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Scrutins / 16e législature

Scrutin n° 3543 du 18/03/2024

Sur le sous-amendement n° 84 de M. Clouet à l'amendement n° 44 du Gouvernement après l'article 32 du projet de loi portant diverses dispositions d'adaptation au droit de l'Union européenne en matière d'économie, de finances, de transition écologique, de droit pénal, de droit social et en matière agricole (première lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
30
Contre
54
Abstention
13
Votants
97
84 exprimés
Dossier
Projet de loi portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne en matière d’économie, de finances, de transition écologique, de droit pénal, de droit social et en matière agricole (relié par : amendement)
Demandé par
Présidente du groupe "La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale"
Objet
sous-amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° 84 · Article 32

De Hadrien Clouet (LFI - NUPES) , déposé le 18/03/2024. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi sur le projet de loi, adopté par le Sénat après engagement de...

Dispositif

I. – À l’alinéa 8, substituer aux mots :

« Par dérogation aux dispositions du premier alinéa de l’article L. 3141‑3, la durée du congé auquel le salarié a droit au titre des périodes mentionnées au 7° de l’article L. 3141‑5 est de deux jours ouvrables par mois, dans la limite d’une attribution, à ce titre, de vingt-quatre », 

les mots :

« La durée du congé auquel le salarié a droit au titre des périodes mentionnées au 7° de l’article L. 3141‑5 est de deux jours et demi ouvrables par mois, dans la limite d’une attribution, à ce titre, de trente ».

II. – En conséquence, à l’alinéa 26, substituer au mot : 

« vingt-quatre » 

le mot : 

« trente ».

Exposé sommaire

Par l’amendement 44, le Gouvernement dit assurer la mise en conformité du droit du travail français avec le droit de l'Union européenne, en prévoyant que les salariés dont le contrat est suspendu par un arrêt de travail continuent d’acquérir des droits à congés quelle que soit l’origine de cet arrêt (professionnelle ou non professionnelle).

Après quinze ans de non-conformité avec le droit de l’Union, cet amendement a été déposé à la suite de la jurisprudence opérée par la Cour de cassation dans son arrêt du 13 septembre 2023. Selon cette même décision :

1) « En application de l'article L. 1132-1 du code du travail, aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire, directe ou indirecte (…), notamment en matière de rémunération (…), de mesures d'intéressement ou de distribution d'actions, de formation, de reclassement, d'affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle, de mutation ou de renouvellement de contrat en raison notamment de son état de santé. »

2) À ce titre, « Il convient en conséquence d'écarter partiellement l'application des dispositions de l'article L. 3141-3 du code du travail en ce qu'elles subordonnent à l'exécution d'un travail effectif l'acquisition de droits à congé payé par un salarié dont le contrat de travail est suspendu par l'effet d'un arrêt de travail pour cause de maladie non professionnelle et de juger que le salarié peut prétendre à ses droits à congés payés au titre de cette période en application des dispositions des articles L. 3141-3 et L. 3141-9 du code du travail ».

Soit, au titre des articles L. 3141-3 et L. 3141-9 du code du travail, une durée totale de congé exigible ne pouvant excéder 30 jours ouvrables, à raison de deux jours et demi ouvrables par mois de travail effectif chez le même employeur.

En l’état, l’amendement proposé par le Gouvernement limite la durée totale de congé exigible au titre des périodes d’arrêt de travail à la suite d’un accident ou une maladie d’origine non-professionnelle à vingt-quatre jours, à raison de deux jours acquis par mois de travail effectif. 

Cette limitation instaure donc un régime discriminatoire au sein des modes d’acquisition des congés payés entre les salariés, à rebours de la jurisprudence de la Cour de cassation et de son interprétation du droit européen. En outre, par une dérogation à l’article 3141-3 du code du travail, elle introduit une complexification supplémentaire pour les salariés comme pour les employeurs dans le calcul des droits aux congés payés. Si le Gouvernement ne cesse d’appeler à la « simplification », cet amendement prouve une nouvelle fois sa velléité à complexifier les normes lorsqu’il s’agit des droits des salariés.

Voilà la grande contradiction de cette transposition : en instaurant un plafond de quatre semaines pour l’acquisition de congés payés sur les périodes d’arrêt pour causes non-professionnelles, le Gouvernement persiste à les différencier des périodes d’arrêt pour causes professionnelles. Pourtant, ce même amendement reconnait les périodes « pendant lesquelles l’exécution du contrat de travail est suspendue pour cause d’arrêt de travail lié à un accident ou une maladie n’ayant pas un caractère professionnel » comme des périodes de travail effectif par leur inscription à l’article L.3141-5 du code du travail, au même titre que les arrêts ayant un caractère professionnel.

