Amendement n° SPE180 · Article 104 quater
De Chaynesse Khirouni (Socialiste, républicain et citoyen) · déposé le 04/06/2015
- Sort
- Adopté (discuté)
- Texte amendé
- Projet de loi « projet de loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques »
- Dossier
- Economie : croissance, activité et égalité des chances économiques
Dispositif
Supprimer cet article.
Exposé sommaire
La loi n°2014‑788 tendant au développement, à l’encadrement des stages et à l’amélioration du statut des stagiaires du 10 juillet 2014, vise répondre à un triple objectif :
- favoriser le développement des stages de qualité sans pour autant tarir l’offre ;
- éviter les stages se substituant à des emplois
- protéger les droits et améliorer le statut des stagiaires.
Il s’agit d’un texte équilibré qui garantit de nouveaux droits réels aux plus de 1,2 million de stagiaires que compte notre pays.
Cet article adopté par le Sénat remet en cause des dispositions législatives et réglementaires, adoptées il y a moins d’un an, sans aucune évaluation préalable. Il contribue également à l’instabilité législative sur ce sujet dénoncée de longue date par les établissements d’enseignement et les organismes d’accueil.
Cette disposition est totalement contraire à l’ensemble des efforts entrepris depuis 2011 pour encadrer les stages et limiter le risque de substitution à l’emploi. La limitation des stages à 6 mois est en effet une disposition issue d’un accord consensuel entre les partenaires sociaux (ANI du 7 juin 2011), repris par la loi CHERPION du 28 juillet 2011 et jamais remis en cause depuis. Cette limitation se justifie par le fait que le stage doit être intégré dans une formation pour avoir un réel intérêt pédagogique.
Par ailleurs, les stages longs concurrencent le développement de l’alternance et de l’apprentissage dans certaines formations, particulièrement en master. Au-delà de six mois, la tâche effectuée au sein de la structure d’accueil est régulière, et l’apport pédagogique d’un stage n’est pas démontré.
En permettant les stages d’un an en master, cet article les transforme en véritables périodes de pré recrutement, ce qui multiplie les risques de substitution à l’emploi pour les jeunes diplômés ou en voie de l’être.
En conséquence, il est proposé de supprimer cet article.
Cosignataires (32)
Luc Belot, Karine Berger, Yves Blein, Brigitte Bourguignon, Jean-Louis Bricout, François Brottes, Colette Capdevielle, Christophe Caresche, Christophe Castaner, Jean-Yves Caullet, Jean-Paul Chanteguet, Jean-Michel Clément, Françoise Dumas, Corinne Erhel, Sophie Errante, Richard Ferrand, Jean-Patrick Gille, Laurent Grandguillaume, Chaynesse Khirouni, Bernadette Laclais, Jean-Luc Laurent, Jean-Yves Le Bouillonnec, Anne-Yvonne Le Dain, Dominique Lefebvre, Arnaud Leroy, Audrey Linkenheld, Martine Pinville, Gilles Savary, Christophe Sirugue, Stéphane Travert, Cécile Untermaier, Clotilde Valter