;

10-7 Introduire des modules d’enseignement sur l’Afrique dans nos grandes écoles publiques et privées ;

10-10 Donner des moyens aux historiens de dire le passé en vérité ;

10-11 Proposer une vraie stratégie pour que les diasporas jouent enfin un rôle majeur au sein de la nouvelle relation Afrique-France :

Alors qu’elles comptent potentiellement parmi nos meilleurs atouts, les diasporas sont sous-valorisées. Elles ont tendance à se désengager, lorsqu’elles ne sont pas acerbes à l’égard de la France.

Exploiter toutes les opportunités que recèle notre conception multilatérale du monde. Mettre en œuvre une « démarche trilogue » ;

Encourager l’Union européenne à développer son action à l’égard de l’Afrique en proposant une approche davantage tournée vers le soutien à la bonne gouvernance, l’enracinement de la démocratie et de l’État de droit et le développement économique durable.

11) Miser sur le développement économique et sur les investissements :

11-1 Développer les industries de transformation ;

11-2 Privilégier les approches par filière et la répartition de valeur corrélée ;

11-3 Donner la priorité aux entreprises à capitaux croisés ;

11-4 Trouver le moyen juridique pour sécuriser les entreprises cotées en bourse tout en respectant les règles d’éthique ;

11-5 Ouvrir le financement à de petites entreprises ;

11-6 Armer les ambassades pour piloter l’accompagnement des entreprises dans les grands projets ;

11-7 Impulser et soutenir les partenariats public-privé.

12) Déployer une stratégie de communication performante :

12-1 Proposer une stratégie nationale d’influence ;

12-2 Bâtir un récit sur la place de la France et ses ambitions en Afrique ;

12-3 Recentrer la communication sur nos avantages comparatifs (politiques solidaires : santé, climat ou encore biodiversité) ;

Minorer fortement la communication politique et militaire ;

Face à la désinformation, faire appel à des acteurs privés :

Au-delà de la souplesse, cela apporterait d’autres expertises et ne serait pas suspecté d’être de la propagande d’État ;

12-6 Construire un « meta réseau » d’acteurs et d’influenceurs partant de l’Afrique, regroupant tous les défenseurs des modèles démocratiques ;

12-7 Mettre en place une communication proactive et des relais d’influence dans les pays africains :

Il faut faire porter la communication par tous les acteurs locaux incluant les bénéficiaires et contribuer à la création d’un écosystème de communication francophone à partir de l’Afrique (chaines de télévision, réseaux sociaux, etc.) ;

12-8 Responsabiliser les médias français pour qu’ils ne servent pas malgré eux de caisse de résonance aux discours haineux ou complotistes contre la France;

12-9 Créer un pôle média holistique, une agence de presse, une radio, une chaîne qui, à défaut d’être panafricaine, soit africanisée.

PROPOSITIONS DE LA RAPPORTEURE MICHÈle tabarot

3 AXES

POUR CONSTRUIRE

LA NOUVELLE STRATÉGIE DE LA FRANCE

EN AFRIQUE

AXE STRATÉGIQUE

 Faire de la politique africaine de la France un domaine partagé 

REPOLITISER L’AIDE AU DÉVELOPPEMENT

 Avoir une offre stratégique ambitieuse assumant nos intérêts et nos attentes.

 Créer un grand Ministère des coopérations et des partenariats.

 Instaurer un véritable pilotage stratégique interministériel de l’Aide Publique au Développement.

RECONNAITRE LE ROLE DU PARLEMENT

 Organiser des débats, au moins semestriels, sur la politique africaine de la France.

 Développer une vraie diplomatie parlementaire.

ASSOCIER TOUS LES ACTEURS

 Créer un Conseil des Affaires étrangères à l’Elysée associant a minima les ministres en charge des Affaires étrangères, de la coopération et des Armées, sur le modèle du CDSN.

AXE RÉPUTATIONNEL

 Moderniser et renforcer

la cohérence de notre action 

RESOUDRE LES POINTS DE TENSIONS

 Accompagner la réforme du franc CFA qui dépend du seul vouloir des pays africains.

 Clarifier la doctrine de conditionnalité démocratique des aides et mettre fin au « double-standard » en ce domaine.

 Réformer la politique des visas sans renoncer à la maitrise des flux.

AVOIR UNE STRATÉGIE DE COMMUNICATION AMBITIEUSE

 Mettre en œuvre les stratégies de lutte contre la désinformation avec plus de moyens.

 Identifier des acteurs d’influence dans les pays africains pour relayer notre action.

 Demander aux médias français plus de responsabilité sur la valorisation de l’action de la France et sur la diffusion de discours haineux ou complotistes envers notre pays.

SE SERVIR DE NOS AVANTAGES STRATÉGIQUES

 Miser sur la francophonie.

 Développer le réseau des écoles et instituts culturels Français en portant les efforts sur les pays avec lesquels nous avons de bonnes relations.

 Poursuivre l’ouverture à l’« autre Afrique » anglophone, lusophone…

AXE OPÉRATIONNEL

 Se renforcer dans

la bataille des idées 

REFAIRE DE LA DIPLOMATIE UNE FORCE

 Instaurer une filière Afrique au Quai d’Orsay et valoriser les carrières

 Mieux préparer les diplomates à leur affectation avant l’arrivée dans un pays

 Créer un institut des hautes études sur l’Afrique

 Développer le nombre de coopérants sur le terrain

 Créer une véritable « équipe France » sous la responsabilité de l’Ambassadeur.

RÉINVENTER NOTRE OFFRE STRATÉGIQUE

 Être présents là où nous sommes souhaités

 Identifier les attentes de nos partenaires pour adapter notre offre stratégique

 Renforcer les moyens de nos services de renseignement en Afrique

 Adapter notre offre de formation aux besoins de nos partenaires et encourager notre BITD à faire évoluer son catalogue en conséquence.

