Scrutin n° 4705 du 10/12/2025
Sur l'amendement n° 8 de M. Gustave après l'article unique de la proposition de loi organique tendant à modifier le II de l’article 43 de la loi organique n° 2004-192 du 27 février 2004 portant statut d’autonomie de la Polynésie française (première lecture).
- Dossier
- Proposition de loi organique tendant à modifier le II de l’article 43 de la loi organique n° 2004-192 du 27 février 2004 portant statut d’autonomie de la Polynésie française (relié par : amendement)
- Demandé par
- Président du groupe "Gauche Démocrate et Républicaine"
- Objet
- amendement
- Source
- assemblee-nationale.fr
Amendement n° 8 · Article unique
De Steevy Gustave (EcoS) , déposé le 05/12/2025. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le proposition de loi tendant à modifier le II de l’article 43 de la loi organique n° 2004-192 du...
Dispositif
La présente loi organique entre en vigueur le lendemain de la publication au Journal officiel de la Polynésie française d’une délibération d’approbation de l’assemblée de la Polynésie française. À défaut d’une délibération d’approbation examinée définitivement par l’assemblée de la Polynésie française dans un délai d’un an à compter de la promulgation de la présente loi organique, celle-ci entre en vigueur à l’expiration de ce délai.
Exposé sommaire
Cet amendement du groupe Ecologiste et social a pour objet de subordonner l’entrée en vigueur de la loi organique à une approbation de l’assemblée de la Polynésie française, tout en réservant, dans le même temps, un mécanisme d’entrée en vigueur automatique en cas d’absence de délibération dans un délai d’un an.Cette disposition permet tout d’abord d’articuler les travaux engagés à Paris avec les discussions actuellement menées au sein des institutions polynésiennes en vue de l’adoption d’une loi du pays relative aux interventions communales. Une telle articulation est essentielle : il serait incohérent que la République modifie unilatéralement la répartition interne des compétences sans laisser au Pays la possibilité d’intégrer cette réforme dans son propre calendrier politique et législatif. Ce mécanisme éviterait ainsi tout conflit de temporalité entre la loi organique et les discussions locales en cours.
Ensuite, cette clause d’entrée en vigueur respecte pleinement le principe d’autonomie de la Polynésie française. Si l’alinéa 6 de l'article 74 de la Constitution évoque la seule « consultation » de l’assemblée délibérante, il nullement au législateur organique de prévoir une modalité plus exigeante et plus respectueuse du consentement local. Rien n’empêche donc d’introduire une condition d’entrée en vigueur tenant à l’approbation du Parlement local, dès lors que celui-ci ne devient pas co-législateur.
Par ailleurs, l'avis du Conseil d’État du 1er octobre 2025 relatif au projet de loi constitutionnelle portant création et organisation politique et institutionnelle de l’État de la Nouvelle-Calédonie reconnaît explicitement qu’un texte constitutionnel peut prévoir une entrée en vigueur conditionnelle, notamment dépendant d’une approbation locale, sous réserve d’une définition claire du déclencheur et du délai. Le législateur organique, qui intervient pour l’application de la Constitution, peut a fortiori adopter un dispositif analogue : si une telle technique est admissible pour une norme constitutionnelle, elle l’est nécessairement pour une norme.
Afin de se conformer à l'avis précité du Conseil d'Etat, l’amendement proposé définit donc précisément les effets de la délibération. Si l’assemblée de la Polynésie française approuve la loi organique, l’entrée en vigueur intervient le lendemain de la publication de la délibération au Journal officiel de la Polynésie française. Au contraire, si elle rejette l’approbation, la délibération ayant été « examinée définitivement », il n’y a pas lieu d’une entrée en vigueur automatique à l’issue du délai d’un an, et la loi organique ne s’appliquera pas sur le territoire. Enfin, si l’assemblée de la Polynésie française n’examine aucune délibération d’approbation dans un délai d’un an à compter de la promulgation de la loi organique, celle-ci entre alors en vigueur à l’expiration de ce délai.
Il ne peut être question que la République modifie seule, depuis Paris, les équilibres institutionnels internes de la Polynésie française, sans permettre au Pays de donner, sans ambiguïté, son accord ou d’exprimer son refus. Cet amendement garantit donc que la réforme ne sera pas une imposition unilatérale, mais un choix assumé, discuté et, le cas échéant, validé par les représentants de la Polynésie française.
