Amendement n° 32 · Article PREMIER
De Ugo Bernalicis (La France insoumise) · déposé le 15/01/2021
- Sort
- Rejeté (discuté)
- Texte amendé
- Projet de loi « projet de loi sur le projet de loi, après engagement de la procédure accélérée, autorisant la prorogation de l'état d'urgence sanitaire et reportant la date de caducité des régimes institués pour faire face à la crise sanitaire (n°3733). » · texte intégral · PDF
- Dossier
- Prorogation de l'état d'urgence sanitaire
- Signataires
- M. Bernalicis, Mme Autain, M. Coquerel, M. Corbière, Mme Fiat, M. Lachaud, M. Larive, M. Mélenchon, Mme Obono, Mme Panot, M. Prud'homme, M. Quatennens, M. Ratenon, Mme Ressiguier, Mme Rubin, M. Ruffin et Mme Taurine
- Source
- assemblee-nationale.fr
Dispositif
Supprimer cet article.
Exposé sommaire
Par cet article, le gouvernement prévoit de reporter au 31 décembre 2021 de la caducité du régime d’état d’urgence sanitaire, initialement fixée au 1er avril 2021.
Le Parlement avaient en effet lors de la création du régime de l’état d’urgence sanitaire, introduit une date de caducité au delà de laquelle les dispositions du code de la santé publique régissant l’état d’urgence sanitaire doivent disparaître de l’ordonnancement juridique. Cet article permettra donc au Gouvernement de prolonger à l’avenir l’état d’urgence sanitaire jusqu’à cette date s’il le souhaite.
Cette date de caducité va de toute façon perdre son intérêt si le projet de loi « instituant un régime pérenne de gestion des urgences sanitaires » déposé fin décembre entre en vigueur. Son examen n’est pas prévu avant plusieurs mois à cause du tollé provoqué pendant les vacances de Noël, où un article rendait le vaccin indirectement obligatoire : ce report de la caducité à une date aussi lointaine permet donc au Gouvernement d’avoir un délai allant jusqu’à décembre pour adopter ce nouveau régime de gestion des urgences sanitaires.
Or, ce nouveau régime va, comme aime tant le faire le Gouvernement, inscrire des dispositions exceptionnelles dans le droit commun. Ce recul rampant des libertés doit cesser.
Ce n'est pas peu dire que le pouvoir exécutif prend goût à décider seul, ou éventuellement épaulé par d'occultes conseils de défense et à l'aide d'agences de conseil privées, les affaires les plus éminentes de l'État. Cette énième prolongation dénote le mépris que le gouvernement entretient à l'égard des parlementaires et de la représentation nationale, qui n'a pas son mot à dire quant à la gestion des affaires publiques, et n'est rappelée qu'épisodiquement pour prolonger sa servitude et se baillônner elle-même.
Tout cela n'est rendu possible que grâce à une majorité peu conscients de l'impact futur qu'aura cet état d'urgence permanent sur les institutions démocratiques qui sont les nôtres.
Cosignataires (16)
Clémentine Autain, Éric Coquerel, Alexis Corbière, Caroline Fiat, Bastien Lachaud, Michel Larive, Jean-Luc Mélenchon, Danièle Obono, Mathilde Panot, Loïc Prud'homme, Adrien Quatennens, Jean-Hugues Ratenon, Muriel Ressiguier, Sabine Rubin, François Ruffin, Bénédicte Taurine