Enfin, en cohérence avec l’augmentation demandée des moyens, nous estimons nécessaire de mieux identifier les moyens financiers et humains alloués à la fonction stratégique influence. C’est pourquoi nous recommandons d’identifier un « patch influence » dans la loi de programmation militaire (LPM) et dans la stratégie nationale d’influence, précisant clairement les crédits et les effectifs alloués à l’opérationnalisation de la fonction stratégique influence et dont le suivi pourrait être assuré dans les documents budgétaires chaque année.
Dans une même logique de contrôle des dépenses publiques, il convient de mieux mesurer l’efficacité des actions menées en matière d’influence, voire d’envisager la création d’indicateurs de performance dédiés.
Mme Marie Récalde, rapporteure. Comme nous l’avons indiqué, au-delà des actions d’influence à destination de l’international, il nous apparaît essentiel de mieux se protéger au niveau national. Réduire nos vulnérabilités doit ainsi constituer un préalable. En effet, l’existence d’acteurs spécialisés dans la défense de l’espace informationnel ne doit pas conduire à la déresponsabilisation du citoyen. Au contraire, nous sommes convaincues que la société civile doit être placée en première ligne de la lutte contre les manipulations de l’information.
Au-delà de s’attacher à renforcer l’immunité collective de la société française face aux manipulations de l’information, il convient de prendre en compte la guerre cognitive comme une composante majeure de la guerre de demain, sans pour autant négliger l’interconnexion entre les champs physiques et informationnels.
Premièrement, il s’agit de renforcer l’immunité collective de la société française. À ce titre, quatre axes nous apparaissent prioritaires : objectiver les conséquences des stratégies de désinformation sur la société française et identifier les vulnérabilités ; agir en amont pour réduire les facteurs structurels de vulnérabilités face aux manipulations de l’information ; mieux prendre en compte les défis posés par les réseaux sociaux et les médias en matière de lutte contre la désinformation et associer davantage la société civile.
Il s’agit de ne pas surestimer ni sous-estimer la menace, au risque d’amplifier l’effet déstabilisateur sur nos sociétés des stratégies menées par nos compétiteurs. Par ailleurs, si l’éducation aux médias et à l’esprit critique semble devenue un « poncif » des instruments de lutte contre la désinformation, sa promotion n’en demeure pas moins primordiale. Néanmoins, le choix de la méthode retenue doit se fonder sur une approche scientifique pour éviter tout effet pervers. Contrairement aux idées reçues, elle ne doit pas s’adresser exclusivement à la jeunesse, mais à l’ensemble des classes d’âge pour bâtir une véritable résistance collective.
Il ne s’agit pas d’enseigner ni de dire quoi penser, mais bien d’apprendre à le faire en conscience et avec les bons outils. C’est pourquoi nous recommandons d’évaluer scientifiquement les méthodes d’éducation aux médias et à l’information (EMI) pour en connaître les effets produits sur le public. Nous recommandons également que soit intégré un volet sur l’EMI au guide de résilience devant être distribué à aux Français en 2025 et d’étudier l’opportunité de mettre à profit la journée nationale de la résilience et la journée de défense et de citoyenneté pour mener des actions de sensibilisation à destination des citoyens.
Mme Natalia Pouzyreff, rapporteure. Si le règlement sur les services numériques ou Digital Services Act (DSA) semble constituer un cadre juridique adapté, son application pleine et entière demeure un véritable enjeu, tandis que le financement des médias traditionnels doit constituer un sujet de préoccupation. Les périodes électorales constituent par ailleurs une vraie vulnérabilité. Il convient de se prémunir de la réalisation d’un scénario « à la roumaine ».
Selon Viginum, la reproduction en France d’un mode opératoire similaire à celui ayant conduit à l’annulation des élections en Roumanie ne semble pas exclue. Dans son rapport sur l’opération Storm-1516, Viginum fait d’ailleurs état d’une menace importante sur les processus électoraux, y compris français.
Nous estimons qu’il convient d’agir au maximum en amont. Nous avons notamment été alertées sur la nécessité de renforcer la coordination des services de l’État en période électorale. Si la réponse semble plus aboutie dans le cadre des élections présidentielles, elle apparaît plus lacunaire lors des autres élections. Nous souhaitons qu’une réflexion soit lancée afin de déterminer s’il convient de compléter le droit existant ou a minima d’instaurer une coopération formalisée entre Viginum et la CNCCEP, dans la perspective des prochaines élections présidentielles.
Nous formulons également des propositions tendant à renforcer le modèle économique des médias traditionnels, aujourd’hui mis en péril par la concurrence des grandes plateformes. Afin de s’assurer de la valorisation d’un journalisme de qualité, la certification de l’information constitue une piste de réflexion à étudier, tout en veillant à l’objectivité du label.
Mme Marie Récalde, rapporteure. Nous recommandons donc de poursuivre les efforts visant à bâtir un écosystème de confiance, de renforcer la coordination entre civils et militaires. Aussi souhaitons-nous soutenir le projet d’une Académie de la lutte contre les manipulations de l’information, porté par Viginum.
Par ailleurs, il nous semble important de renforcer le lien entre Viginum et le Parlement en créant un référent « élus » au sein de l’Académie de lutte contre les manipulations de l’information. S’agissant du secteur privé, nous recommandons également de sensibiliser davantage les entreprises, particulièrement les PME et les PMI, au risque informationnel.
Enfin, nous considérons qu’il convient de mieux valoriser les compétences, en particulier à travers la création d’une réserve de spécialistes du champ informationnel. Sachez à ce titre qu’aujourd’hui, le MEAE lance la réserve citoyenne diplomatique.
En guise de conclusion, j’aimerais souligner que dans cette nouvelle guerre de l’information, l’enjeu porte bien sur la protection de nos démocraties face aux régimes moins scrupuleux et plus autoritaires. Nous avons tous un rôle à jouer. Il s’agit d’un enjeu véritable de résilience de la nation.
Mme Florence Goulet (RN). Permettez-moi tout d’abord de saluer le travail de nos deux collègues, car il n’a pas dû être simple à mener. La lutte informationnelle au sein du ministère des armées, quand elle est assumée, est souvent confidentielle, et les parlementaires ne peuvent avoir accès à des informations qui sont souvent, heureusement, classifiées. L’influence ne peut pourtant plus être ignorée dans la conduite d’une guerre comme dans la protection du territoire national au quotidien. L’exercice Orion 4 comportait ainsi un volet influence, signe de son importance.
Je tiens à saluer le professionnalisme de nos armées, qui ont déjà enregistré des succès dans cette bataille. Je pense aux démentis cinglants et étayés apportés par nos forces aux accusations de massacres de civils au Mali, à Gossi. Grâce à nos moyens satellitaires et à nos analystes, nous avons pu établir qu’il s’agissait là d’une manipulation de paramilitaires russes relayée par des médias et des réseaux sociaux cherchant à nuire à la France.
Vous évoquez la lutte informatique d’influence, qu’elle soit offensive ou défensive, permettant de détecter, connaître et contrer une attaque adverse. Celle-ci est assumée, elle repose sur une doctrine et elle est placée sous l’autorité du Comcyber. Mais l’influence ne se résume pas à de la technologie. Le rôle des services de renseignement est crucial. La récente opération menée par Israël en Iran est en la preuve, à travers la mobilisation de moyens humains infiltrés au cœur du pays. Je soulignerai que nos services sont déjà parfaitement opérationnels et de qualité. La question consiste à savoir s’ils disposent de suffisamment d’effectifs et d’appuis, ce que vous ne pouvez pas établir avec précision.
