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Amendement n° 482 · Article PREMIER

De Bruno Fuchs (Mouvement Démocrate (MoDem) et Démocrates apparentés) · déposé le 15/02/2021

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Adopté (discuté)
Texte amendé
Projet de loi « projet de loi sur le projet de loi, après engagement de la procédure accélérée, de programmation relatif au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales (n°3699). » · texte intégral · PDF
Dossier
Programmation relative au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales
Signataires
M. Fuchs, M. Fanget, M. Joncour, M. Frédéric Petit, M. Waserman, M. Balanant, Mme Bannier, M. Barrot, M. Baudu, Mme Benin, M. Berta, M. Blanchet, M. Bolo, Mme Brocard, M. Bru, M. Corceiro, Mme Crouzet, M. Cubertafon, Mme Yolaine de Courson, Mme de Vaucouleurs, Mme Deprez-Audebert, M. Duvergé, Mme Essayan, Mme Florennes, Mme Fontenel-Personne, M. Garcia, M. Geismar, Mme Goulet, M. Hammouche,...
Source
assemblee-nationale.fr

Dispositif

Compléter cet article par l'alinéa suivant :

« X. – Dans le cadre de la politique française de développement solidaire et de lutte contre les inégalités mondiales, et sous réserve de l’article 706‑164 du code de procédure pénale, sont restituées, au plus près de la population de l’État étranger concerné, les recettes provenant de la cession des biens confisqués aux personnes définitivement condamnées pour le blanchiment, le recel ou le blanchiment de recel de l’une des infractions prévues aux articles 314‑1, 432‑11 à 432‑16, 433‑1, 433‑2, 433‑4, 434‑9, 434‑9‑1, 435‑1 à 435‑4 et 435‑7 à 435‑10 du code pénal, lorsque la décision judiciaire concernée établit que l’infraction d’origine a été commise par une personne dépositaire de l’autorité publique d’un État étranger, chargée d’un mandat électif public dans un État étranger ou d’une mission de service public d’un État étranger, dans l’exercice de ses fonctions, à l’exclusion des frais de justice. »

Exposé sommaire

Le présent amendement vise à renforcer le cadre français de restitution de biens dits « mal acquis » aux États étrangers concernés et à leur population.

Les « biens mal acquis » ne correspondent pas à une définition légale. Ils désignent généralement des avoirs acquis en France (biens mobiliers et immobiliers, produits financiers, etc.), et qui correspondent au blanchiment ou au recel d’infractions financières (notamment les infractions à la probité telles que la corruption ou le détournement de fonds publics) commises initialement dans des pays étrangers par des personnes politiquement exposées et / ou leurs proches, au préjudice d’États, d’institutions publiques et des populations. Plusieurs procédures ouvertes en France depuis une dizaine d’années ont concerné des biens mal acquis, indépendamment de poursuites éventuelles dans l’État d’origine, en retenant l’infraction de blanchiment.

En l’état actuel du droit, en cas de condamnation définitive et si l’État d’origine des fonds ne s’est pas constitué partie civile afin d’obtenir réparation ou n’a effectué de demande d’entraide judiciaire aux fins de confiscation, les recettes découlant de la vente des biens confisqués abondent le budget général de l’État. Par dérogation, le Code de procédure pénale prévoit que l’AGRASC peut affecter ces biens à d’autres finalités (fonds de lutte contre les produits stupéfiants par exemple).

L’amélioration de ce cadre juridique fait suite à une proposition de loi en ce sens examinée au Sénat en mai 2019. Cet engagement s’inscrit également dans la suite des travaux de la société civile et des parlementaires, notamment le rapport de novembre 2019 de MM. Saint-Martin et Warsmann aux Ministres de la Justice, de l’Intérieur et de l’Action et des Comptes Publics sur la confiscation des avoirs criminels et la restitution des biens mal acquis qui recommandait de « mettre en œuvre un dispositif législatif, budgétaire et organisationnel ad hoc et pragmatique permettant la restitution des avoirs confisqués dans les dossiers dits de « biens mal acquis » (proposition n° 34). En outre, la France est partie à la Convention des Nations Unies contre la corruption, dont le Chapitre V pose un principe général de coopération et d’assistance entre États-parties pour permettre la restitution d’avoirs illicites.

Par cet amendement, nous proposons donc que la restitution de « biens mal acquis » soit réalisée en finançant des actions de développement, au plus près des populations concernées. L’Agence française de développement pourra contribuer à leur mise en œuvre.

Par ailleurs,

- s’agissant des infractions principales, le blanchiment et le recel permettent d’appréhender autant les mis en cause qui blanchissent en France leurs propres infractions commises dans l’État étranger (auto-blanchiment), que leurs proches qui bénéficient du produit de ces infractions (recel), voire d’autres auteurs qui blanchissent eux-mêmes ces infractions pour leur compte, ou pour le compte de tiers (blanchiment) ;

 

- concernant les infractions d’origine, le critère tenant à la personne de l’auteur limite leur champ à celles commises par des personnes dépositaires de l’autorité publique, chargées d’une mission de service public ou investies d’un mandat électif dans un État étranger, dans l’exercice de leurs fonctions ; ces trois critères permettent de viser toutes les personnes ayant des fonctions officielles dans l’État étranger.

Il est fait mention de l’article 706‑164 du code de procédure pénale afin que cette disposition, qui prévoit l’indemnisation des personnes s’étant constituées parties civiles par prélèvement sur les sommes définitivement confisquées, soit prioritaire sur le mécanisme de restitution.

Les restitutions devront s’effectuer en coopération avec l’État étranger. Ce mécanisme devra également faire l’objet de mesures d’application ultérieures. Notamment, un dispositif permettant de piloter de manière transparente la sélection des actions à financer et leur exécution devra être installé.

Cosignataires (55)

Erwan Balanant, Géraldine Bannier, Jean-Noël Barrot, Stéphane Baudu, Justine Benin, Philippe Berta, Christophe Blanchet, Philippe Bolo, Blandine Brocard, Vincent Bru, David Corceiro, Yolaine de Courson, Michèle Crouzet, Jean-Pierre Cubertafon, Marguerite Deprez-Audebert, Bruno Duvergé, Nadia Essayan, Michel Fanget, Isabelle Florennes, Pascale Fontenel-Personne, Laurent Garcia, Luc Geismar, Perrine Goulet, Brahim Hammouche, Cyrille Isaac-Sibille, Élodie Jacquier-Laforge, Christophe Jerretie, Bruno Joncour, Sandrine Josso, Jean-Luc Lagleize, Fabien Lainé, Mohamed Laqhila, Florence Lasserre, Philippe Latombe, Patrick Loiseau, Aude Luquet, Max Mathiasin, Jean-Paul Mattei, Sophie Mette, Philippe Michel-Kleisbauer, Patrick Mignola, Bruno Millienne, Jimmy Pahun, Frédéric Petit, Maud Petit, Josy Poueyto, François Pupponi, Richard Ramos, Sabine Thillaye, Frédérique Tuffnell, Nicolas Turquois, Michèle de Vaucouleurs, Laurence Vichnievsky, Philippe Vigier, Sylvain Waserman

Sous-amendements