FAIRE DE « L’AIDE AU DÉVELOPPEMENT »

L’OUTIL MAJEUR DE NOTRE STRATÉGIE D’INFLUENCE

 Réformer l’AFD pour institutionnaliser son pilotage politique et repositionner son action.

 Changer le nom de l’AFD en « France Partenariats ».

 Donner beaucoup plus de moyens aux Ambassades pour soutenir directement des projets locaux à fort impact réputationnel

analyse du rapporteur bruno Fuchs

LES ENSEIGNEMENTS DE L’OPÉRATION BARKHANE : RÉVÉLATEURS DE TOUTES NOS FORCES ET FAIBLESSES OU COMMENT UNE OPÉRATION MILITAIRE À L’EFFICACITÉ DÉMONTRÉE PÂTIT D’UN BIAIS D’ANALYSE, D’UN DÉFAUT DE STRATÉGIE, DE PÉDAGOGIE ET D’HUMILITÉ

1/ Une mauvaise compréhension de la nature de la crise et de la dynamique du conflit.

Un défaut d’analyse initiale a rejailli négativement sur l’opération Barkhane. Ce défaut tient aussi au fait que les responsables français ont envisagé la situation malienne sous le prisme de leurs propres problématiques sécuritaires et non en cherchant à comprendre les particularités de la situation locale. Le djihadisme étranger a réussi à transformer une insurrection locale en conflit de grande ampleur, certes menée au nom de l’Islam et à la faveur d’un recrutement local important, alors qu’initialement les rébellions sont davantage mues par des motivations primaires de besoins de subsistance, d’accès aux ressources, au foncier, d’ambitions héritées de conflits intercommunautaires ou encore des visées nationalistes que par une pure idéologie islamiste.

L’erreur initiale a donc consisté à ne pas comprendre la complexité du terrain et à réduire la crise à la seule lutte contre le terrorisme islamique alors que le Mali se trouvait face à un contexte insurrectionnel généralisé.

2/ Une opération militaire efficace, mais sous-dimensionnée et de laquelle on attend tout.

D’un strict point de vue militaire, il convient de rendre justice à Barkhane, et plus généralement, d’affirmer que la lutte contre le terrorisme, menée entre 2013 et 2022, a permis aux forces françaises, maliennes, nigériennes et burkinabé de mettre hors-de-combat les chefs des quatre katibats d’AQMI, les émirs d’Al Mourabitoune et du MUJAO, de nombreux éléments clefs d’Ansar Eddine, les émirs du JNIM et les émirs de l’État Islamique au Sahel. Ces faits d’armes ont mis fin aux attentats de grande ampleur dans les capitales sahéliennes depuis 2018 et ont engendré une forte baisse du nombre des enlèvements d’étrangers.

Alors qu’en Afghanistan la communauté internationale a engagé jusqu’à 150 000 hommes, la France a porté sa présence, au plus fort de la crise malienne, à 5 000 hommes sur un territoire trois fois plus grand. Ce sous-dimensionnement porte les germes de la déception.

3/ Une défiance grandissante de l’armée malienne à l’égard des militaires français.

Mais, paradoxalement, après le succès de Serval et après les résultats obtenus, les Maliens ont pensé que la seule présence de l’armée française allait suffire à régler facilement la question. Après le grand espoir, notre communication de chiffres a créé, paradoxalement, un climat déceptif au regard des attaques de villages et de règlements de compte continus.

Sûrs de notre fait, nous aurions dû mieux expliquer et partager le sens de notre action. À titre d’exemple, en dix ans, l’armée française n’a produit aucune vidéo à usage des médias locaux.

Ainsi, Barkhane a fortement souffert d’un manque de justification auprès des populations et d’un déficit de communication de ses réelles missions. A posteriori, Barkhane apparaît donc comme une opération qui s’est fixée des objectifs s’appuyant sur une évaluation biaisée et optimiste des dynamiques politiques en cours au Sahel, et qui a été conduite à l’impuissance par l’incompétence de la classe politique au pouvoir.

Les populations ont également fondé, dans les forces militaires françaises, des espoirs qui excédaient le cadre de l’opération Barkhane, ne pouvant qu’entraîner de l’incompréhension, de la déception et, à terme, de l’hostilité.

4/ Kidal, moment clé qui va nourrir le ressentiment et l’idée d’un agenda caché côté français.

En 2012, l’armée malienne a été massacrée et forcée de fuir Kidal devant la conquête des groupes rebelles et djihadistes. Ce moment a nourri un profond sentiment de vengeance. En 2013, les risques de représailles contre les communautés Arabes et Touaregs ont amené l’armée française à stopper la reconquête aux portes de Kidal, encore sous contrôle des mouvements rebelles.

Or, ce qui pour nous relevait d’une prudence pour éviter un bain de sang, a été interprétée par les Forces armées maliennes, à la tête desquelles se trouvait le colonel Goïta, comme un pacte entre les forces françaises et les groupes rebelles. Dès lors, et à défaut d’une communication claire et partagée, le doute s’est installé. Une part importante des « Fama » a toujours eu un doute sur les objectifs réels des français.

En ajoutant cela à la dégradation sécuritaire dont les populations ont souffert au quotidien pendant l’opération Barkhane, l’hostilité s’est faite de plus en plus forte.

5/ Le « syndrome du pré carré », un péché d’orgueil provocant des attitudes contestables.

Il s’agit d’une attitude globale sans que de véritables lignes rouges aient été franchies, car l’armée française est tout à fait républicaine.

Les militaires français, sûr d’eux et portés par l’obsession de la bonne exécution de leurs missions, ont pu donner le sentiment de se penser chez eux, en terre conquise, en s’affranchissant ainsi de règles élémentaires d’échange et de partage. Or, selon le dicton Africain, « un invité ne décide des plats à servir sur la table ». Par conséquent, ces comportements n’ont fait que renforcer le sentiment de défiance.

6/ Un défaut de portage politique et de stratégie.

Si on comprend qu’une partie substantielle des conflits armés peut trouver une résolution par la médiation et le développement économique, alors, pour avoir une chance de réduire massivement l’activité terroriste, il aurait fallu activer en parallèle un plan de développement de grande ampleur répondant aux besoins primaires des populations.