Au-delà de l’influence exercée par nos services de renseignement militaire, l’influence repose également sur les agents de coopération qui ont longtemps fait preuve de leur efficacité. Je déplore, en reprenant un constat opéré par le chef d’état-major des armées (Cema), que le nombre de ces coopérants se soit considérablement réduit. Cela s’accompagne malheureusement d’une casse voulue par Emmanuel Macron du corps diplomatique, alors qu’il jouait en amont des armées un rôle crucial dans la guerre d’influence.
Dans ce contexte, quels leviers identifiez-vous pour le recrutement, la fidélisation, la formation et l’accompagnement de l’ensemble des divers agents dévolus à la lutte d’influence au sein du ministère des armées ?
Mme Natalia Pouzyreff, rapporteure. Les services sont fortement impliqués dans la lutte contre les manipulations de l’information et au-delà, contre toute forme d’ingérence. Je salue à ce titre le travail accompli par le Comcyber, qui a notamment permis de dénoncer et d’endiguer des attaques qui nous ciblaient, notamment en Afrique. J’ajoute que la LPM dote le renseignement d’un patch de 5 milliards d’euros. S’agissant du corps diplomatique, nous soulignons la nécessité de disposer de bons profils, spécialisés, pour mener cette lutte, notamment des personnes rompues à la communication sur les réseaux sociaux. Dans ce domaine, il convient plutôt d’amorcer un changement culturel.
Mme Marie Récalde, rapporteure. Je partage les propos de ma corapporteure. La limite de notre exercice est naturellement liée aux questions d’ordre confidentiel. Nos services travaillent ensemble, en interministériel. Ce travail doit être renforcé par le rôle de la formation, notamment des plus hauts corps de l’État. En réalité, le sujet est extrêmement transversal et ne se limite pas aux actions militaires.
Mme Corinne Vignon (EPR). Avec la multiplication des menaces de désinformation et le retour des conflits de haute intensité, il est indispensable de réduire nos vulnérabilités face à des compétiteurs désinhibés qui cherchent à nous déstabiliser en permanence, car ils sont hostiles à nos valeurs. Vous l’avez très justement évoqué : il n’est guère aisé de gagner la guerre de l’information sans trahir nos principes démocratiques.
Aborder cette problématique au sein de notre commission, alors que les attaques informationnelles visant la France se multiplient et que la RNS est en cours d’actualisation, apparaît comme une démarche à la fois nécessaire et opportune pour nourrir notre doctrine. Le Président de la République, les ministres des armées et des affaires étrangères ont pris la mesure de l’augmentation de ces différentes menaces. Il existe une véritable volonté politique de lutter contre ces menaces de désinformation. D’ailleurs, dans ce domaine, la France est à la pointe et nous pouvons évidemment nous en réjouir. Notre outil Viginum nous permet de détecter et de caractériser les ingérences étrangères. Dans le monde, il existe peu de dispositifs similaires et aussi performants.
Les élections représentent souvent l’occasion pour des puissances étrangères de distiller de fausses informations auprès de nos concitoyens et de s’immiscer dans le scrutin pour l’influencer. Aussi pouvez-vous revenir sur quelques exemples de manipulations d’informations dans un contexte électoral et le rôle de Viginum pour lutter contre les manœuvres de déstabilisation de pays démocratiques alliés ?
Mme Natalia Pouzyreff, rapporteure. Je vous remercie d’avoir souligné cette volonté politique de la France et rappelle que Viginum est envié par de nombreux pays.
Dans le domaine des élections, nous nous référons au cas de l’élection présidentielle en Roumanie et de la campagne menée sur TikTok, plateforme suivie par environ 80 % de la population, tous âges confondus. Celle-ci a donné lieu à une campagne très sophistiquée d’astroturfing, qui consistait à manipuler l’algorithme de recommandations pour toujours mettre en avant les contenus qui favorisaient un candidat, lequel était par ailleurs inconnu de tous avant le début de la campagne. L’algorithme de recommandations était manipulé et des publications massives de vidéos et de commentaires reprenaient en boucle certains hashtags. Ces manœuvres ont été caractérisées par Viginum et le dossier est encore instruit au niveau de l’Union européenne. Il a conduit à l’annulation de cette élection présidentielle, ce qui constitue une action exceptionnelle.
Pour ma part, je ne peux imaginer qu’une élection présidentielle soit annulée en France. Cela signifie que nous devons agir en amont, au-delà du debunking, par du pre-bunking (réfutation par anticipation). Ce dernier consiste à suivre l’environnement informationnel, à voir comment sont constitués les réseaux qui veulent déstabiliser la société française et à agir en projetant notre propre communication stratégique.
À l’occasion des élections législatives de 2024, Viginum a fait état de l’affaire des « primes Macron ». Un faux site Ensemble pour la République (EPR) avait ainsi été créé, lequel promettait 100 euros à chaque personne qui voterait pour les candidats EPR. En conclusion, cette menace est bien perçue par l’ensemble des Français, puisque selon une étude, 62 % d’entre eux estiment que les attaques informationnelles russes et chinoises représentent un danger pour notre pays et notre démocratie.
Mme Marie Récalde, rapporteure. L’ensemble des entretiens que nous avons menés attestent de l’existence d’une inquiétude sur les prochaines élections, non seulement présidentielles, mais également locales. Nous recommandons de renforcer Viginum et l’ensemble du dispositif, y compris le dispositif judiciaire.
M. Aurélien Saintoul (LFI-NFP). Je vous remercie mesdames les rapporteures pour votre travail assez exhaustif. Je me dois quand même d’exprimer une forme de scepticisme concernant la notion même de fonction stratégique d’influence. Comme vous l’avez dit, elle recouvre tellement d’aspects qu’il semble que tout devienne de l’influence. Ce scepticisme s’exerce en particulier à l’égard de la notion de « valeurs ». Même si le problème a changé d’échelle et ce faisant de nature, il est clair que la rumeur, la fake news, la déstabilisation ou l’intox ne sont pas des faits nouveaux dans la guerre et hors de la guerre.
Ce ne sont pas toujours des grands méchants qui mobilisent ces instruments. Nous sommes bien instruits des actions de la presse économique, des agences de notation, des rumeurs autour de bébés arrachés de couveuses, des charniers à Timisoara, d’armes de destruction massive en Irak ou encore les manœuvres employées par les États-Unis en prélude du renversement d’Allende au Chili. La France a connu aussi une période où les services américains finançaient des associations, voire des syndicats.
La problématique est donc loin d’être nouvelle. Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille renoncer à se protéger. En revanche, nous sommes totalement hostiles à l’idée de parler de fonction stratégique d’influence offensive, qui nous paraît de toute façon contradictoire avec les principes que nous défendons. Enfin, il demeure beaucoup à faire pour lutter contre la désinformation, en renforçant le Quai d’Orsay, en luttant contre la concentration médiatique, en ne renonçant pas aux principes de neutralité du net, en protégeant le secret des sources, en développant des procédures robustes garantissant la transparence.
Mme Marie Récalde, rapporteure. Quand nous avons commencé nos travaux, notre démarche se fondait plus sur des interrogations que du scepticisme vis-à-vis de cette fonction stratégique influence créée il y a seulement deux ans, raison pour laquelle nous avons souhaité en savoir plus sur son opérationnalisation. Si l’influence est aussi vieille que la guerre, les fonctions ont été modifiées, la menace s’est adaptée aux temps présents. Elle est beaucoup plus pernicieuse parce qu’elle s’attaque aux fondements de notre société.
Dans le rapport, nous parlons notamment du rôle de Viginum et de l’Arcom, qui doivent être renforcés, de la nécessité de s’attaquer aux manipulateurs de l’information, et non uniquement à la manipulation de l’information. Le volet offensif de l’influence demeure un sujet sensible, qui doit faire l’objet d’un débat parlementaire, selon nous.
