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Scrutins / 16e législature

Scrutin n° 3408 du 05/03/2024

Sur l'amendement n° 22 de M. Balanant à l'article premier de la proposition de loi visant à allonger la durée de l'ordonnance de protection et à créer l'ordonnance provisoire de protection immédiate (première lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
32
Contre
73
Abstention
6
Votants
111
105 exprimés
Dossier
Allonger la durée de l’ordonnance de protection et à créer l’ordonnance provisoire de protection immédiate (relié par : amendement)
Demandé par
Présidente du groupe "La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale"
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° 22 · Article PREMIER

De Erwan Balanant (Dem) , déposé le 25/01/2024. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le proposition de loi proposition de loi sur la proposition de loi de Mme Émilie Chandler visant à...

Dispositif

Substituer aux alinéas 4 à 7 les deux alinéas suivants :

« Art. 515‑13‑1. – En cas d’urgence, dès lors qu’il existe des éléments sérieux laissant supposer qu’une victime alléguée ou l’un ou plusieurs de ses enfants encourt un danger grave et immédiat ou des menaces l’exposant à un risque immédiat de mort ou de blessure, le procureur de la République du ressort du domicile de la victime alléguée, peut prononcer, à titre provisoire, les mesures mentionnées aux 1° , 1° bis, 2° , 2° bis et 6° de l’article 515‑11. Le procureur de la République saisit simultanément le juge aux affaires familiales d’une demande d’ordonnance de protection.

« Les mesures prennent fin à compter de la décision statuant sur la demande de l’ordonnance de protection. »

Exposé sommaire

Si le juge aux affaires familiales est l’autorité judiciaire compétente dans le cadre des mesures de protection des victimes de violence, le présent amendement a pour objet d’autoriser le procureur de la République à intervenir en amont dans les situations d’extrême urgence, par le biais d’une ordonnance provisoire de protection immédiate, sous réserve de saisir le juge aux affaires familiales pour validation ou non de la mesure, dans le délai de 6 jours, qui est celui dans lequel le juge doit se prononcer sur une demande d’ordonnance provisoire. 

Ce dispositif est calqué sur celui existant pour les ordonnances de placement provisoire des mineurs en danger, tel que prévu par l’article 375‑5 du Code civil : le procureur de la République, en cas d’urgence, peut prononcer les mesures en lieu et place du juge des enfants. Cette attribution permet de répondre aux impératifs d’une prise en charge rapide et effective lorsque l’urgence ou la gravité de la situation l’imposent. 

Il est nécessaire de proposer le même dispositif s’agissant des violences commises au sein du couple. Il ne s’agit nullement de considérer la victime alléguée comme un majeur incapable, mais bien de la protéger lorsqu’elle ne peut le faire elle-même, et le plus rapidement possible. Le procureur pourra ainsi, à titre exceptionnel, se saisir d’office et prendre les mesures coercitives nécessaires, afin de mettre les victimes de violences au sein du couple en sécurité. Ici, le danger et l’imminence d’un danger sont des situations telles qu’elles justifient que le parquet, autrement dit l’autorité judiciaire, prenne des mesures non contradictoires (qui seront ensuite versées au contradictoire). Ce dispositif permet en outre d’éviter certains écueils du dispositif actuel et d’assurer une véritable protection des victimes de violences intra familiales notamment au regard de la notification de l’ordonnance à l’auteur allégué des violences : policiers et gendarmes seront de facto chargés de cette notification. Il en va de même au regard de l’absence de recours de l’ordonnance provisoire de protection immédiate tel que proposé pour le moment puisque la décision du procureur agit comme un référé qui est une décision d’urgence du parquet, dans l’attente d’une décision du juge aux affaires familiales. 

Cet amendement vise par ailleurs, par souci de cohérence, à ajouter aux mesures que peut prendre le juge aux affaires familiales (JAF), dans le cadre de l’ordonnance provisoire de protection immédiate, une mesure qu’il peut peut prendre en urgence dans le cadre d’une ordonnance de protection pour une personne majeure menacée de mariage forcé de l’article 515‑13 du code civil. Avec cet ajout le juge peut donc aussi « Autoriser la partie demanderesse à dissimuler son domicile ou sa résidence et à élire domicile chez l’avocat qui l’assiste ou la représente ou auprès du procureur de la République près le tribunal judiciaire pour toutes les instances civiles dans lesquelles elle est également partie (...) ». 

