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Textes / Évaluation de la politique industrielle

rapport d'information déposé en application de l'article 146-3 du règlement, par le comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques sur l’évaluation de la politique industrielle

Rapport d'information · tel quel · 21/01/2021 · 13 637 caractères · HTML sur assemblee-nationale.fr

N° 3794

ASSEMBLÉE NATIONALE

CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

QUINZIÈME LÉGISLATURE

Enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 21 janvier 2021

RAPPORT D’INFORMATION

DÉPOSÉ

en application de l’article 146-3, alinéa 6, du Règlement

PAR le comitÉ d’Évaluation et de contrÔle des politiques publiques

sur l’évaluation de la politique industrielle

ET PRÉSENTÉ PAR

MM. OLIVIER MARLEIX et Thierry MICHELS

Députés

SOMMAIRE


Pages

  1. SYNTHÈSE
  2. PROPOSITIONS DES RAPPORTEURS
  3. INTRODUCTION
  4. I. LA POLITIQUE INDUSTRIELLE, UNE AMBITION LONGTEMPS À LA DÉRIVE
  5. A. LA SITUATION : UN PAYS EN VOIE DE DÉSINDUSTRIALISATION
  6. 1. Une difficulté méthodologique préalable : délimiter l’« industrie »
  7. 2. Un constat bien étayé : la désindustrialisation de la France
  8. a. Un recul régulier de l’emploi industriel depuis les années 1970
  9. b. Un recul continu du poids de l’industrie dans la richesse nationale
  10. c. Un recul plus marqué que dans les pays les plus industrialisés : le creusement des écarts
  11. d. Une désindustrialisation aux explications multiples
  12. e. Une propension particulière des grandes entreprises françaises à délocaliser leur production
  13. i. Des indicateurs généraux révélateurs
  14. ii. L’exemple de l’industrie automobile
  15. 3. Une désindustrialisation aux graves conséquences économiques et sociales
  16. a. L’industrie est au cœur des capacités d’innovation
  17. b. L’industrie est essentielle à la souveraineté économique et à l’équilibre extérieur
  18. c. L’industrie est déterminante pour les équilibres territoriaux
  19. d. L’industrie contribue aux équilibres sociaux
  20. B. UNE POLITIQUE INDUSTRIELLE PERDUE DANS LES SABLES ?
  21. 1. La politique industrielle est un concept à géométrie variable
  22. a. Des définitions multiples
  23. b. Des concepts connexes, comme celui de « souveraineté industrielle », également incertains
  24. c. Une politique industrielle plus ou moins assumée selon les pays
  25. 2. La visibilité de la politique industrielle a décliné à partir des années 1980, avant un retour en grâce
  26. a. Un volontarisme qui a été mis à mal par le consensus « néo-libéral »
  27. b. Le mythe de la société de services post-industrielle
  28. c. Vers l’émergence d’une forme de consensus implicite sur une nouvelle « politique industrielle »
  29. d. Et donc une certaine proximité des pratiques parmi les grands pays avancés
  30. 3. La politique industrielle française n’a pas vraiment de doctrine et son pilotage s’est affaibli
  31. a. Un pilotage central à la recherche d’un nouveau paradigme
  32. i. Une visibilité déclinante de l’industrie dans la nomenclature gouvernementale
  33. ii. Les administrations centrales : de la marginalisation de l’industrie à la recherche d’un nouveau modèle d’organisation
  34. iii. Un État territorial qui se désintéresse de l’industrie ?
  35. iv. L’essor des instances de régulation autonomes
  36. b. Un État actionnaire à la recherche d’une stratégie
  37. i. Un secteur public qui reste large
  38. ii. Mais un État actionnaire parfois réduit à l’impuissance
  39. iii. Des objectifs et des chaînes de commandement multiples
  40. iv. Des doctrines qui restent à préciser et stabiliser
  41. v. Des réformes tout juste entamées
  42. c. L’État confronté au grand jeu du capitalisme : une capacité d’action qui se réduit