Mme Natalia Pouzyreff, rapporteure. Il convient d’insister sur l’exemplarité, l’éthique des administrations françaises. Il ne s’agit pas d’établir un « ministère de la vérité », mais de dénoncer quand il s’agit de protéger nos intérêts en France, comme à l’étranger.
M. Thierry Sother (SOC). Le rôle des réseaux sociaux est en constante croissance dans notre vie politique. Un champ politique presque indépendant, doté de ses propres mécanismes, s’est créé depuis quelques années. Les défaillances des plateformes représentent autant de ponts-levis abaissés à destination de puissances étrangères et concurrentes.
Le mois dernier, l’Assemblée nationale a adopté la proposition de résolution européenne (PPRE), que j’ai portée avec plusieurs collègues, visant à lutter contre les ingérences étrangères sur les réseaux sociaux. Elle appelait principalement à une application stricte de normes européennes, en particulier du DSA, censées responsabiliser les plateformes. Mais alors que le recours à la guerre hybride s’intensifie, tous les leviers doivent être mobilisés. Le présent rapport livre un état de la menace précise, par exemple s’agissant de l’opération Storm, mais aussi une série de recommandations précises, détaillées, raisonnablement applicables et opérationnelles.
Dans votre rapport, autant que dans vos recommandations, vous mettez à l’honneur Viginum, notre service de protection contre les ingérences numériques étrangères. Il s’agit en effet d’un service reconnu dans toute l’Europe, qu’il nous faut saluer pour son action. J’adhère pleinement aux recommandations que vous formulez à son égard, notamment l’augmentation de ses ETP.
Je suis aussi très intéressé par vos recommandations 26 et 27. Pouvez-vous nous en dire plus sur le déploiement opérationnel de l’Académie de lutte contre les manipulations de l’information, notamment les initiatives en matière de formation au renseignement en sources ouvertes ainsi que le rôle du référent élu que vous évoquez ?
Mme Marie Récalde, rapporteure. Lors de nos rencontres, de nos auditions, particulièrement à l’étranger, la mise en place en un temps record de Viginum a été saluée, de même que sa capacité à répondre très rapidement à la menace. Viginum est un outil envié par certains de nos partenaires européens, dont certains nous demandent de les aider à établir un outil semblable dans leur pays.
L’Académie s’appuierait sur la capitalisation de l’expertise et la méthodologie de Viginum, afin de la faire partager au plus grand nombre. Notre objectif consiste à faire infuser dans l’ensemble de la société ces méthodes et ces réflexes à destination de l’ensemble des acteurs concernés, à travers des formations ciblées, dans la logique de cercles concentriques. Les trois missions principales de l’Académie consisteraient à concevoir, produire et mettre à disposition des ressources pédagogiques adaptées à chaque public, au profit de l’éducation nationale, mais aussi des médias, du grand public, des acteurs économiques et associatifs.
Il s’agirait également de développer et de proposer une offre de capacity building pour les partenaires étrangers, qui nous la demandent, mais aussi une offre de formation en matière de renseignement d’origine sources ouvertes (Osint), afin de doter nos administrations et la société civile de réflexes et de capacités en matière d’investigation numérique appliquées à la lutte contre les manipulations de l’information. Il serait aussi pertinent de diffuser de façon simple, compréhensible par tous et ludique les rapports de Viginum, comme ce fut le cas lors de l’émission « L’œil du 20 heures » de France 2 sur l’opération de désinformation russe « Storm 15-16 ».
Mme Natalia Pouzyreff, rapporteure. Nous souhaiterions qu’un député ou une députée puisse être le point de contact de Viginum, le récipiendaire d’une sensibilisation, voire d’une alerte – lorsque cela est nécessaire – pour pouvoir la rediffuser vers ses collègues, notamment en période électorale. L’idée consiste à ce que les parlementaires disposent d’un bon niveau d’information critique sur les attaques existantes.
Mme Delphine Batho (EcoS). Le constat que la stratégie nationale d’influence ne s’est pas traduite par des actions très concrètes depuis deux ans est largement partagé. Il faut clairement distinguer l’enjeu de la défense dans la guerre informationnelle et la stratégie d’influence. S’agissant du volet défensif, nous manquons très clairement aujourd’hui d’une politique puissante d’éducation populaire en matière de guerre informationnelle. Nous avons besoin de campagnes d’information, dotées de moyens associés. La meilleure pédagogie consiste à décrire les manipulations telles qu’elles interviennent, sans commentaires.
Je souhaite vous interroger sur la recommandation n° 26, qui concerne la protection de notre démocratie des ingérences étrangères en période électorale, à la lumière de ce qui s’est passé en Roumanie. Je ne suis pas convaincue de l’utilité d’inclure un député dans une boucle qui le relierait à Viginum. En effet, s’il existe des manipulations électorales, cela signifie qu’elles interviennent à profit de bénéficiaires, lesquels peuvent même siéger à l’Assemblée nationale. Avez-vous échangé avec le Conseil constitutionnel, garant ultime de la démocratie dans notre pays ?
Mme Natalia Pouzyreff, rapporteure. Effectivement, il n’y a pas eu de stratégie d’influence écrite ou formalisée, mais cela n’a pas empêché nos administrations de réaliser des avancées, notamment de façon empirique, en s’adaptant à la situation, constamment en évolution. Cependant, votre intervention souligne à juste titre la question des moyens, qui doivent certainement être renforcés dans certains endroits.
Ensuite, nous préconisons précisément de nous renforcer contre les ingérences étrangères avant les échéances électorales de 2027, et même celles de 2026. Nous n’avons pas auditionné le Conseil constitutionnel, dans la mesure où une commission d’enquête avait simultanément lieu sur les élections. Notre recommandation n° 26 consiste à instaurer une coopération formalisée entre Viginum et la Commission nationale de contrôle de la campagne électorale en vue de l’élection présidentielle, avant les prochaines élections. Enfin, le référent élu serait un parlementaire, qui serait informé par Viginum.
Mme Marie Récalde, rapporteure. Il s’agit d’une réflexion que nous vous soumettons et qui pourrait concerner plusieurs parlementaires, à l’image de la délégation parlementaire au renseignement. Je partage totalement votre appréciation en matière de pédagogie. Il faut néanmoins souligner que l’éducation nationale s’est rapprochée de Viginum et a commencé à mener un travail. L’année dernière, près de 350 000 jeunes enfants ont été formés grâce au Centre pour l’éducation aux médias et à l’information (Clémi). Cette action doit être systématisée, pour toutes les classes d’âge.
Mme Geneviève Darrieussecq (Dem). Ce sont des sujets graves, car en définitive, ces méthodes bouleversent les cerveaux, les placent sous la tutelle de celui qui produit l’intoxication la plus importante. Certaines ingérences étrangères ont pour objet de déstabiliser un pays. Nous avons besoin d’y répondre de manière forte et je pense que nous disposons des moyens pour y parvenir. Mais il faut également mentionner des ingérences dans les partis et organisations politiques, y compris en France, à travers la diffusion de fausses nouvelles répétées, une véritable organisation numérique, dans le but de déformer la vérité et obtenir un gain électoral.
Il s’agit là d’un sujet majeur pour nos démocraties : comment donner aux électeurs du discernement, faire en sorte qu’ils aient un esprit critique pour apprécier les situations avec justesse ? Ensuite, existe-t-il des liens entre les organes qui œuvrent en France dans ce domaine, notamment Viginum, et leurs homologues au niveau européen ? Coopèrent-ils pour cibler les origines étrangères de déstabilisation ?