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
Renaissance contre1690 3300
Rassemblement National contre881 2201
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale pour7521 000
Les Républicains contre621 400
Démocrate (MoDem et Indépendants) pour506 250
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES) contre310 500
Horizons et apparentés contre301 400
Écologiste - NUPES pour221 110
Gauche démocrate et républicaine - NUPES contre220 200
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires pour221 000
Non inscrit pour60 000

Votants

pour (32)

Erwan Balanant Dem, Philippe Bolo Dem, Romain Daubié Dem, Élodie Jacquier-Laforge Dem, Éric Martineau Dem, Hubert Ott Dem, Karim Ben Cheikh Ecolo - NUPES, Luc Lamirault HOR, Nadège Abomangoli LFI - NUPES, Ségolène Amiot LFI - NUPES, Idir Boumertit LFI - NUPES, Sylvain Carrière LFI - NUPES, Sophia Chikirou LFI - NUPES, Jean-François Coulomme LFI - NUPES, Sébastien Delogu LFI - NUPES, Karen Erodi LFI - NUPES, Caroline Fiat LFI - NUPES, Perceval Gaillard LFI - NUPES, David Guiraud LFI - NUPES, Mathilde Hignet LFI - NUPES, Rachel Keke LFI - NUPES, Andy Kerbrat LFI - NUPES, Antoine Léaument LFI - NUPES, Élise Leboucher LFI - NUPES*, Charlotte Leduc LFI - NUPES, Murielle Lepvraud LFI - NUPES, Pascale Martin LFI - NUPES, Aurélien Saintoul LFI - NUPES, Léo Walter LFI - NUPES, Paul Molac LIOT, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes) LR, Béatrice Roullaud RN

contre (73)

Pascal Lecamp Dem, Emmanuel Mandon Dem, Jérémie Iordanoff Ecolo - NUPES, Pierre Dharréville GDR - NUPES, Émeline K/Bidi GDR - NUPES, Félicie Gérard HOR, Stéphanie Kochert HOR, Christophe Plassard HOR, Philippe Pradal HOR, Emmanuelle Anthoine LR, Jean-Luc Bourgeaux LR, Philippe Gosselin LR, Éric Pauget LR, Caroline Abadie RE, Fanta Berete RE, Denis Bernaert RE, Benoît Bordat RE*, Anne Brugnera RE, Françoise Buffet RE, Émilie Chandler RE, Laurence Cristol RE, Nicole Dubré-Chirat RE, Philippe Emmanuel RE, Philippe Fait RE, Philippe Frei RE, Claire Guichard RE, Sacha Houlié RE, Brigitte Klinkert RE*, Michel Lauzzana RE, Mathieu Lefèvre RE, Patricia Lemoine RE, Sylvain Maillard RE, Christophe Marion RE, Didier Martin RE, Nicolas Metzdorf RE*, Laure Miller RE, Charlotte Parmentier-Lecocq RE, Emmanuel Pellerin RE, Éric Poulliat RE, Jean-François Rousset RE, Thomas Rudigoz RE, Charles Sitzenstuhl RE, Jean Terlier RE, Annie Vidal RE, Éric Woerth RE*, Caroline Yadan RE, Romain Baubry RN, Pascale Bordes RN, Jorys Bovet RN, Jérôme Buisson RN, Victor Catteau RN, Jocelyn Dessigny RN, Christine Engrand RN, Thierry Frappé RN, Christian Girard RN, Jordan Guitton RN, Laurent Jacobelli RN, Catherine Jaouen RN, Julie Lechanteux RN, Gisèle Lelouis RN, Christine Loir RN, Marie-France Lorho RN, Matthieu Marchio RN, Yaël Ménaché RN*, Mathilde Paris RN, Lisette Pollet RN, Michaël Taverne RN*, Lionel Tivoli RN, Philippe Naillet SOC, Christine Pirès Beaune SOC, Isabelle Santiago SOC, Mélanie Thomin SOC, Cécile Untermaier SOC

abstention (6)

Anne Bergantz Dem, Philippe Berta Dem, Perrine Goulet Dem, Sandrine Josso Dem*, Delphine Lingemann Dem, Sandra Regol Ecolo - NUPES

non-votant (1)

Sébastien Chenu RN