Or, étant donné que nous avons activé uniquement le volet militaire, de nombreux jeunes ont succombé aux 100-150 dollars offerts par les groupes terroristes et sont venus en gonfler les rangs, sans pour autant être dans une logique d’intégrisme musulman.

7/ Nous avons, avec une forme de naïveté, confié la conduite politique, et donc la réussite ou non de l’opération, à un gouvernement clairement défaillant.

Le but initial et strict de l’opération Barkhane était de protéger Bamako et de laisser le temps à la classe politique locale de s’organiser, pour rétablir la paix dans la région. En effet, le mandat de l’opération n’était pas de sécuriser l’ensemble du pays mais de mettre la menace terroriste à la portée des forces locales, en affaiblissant les groupes armés terroristes.

Toute la réussite de l’opération reposait sur le postulat que l’État malien allait fournir sa part d’effort. Or, les observateurs avertis avaient conscience du caractère illusoire de ce postulat. Les personnes fréquentant le Mali voyaient bien que le Président Ibrahim Boubacar Keïta n’était pas l’homme de la situation. Plus jouisseur que stratège, il a laissé faire. Il se disait que son palais « c’était Versailles avant le révolution ».

Le niveau de corruption y a atteint des sommets et notamment de forts détournements de fonds sur les budgets militaires.

Une divergence de vue stratégique s’est installée entre le gouvernement malien et le gouvernement français, ce dernier ayant voulu imposer l’application des accords d’Alger de 2015, visant à mettre fin à la guerre du Mali entre les forces du gouvernement malien et les forces issues de la Coordination des mouvements de l’Azawad. En effet, le Président Ibrahim Boubacar Keïta était contre les dispositions de cet accord et a empêché leur mise en place. Cette posture a aujourd’hui pour conséquence que la partition du Nord Mali du reste du territoire malien apparait comme une hypothèse de plus en plus plausible.

Annexe N°1 : Liste des personnes RENCONTRÉes ou auditionnÉes par LEs RAPPORTEURS

Les rapporteurs adressent leurs remerciements chaleureux au président du Niger, M. Mohamed Bazoum, à l’ancien président de la République française, M. François Hollande, et à la Première Dame de Côte d’Ivoire, Mme Dominique Ouattara, qui ont bien voulu leur accorder une audience.

Certaines personnes n’ont pas souhaité apparaître dans la liste des auditionnés. Celle-ci respecte donc leur anonymat.

Jeudi 9 mars 2023

– Mme Anne-Sophie Avé, ambassadeur, envoyée spéciale pour la diplomatie publique en Afrique.

Jeudi 23 mars 2023

– M. Éric Blanchot, directeur général de l’ONG Promediation ;

– Mme Anne-Claire Legendre, porte-parole du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères ;

– M. Wassim Nasr, journaliste à France 24, spécialiste des mouvements djihadistes.

Jeudi 30 mars 2023

– M. Christian Bouquet, professeur de géographie politique et du développement à l’Université Michel-de-Montaigne-Bordeaux-3 ;

– M. Marc-Antoine Pérouse de Montclos, directeur de recherches à l’institut de recherche pour le développement (IRD), spécialiste du Nigéria ;

– M. Bruno Clément-Bollée, ancien directeur de la coopération de sécurité et de défense du ministère de l’Europe et des affaires étrangères ;

– M. Luc Hallade, ambassadeur de France au Burkina Faso ;

– Mme Laure Taillandier-Thomas, rédactrice Burkina Faso, Niger, cellule Sahel, sous-direction d’Afrique occidentale au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères ;

– Mme Eva Nguyen Binh, présidente de l’Institut français.

Jeudi 6 avril 2023

– Mme Évelyne Decorps, ambassadrice de France au Tchad (2013-2016) et au Mali (2016-2018) ;

– M. Aurélien Lechevallier, directeur général de la mondialisation, de la culture, de l’enseignement et du développement international au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères ;

– M. Luc Briard, chargé de mission Afrique auprès du directeur général de la mondialisation, de la culture, de l’enseignement et du développement international au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et membre de la mission de préfiguration de la Maison des Mondes Africains ;

– Mme Chrysoula Zacharopoulou, secrétaire d’État auprès de la ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargée du développement, de la francophonie et des partenariats internationaux ;

– M. Loris Gaudin, conseiller chargé des relations avec le Parlement, du mécénat et des partenariats avec le secteur privé auprès de Mme Chrysoula Zacharopoulou ;

– M. Thomas Rossignol, sous-directeur d’Afrique australe et de l’Océan indien, ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Mercredi 12 avril 2023

– M. Hugo Sada, ancien conseiller spécial pour le Forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, ancien délégué à la paix, aux droits de l’Homme et à la démocratie de l’Organisation internationale pour la francophonie, chercheur associé à la fondation pour la recherche stratégique ;

– M. Christophe Bigot, directeur de l’Afrique et de l’Océan indien au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères ;

– Mme Adorice Gachet, chargée de mission auprès du directeur de l’Afrique et de l’Océan indien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Mercredi 3 mai 2023

– M. Jean-Christophe Belliard, ambassadeur de France en Côte d’Ivoire ;

– M. Joël Meyer, ancien ambassadeur de France au Mali (2018-2022) et en Mauritanie (2014-2018).

Jeudi 4 mai 2023

– M. Étienne Giros, président du conseil français des investisseurs en Afrique et de l’European Business Council for Africa and Mediterranean ;

– Mme Sandrine Sorieul, directrice générale du conseil français des investisseurs en Afrique ;

– M. Philippe Gautier, directeur général du MEDEF international ;

– Mme Alice Féray, chargée de projet au sein du pôle financements internationaux au MEDEF international ;

– M. Nicolas Guillaume, chargé de projet Afrique subsaharienne au MEDEF international ;

– M. Gautier Vassas, chargé de projet Afrique subsaharienne au MEDEF international ;

– M. Antoine Glaser, journaliste.