Tel est donc l’objet du présent sous-amendement : garantir à l’ensemble des salariés, quel que soit le caractère professionnel ou non-professionnel des périodes d’interruption d’exécution du contrat de travail, le droit à des congés payés dans la limite de cinq semaines à raison de deux jours et demi ouvrables par mois de travail effectif.

Nous tenons à souligner que le Conseil d’État, dans son avis n°408112 portant sur la mise en conformité des dispositions du code du travail en matière d’acquisition de congés pendant les périodes d’arrêt maladie, précise qu’il est « loisible au législateur d’instaurer un mécanisme conduisant à l’acquisition de tels droits au-delà de quatre semaines ».

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
Renaissance contre1690 4300
Rassemblement National abstention880 0130
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale pour7516 001
Les Républicains contre620 300
Démocrate (MoDem et Indépendants) contre500 500
Socialistes et apparentés pour314 000
Horizons et apparentés contre300 300
Écologiste - NUPES pour227 000
Gauche démocrate et républicaine - NUPES pour222 000
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires pour221 000
Non inscrit pour60 000

Votants

pour (30)

Karim Ben Cheikh Ecolo - NUPES, Marie-Charlotte Garin Ecolo - NUPES, Benjamin Lucas-Lundy Ecolo - NUPES, Sandra Regol Ecolo - NUPES, Sabrina Sebaihi Ecolo - NUPES, Sophie Taillé-Polian Ecolo - NUPES, Nicolas Thierry Ecolo - NUPES, Pierre Dharréville GDR - NUPES, Nicolas Sansu GDR - NUPES, Ségolène Amiot LFI - NUPES, Manuel Bompard LFI - NUPES, Hadrien Clouet LFI - NUPES, Sébastien Delogu LFI - NUPES, Emmanuel Fernandes LFI - NUPES, David Guiraud LFI - NUPES, Élise Leboucher LFI - NUPES*, Damien Maudet LFI - NUPES, Manon Meunier LFI - NUPES, Danièle Obono LFI - NUPES, Mathilde Panot LFI - NUPES, René Pilato LFI - NUPES, François Piquemal LFI - NUPES, Danielle Simonnet LFI - NUPES, Anne Stambach-Terrenoir LFI - NUPES, Andrée Taurinya LFI - NUPES, Jean-Félix Acquaviva LIOT, Arthur Delaporte SOC*, Chantal Jourdan SOC, Marietta Karamanli SOC, Philippe Naillet SOC

contre (54)

Anne Bergantz Dem, Luc Geismar Dem, Jean-Paul Mattei Dem, Josy Poueyto Dem, Philippe Vigier Dem, Paul Christophe HOR, Stéphanie Kochert HOR, Luc Lamirault HOR, Éric Ciotti LR, Olivier Marleix LR, Maxime Minot LR, Damien Adam RE, Jean-Philippe Ardouin RE*, Antoine Armand RE, Fanta Berete RE*, Denis Bernaert RE, Pascale Boyer RE, Anthony Brosse RE*, Danielle Brulebois RE, Céline Calvez RE, Eléonore Caroit RE, Mireille Clapot RE, Laurence Cristol RE, Nicole Dubré-Chirat RE, Philippe Dunoyer RE, Philippe Emmanuel RE, Marc Ferracci RE, Anne Genetet RE*, Benjamin Haddad RE, Monique Iborra RE, Caroline Janvier RE, Brigitte Klinkert RE, Daniel Labaronne RE, Didier Le Gac RE, Gilles Le Gendre RE, Annaïg Le Meur RE*, Christine Le Nabour RE*, Nicole Le Peih RE, Sylvain Maillard RE, Louis Margueritte RE, Graziella Melchior RE, Ludovic Mendes RE, Benoit Mournet RE, Astrid Panosyan-Bouvet RE, Charlotte Parmentier-Lecocq RE, Emmanuel Pellerin RE*, Michèle Peyron RE, Stéphanie Rist RE, Jean-François Rousset RE, Charles Sitzenstuhl RE, Stéphane Travert RE, David Valence RE, Stéphane Vojetta RE, Jean-Marc Zulesi RE

abstention (13)

Romain Baubry RN, Frédéric Boccaletti RN, Victor Catteau RN, Annick Cousin RN, Jocelyn Dessigny RN, Edwige Diaz RN, Christian Girard RN, Jordan Guitton RN, Laurent Jacobelli RN, Yaël Ménaché RN*, Serge Muller RN, Emeric Salmon RN, Jean-Philippe Tanguy RN

non-votant (1)

Caroline Fiat LFI - NUPES