  43. i. Le passage sous contrôle étranger de plusieurs fleurons industriels
  44. ii. Des contre-mesures législatives ou réglementaires insuffisamment mobilisées
  45. 4. La politique industrielle est de fait dispersée entre de nombreux instruments
  46. a. Des outils plus ou moins identifiés, pris en compte et mobilisés
  47. i. L’exemple des allégements fiscaux et sociaux
  48. ii. L’exemple de la commande publique
  49. iii. L’exemple de la tarification électrique au bénéfice des énergies renouvelables
  50. iv. Les dispositifs non financiers : un champ encore plus difficile à déterminer
  51. b. Des outils très nombreux
  52. c. L’absence actuelle de consolidation budgétaire des soutiens à l’industrie
  53. 5. L’évaluation de la politique industrielle est dispersée et intrinsèquement limitée
  54. a. Des dispositifs aux objectifs multiples
  55. i. Les pôles de compétitivité
  56. ii. Les programmes d’investissements d’avenir
  57. iii. Le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi
  58. b. Des suivis et des évaluations à la peine
  59. i. Le crédit d’impôt recherche : un outil favorable au développement des centres de recherche en France mais dont les effets sur la qualité de la R&D et l’innovation sont difficilement mesurables
  60. ii. Les limites de la gouvernance et du suivi des pôles de compétitivité : des travaux d’évaluation dont on ne tient pas compte…
  61. iii. Le premier volet du programme d’investissements d’avenir : des défauts structurels dans la construction des objectifs et des évaluations
  62. c. Quantifier le coût de la politique industrielle : une démarche nécessaire mais qui se heurte inévitablement à des limites
  63. i. Des difficultés méthodologiques qui génèrent des approximations
  64. ii. Un constat qui interpelle : les entreprises industrielles sont globalement moins soutenues que celles d’autres secteurs
  65. iii. Des interventions principalement indirectes et transversales
  66. iv. Une spécificité de l’industrie : le poids des aides à la recherche et l’innovation
  67. C. L’EUROPE : ENTRE IDÉOLOGIE DU MARCHÉ UNIQUE ET AMBITIONS INDUSTRIELLES AFFICHÉES
  68. 1. Un contexte historique et des intérêts divergents qu’il faut prendre en compte
  69. a. Des priorités de politique économique inspirées par le contexte qui régnait dans les débuts de la Communauté européenne
  70. b. Des divergences d’intérêts et de perception entre des États membres…
  71. c. … qui ont pris inégalement la mesure des conséquences du passage à l’euro
  72. 2. Le résultat : le primat donné à la concurrence et au libre-échange dans un marché unifié
  73. a. La concurrence fiscale : le développement des paradis fiscaux européens
  74. b. La toute-puissance de la politique européenne de la concurrence
  75. c. L’utilisation limitée des instruments de défense commerciale par l’Union européenne
  76. 3. La difficile émergence de l’idée de « politique industrielle » européenne
  77. a. Des progrès qui ne sont pas que rhétoriques
  78. i. Un début de renforcement des instruments de défense commerciale
  79. ii. Un premier train de mesures contre la fraude transnationale et la concurrence fiscale déloyale
  80. b. Le volontarisme de la nouvelle Commission
  81. i. Des mesures concrètes envisagées en matière de réciprocité et de lutte contre les subventions étrangères
  82. ii. Une politique commerciale plus contrôlée et prenant en compte les coûts environnementaux
  83. iii. Des perspectives de révision des règles de la politique de la concurrence, avec déjà des applications effectives
  84. iv. Des ambitions affichées en matière de structuration des filières industrielles stratégiques
  85. v. Le plan de relance européen : des ambitions industrielles implicites