Mardi 9 mai 2023

– M. Rémy Rioux, directeur général de l’Agence française de développement ;

– M. Philippe Baumel, responsable du secrétariat des instances en charge des relations avec les administrateurs et le Parlement à l’Agence française de développement ;

– M. Christian Yoka, directeur du département Afrique de l’Agence française de développement.

Mercredi 10 mai 2023

– M. Laurent Bigot, ancien sous-directeur pour l’Afrique de l’Ouest (2008-2013) au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Jeudi 11 mai 2023

– M. Pierre Boilley, historien spécialiste de l’Afrique et du Sahel ;

– M. Charles Grémont, historien et membre associé à l’institut des mondes africains ;

– M. Rémi Maréchaux, ambassadeur de France en Éthiopie, délégué permanent de la France auprès de l’Union africaine.

Jeudi 25 mai 2023

– Mme Marie-Christine Saragosse, présidente de France Médias Monde ;

– M. Thomas Legrand-Hedel, directeur de la communication, des relations institutionnelles et de la RSE chez France Médias Monde ;

– Mme Cécile Mégie, directrice des stratégies et des coopérations éditoriales transverses chez France Médias Monde ;

– M. Jonathan Guiffard, expert en relations internationales et questions stratégiques, senior fellow à l’institut Montaigne.

Jeudi 1er juin 2023

– M. Alain Antil, chercheur et directeur du centre Afrique subsaharienne de l’institut français des relations internationales ;

– M. Maxime Audinet, chercheur spécialisé sur les stratégies d’influence et de la Russie à l’institut de recherche stratégique de l’École militaire.

Mardi 6 juin 2023

– M. Seidik Abba, journaliste, ancien rédacteur en chef du journal Jeune Afrique ;

– Mme Niagalé Bagayoko, chercheuse, présidente de l’African security secteur network.

Jeudi 8 juin 2023

– M. Alain Juillet, ancien directeur général de la direction générale de la sécurité extérieure.

Jeudi 15 juin 2023

– Général Pascal Ianni, officier général « anticipation stratégique et orientations » à l’État-major des armées.

Jeudi 22 juin 2023

– Général Djibrill Yipènè Bassolé, ancien ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso.

Jeudi 29 juin 2023

– M. Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères français.

Mercredi 13 septembre 2023

– M. Claudy Siar, chanteur, animateur, présentateur et journaliste.

Jeudi 14 septembre 2023

– M. Jacques Godfrain, ministre de la coopération (1995-1997) ;

– M. Michel Roussin, ministre de la coopération (1993-1994) ;

– M. Élie Tenenbaum, directeur du centre des études de sécurité de l’institut français des relations internationales.

Déplacement en Côte d’Ivoire du 16 septembre au 21 septembre 2023

– Colonel Patrick Vaglio, attaché de défense ;

– Visite du camp des Éléments français de Côte d’Ivoire en présence du Colonel Bruno Yver ;

– M. Jean-Christophe Belliard, ambassadeur de France en Côte d’Ivoire et ses équipes.

– M. Adama Coulibaly, ministre de l’économie et des finances ;

– M. Ally Coulibaly, conseiller diplomatique du président, ancien ministre et ancien ambassadeur ;

– M. Adama Bictogo, président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire ;

– Mme Françoise Remarck, ministre de la culture et de la francophonie ;

– M. Françis Akindès, sociologue et professeur à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké ;

– M. Venance Konan, journaliste et écrivain ;

– M. Arthur Banga, représentant Afrique de l’Ouest de la fondation d’innovation pour la démocratie, M. Fred Eboko, membre du conseil de la fondation, M. Yodé Simplice Dion, philosophe et M. Eddie Guipi, politologue ;

– Réunion d’échange avec les représentants de la société civile ivoirienne : associations, artistes, jeunes entrepreneurs, militants et activistes ;

– M. Philippe Collin, consul général de France en Côte d’Ivoire et Mme Amélie Gayan, responsable du service visas du consulat de France, avec visite du service ;

– Représentants du secteur économique français (Club French Tech, Club Abidjan Ville Durable, Conseillers du commerce extérieur de la France, Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire) ;

– Visite de l’agence AFD et échange avec M. Adrien Haye, directeur pays et M. Lionel Yondo, directeur régional Golfe de Guinée, en présence des représentants pays d’Expertise France et de Proparco ;

– M. Stanislas Zézé, entrepreneur, fondateur de Bloomfield Investment Corporation ;

– M. Marc Alberola, directeur général du groupe Eranove et ancien président de la Chambre de commerce européenne en Côte d’Ivoire (Eurocham);

– M. Justin Katinan, vice-président Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire ;

– M. Robert Beugré Mambé, gouverneur du district autonome d’Abidjan ;

– Visite du service communication de l’ambassade.

Mercredi 28 septembre 2023

– Mmes Alexandra Jousset et Knesia Bolchakova, journalistes, réalisatrices du film « Wagner, l'armée de l'ombre de Poutine », prix Albert Londres ;

– M. Martial Ze Belinga, économiste et sociologue.

Jeudi 29 septembre 2023

– M. Emmanuel Dupuy, président de l’institut prospective et sécurité en Europe.

Mercredi 18 octobre 2023

– M. Achille Mbembe, professeur d’histoire et de sciences politiques à l’université Witwatersrand (Afrique du Sud).

Jeudi 19 octobre 2023

– Mme Stéphanie Rivoal, secrétaire générale du sommet Afrique-France 2020.