Mme Natalia Pouzyreff, rapporteure. Notre rapport se conclut en évoquant la guerre psychologique et mentionne l’exemple suédois, qui peut être cité en référence. Nous avons retenu l’idée « d’immuniser » la société française, c’est-à-dire d’expliquer les mécanismes. Il ne s’agit pas de lutter contre le contenu, mais les mécanismes d’amplification, de manipulation.
Les ingérences dans les partis politiques constituent effectivement le sujet le plus sensible, sur lequel un débat parlementaire pourrait utilement intervenir afin d’attirer l’attention du pouvoir politique. Cette tâche nous incombe.
Les coopérations sont étendues. Viginum opère de la capacity building. Nous avons pressé ces interlocuteurs de se préoccuper – mais ils ont déjà un accord en cours – des prochaines élections en Moldavie, pays dans lequel les Russes cherchent à exercer leur influence. Avant d’être confrontée à une guerre « physique », l’UE est complètement menacée par cette guerre informationnelle qui consisterait à faire tomber toutes nos démocraties, à les faire basculer une à une. Nous observons bien la montée du populisme dans tous les pays. Nous devons nous élever contre ce phénomène, nous en prémunir en accentuant les coopérations entre services européens, mais aussi avec les Britanniques, qui sont demandeurs. Cet aspect doit d’ailleurs faire partie des accords de Lancaster House, qui sont révisés ces jours-ci.
Mme Marie Récalde, rapporteure. Nous avons rencontré des représentants du SEAE, mais aussi de l’Otan, avec en toile de fond les interrogations relatives à l’évolution de cette organisation et à la position du président américain. Mais il faut également souligner que les concepts ne sont pas toujours abordés de la même façon par chacun. La coopération existe, mais nous éprouvons parfois des difficultés à parler la même langue.
Mme Anne Le Hénanff (HOR). Vous soulignez avec justesse que le succès de cette fonction ne repose pas uniquement sur des outils technologiques, mais surtout sur l’émergence d’une véritable culture de l’influence, bien au-delà du seul champ militaire. La prochaine mise à jour de la revue nationale stratégique constituera un levier essentiel pour renforcer cette dynamique. Je partage pleinement votre avis exprimé dans la deuxième proposition, soulignant la nécessité de la développer dans son actualisation.
Au regard des enseignements du rapport et en particulier du rôle pionnier joué par le ministère des armées et du Comcyber dans la lutte informatique d’influence, ma question est la suivante : au-delà de la mise à jour de la RNS, quels autres outils ou dispositifs considérez-vous comme prioritaires pour renforcer la fonction stratégique d’influence, en particulier pour assurer une meilleure intégration des technologies numériques et une coordination efficace entre l’ensemble des acteurs publics ? Je pense précisément à la publication de la revue stratégique cyber, très attendue, et qui permettra d’exposer la stratégie française de lutte informatique d’influence de notre pays.
Sur le terrain civil, nous avons voté des lois pour contrôler et encadrer les plateformes. Je pense notamment à la loi visant à sécuriser et à réguler l’espace numérique (loi Sren), il y a un peu plus d’un an. Est-ce suffisant ? Devons-nous aller plus loin ? Si tel est le cas, sur quels champs ? Enfin, le parquet cyber joue également un rôle majeur dans la lutte contre les manipulations, la lutte contre l’influence. Avez-vous pu étudier les perspectives d’évolution des moyens de ce parquet et de leurs missions ?
Mme Natalia Pouzyreff, rapporteure. S’agissant des outils prioritaires, nous avons notamment insisté sur la coordination entre tous les acteurs et les administrations, y compris par une diffusion plus large, à travers l’Académie, qui pourrait être pilotée par Viginum.
L’enjeu technologique est essentiel, le Comcyber et Viginum en sont conscients et agissent. Ici aussi, il s’agit d’une course entre le glaive et le bouclier. Plus le niveau de technologie augmente chez nos compétiteurs, plus il faut nous y adapter. À cet égard, l’IA est au cœur des réflexions, même si cette arme massive n’est peut-être pas assez subtile pour réaliser des ciblages très pointus. Néanmoins, il est essentiel que tous les services possèdent ces capacités d’intelligence artificielle pour suivre l’écosystème informationnel et « débunker » les désinformations.
La loi de 2024 a permis d’aggraver les sanctions en cas d’ingérences étrangères, en disposant également que chaque agence d’influence ou lobbyiste devait s’enregistrer. Le parquet J3 intervient précisément dans le domaine des sanctions, que nous voulons relever contre les manipulateurs de l’information. Je précise à ce sujet qu’un certain nombre de dossiers sont en cours d’instruction, plus d’une vingtaine, me semble-t-il. Il s’agit de retirer les visas à certaines personnes, de démanteler ces agences, de les fermer. Enfin, il faut rehausser la bonne transmission des informations de Viginum vers les parquets.
M. le président Jean-Michel Jacques. Nous passons maintenant à une séquence de six questions complémentaires, en commençant par une première série de trois questions.
Mme Caroline Colombier (RN). Votre rapport aborde un sujet central pour notre souveraineté : l’influence et la guerre informationnelle. Comme vous le rappelez, nous vivons dans une confrontation permanente qui vise à nous défaire sans nous envahir, en fracturant notre société et en sapant la confiance des Français. Le Rassemblement national partage cette prise de conscience.
Nous avions, dès la LPM, proposé d’inscrire l’influence comme fonction stratégique. Si cela est chose faite depuis 2022, cette fonction reste en cours d’opérationnalisation et la stratégie française demeure essentiellement défensive. Face à des compétiteurs offensifs, nous devons dépasser la simple posture défensive. L’influence doit s’arrimer à une politique étrangère de puissance, pour peser réellement.
Quelles mesures offensives concrètes envisagez-vous pour reprendre l’initiative ? Comment garantir une coordination interministérielle aboutissant à une stratégie unifiée avec des moyens à la hauteur ?
M. Sébastien Saint-Pasteur (SOC). Je souhaite saluer à mon tour la qualité des travaux que vous avez menés sur un sujet extrêmement complexe, par essence sournois, dans la zone grise, qui s’efforce de s’affranchir des qualifications et des frontières. L’un des objets de votre rapport a trait à l’équilibre que nous devons conserver entre le respect des libertés fondamentales et les moyens de lutte.
Est ici en jeu bien plus que la liberté d’expression, mais notre liberté de penser. Les canaux désinformationnels sont tellement puissants qu’ils conduisent les gens à voir le monde de façon totalement altérée. Au-delà de la question élective de notre démocratie, c’est aussi une vision du monde particulièrement néfaste qui leur est proposée. Je souhaiterais connaître votre point de vue à ce sujet, en partie Mme Récalde, en sa qualité d’avocate.
M. François Cormier-Bouligeon (EPR). Je vous remercie pour ce rapport très riche, passionnant et utile. J’ai été particulièrement intéressé par l’évocation du rôle des parlementaires, qu’il s’agisse du contrôle des différents dispositifs ou de la diplomatie parlementaire. Pouvez-vous détailler un peu plus vos propositions en ce sens ?
Je souhaite également partager avec vous une anecdote. La semaine dernière, je représentais l’Assemblée nationale à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. À cette occasion, nous avons dû ferrailler contre un rapport rendu par un collègue suisse qui, sous couvert de sujets sur le dialogue social, la paix sociale, a porté une attaque très vive contre la France. Cette attaque dévoyait totalement la situation de notre pays, qui serait sous le joug de violences policières. On discernait dans les propos des argumentaires habituellement développés par un parti d’extrême gauche français, dans le but évident d’effacer les frontières entre les démocraties libérales et illibérales et de porter atteinte à l’unité nationale. Je souhaiterais connaître votre avis sur ces éléments.