  86. II. UNE SITUATION EXCEPTIONNELLE DE CRISE QUI NOUS PERMET ET NOUS IMPOSE DE REFONDER UNE POLITIQUE INDUSTRIELLE
  87. A. LE PILOTAGE : S’ORGANISER, SE FIXER DES OBJECTIFS ET SE DONNER LES MOYENS D’ÉVALUER
  88. 1. La politique industrielle doit être placée sous la responsabilité d’acteurs politiques et administratifs identifiés
  89. a. Restaurer un ministère de l’industrie de plein exercice et réorganiser la fonction économique au sein de l’État
  90. b. Une nouvelle gouvernance pour l’actionnariat public
  91. i. Le rappel des éléments du débat
  92. ii. La position des rapporteurs : la gouvernance de l’actionnariat public justifie une réforme d’ensemble débouchant sur la constitution d’un véritable fonds souverain français
  93. 2. La politique industrielle doit avoir une doctrine et des objectifs
  94. a. Des débats à trancher
  95. i. Quelles places respectives pour les mesures « horizontales » et « verticales » ?
  96. ii. Quel sens donner au retour de la planification ?
  97. b. Des points de consensus possible
  98. i. Se fixer des objectifs clairs, en nombre limité et séquencés
  99. ii. Définir un contrat gagnant-gagnant entre écologie et industrie, fondé sur la prévisibilité des nouvelles mesures
  100. iii. Une proposition de doctrine globale : réindustrialiser/identifier et localiser les industries nécessaires à l’indépendance européenne/à la souveraineté nationale
  101. 3. La politique industrielle doit être suivie et évaluée en temps réel
  102. a. Donner une lisibilité budgétaire à la politique industrielle de l’État
  103. b. Systématiser et professionnaliser l’évaluation des politiques industrielles
  104. c. Une occasion pour une évaluation rénovée des politiques publiques : le plan de relance
  105. B. LA FISCALITÉ : CESSER DE PÉNALISER L’INDUSTRIE PAR RAPPORT AUX AUTRES SECTEURS
  106. 1. La dégradation de la compétitivité-coût est l’un des facteurs de la désindustrialisation de la France
  107. 2. Nos prélèvements obligatoires pèsent plus lourd sur l’industrie que sur d’autres secteurs
  108. a. Les mesures d’allégement du coût du travail ont surtout favorisé les secteurs des services
  109. b. Les « impôts de production » pèsent particulièrement sur l’industrie, mais vont être réduits dès 2021
  110. i. Un concept par défaut à la définition incertaine
  111. ii. Des prélèvements qui semblent effectivement plus pesants en France que chez nos voisins
  112. iii. Des prélèvements vivement critiqués par les économistes
  113. iv. Des prélèvements particulièrement lourds pour l’industrie
  114. v. Un allégement substantiel dans le cadre du plan de relance
  115. c. Notre système fiscal conserve des biais défavorables à l’investissement et au financement sur fonds propres, que la baisse programmée du taux de l’impôt sur les sociétés devrait atténuer
  116. d. La fiscalité patrimoniale appliquée aux investissements dans les entreprises reste plus lourde que chez nos principaux voisins
  117. i. L’imposition des transmissions d’entreprises
  118. ii. La question particulière des holdings dites animatrices
  119. C. LA COMPÉTITIVITÉ HORS COÛTS : JOUER LA FORMATION ET L’INNOVATION
  120. 1. Former, qualifier, dialoguer
  121. a. Des avancées sur l’apprentissage et la formation professionnelle… suspendues aux conséquences de la crise
  122. i. Des modèles étrangers souvent mis en exergue
  123. ii. La réforme de l’apprentissage et de la formation professionnelle : une avancée incontestable
  124. iii. Une réforme bousculée par la crise sanitaire
  125. b. Des faiblesses à combler
  126. i. Le rôle fondateur de l’école pour faire connaître et valoriser les métiers de l’industrie et constituer un socle de compétences
  127. ii. Valoriser les filières professionnelles et technologiques et développer les liens de la recherche académique avec l’industrie