ANNEXE N°2 : Liste des acronymes et des abrÉviations utilisÉs dans le rapport

AFD : Agence française de développement

AQMI : Al-Qaïda au Maghreb islamique

ANC : Congrès national africain

ARCOM : Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique

BOA : Base opérationnelle avancée

CEDEAO : Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest

CEEAC : Communauté économique des États de l’Afrique centrale

CEMA : Chef de l’État-major des armées

CEMP : Chef de l’État-major particulier du chef de l’État

CIAN : Conseil des investisseurs français en Afrique

CMA : Coordination des mouvements de l’Azawad

CPI : Cour pénale internationale

DCSD : Direction de la coopération de sécurité et de défense

DGSE : Direction générale de la sécurité extérieure

DTS : Droits de tirage spéciaux

EFAO : Éléments français d’assistance opérationnels

EFG : Éléments français du Gabon

EIGS : État islamique au Grand Sahara

ENA : École nationale d’administration

ENVR : École nationale à vocation régionale

EPIC : Établissement public à caractère industriel et commercial

ETI : Expert technique international

ETPT : Équivalent temps plein annuel travaillé

FID : Fonds d’innovation pour le développement

FLN : Front de libération nationale

FMM : France Médias Monde

FOSAC : Forum sur la coopération sino-africaine

FRELIMO : Front de libération du Mozambique

FSPI : Fonds de solidarité pour les projets innovants

GAT : Groupes armées terroristes

ICC : Industrie culturelle et créative

IDE : Investissement direct à l’étranger

JNIM : Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans

LGBT : Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres

LPM : Loi de programmation militaire

MPLA : Mouvement populaire de libération de l’Angola

MUJAO : Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest

OCDE : Organisation de coopération et de développement économiques

OHADA : Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires

OIF : Organisation internationale de la Francophonie

OMC : Organisation mondiale du commerce

ONG : Organisation non gouvernementale

ONU : Organisation des Nations Unies

OTAN : Organisation du traité de l’Atlantique nord

OUA : Organisation de l’unité africaine

PAIGC : Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert

PAM : Programme alimentaire mondial

PESD : Politique européenne de sécurité et de défense

PIB : Produit intérieur brut

PME : Petite et moyenne entreprise

PNB : Produit national brut

POC : Pôle opérationnel de coopération

PSDC : Politique de sécurité et de défense commune

RECAMP : Renforcement des capacités africaines de maintien de la paix

REFRAM : Réseau francophone des régulateurs de médias

RGPP : Révision générale des politiques publiques

TPE : Très petite entreprise

UA : Union africaine

UE : Union européenne

UEMOA : Union économique et monétaire ouest-africaine

URSS : Union des républiques soviétiques socialistes

ZAPU : Union du peuple africain du Zimbabwe

([1]) « L’Afrique est notre avenir », rapport d’information sénatorial de Jeanny Lorgeoux et Jean-Marie Bockel, déposé le 29 octobre 2013.

([2]) « L’Afrique est le sujet n° 1 de l’Europe pour les 50 ans à venir », entretien avec Pascal Lamy, Le Point, 2 décembre 2021.

([3]) « It’s Africa’s Century—for Better or Worse », Adam Tooze, Foreign Policy, 13 mai 2022.

([4]) « Quelle stratégie française dans le golfe de Guinée ? », rapport d’information déjà mentionné.

([5]) Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Comores, Congo, République démocratique du Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée, Guinée Bissau, Guinée équatoriale, Mali, Niger, République Centrafricaine, Sénégal, Tchad et Togo.

([6]) « Commerce bilatéral entre la France et les pays de l’UEMOA en 2021 », note de la direction générale du Trésor, mars 2022.

([7]) Laurent Bansept et Élie Tenenbaum, étude déjà citée.

([8]) « Or : les compagnies minières canadiennes à l’assaut de l’Afrique de l’Ouest », Jeune Afrique, 7 janvier 2019.

([9]) L’économie africaine 2023, Agence française de développement, La Découverte, janvier 2023.

([10]) « En Afrique, il faut réarmer la pensée », Achille Mbembe, Le Monde, samedi 5 août 2023.

([11]) Le sentiment anti-français en Afrique », Antoine Pouillieute, revue défense nationale, n° 860, 14-19, mai 2023.

([12]) « En Afrique, il faut réarmer la pensée », article déjà mentionné.

([13]) Voir à ce sujet « Coup d’État au Niger : le grand gâchis », Jean-Pierre Olivier de Sardan, Jeune Afrique, 29 juillet 2023.

([14]) L’Afrique, le prochain califat ? La spectaculaire expansion du djihadisme, Luis Martinez, Tallandier, 23 février 2023.

([15]) L’Union africaine reconnaît, quant à elle, 55 États en incluant la République arabe sahraouie démocratique.

([16]) « Le Sénégal : la « voix » de l’Afrique dans la crise russo-ukrainienne », trois questions à Babacar Ndiaye, institut Montaigne, 21 juillet 2022.

([17]) « Un New Deal entre l’Europe et l’Afrique est-il possible ? », Achille Mbembe, groupe d’études géopolitiques, working papers, 2022, p. 1-8.

([18]) L’Agenda 2063 est un cadre stratégique défini par l’Union africaine pour la transformation socio-économique du continent au cours des cinquante prochaines années. Il s’appuie sur les initiatives continentales passées et actuelles en faveur de la croissance et du développement durable et cherche à accélérer leur mise en œuvre.

([19]) « La Chinafrique : Pékin à la conquête du continent noir », Michel Beuret et Serge Michel, Paris, Grasset, 2008.

([20]) « Les influences chinoises en Afrique. 1. Les outils politiques et diplomatiques « du grand pays en développement » », Jean-Pierre Cabestan, Élisa Domingues dos Santos, Zhao Alexandre Huang, Philippe Le Billion, Thierry Vircoulon, institut français des relations internationales, novembre 2021.

([21]) Institut français des relations internationales, article déjà mentionné.

([22]) La nouvelle route de la soie, terminologie parfois employée au pluriel, est un projet stratégique chinois visant à relier économiquement la Chine à l’Europe en intégrant les espaces d’Asie centrale par un vaste réseau de corridors routiers et ferroviaires.

([23]) Dans le Golfe de Guinée, 40 % du poisson pêché le serait de façon illégale par des navires russes et chinois, ce qui représente plus de 1,2 milliard d’euros de manque à gagner annuel pour les pays de la région. Cf ; « Quelle stratégie française dans le golfe de Guinée ? », rapport d’information n° 383 (2022-2023) de Bernard Fournier, François Bonneau et Gisèle Jourda, fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, déposé le 1er mars 2023.