Mme Marie Récalde, rapporteure. Madame Colombier, la fonction stratégique influence n’a que deux ans, mais il faut rendre hommage au chemin parcouru par les services, qui se sont structurés en interministériel dans un pays qui peine souvent à le pratiquer. Dans notre rapport, nous proposons d’aller encore plus loin, à travers le patch influence, ainsi que des éléments de coordination et d’élargissement, en particulier l’élargissement du Colmi, à l’ensemble des sujets, lorsque cela s’avère nécessaire.
L’enjeu des budgets est effectivement essentiel, raison pour laquelle il faut veiller à l’augmentation des budgets RH, non seulement au sein de Viginum, mais aussi des autres organismes. Un autre enjeu majeur concerne également l’équilibre entre liberté d’expression et contrôle de l’information, raison pour laquelle la politique a été plutôt défensive que proactive jusqu’à présent. Enfin, nous sommes particulièrement attachées à la diplomatie parlementaire.
Mme Natalia Pouzyreff, rapporteure. Madame Colombier, vous avez raison de signifier qu’une politique de puissance doit être mise en œuvre, car réagir n’est pas suffisant. Nous mentionnons à cet égard la « communication stratégique », le narratif destiné à porter l’image de la France, nos valeurs, et à défendre nos intérêts.
Il ne s’agit pas de dicter aux autres ce qu’ils doivent penser, et encore moins aux citoyens français. Néanmoins, force est de constater que nous avons perdu la bataille de l’information au Sahel, en raison de l’asymétrie des moyens employés, notamment par l’officine russe Wagner, qui s’appuyait sur des influenceurs et des médias locaux. En conséquence, devons-nous nous priver de moyens plus offensifs pour porter la voix de la France ? Les institutions régaliennes que nous avons auditionnées renvoient à juste titre aux parlementaires le soin de placer le curseur. Je le redis, il nous revient de nous emparer de ce débat.
Monsieur Cormier-Bouligeon, cette diplomatie parlementaire s’inscrit dans le cadre de « l’équipe France ». Nous pouvons tous ici nous réunir derrière la défense et la protection des intérêts français à l’étranger. Cette équipe France doit avoir un meilleur accès à l’information, raison pour laquelle nous recommandons d’avoir des liens avec Viginum, mais aussi d’être « briefé » peut-être plus souvent par la direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) en amont, avant de nous déplacer à l’étranger. Je pense qu’il y a là de bonnes pratiques à enclencher, à généraliser, à systématiser.
M. Alexandre Dufosset (RN). Vous avez mentionné le rapport Viginum sur les élections en Roumanie. Je tiens à rappeler que celui-ci indique bien dans son introduction qu’il ne relève pas d’une enquête, mais d’une compilation de sources ouvertes. Ce rapport souligne également qu’une surreprésentation d’un candidat dans l’espace numérique ne suffit pas à expliquer un vote en sa faveur.
Ensuite, la marine nationale a choisi d’intégrer l’influence dans la conduite de ses missions, sans créer une structure à part, mais en diffusant une culture de l’influence au sein même de la chaîne de commandement. En mer, les occasions de montrer notre présence, de capter l’attention ou d’envoyer des messages sont nombreuses, notamment à travers la « diplomatie navale. » Cette manière de faire, très liée à la spécificité du milieu maritime pourrait-elle constituer une source d’inspiration pour les autres armées ? Disposons-nous aujourd’hui de moyens suffisants en termes de doctrine, de formation, d’outils pour bien planifier ce type d’opérations d’influence dans toutes les armées ?
Mme Josy Poueyto (Dem). Je me joins au concert des félicitations adressées à votre rapport. Pouvez-vous revenir sur l’exemple britannique, notamment en termes de méthodes utilisées ?
Mme Delphine Batho (EcoS). Quand j’évoque le volet « offensif » de la stratégie d’influence, je ne fais pas référence à la dimension offensive de la guerre informationnelle. À mon sens, ce volet porte en réalité sur la vision du monde que défend la France. De ce point de vue, je ne pense pas que ce travail relève du SGDSN, qui a déjà fort à faire en matière de défense et de résilience, ni des hauts fonctionnaires de défense des ministères.
La stratégie offensive d’influence pose en réalité la question du soft power, et donc du projet, de la vision du monde qui est défendue par la France. Nous pouvons à ce titre prendre l’exemple de ce qui se joue sur le rapport à la science, notamment sur les enjeux climatiques. Si nous voulons mener une stratégie d’influence, il est regrettable de ne pas déplorer publiquement le retrait des États-Unis, de l’accord de Paris et de laisser seul le président Lula intervenir en ce sens. Si nous voulons avoir une influence sur des pays, être reliés aux autres peuples, la question du contenu est obligatoirement posée.
Mme Marie Récalde, rapporteure. Monsieur Dufosset, l’exemple que vous avez mentionné au titre de la diplomatie navale est très intéressant et parfaitement exact. La cellule ASO de l’état-major des armées joue ici un rôle déterminant, notamment pour la bonne prise en compte de l’influence dans les opérations et de sa déclinaison dans chaque armée, y compris l’armée de terre et l’armée de l’air et de l’espace.
Les Britanniques disposent d’une tradition bien établie dans le domaine de l’influence, « l’intelligence service ». Leur culture de l’influence est beaucoup plus intégrée, décomplexée et native que la nôtre. Ils assument parfaitement leurs actions d’influence à travers des campagnes de communication menées conformément aux grands principes du marketing, par des entreprises privées.
Ce sujet figure parmi les pistes que nous avons évoquées, c’est-à-dire des messages spécialement conçus, rédigés à destination d’un public cible. En Grande-Bretagne, l’écosystème intègre à la fois la sphère publique et la sphère privée, le civil et le militaire. Les Britanniques consacrent des moyens financiers et humains importants à ce qu’ils appellent la communication stratégique (Stratcom).
Ils ont notamment mis en place une campagne de soutien à l’Ukraine totalement transparente et décomplexée qui s’appelait The Frontline of Freedom, menée par le ministère britannique de la défense, à destination de l’opinion publique et en particulier le jeune public, pour renforcer le soutien à l’Ukraine. En matière militaire par ailleurs, ils s’appuient sur une brigade dédiée à l’influence et aux actions psychologiques, la 77e brigade. De leur côté, les Britanniques ont été particulièrement intéressés par le travail effectué par Viginum.
Mme Natalia Pouzyreff, rapporteure. Monsieur Dufosset, en Roumanie, une enquête est en cours sur les manipulations et les ingérences numériques. Il faut aussi savoir que le candidat en question n’avait déclaré aucuns frais de campagne alors même qu’il était omniprésent dans les médias et sur les réseaux sociaux, ce qui a incité la commission électorale roumaine à s’interroger.
Ensuite, l’exemple britannique a bien été décrit par ma corapporteure. Il conduit à nous interroger sur la manière de composer avec des agences spécialisées en marketing stratégique. Madame Batho, vous avez raison de considérer qu’il faut décliner une vision du monde claire, mais elle ne peut être portée uniquement par le Président de la République, par exemple sur la science ou le climat. C’est la raison pour laquelle nous insistons sur le ciblage au niveau du ministère des affaires étrangères : il ne faut pas toujours viser la communication large, mais des messages sur des sujets spécifiques, vis-à-vis de populations spécifiques, avec un contenu, des moyens, des médias adaptés, puisqu’aujourd’hui la majorité de la population ne regarde plus les médias traditionnels. Il convient d’opérer un changement culturel ; il ne s’agit plus de la diplomatie institutionnelle, mais d’une autre forme de communication.
