Scrutin n° 609 du 18/11/2022
Sur l'amendement n° 276 de M. Vicot à l'article premier et rapport annexé du projet de loi d'orientation et de programmation du ministère de l'intérieur (première lecture).
- Dossier
- Projet de loi d’orientation et de programmation du ministère de l’intérieur (relié par : amendement)
- Demandé par
- Président du groupe "Socialistes et apparentés (membre de l'intergroupe NUPES)"
- Objet
- amendement
- Source
- assemblee-nationale.fr
Amendement n° 276 · RAPPORT ANNEXÉ
De Roger Vicot (SOC) , déposé le 08/11/2022. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi sur le projet de loi, adopté par le Sénat après engagement de...
Dispositif
I. – À la fin de la première phrase de l’alinéa 146, substituer aux mots :
« sous réserve des spécificités de la police judiciaire »
les mots :
« à l’exception de la police judiciaire qui conserve sa capacité de projection sur l’ensemble du territoire national et dont les effectifs se consacrent exclusivement aux affaires complexes et à la lutte contre la grande criminalité ». ».
II. – En conséquence, supprimer l’alinéa 147.
III. – En conséquence, à la première phrase de l’alinéa 148, supprimer les mots :
« police judiciaire ; ».
Exposé sommaire
Cet amendement du groupe socialistes et apparentés vise à supprimer la partie du rapport annexé qui concerne la réorganisation de la police nationale. Il vise plus précisément à soustraire la police judiciaire à la départementalisation sous l'autorité du préfet prévue par le rapport annexé au projet de loi d'orientation et de programmation du ministère de l'intérieur.
Cette réorganisation a été expérimentée dans les territoires d'outre-mer ainsi que dans huit départements de l'hexagone depuis janvier 2022 et le Gouvernement envisage aujourd'hui de généraliser cette expérimentation sans que l'on connaisse ses résultats.
Or, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer une réforme qui risque de porter atteinte à l'efficacité de notre police judiciaire. L'opposition à cette réforme n'est pas seulement le fait des policiers eux-mêmes, mais également de personnalités de l'ordre judiciaire. François Molins, procureur général près la Cour de cassation déclarait à cet égard : « Cette réforme est porteuse d’un certain nombre de danger ». Aurélien Martini, membre du bureau de l’USM et vice-procureur au tribunal judiciaire de Melun expliquait : « Avec la disparition de la PJ telle qu’elle existe aujourd’hui, c’est-à-dire cette police très spécialisée, extrêmement mobile et qui se consacre exclusivement aux investigations de
haut vol, nous courons un réel danger de voir se renforcer considérablement sur le territoire une criminalité de type mafieuse, extrêmement
structurée ».
Les auteurs de l'amendement s'opposent catégoriquement au placement de la police judiciaire sous l'autorité du Préfet, qui méconnait les garanties essentielles d'indépendance liées à ses missions.
Les termes du très récent communiqué de presse du Conseil supérieur de la magistrature sont à cet égard édifiants : "Le Conseil supérieur de la magistrature fait part de sa profonde préoccupation face au projet de réforme tendant à placer la police judiciaire sous l'autorité du directeur départemental de la police nationale, lui-même dépendant du préfet.Le Conseil tient à rappeler que toute réforme touchant à la police judiciaire dans un État de droit doit respecter un ensemble de garanties, corollaires indispensables du principe d’indépendance de l’autorité judiciaire :
- la direction et le contrôle de la police judiciaire par les magistrats, directeurs
d’enquête constitutionnellement garants des libertés ;
- le libre choix du service d’enquête par les magistrats du parquet et les juges
d’instruction ;
- la définition et la mise en œuvre des politiques pénales sur les territoires par les
procureurs généraux et les procureurs de la République ;
- le respect du secret de l’enquête et de l’instruction"
Il apparait ainsi nécessaire de s'opposer à cette nouvelle organisation afin de maintenir les caractéristiques qui font de la police judiciaire un des plus beaux fleurons de notre police nationale.
A cet égard, l'introduction de l'alinéa 147 n'est pas de nature à rassurer dans la mesure où il n'exclut pas des exceptions à la règle du "libre choix du service enquêteur" pas plus qu'il n'exclut la mobilisation des services de PJ vers d'autres missions.