([24]) « The 53 countries supporting China’s crackdown on Hong Kong », Dave Lawler, Axios, 3 juillet 2020.

([25]) « Quelle présence chinoise en Afrique ? », Sixtine Hellouin de Cenival, institut d’études de géopolitique appliquée, 20 septembre 2022.

([26]) Le dessous des cartes, La Chinafrique, arte, 30 août 2018.

([27]) « Djibouti, révélations sur la très secrète base militaire chinoise qui inquiète les Occidentaux », Antoine Izambard, challenges, 20 octobre 2022.

([28]) « La Russie et l’Afrique : la stratégie du jeu de go », interview de Jean de Gliniasty, article paru dans la revue Les Grands Dossiers de Diplomatie n°67, « Quel avenir pour la Russie de Poutine ? », avril-mai 2022, et publié sur Areion24news, le 8 août 2022. La description proposée de la stratégie russe en Afrique s’appuie sur cet article éclairant.

([29]) Nouveau nom pris par le Swaziland en avril 2018.

([30]) L’opportunité d’utiliser le terme de « mercenaires » pour désigner les membres de la milice Wagner est discutée tant celle-ci est, en fait, liée au pouvoir russe.

([31]) « Le dispositif d’influence informationnelle de la Russie en Afrique subsaharienne francophone : un écosystème flexible et composite », Maxime Audinet et Kevin Limonier, Questions de communication, 41, 2022, 129-148.

([32]) « How the Wagner Group Is Aggravating the Jihadi Threat in the Sahel », Wassim Nasr, Combating Terrorism Center at West Point, novembre-décembre 2022, volume 15, issue 11.

([33]) « Un an de Wagner au Mali », All eyes on Wagner, novembre 2022.

([34]) « Les exagérations et manipulations de Giorgia Meloni, qui accuse la France d’exploiter certains pays d’Afrique avec le franc CFA », Gary Dagorn, Le Monde, 24 novembre 2022.

([35]) « Le discours de La Baule : anatomie d’un mythe », Francis Laloupo, Revue internationale et stratégique, vol. 126, no. 2, 2022, pp. 61-69.

([36]) « Après Barkhane : repenser la posture stratégique française en Afrique de l’Ouest », Laurent Bansept et Elie Tenenbaum, institut français des relations internationales, mai 2022.

([37]) L’historien camerounais Jacob Tatsitsa voit, par exemple, dans cette initiative une tentative du président Emmanuel Macron de préserver les intérêts de la France en prenant les devants sur l’ouverture des archives relative à la guerre du Cameroun. « Cameroun : « La création d’une commission d’historiens est un stratagème pour contourner la reconnaissance des massacres coloniaux », Le Monde Afrique, Séverine Kodjo-Grandvaux, le 3 août 2022. La désignation du chanteur camerounais Blick Bassy pour présider le volet artistique de la commission a, par ailleurs, été contestée par certains historiens camerounais : « Cameroun: la ‘‘commission mémoire’’sur le rôle de la France relance le débat sur l’enseignement de l’histoire », RFI, 28 février 2023.

([38]) Rapport d’information n° 1527 valant avis sur le projet de contrat d’objectifs et de performance de Campus France de Bruno Fuchs et Sabrina Sebaihi, 12 juillet 2023.

([39]) « Macron, la difficile ambition du chef de guerre politique en Afrique », tribune déjà mentionnée.

([40]) « Les deux politiques africaines du Président Macron - éléments d’un premier bilan », Michel Duclos, institut Montaigne, analyses du 3 juin 2021.

([41]) Le piège africain de Macron. Du continent à l’Hexagone, Antoine Glaser et Pascal Airault, Pluriel, 2023, p. 228.

([42]) Ibid.

([43]) Baromètre CIAN des leaders d’opinion en Afrique réalisé par IMMAR Research & Consultancy, troisième édition 2020-2021 : https://www.cian-afrique.org/media/2021/03/barometre_Africaleads2021_defweb.pdf

([44]) « Le sentiment anti-français en Afrique », Christian Bouquet, diplomatie n° 116, juillet-août 2022.

([45]) Citation issue de « Ce que l’homme noir apporte » (1939) reprise, en 1964, dans Liberté I.

([46]) « Le sentiment anti-français en Afrique de l’Ouest, reflet de la confrontation autoritaire contre "l’Occident collectif"», Jonathan Guiffard, institut Montaigne, analyses du 4 janvier 2023.

([47]) « La France et l’Afrique : les clichés perdurent », Christian Bouquet, Outre-Terre, février 2017, n° 51, pp. 308-317.

([48]) Le franc dit « CFA » désigne en réalité trois monnaies distinctes régies par des accords de coopération monétaire avec trois zones monétaires africaines : l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (UEMOA), la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) et l’Union des Comores.

([49]) La partie consacrée aux critiques adressées au franc CFA est empruntée à l’audition de M. Martial Ze Belinga, le mercredi 27 septembre 2023.

([50]) Les rapporteurs n’ont pas l’ambition de dresser un bilan exhaustif de l’opération Barkhane dans ce rapport, tant il y aurait à dire sur le sujet mais simplement de livrer quelques éléments d’analyse permettant de contextualiser la position de la France dans la zone sahélienne.

([51]) L’intervention de la France au Mali, dans le cadre de l’opération Serval, se fonde sur une demande d’aide formulée le 10 janvier 2013 par le président du Mali Dioncounda Traoré et adressée à la France et au Conseil de sécurité des Nations Unies, ainsi que sur les dispositions de l’article 51 de la Charte des Nations Unies relatif au droit à la légitime défense.