  128. iii. Remédier aux difficultés de recrutement, fidéliser les salariés et miser sur le dialogue social
  129. iv. Améliorer les relations sociales pour conforter les entreprises industrielles
  130. 2. Accentuer l’effort de recherche et d’innovation
  131. a. La politique de soutien à la recherche et l’innovation est déterminante pour l’industrie
  132. b. Un pays de la taille de la France doit cibler les secteurs d’innovation industrielle où il peut être dans les leaders mondiaux
  133. c. Malgré des progrès, la valorisation économique des résultats de la recherche publique reste une faiblesse de la France
  134. D. CONSOLIDER LE FINANCEMENT DE NOS ENTREPRISES
  135. 1. Amplifier l’effort engagé pour mieux financer le capital-risque
  136. a. Le lent démarrage du Fonds pour l’innovation et l’industrie
  137. b. Le renforcement nécessaire de la mobilisation des fonds privés, notamment pour le financement du développement des « licornes »
  138. 2. Orienter l’épargne vers l’investissement productif et en particulier les entreprises innovantes
  139. 3. Une proposition pour changer de dimension : la constitution d’un véritable fonds souverain français
  140. E. ACCOMPAGNER LE RÉTABLISSEMENT DE NOTRE SOUVERAINETÉ INDUSTRIELLE
  141. 1. Encourager au patriotisme économique tout en étant conscient des limites de cet instrument
  142. 2. Jouer européen et pas seulement national
  143. a. Préalable : montrer à nos partenaires que la relégation technologique menace toute l’Europe
  144. b. Second préalable : changer de logiciel de fonctionnement dans les institutions européennes
  145. c. Réformer la politique de la concurrence dans le sens du pragmatisme et de la réciprocité
  146. d. Renforcer la politique commerciale pour être « à armes égales » avec nos concurrents
  147. i. Cesser de surtransposer les règles multilatérales
  148. ii. Neutraliser les distorsions entre les politiques environnementales : établir progressivement un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières
  149. iii. Conditionner les accords commerciaux à la prise en compte effective des priorités environnementales et sociales de l’Union et au respect de la réciprocité des engagements
  150. iv. Obtenir la réciprocité en matière d’accès aux marchés publics
  151. v. Se doter des moyens institutionnels de contrer les partenaires déloyaux
  152. e. Relancer l’harmonisation des conditions sociales et fiscales
  153. 3. Mieux utiliser le levier de l’achat public
  154. a. L’achat public, instrument de politique industrielle : les termes du débat
  155. b. Des améliorations récentes en faveur des petites et moyennes entreprises
  156. i. Des seuils de passation relevés pour alléger les procédures et favoriser les PME
  157. ii. Un guide pour faciliter l’accès des PME à la commande publique
  158. iii. L’intérêt d’une professionnalisation des acheteurs publics
  159. c. Des propositions pour sécuriser les acheteurs publics souhaitant avoir une démarche de politique publique
  160. i. S’efforcer de préciser les critères des marchés
  161. ii. Prendre en compte la montée en puissance des agrégateurs
  162. iii. S’interroger sur la pénalisation des manquements non intentionnels à la réglementation
  163. 4. Mieux protéger nos entreprises, nos technologies et nos savoir-faire
  164. a. Le renforcement de la protection des entreprises stratégiques et des technologies est une tendance mondiale
  165. b. La France et l’Union européenne ont commencé à renforcer leurs réglementations, mais leurs politiques restent relativement peu restrictives
  166. c. Les moyens administratifs mis en œuvre ont été renforcés
  167. EXAMEN PAR LE COMITÉ
  168. ANNEXE : PERSONNES ENTENDUES PAR LES RAPPORTEURS
  169. CONTRIBUTION DE FRANCE STRATÉGIE

SYNTHÈSE