M. le président Jean-Michel Jacques. Je vous remercie de ce travail très précieux, très intéressant.
La commission autorise à l’unanimité la publication du présent rapport d’information.
Annexe I : Liste des propositions
S’agissant de l’influence à destination de l’international
Moyens humains et financiers
S’agissant de la lutte contre les manipulations de l’information
Annexe II : Auditions et déplacements des rapporteures
(Par ordre chronologique)
Auditions
➢ Ministère des armées – État-major des armées – M. le général de division Jean-Michel Meunier, conseiller influence et lutte informationnelle du chef d’état-major des armées et chef du pôle « anticipation stratégique et orientation » ;
➢ Secrétariat général de la défense et à la sécurité nationale (SGDSN) – M. Gwénaël Jézéquel, conseiller pour les relations institutionnelles et la communication, M. Yann Briand, sous-directeur affaires internationales et M. Gabor Arany, sous-directeur adjoint de la planification de sécurité nationale ;
➢ Ministère de l’Europe et des affaires étrangères – M. Christophe Lemoine, porte-parole et directeur de la communication et de la presse, accompagné de Mme Zalc-Muller ;
➢ M. David Colon, historien, professeur agrégé d’histoire à l’Institut d’études politiques de Paris ;
➢ Ministère des armées – État-major de la Marine nationale – M. le contre-amiral Cédric Chetaille, adjoint du sous-chef d’état-major « opérations » ;
➢ Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM) – M. Benoît Loutrel, membre du collège de l’ARCOM, président du groupe de travail « Supervision des plateformes en ligne » ;
➢ Ministère des armées – État-major de l’armée de l’air et de l’espace – M. le général de division aérienne Pierre-Stéphane Vaysse, sous-chef d’état-major « activité » ;
➢ Ministère des armées – Commandement de la cyberdéfense (COMCYBER) – M. le contre-Amiral Vincent Sébastien, adjoint au commandant de la cyberdéfense ;
➢ Ministère des armées – Mme Olivia Penichou, directrice de la délégation à l’information et à la communication de la Défense (DICOD) ;
➢ Table ronde :
– M. Laurent Cordonier, docteur en sciences sociales, directeur de la recherche de la Fondation Descartes, Paris – chercheur associé au GEMASS, Sorbonne Université – CNRS ;
– Mme Christine Dugoin-Clément, chercheuse à la Chaire Risques de l’IAE Paris-Sorbonne, à l’Observatoire de l’Intelligence Artificielle de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, au centre de recherche des écoles de Saint Cyr Coëtquidan (CREC) et à celui de l’École des officiers de la Gendarmerie nationale (CREOGN) ;
➢ Ministère des armées – Centre interarmées de concepts, de doctrines et d’expérimentations (CICDE) – Mme Chloé Debiève, chargée de domaine Influence et lutte informationnelle ;
➢ Ministère des armées – État-major de l’armée de Terre – M. le général de division Damien Wallaert, sous-chef d’état-major « opérations aéroterrestres » ;
➢ Ministère des armées – Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) – M. Alexandre Escorcia, chef du service Europe, Amérique du Nord et action multilatérale ;
➢ M. Jean Cattan, secrétaire général du Conseil national du numérique, et M. Gwenael Jézéquel, conseiller relations institutionnelles et communication du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) ;
➢ Ministère de la Justice – Direction des affaires criminelles et des grâces – Mmes Laureline Peyrefitte, directrice, et Léa Obadia, rédactrice au bureau de la lutte contre la criminalité organisée, le terrorisme et le blanchiment ;
➢ Table ronde :
– Mme Marie-Christine Saragosse, présidente de France Médias Monde, accompagnée de MM. Thomas Legrand Hedel, directeur de la communication, des relations institutionnelles et de la RSE, et Corentin Masclet, responsable des relations institutionnelles ;
– M. Thibaut Bruttin, directeur général de Reporters sans frontières, accompagné de M. Antoine Bernard, directeur du plaidoyer et de l’assistance.
➢ Ministère de l’Europe et des affaires étrangères – Mme Marie-Doha Besancenot, conseillère communication stratégique au cabinet de M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères ;
➢ X France – Mme Claire Dilé, directrice des affaires publiques ;
➢ Table ronde :
– M. le général Bruno Courtois, conseiller Défense et Cyber, Sopra Steria, représentant le Cercle Pégase, accompagné de M. David Olivier ;
– Mme Chine Labbé, rédactrice en chef et vice-présidente senior chargée des partenariats, Europe et Canada, Newsguard.
➢ Cabinet du Premier ministre – M. le colonel Nicolas Meunier, conseiller Terre, Cabinet militaire, Mme Caroline Ferrari, conseillère diplomatique, cheffe de pôle et Mme Julie Moulas, conseillère presse ;
➢ Direction générale de la sécurité intérieure – Mme Céline Berthon, directrice générale ;
➢ Table ronde :
– M. Serge Barbet, directeur du CLEMI (Centre pour l’éducation aux médias et à l’information) ;
– M. Jean Hubac, chef de service de l’accompagnement des politiques éducatives et adjoint à la directrice générale de la DGESCO, ministère de l’Education nationale et de la jeunesse.
➢ Table ronde – chercheurs à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM):
– M. Paul Charon, directeur du domaine Influence et renseignement ;
– Mme Maud Quessard, directeur de directrice du domaine « Europe, Espace Transatlantique, Russie » ;
– M. Maxime Audinet, chercheur « Stratégies d’influence ».
Déplacements
➢ Déplacement à Bruxelles (le 4 février 2025)
– Représentation permanente de la France auprès de l’Union européenne – M. Sacha Baudinet, conseiller cyber-hybride et manipulations de l’information ;
– Institut de recherche stratégique de l’école militaire (IRSEM) - Antenne Europe – M. Philippe Perchoc, chef de l’antenne Europe ;
– Parlement européen – Mme Nathalie Loiseau (FR-Renew), présidente de la Commission spéciale sur le bouclier européen de la démocratie ;
– Service européen pour l’action extérieure (SEAE) – Mme Aude Maio-Coliche, directrice chargée de la communication stratégique et de la prospective ;
– OTAN – Mme Marie-Doha Besancenot, secrétaire générale adjointe pour la diplomatie publique.
➢ Déplacement à Londres (le 10 mars 2025)
– Échanges avec les membres de la mission de défense et de la chancellerie politique ;
– MI5 – échanges avec des représentants de la Joint State Threat Assessment Team ;
– Ministère de la Défense britannique (MOD), échanges avec Mr. Luke Pollard, Parliamentary under-secretary of State, des représentants du Dep. Dir Global Defense Network et du Directorate for Defence Communications and Military Strategic Effects;
– Parlement britannique – Mr. Gordon McKee, Mr. Calvin Bailey – députés de la Chambre des communes;
– Foreign, Commonwealth and Development Office (FCDO) – Mme Rachel Goodwill, directrice adjointe et responsable du département de la lutte contre les manipulations de l’information.
➢ Déplacement sur le site de VIGINUM à Paris (le 6 mai 2025)
– Échanges avec M. Marc-Antoine Brillant, chef de service de VIGINUM ;
– Rencontre avec les équipes.
([1]) 2025 Elsner, M., Atkinson, G., & Zahidi, S. (2025). Global risks report 2025 (20th ed.). World Economic Forum. (lien)
([2]) Rapport d’activité 2024 – SGDSN.
([3]) Le champ informationnel est un champ immatériel qui comprend l’information elle-même, ainsi que les personnes et les systèmes informatiques qui reçoivent, traitent et transmettent l’information.
([4]) CICDE, Doctrine interarmées 10 – Influence et lutte informationnelle, 2023.
([5]) La Guerre de l’information. Les États à la conquête de nos esprits, David Colon, Paris, Tallandier, 2023.
