Amendement n° AS580 (Rect) · Article 2
De Marie-Françoise Clergeau (Socialiste, républicain et citoyen) · déposé le 01/04/2016
- Sort
- Adopté (discuté)
- Texte amendé
- Projet de loi « projet de loi visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs »
- Dossier
- Travail : modernisation du droit du travail
Dispositif
À l’alinéa 620, supprimer les mots :
« dès lors que la rupture du contrat de travail n’a pas été évoquée par la faute lourde du salarié, ».
Exposé sommaire
L’objet du présent amendement reprend l’une des dispositions de la proposition de loi n°3029 relative aux droits à congés.
Elle vise à supprimer la perte de congés payés en cas de licenciement pour faute lourde et à, ainsi, intégrer dans la loi les positions concordantes du Conseil constitutionnel et de la Cour de cassation.
L’alinéa 620 de l’article 2 prévoit qu’en cas de rupture du contrat de travail, la faute lourde du salarié entraîne la suppression de l’indemnité compensatrice pour la fraction des congés payés acquis mais dont le salarié n’a pas bénéficié.
En effet cette suppression pour faute lourde constitue une rupture de l’égalité des salariés devant la loi. C’est ce que le Conseil constitutionnel vient de rappeler dans sa décision n°2015‑523. À l’occasion d’une question prioritaire de constitutionnalité, le Conseil constitutionnel a jugé non conforme à la constitution les mots « dès lors que la rupture du contrat de travail n’a pas été provoquée par la faute lourde du salarié ».
La Cour de cassation avait déjà rappelé la nécessité de modifier le code du travail en ce sens dans son rapport annuel pour 2013. Car la perte de congés payés en cas de licenciement pour faute lourde prive le salarié de la garantie européenne de quatre semaines de droits à congés telle que prévue par la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil de 4 novembre 2003 concernant certains aspects de l’aménagement du temps de travail. En effet l’article 7 de cette directive fixe les droits à congés payés à quatre semaines au minimum par an.
Cosignataires (35)
Pierre Aylagas, Alexis Bachelay, Gérard Bapt, Gisèle Biémouret, Kheira Bouziane-Laroussi, Sylviane Bulteau, Alain Calmette, Marie-Arlette Carlotti, Martine Carrillon-Couvreur, Marie-Françoise Clergeau, Philip Cordery, Michèle Delaunay, Richard Ferrand, Renaud Gauquelin, Jean-Patrick Gille, Joëlle Huillier, Christian Hutin, Monique Iborra, Michel Issindou, Chaynesse Khirouni, Bernadette Laclais, Conchita Lacuey, Marie-Thérèse Le Roy, Annie Le Houerou, Catherine Lemorton, Michel Liebgott, Gabrielle Louis-Carabin, Robert Olive, Monique Orphé, Luce Pane, Pierre Ribeaud, Denys Robiliard, Gérard Sebaoun, Jean-Louis Touraine, Jean Jacques Vlody