Vote par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Membres | Pour | Contre | Abst. | Non-votants |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Renaissance | contre | 170 | 0 | 41 | 0 | 0 |
| Rassemblement National | pour | 89 | 9 | 0 | 0 | 0 |
| La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale | pour | 75 | 5 | 0 | 0 | 0 |
| Les Républicains | pour | 62 | 2 | 0 | 0 | 0 |
| Démocrate (MoDem et Indépendants) | contre | 51 | 1 | 6 | 0 | 1 |
| Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES) | pour | 31 | 3 | 0 | 0 | 0 |
| Horizons et apparentés | contre | 30 | 0 | 5 | 0 | 0 |
| Écologiste - NUPES | pour | 23 | 5 | 0 | 0 | 0 |
| Gauche démocrate et républicaine - NUPES | pour | 22 | 2 | 0 | 0 | 0 |
| Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires | abstention | 20 | 0 | 0 | 1 | 0 |
| Non inscrit | pour | 4 | 1 | 0 | 0 | 0 |
Votants
pour (28)
Laurence Vichnievsky Dem, Lisa Belluco Ecolo - NUPES, Jérémie Iordanoff Ecolo - NUPES, Sébastien Peytavie Ecolo - NUPES*, Sandra Regol Ecolo - NUPES, Sophie Taillé-Polian Ecolo - NUPES, Marcellin Nadeau GDR - NUPES, Stéphane Peu GDR - NUPES, Nadège Abomangoli LFI - NUPES*, Ugo Bernalicis LFI - NUPES, Jean-François Coulomme LFI - NUPES, Andrée Taurinya LFI - NUPES, Paul Vannier LFI - NUPES, Ian Boucard LR, Olivier Marleix LR, Emmanuelle Ménard NI, Romain Baubry RN, Edwige Diaz RN*, Florence Goulet RN*, Jordan Guitton RN, Timothée Houssin RN, Gisèle Lelouis RN, Béatrice Roullaud RN, Emeric Salmon RN, Michaël Taverne RN, Gérard Leseul SOC, Cécile Untermaier SOC, Roger Vicot SOC
contre (52)
Blandine Brocard Dem, Estelle Folest Dem, Maud Gatel Dem, Cyrille Isaac-Sibille Dem, Pascal Lecamp Dem, Delphine Lingemann Dem, Félicie Gérard HOR, Jean-Charles Larsonneur HOR*, Anne Le Hénanff HOR, Naïma Moutchou HOR, Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR, Caroline Abadie RE, Fanta Berete RE, Florent Boudié RE, Pascale Boyer RE, Lionel Causse RE, Émilie Chandler RE*, Clara Chassaniol RE, Dominique Da Silva RE, Christine Decodts RE, Philippe Fait RE, Marc Ferracci RE, Jean-Marie Fiévet RE*, Thomas Gassilloud RE*, Anne Genetet RE*, Raphaël Gérard RE*, Guillaume Gouffier Valente RE, Marie Guévenoux RE, Claire Guichard RE, Benjamin Haddad RE, Sacha Houlié RE, Amélia Lakrafi RE, Gilles Le Gendre RE, Constance Le Grip RE, Christine Le Nabour RE, Marie Lebec RE*, Vincent Ledoux RE, Mathieu Lefèvre RE, Ludovic Mendes RE, Paul Midy RE, Astrid Panosyan-Bouvet RE, Emmanuel Pellerin RE, Michèle Peyron RE, Éric Poulliat RE, Natalia Pouzyreff RE, Thomas Rudigoz RE, Violette Spillebout RE, Sarah Tanzilli RE, Prisca Thevenot RE, Huguette Tiegna RE*, Guillaume Vuilletet RE, Caroline Yadan RE
abstention (1)
Christophe Naegelen LIOT
non-votant (1)
mise au point seule (2)
Élisa Martin, Frédéric Mathieu
Mises au point
Députés ayant déclaré après coup avoir voulu voter autrement (le résultat n'est pas modifié).
- Élisa Martin : voulait voter pour
- Frédéric Mathieu : voulait voter pour