([6]) Ibid.
([7]) Ibid.
([8]) RNS, 2022.
([9]) Les nouvelles formes de guerre, Le Rubicon, Colonel David Pappalardo, « la guerre cognitive : agir sur le cerveau de l’adversaire ».
([10]) Sun Tzu, L’art de la guerre.
([11]) Bettina TRABELSI, Assistante de recherche à l’observatoire des conflits (PEP/Observatoire des conflits). (lien).
([12]) 3rd EEAS Report on Foreign Information Manipulation and Interference Threats, SEAE, mars 2025. (lien).
([13]) Burkhard, T. (2023). Pas de stratégie sans influence, pas d’influence sans stratégie. Revue Défense Nationale, 856(1), 9-15. (lien).
([14]) Christine Dugoin-Clément, Géopolitique de l’ingérence russe, PUF, mars 2025.
([15]) Burkhard, T. (2023). Pas de stratégie sans influence, pas d’influence sans stratégie. Revue Défense Nationale, 856(1), 9-15. (lien).
([16]) Esprit de défense n° 14, hiver 2025 p.32.
([17]) Christine Dugoin-Clément.
([18]) VIGINUM, Analyse du mode opératoire informationnel russe Storm-1516, mai 2025.
([19]) VIGINUM, RRN : une campagne numérique de manipulation de l’information complexe et persistante, 13 juin 2023.
([20]) VIGINUM, UN-notorious BIG, Une campagne numérique de manipulation de l’information ciblant les DROM-COM et la Corse, décembre 2024.
([21]) Charon Paul et Jeangène Vilmer Jean-Baptiste, Les opérations d’influence chinoises – Un moment machiavélien (2e édition), Institut de recherche stratégique de l’École militaire (Irsem), octobre 2021. (lien).
([22]) Christine Dugoin-Clément, Géopolitique de l’ingérence russe, PUF, mars 2025.
([23])Cécile Andrzejewski, Story Killers, Forbidden Stories, « Team Jorge » : Révélations sur les manipulations d’une officine de désinformation », février 2023. (lien).
([24]) Christine Dugoin-Clément, Géopolitique de l’ingérence russe, PUF, mars 2025.
([25]) Esprit de défense n° 14, hiver 2025 p.30.
([26]) L’intelligence artificielle (IA) désigne l’ensemble des procédés logiques et automatisés, reposant généralement sur des algorithmes, destinés à reproduire, au moins partiellement, des comportements humains, tels que l’apprentissage, le raisonnement, la planification ou la création.
([27]) Analyse du mode opératoire informationnel russe : Storm1516, VIGINUM, mai 2025.
([28]) VIGINUM, Enjeux systémiques - Défis et opportunités de l’intelligence artificielle dans la lutte contre les manipulations de l’information, février 2025.
([29]) Esprit de défense n° 14, hiver 2025, p. 32.
([30]) Newsguard AI Tracking Center, consulté le 7 janvier 2025. (lien).
([31]) Kaylyn Jackson Schiff, Daniel Schiff, and Natalia S. Bueno, 2024, « The Liar’s Dividend: Can Politicians Claim Misinformation to Evade Accountability? », American Political Science Review, (lien), cité par VIGINUM.
([32]) Enjeux systémiques - février 2025 – Défis et opportunités de l’intelligence artificielle dans la lutte contre les manipulations de l’information, VIGINUM.
([33]) Enjeux systémiques - février 2025 – Défis et opportunités de l’intelligence artificielle dans la lutte contre les manipulations de l’information, Viginum.
([34]) Ibid.
([35]) Newsguard, « October 2024 -- French-Language AI Misinformation Monitor”. (lien).
([36]) McKenzie Sadeghi, Newsguard, 18 juin 2024. (lien).
([37]) « It has been reported that the DeepSeek chatbot alters or suppresses responses to topics deemed politically sensitive by the CCP in 85 % of cases, directly aligning outputs with Beijing’s censorship directives » Rapport du Select Committee on the Chinese Comunist Party, Chambre des représentants des États-Unis, 16 avril 2025, p. 5.
([38]) Laurent, S.-Y. (2025). Introduction. L’information(nel) : brouillard sémantique et conceptuel. Revue Défense Nationale, 876(1), 9-10. (lien).
([39]) Bertrand DEBRAY. « Quelle contribution militaire à la stratégie d’influence de la France ? », Cahiers de la RDN, Idées de la guerre et guerre des idées - Regards du CHEM - 71e session.
([40]) Discours du Président de la République, conférence des Ambassadeurs de 2023. (lien).
([41]) Collectif Thot, (2025). Entre « lutte informationnelle » et « guerre cognitive », la souveraineté en question Menaces sur la démocratie et sur le système de décision. Revue Défense Nationale, 876(1), 96-104. (lien).
([42]) LOI n° 2018-1202 du 22 décembre 2018 relative à la lutte contre la manipulation de l’information.
([43]) Rachid Temal, Rapport de la commission d’enquête sur les politiques publiques face aux opérations d’influences étrangères, Sénat (juillet 2024).
([44]) Burkhard, T. (2023). Pas de stratégie sans influence, pas d’influence sans stratégie. Revue Défense Nationale, 856(1), 9-15. (lien).
([45]) CICDE, doctrine interarmées 10 – Influence et lutte informationnelle, 2023.
([46]) Nicolas Zubinski. L’influence militaire dans la nouvelle pensée stratégique française. RDN (2021/n° 837).
([47]) Burkhard, T. (2023). Pas de stratégie sans influence, pas d’influence sans stratégie. Revue Défense Nationale, 856(1), 9-15. (lien).
([48]) L’informationnel : dissiper le brouillard et passer à l’action, RDN, janvier 2025.
([49])Général Bonnemaison, « combattre dans le cyberespace », site du ministère des Armées. (lien).
([50]) Esprit de défense, p.33.
([51]) Ministère des armées, Éléments publics de doctrine militaire de lutte informatique d’influence (L2I), octobre 2021. (lien).
([52]) Esprit de défense, p. 33.
([53]) Ibid.
([54]) M. Christophe Blanchet et Mme Martine Etienne. Rapport d’information déposé en application de l’article 145 du règlement, par la commission de la défense nationale et des forces armées, en conclusion des travaux d’une mission d’information sur le rôle de l’éducation et de la culture dans la défense nationale, n° 2693, déposé le mercredi 29 mai 2024.
([55]) Blin, V., Naceur, Y. et Merer, J. (2025). Lutte contre les manipulations de l’information : la coopération européenne à l’épreuve de l’harmonisation des approches et pratiques. Revue Défense Nationale, 876(1), 27-34. (lien).
([56]) Political guidelines for the Next European Commission 2024-2029, Strasbourg, 18 juillet 2024. (lien).
([57]) Devigne, E. (2025). Les enjeux de la maîtrise de l’information dans les armées, une approche doctrinale. Revue Défense Nationale, 876(1), 66-74. (lien).
([58]) La Guerre de l’information. Les États à la conquête de nos esprits, Paris, Tallandier, 2023.
([59]) Laureline Dupont et Eric Mandonnet, L’Express, « Comment Emmanuel Macron adapte sa stratégie face à la menace russe », 13 mai 2025. (lien).
([60]) William Audureau, Le Monde, « Pour répondre à la rumeur du mouchoir, relayée par les sphères prorusses, l’Élysée a changé ses codes diplomatiques. », 15 mai 2025. (lien).
([61]) « Chers collègues, vous diffusez depuis un certain temps de fausses nouvelles et nous sommes désormais habitués à cette pratique peu diplomatique. Cependant, celle-ci est particulièrement ridicule. Nous proposons à vos comédiens de travailler leur accent avec quelques cours de français à l’Alliance française. » (lien).