([52]) L’Allemagne, la Belgique, le Bénin, le Canada, la Côte d’Ivoire, le Danemark, l’Estonie, la France, le Ghana, la Hongrie, l’Italie, la Lituanie, la Mauritanie, le Niger, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, la République Tchèque, la Roumanie, le Sénégal, la Slovaquie, la Slovénie, la Suède, le Tchad, le Togo, le Conseil européen, la Commission européenne, le Haut représentant de la coalition pour le Sahel et la Commission de l’Union africaine.

([53]) « Mali : la France acte son retrait avec la fin de l’opération militaire Barkhane », Cyril Bensimon, Philippe Ricard et Élise Vincent, Le Monde, 17 février 2022.

([54]) L’enjeu de ce rappel est aussi d’éviter que l’ambassadeur de France au Burkina Faso ne devienne « persona non grata » et ne soit remplacé par un chargé d’affaires, comme ce fut le cas au Mali.

([55]) Audition de M. Luc Hallade et Mme Laure Taillandier-Thomas, le jeudi 30 mars 2023.

([56]) Ibid., p. 105.

([57]) Ibid.

([58]) https://www.whitehouse.gov/briefing-room/statements-releases/2023/09/26/president-biden-announces-the-inaugural-members-of-the-presidents-advisory-council-on-african-diaspora-engagement-in-the-united-states/

([59]) « Le Conseil présidentiel pour l’Afrique, outil controversé du « soft power » d’Emmanuel Macron », Laurence Caramel, Le Monde, 29 novembre 2018.

([60]) https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2022/02/15/afrique-un-nouveau-partenariat.

([61]) Antoine Glaser et Pascal Airault, ouvrage mentionné, p. 120-121.

([62]) Entrer en guerre au Mali : luttes politiques et bureaucratiques autour de l’intervention française, Grégory Daho, Florent Pouponneau, Johanna Siméant-Germanos (dir.), Rue d’Ulm, Paris, 2022, p. 98-99.

([63]) Entrer en guerre au Mali : luttes politiques et bureaucratiques autour de l’intervention française, ouvrage déjà mentionné, p. 40.

([64]) Entrer en guerre au Mali : luttes politiques et bureaucratiques autour de l’intervention française, ouvrage déjà mentionné, p. 113.

([65]) Youness Bousenna, article déjà cité.

([66]) Entretien avec le colonel Charles Michel déjà mentionné.

([67]) « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire ».

([68]) Cette plaisanterie a été faite dans le cadre du discours du président Emmanuel Macron devant l’université de Ouagadougou, le 28 novembre 2017. Le président burkinabé quitte momentanément la salle de conférence et le président Emmanuel Macron ponctue cette sortie de la déclaration : « Il est parti réparer la climatisation ».

([69]) « Nouveau Sommet Afrique-France : la continuité masquée de la politique africaine d'Emmanuel Macron », Élisa Domingues dos Santos et Sina Schlimmmer, L’Afrique en questions, n° 61, 27 octobre 2021.

([70]) Le 27 novembre 2020, Achille Mbembe signe, dans Jeune Afrique, une tribune extrêmement critique sur la politique africaine d’Emmanuel Macron après la parution, dans le même journal, d’un long entretien du président français. Il lui reproche de faire passer ce qui est une « simple opération marketing » en une révision en profondeur des rapports franco-africains. Il dénonce, en particulier, l’absence d’imagination historique, de parole politique de poids et de concept, au profit d’une stratégie à visée lucrative.

([71]) Afrique du Sud, Angola, Kenya, République démocratique du Congo, Cameroun, Nigeria, Niger, Burkina Faso, Mali, Côte d’Ivoire, Sénégal et Tunisie.

([72]) « Propositions pour une amélioration de la délivrance des visas », Paul Hermelin, avril 2023.

([73]) «Patrimoine partagé, : universalité, restitutions et circulation des œuvres d’art. Vers une législation et une doctrine françaises sur les critères de « restituabilité » pour les biens culturels », Jean-Luc Martinez, avril 2023.

([74]) Les industries culturelles et créatives recouvrent les arts visuels, le spectacle vivant, la musique, le livre, le cinéma, les contenus audiovisuels, la création numérique, les musées et le patrimoine, l’architecture, le design, la mode, les métiers d’art et les médias.

([75]) Lorsque des diplomates américains sont nommés ambassadeurs en Afrique, c’est en France qu’ils viennent se former sur leur pays de destination.

([76]) « Quelle stratégie française dans le golfe de Guinée ? », rapport d’information déjà mentionné.

([77]) « Pour les armées françaises en Afrique, pas d’influence sans présence », Elie Tenenbaum, tribune, Le Monde, le 19 janvier 2023.

([78]) Pour plus d’informations sur la genèse et le déroulé de l’opération Barkhane, il est possible de se référer au rapport d’information n °4089 de François Dumas, Sereine Mauborgne et Nathalie Serre pour la commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale, déposé le 14 avril 2021.

([79]) « Barkhane : échec, réussite ou bilan nuancé », Jonathan Guiffard, institut Montaigne, analyses du 17 mars 2023.

([80]) « Quels retours d’expérience du Sahel ? », entretien avec Charles Michel mené par Paul Mugnier, la revue géopolitique, 15 juin 2023.

([81]) Aussi appelée la plateforme des mouvements d’autodéfense, il s’agit d’une alliance de groupes armés maliens pro-gouvernementaux qui se sont formés pendant la guerre du Mali.

([82]) Alliance de groupes touareg et nationalistes arabes du Nord du pays.

([83]) Audition par la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale de M. Elie Tenenbaum, directeur du centre des études de sécurité de l’institut français des relations internationales, le jeudi 13 avril 2023.

([84]) Le changement de nom de l’opération Serval en opération Barkhane aurait été décidé, en 2014, pour sauvegarder l’héritage jugé positif de Serval.

([85]) Une katiba désigne une unité, un bataillon ou un camp de combattants en Afrique du Nord ou dans le Sahel.

([86]) « Barkhane : échec, réussite ou bilan nuancé », article déjà mentionné.

([87]) Sur ce sujet voir : « Au Sahel, la difficile équation eau-terre-populations », Christian Bouquet, ID4D, publié le 26 novembre 2019 et mis à jour le 17 juin 2021.

