Amendement n° 514 · Article 23
De Paul Midy (Ensemble pour la République) · déposé le 28/09/2026
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- Texte amendé
- Proposition de loi « apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants » · PDF
- Dossier
- Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants
- Signataires
- M. Midy, Mme Fruchon, Mme Youssouffa, Mme Guillerm, Mme Cestrières, Mme Melchior, Mme Klinkert, Mme Spillebout, M. Bonnecarrère, Mme Lingemann et M. Brosse
- Source
- assemblee-nationale.fr
Dispositif
Compléter l’alinéa 4 par les mots :
« , y compris par voie de correspondance privée ».
Exposé sommaire
L'article 23 de la présente proposition de loi fait de l'outrage sexiste et sexuel commis en ligne un délit, et non plus une simple contravention. Cet amendement vise à préciser que cette circonstance aggravante s'applique également lorsque les propos sont adressés à la victime dans le cadre d'un échange non public, notamment par messagerie privée.
Le cas d'espèce est éclairant. Une dirigeante d'entreprise, engagée publiquement pour l'égalité entre les femmes et les hommes, a été sollicitée sur un réseau social professionnel par le fondateur d'un réseau d'affaires, au moyen d'un message de prospection automatisé envoyé dès l'acceptation de la mise en relation. Quelques minutes après avoir poliment décliné, elle a reçu du même compte un message privé la qualifiant en des termes injurieux et sexistes.
Parce que le propos a été acheminé par messagerie privée, l'émetteur du message peut tenter de prétendre que la qualification serait contraventionnelle, alors que le même propos posté en commentaire public relèverait du délit d'injure publique à raison du sexe, puni d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende. L'écart entre les deux réponses pénales, pour un propos identique, n'est pas compris par les victimes et ne correspond pas aux objectifs de sécurisation de l'espace numérique.
L'amendement ne crée pas d'infraction nouvelle et n'élargit pas l'élément matériel de l'outrage sexiste. Il complète l'alignement, opéré par l'article 23, de l'outrage commis en ligne sur le régime du harcèlement commis en ligne, et permet à la victime de bénéficier des règles de compétence et de poursuite du délit.
Cosignataires (10)
Philippe Bonnecarrère, Anthony Brosse, Pauline Cestrières, Alix Fruchon, Carole Guillerm, Brigitte Klinkert, Delphine Lingemann, Graziella Melchior, Violette Spillebout, Estelle Youssouffa