([62]) Elsa Trujillo, La Lettre, « La stratégie de lutte informationnelle suspendue au blocage politique », 4 septembre 2024. (lien).
([63]) National Security Capability Review (2018).
([64]) Revue stratégique de défense britannique p.123,(2025). (lien).
([65]) Jonathan Guiffard, Pour une administration stratégique de notre sécurité nationale. Institut Montaigne. 19 février 2025.
([66]) Ministre de la Santé Yannick Neuder annonce la création d’"un observatoire pour lutter contre la désinformation en matière de santé". (lien).
([67]) Rapport conjoint CAPS/IRSEM, « Les manipulations de l’information, un défi pour nos démocraties, septembre 2018. (lien).
([68]) Ben Nimmo, The breakout scale: Measuring the impact of influence operations, 2020. (lien).
([69]) Annual Threat Assessment Report of the U.S. Intelligence community. (lien).
([70]) LOI n° 2024-850 du 25 juillet 2024 visant à prévenir les ingérences étrangères en France.
([71]) Cette mesure était jusqu’alors exclusivement applicable en matière de terrorisme. L’article L.562-1 1°bis du code monétaire et financier vise également, désormais, les « actes d’ingérences », définis comme les « agissements commis directement ou indirectement à la demande ou pour le compte d’une puissance étrangère et ayant pour objet ou pour effet, par tout moyen, y compris par la communication d’informations fausses ou inexactes, de porter atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation, au fonctionnement ou à l’intégrité de ses infrastructures essentielles ou au fonctionnement régulier de ses institutions démocratiques ». Ce dispositif national, plus large que le dispositif européen qui ne vise que la Russie, existe de façon autonome par rapport à ce dernier.
([72]) Matt Skibinski, Newsguard, “Rapport : La publicité sur les sites de mésinformation ». (lien).
([73]) Général Thierry Burkhard au Figaro: « En cas de désengagement américain, la défense européenne s’adaptera », Le Figaro, 10 novembre 2024.
([74]) Ruses et opérations de déception dans la guerre d’Ukraine (2022-2024), Remy Hemez. Article paru dans la revue DSI n° 176, mars-avril 2025.
([75]) Devigne, E. (2025). Les enjeux de la maîtrise de l’information dans les armées, une approche doctrinale. Revue Défense Nationale, n° 876(1), 66-74. (lien).
([76]) Hors dépenses de Titre 2.
([77]) Laurent Cordonier (2024). Pénétration en France des récits étrangers sur les conflits contemporains. Étude de la Fondation Descartes. (lien).
([78]) Grégoire Darcy. ENS-PSL, Département d’Études Cognitives. Enseigne les sciences cognitives appliquées aux champs culturels et informationnels à l’EMSST – École Militaire - lien ; et Darcy, G. et al. 2025. “ Lutter Contre La Désinformation : Penser Autrement L’action Publique À L’aune Des Sciences Cognitives. ” OSF Preprints. May 28. doi:10.31219/osf.io/fu9cz_vl.
([79]) Ibid.
([80]) Guillaume Caline, Laurence Vardaxoglou, Regard des Français sur la lutte contre la désinformation, Fondation Jean Jaurès, novembre 2024. (lien).
([81]) Colon, D. (2025). La « défense psychologique » face aux manipulations de l’information. Revue Défense Nationale, 876(1), 57-65. https://doi.org/10.3917/rdna.876.0057.
([82]) LINEGAR Mitchell, SINCLAIR Betsy, VAN DER LINDEN S. et ALVAREZ R. Michael, « Prebunking Elections Rumors:Artificial Intelligence Assisted Interventions Increase Confidence in American Elections », Preprint, 24 octobre 2024.
([83]) « Les Lumières à l’ère numérique », rapport de la commission, présidée par Gérard Bronner, janvier 2022. (lien).
([84]) D’après le site ADAGE, plateforme numérique de l’Éducation nationale dédiée à la généralisation de l’éducation artistique et culturelle.
([85]) « Sous la tutelle du ministère de l’Éducation nationale, Réseau Canopé est l’opérateur de la formation tout au long de la vie des enseignants et des acteurs de l’éducation. ». (lien).
([86]) Site du ministère des armées. (lien).
([87])Site du CLEMI « Les Invités du CLEMI : Produire de l’info en live sur Twitch avec les élèves ». (lien).
([88]) Projet conjoint entre l’UNESCO et le Knight Center for Journalism porté par Adeline Hulin. (lien).
([89]) Plus précisément, une masse salariale :de 1 647 560 € (24,2 ETP) ; dont actuellement 21,2 ETP, une enseignante détachée PALD, et deux apprentis.
([90]) Cour des comptes, Le réseau Canopé, octobre 2024. (lien). (p.42)
([91]) Il s’agit de l’étude CLEMI’Sup (2024) « Les pratiques informationnelles des adolescents 2023, désinformation & vérification de l’information » de Sophie Jehel (menée sur 1.284 lycéens en filière professionnelle). (lien).
([92]) Site Internet du CLEMI « Parentalité et bien-être numérique ». (lien).
([93]) Général Thierry Burkhard, chef d’état-major des armées, Commission de la défense, lors de son audition à huis clos, sur la contribution des armées à une nouvelle politique africaine de la France, le 31 janvier 2024.
([94]) (lien).
([95]) Rapport de la commission d’enquête concernant l’organisation des élections en France, Assemblée nationale, 28 mai 2025.
([96]) Mode opératoire consistant à conférer de la visibilité à un sujet en faisant croire qu’il est un phénomène de masse alors même qu’il émane de la coordination de quelques comptes seulement qui produisent un volume important de publications sur un même sujet.
([97]) Manipulation d’algorithmes et instrumentalisation d’influenceurs. Enseignements de l’élection présidentielle en Roumanie et risques pour la France, VIGINUM, février 2025.
([98]) Analyse du mode opératoire informationnel russe : Storm1516, VIGINUM, mai 2025.
([99])Matt Skibinski, Newsguard, « Rapport : La publicité sur les sites de mésinformation ». (lien).
([100]) « Les réseaux sociaux sont devenus des armes de manipulation massive », David Colon, Les Echos, 27 mars 2025. (lien).
([101]) « La défense psychologique face aux manipulations de l’information », David Colon, Revue Défense Nationale, n° 876, janvier 2025.
([102]) Underwood, K. (2017). Cognitive Warfare Will Be Deciding Factor in Battle. SIGNAL, 15 cité par. (lien).
([103]) Collectif Thot, (2025). Entre « lutte informationnelle » et « guerre cognitive », la souveraineté en question Menaces sur la démocratie et sur le système de décision. Revue Défense Nationale, 876(1), 96-104. (lien).
([104]) Ibid.
([105]) Le Monde, David Colon, : « La guerre cognitive est possible parce qu’un nombre considérable d’esprits sont devenus accessibles », avril 2025. (lien).
([106]) Ibid. (lien).
([107]) Ibid.
([108] Bertrand Boyer, « Guerre cognitive algorithmique, gagner la guerre avant la guerre ? ». (lien).
([109]) Les nouvelles formes de guerre, Le Rubicon, Colonel David Pappalardo, « la guerre cognitive : agir sur le cerveau de l’adversaire ».
([110]) Lien vers la présentation de la plateforme « DIMA » issu du projet M82. (lien).
([111]) « La défense psychologique face aux manipulations de l’information », David Colon, Revue Défense Nationale, n° 876, janvier 2025.
([112]) Burkhard, T. (2023). Pas de stratégie sans influence, pas d’influence sans stratégie. Revue Défense Nationale, 856(1), 9-15. (lien).