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Scrutins / 16e législature

Scrutin n° 2854 du 02/11/2023

Sur l'amendement n° 1449 de Mme Garrido à l'article 35 et État B de la seconde partie du projet de loi de finances pour 2024 (première lecture) - Mission Justice.

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
12
Contre
45
Abstention
0
Votants
57
57 exprimés
Dossier
Projet de loi de finances pour 2024 (relié par : amendement)
Demandé par
Présidente du groupe "La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale"
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° II-1449 · ÉTAT B

De Raquel Garrido (LFI - NUPES) , déposé le 27/10/2023. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi de finances pour 2024

Exposé sommaire

Cet amendement vise à financer un accompagnement juridique pour les travailleurs des plateformes qui souhaitent faire les démarches pour être requalifiés en salariés.

De nombreuses décisions de justice, notamment l’arrêt Uber du 4 mars 2020 de la Cour de cassation, ont permis de mettre en évidence que nombre de travailleurs des plateformes sont en réalité des salariés, liés aux plateformes par un lien de subordination. Cependant, leurs employeurs ne leur reconnaissent le plus souvent pas ce statut, ni l’ensemble des droits qui y sont liés, les assimilant faussement à des travailleurs indépendants. Lorsque les travailleurs entreprennent les démarches en justice afin d’obtenir leur requalification en salariés, ils les gagnent dans une grande majorité de cas. C’est pourquoi le groupe parlementaire de La France insoumise-NUPES défend, contrairement au gouvernement, la présomption de salariat afin que les travailleurs des plateformes puissent bénéficier de l’ensemble des droits du statut, et ainsi mettre fin à ce qui est de fait un travail dissimulé généralisé, organisé par les plateformes numériques. Le gouvernement justifie son refus d’une présomption de salariat en affirmant que les travailleurs des plateformes ont la possibilité, s’ils le souhaitent, d’entamer des démarches juridiques afin de faire requalifier leur contrat de prestation en contrat de travail salarié. Or, les parcours judiciaires de requalification en salariés sont souvent très longs et coûteux, tandis que les travailleurs de plateformes sont, eux, exposés à une extrême précarité.

Lors de la commission d’enquête parlementaire relative aux Uber files, l’avocat Maître Jérôme Giusti ayant engagé de nombreux contentieux contre Uber pour obtenir la requalification de chauffeurs VTC a ainsi résumé leurs situations : « Les personnes dont nous parlons sont traitées comme les pires justiciables. Un des premiers chauffeurs ayant saisi le conseil des prud’hommes qui a déclaré son incompétence, après plusieurs années ; appel, cassation, retour au conseil de prud’hommes, etc. {…} Faut-il demander à ces travailleurs pauvres d’être plus riches que le plus riche des justiciables ? ». Face aux moyens financiers parfois colossaux des plateformes, ceux des travailleurs ayant exercé sous statut d’auto-entrepreneurs apparaissent dérisoires puisque, privés d’emploi et de revenus, ils se retrouvent sans aucun droit au chômage ni au chômage partiel.

Puisqu’il s’emploie au niveau européen à saborder la directive européenne visant à établir une présomption de salariat, portée notamment par l’eurodéputée du groupe de La Gauche, Leïla Chaibi, le gouvernement doit au minimum garantir l’effectivité du droit des travailleurs de plateformes à avoir accès aux démarches permettant de rétablir leur statut de salariés, en leur proposant un accompagnement juridique.

Cet amendement vise donc à augmenter les crédits de développement de l’accès au droit et du réseau judiciaire de proximité. Pour ce faire, les parlementaires du groupe LFI-NUPES proposent de transférer 40 millions d’euros en AE et en CP de l’action 01 « garde et contrôle des personnes placées sous-main de justice » du programme 107 « administration pénitentiaire », afin d’abonder le programme 101 "Accès aux droits et à la justice"
Les règles de recevabilité nous obligent à gager via un transfert de crédits provenant d'un autre programme de la mission. Nous appelons néanmoins le gouvernement à lever le gage.

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
Renaissance contre1700 2500
Rassemblement National contre880 1000
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale pour756 000
Les Républicains contre620 400
Démocrate (MoDem et Indépendants) contre510 300
Socialistes et apparentés pour310 001
Horizons et apparentés contre300 200
Écologiste - NUPES pour233 000
Gauche démocrate et républicaine - NUPES pour223 000
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires pour210 000
Non inscrit contre40 100

Votants

pour (12)

Karim Ben Cheikh Ecolo - NUPES, Jérémie Iordanoff Ecolo - NUPES, Eva Sas Ecolo - NUPES, Émeline K/Bidi GDR - NUPES, Karine Lebon GDR - NUPES*, Mereana Reid Arbelot GDR - NUPES, Laurent Alexandre LFI - NUPES, Éric Coquerel LFI - NUPES, Antoine Léaument LFI - NUPES, Sarah Legrain LFI - NUPES, Jean-Philippe Nilor LFI - NUPES, Thomas Portes LFI - NUPES

contre (45)

Erwan Balanant Dem, Mohamed Laqhila Dem, Sophie Mette Dem, François Gernigon HOR, Luc Lamirault HOR, Pierre-Henri Dumont LR, Patrick Hetzel LR, Maxime Minot LR, Alexandre Portier LR, Emmanuelle Ménard NI, Caroline Abadie RE, David Amiel RE, Anthony Brosse RE, Françoise Buffet RE, Jean-René Cazeneuve RE, Clara Chassaniol RE, Ingrid Dordain RE, Nicole Dubré-Chirat RE, Stella Dupont RE, Philippe Emmanuel RE, Raphaël Gérard RE*, Hadrien Ghomi RE, Éric Girardin RE, Emmanuel Lacresse RE, Pascal Lavergne RE, Nicole Le Peih RE, Louis Margueritte RE, Lysiane Métayer RE, Emmanuel Pellerin RE, Béatrice Piron RE, Cécile Rilhac RE, Charles Rodwell RE*, Xavier Roseren RE, Charles Sitzenstuhl RE, Sarah Tanzilli RE, Romain Baubry RN, Christophe Bentz RN, Pascale Bordes RN, Roger Chudeau RN, Jocelyn Dessigny RN, Edwige Diaz RN, Mathilde Paris RN, Béatrice Roullaud RN, Alexandre Sabatou RN, Philippe Schreck RN

non-votant (1)

Valérie Rabault SOC