([88]) « Afrique-France : neuf thèses sur la fin d’un cycle », Achille Mbembe, Le Grand Continent, 4 septembre 2023.

([89]) Entretien avec le colonel Charles Michel déjà mentionné.

([90]) « Prime française à la stabilité politique en Afrique plutôt qu’à la démocratie », Antoine Glaser, revue internationale et stratégique, vol. 126, no. 2, 2022, pp. 71-78.

([91]) « Le voyage d’Emmanuel Macron en Afrique centrale : retour sur un exercice diplomatique difficile », Lise Lesigne et Alain Antil (dir.), Briefings de l’institut français des relations internationales, 10 mai 2023.

([92]) Cette partie s’appuie sur le travail très complet de Laurent Bansept et Élie Tenenbaum, « Après Barkhane

Repenser la posture stratégique française en Afrique de l’Ouest », institut français des relations internationales, mai 2022.

([93]) « Quelle contribution militaire à la stratégie d’influence de la France ? », Bertrand Debray, revue défense nationale, 2022/HS3.

([94]) Avis budgétaire « Action extérieure de l’État » présenté au nom de la commission des affaires étrangères sur le projet de loi de finances pour 2023 (n° 273), déposé le 19 octobre 2022.

([95]) « Comparaison des politiques française, allemande et britannique d’aide publique au développement », rapport de la Cour des comptes, avril 2023.

([96]) Le programme de développement national 2021-2025, élaboré par les autorités ivoiriennes, prévoit un investissement global d’environ 90 milliards d’euros et se fixe pour objectifs l’accélération de la transformation structurelle de l’économie, le renforcement de l’inclusion sociale, le doublement du PIB par habitant et l’accès de la Côte d’Ivoire au rang des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure à l’horizon 2030.

([97]) Ce développement sur l’historique du ministère est emprunté au rapport sénatorial d’information n° 46, « La réforme de la coopération à l'épreuve des réalités, un premier bilan 1998-2001 » de Guy Penne, Paulette Brisepierre et André Dulait, déposé le 30 octobre 2001.

([98]) « Influence. Macron à la « reconquête » de l’Afrique : ‘‘ La francophonie est la langue du panafricanisme’’ », courrier international, 21 novembre 2022.

([99]) « No, Mr. Macron! French isn’t the Universal African Language of Pan-Africanism », The African Exponent, 1er novembre 2022.

([100]) « La francophonie selon Macron », Hugo Sada, in « Macron, an I. Quelle politique étrangère », études de l’institut français des relations internationales, avril 2018.

([101]) L’Alliance pour le patronat francophone autour du Medef, le Groupement du patronat francophone et le Forum francophone des affaires.

([102]) « La francophonie, une réalité oubliée, par Abdou Diouf », tribune, Le Monde, 19 mars 2007.

([103]) Discours du président Ahmed Sekou Touré : « Nous préférons la pauvreté dans la liberté que la richesse dans l’esclavage ». Discours du 25 août 1958 à Conakry

([104]) L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Migration Policy Institute définissent les diasporas comme « les émigrants et leur descendance qui vivent hors de leur pays natal ou du pays de leurs parents, sur une base temporaire ou permanente, tout en conservant des liens affectifs et matériels avec leur pays d’origine ». Si l’on se réfère au nombre d’immigrés (6,22 millions) et de leurs enfants (7,48 millions), les diasporas représentent potentiellement 20 % de la population française.

([105]) Antoine Glaser et Pascal Airault, ouvrage mentionné, p. 227.

([106]) « L’Afrique ne souhaite plus un tête-à-tête avec la France », Frédéric Lejeal, Le Point, 25 juin 2022.

([107]) Cette analyse s’appuie en grande part sur l’article de Serge Dupuis, « Le rapprochement France-Rwanda : droits de l’homme et intérêts nationaux », fondation Jean Jaurès, 15 février 2023.

([108]) Le conseiller Afrique du président de la République, Franck Paris, explique à ce titre que « notre rapport au Rwanda est un bon laboratoire de cette politique africaine que l’on cherche à nourrir ». Cité dans Le piège africain de Macron. Du continent à l’Hexagone, Antoine Glaser et Pascal Airault, Pluriel, 2023, p. 271.

([109]) C’est d’ailleurs à Louise Mushikiwabo que l’on doit, en 2011, la remarque selon laquelle « l’anglais est une langue avec laquelle on va plus loin que le français. Sinon, le français au Rwanda va nulle part ».

([110]) « Situational report Sudan », Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, 27 septembre 2023.

([111]) « Maroc ou Liberia ? L’Africom en quête d’un siège africain », courrier international, 29 mars 2023.

([112]) « Après Barkhane : repenser la posture stratégique française en Afrique de l’Ouest », Laurent Bansept et Élie Tenenbaum, Focus stratégique, n° 109, institut français des relations internationales, mai 2022.

([113]) Audition de M. Sébastien Lecornu, ministre des Armées, par la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, jeudi 13 avril 2023.

([114]) Ibid.

([115]) Laurent Bansept et Élie Tenenbaum, article déjà mentionné.

([116]) « Du laboratoire au miroir : quand l’Afrique subsaharienne construit l’Europe stratégique », Bastien Nivet, politique africaine, 2012/3 (N° 127), p. 135-153.

([117]) « L’Opération Artémis, un tournant pour la politique européenne de sécurité et de défense ? », Niagalé Bagayoko-Pénone, Afrique contemporaine, vol. 1, n° 209, 2004, p. 101-116.

([118]) « Les relations entre l’Europe et l’Afrique vues à travers le prisme franco-allemand », Alain Antil, Sina Schlimmer, Allemagne d’aujourd'hui, 2021/2 (N° 236), p. 129-142.

([119]) « S’allier pour durer : nouvel axiome de la stratégie française au Sahel », Ilan Garcia, revue défense nationale, vol. h-, no. HS2, 2022, pp. 88-95.