Vote par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Membres | Pour | Contre | Abst. | Non-votants |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Rassemblement National | contre | 123 | 0 | 24 | 0 | 1 |
| Ensemble pour la République | contre | 91 | 1 | 19 | 0 | 1 |
| La France insoumise - Nouveau Front Populaire | pour | 71 | 16 | 0 | 0 | 0 |
| Socialistes et apparentés | pour | 69 | 4 | 0 | 1 | 0 |
| Droite Républicaine | contre | 49 | 0 | 5 | 0 | 0 |
| Écologiste et Social | pour | 38 | 5 | 0 | 0 | 0 |
| Les Démocrates | contre | 36 | 0 | 7 | 0 | 0 |
| Horizons & Indépendants | contre | 34 | 0 | 7 | 0 | 0 |
| Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires | contre | 22 | 0 | 9 | 1 | 0 |
| Gauche Démocrate et Républicaine | pour | 17 | 6 | 0 | 0 | 0 |
| Union des droites pour la République | contre | 16 | 0 | 2 | 0 | 0 |
| Non inscrit | contre | 9 | 0 | 1 | 0 | 0 |
Votants
pour (32)
Nicole Le Peih EPR, Nicolas Bonnet EcoS, Steevy Gustave EcoS, Catherine Hervieu EcoS, Sébastien Peytavie EcoS, Dominique Voynet EcoS, Jean-Victor Castor GDR, Jean-Paul Lecoq GDR, Frédéric Maillot GDR, Marcellin Nadeau GDR, Mereana Reid Arbelot GDR, Emmanuel Tjibaou GDR, Nadège Abomangoli LFI-NFP, Ségolène Amiot LFI-NFP, Christophe Bex LFI-NFP, Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP, Sylvain Carrière LFI-NFP, Emmanuel Fernandes LFI-NFP, Sylvie Ferrer LFI-NFP, Perceval Gaillard LFI-NFP, Bastien Lachaud LFI-NFP, Arnaud Le Gall LFI-NFP*, Élise Leboucher LFI-NFP*, Marie Mesmeur LFI-NFP, Jean-Philippe Nilor LFI-NFP, Arnaud Saint-Martin LFI-NFP*, Aurélien Saintoul LFI-NFP, Aurélien Taché LFI-NFP, Peio Dufau SOC, Gérard Leseul SOC, Marc Pena SOC, Fabrice Roussel SOC
contre (74)
Valérie Bazin-Malgras DR*, Josiane Corneloup DR, Julien Dive DR, Corentin Le Fur DR, Guillaume Lepers DR, Frantz Gumbs Dem, Sandrine Josso Dem*, Delphine Lingemann Dem*, Éric Martineau Dem, Sophie Mette Dem, Didier Padey Dem, Josy Poueyto Dem, Florent Boudié EPR, Anthony Brosse EPR, Danielle Brulebois EPR, Vincent Caure EPR, Nathalie Coggia EPR, Nicole Dubré-Chirat EPR, Moerani Frébault EPR, Jean-Luc Fugit EPR, Anne Genetet EPR, Guillaume Kasbarian EPR, Michel Lauzzana EPR, Sandrine Le Feur EPR, Christophe Marion EPR*, Christophe Mongardien EPR, Sophie Panonacle EPR, Mikaele Seo EPR, Christopher Weissberg EPR, Éric Woerth EPR*, Caroline Yadan EPR, Béatrice Bellamy HOR*, Benoît Blanchard HOR, Michel Criaud HOR, Loïc Kervran HOR, Jean Moulliere HOR, Laetitia Saint-Paul HOR, Vincent Thiébaut HOR, Audrey Abadie-Amiel LIOT, Joël Bruneau LIOT, Charles de Courson LIOT, Max Mathiasin LIOT, Christophe Naegelen LIOT, Constance de Pélichy LIOT, Nicole Sanquer LIOT, David Taupiac LIOT, Estelle Youssouffa LIOT, Philippe Bonnecarrère NI, Christophe Bentz RN, Théo Bernhardt RN, Sophie Blanc RN, Sandrine Dogor-Such RN, Alexandre Dufosset RN, Guillaume Florquin RN, Jonathan Gery RN, Yoann Gillet RN, Julien Guibert RN, Marine Hamelet RN, Sébastien Humbert RN, Laurent Jacobelli RN, Nadine Lechon RN*, Christine Loir RN, David Magnier RN, Pascal Markowsky RN, Serge Muller RN, Thierry Perez RN, Lisette Pollet RN, Angélique Ranc RN*, Béatrice Roullaud RN, Jean-Philippe Tanguy RN, Michaël Taverne RN*, Antoine Villedieu RN*, Pierre-Henri Carbonnel UDR, Bernard Chaix UDR
abstention (2)
Stéphane Lenormand LIOT, Elie Califer SOC
non-votant (2)
Yaël Braun-Pivet EPR, Sébastien Chenu RN