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Textes / La science dans la mêlée pour une nation sportive

rapport établi au nom de l'office, sur la science dans la mêlée pour une nation sportive

Rapport · des offices parlementaires · 13/11/2025 · 597 938 caractères · HTML sur assemblee-nationale.fr

Sommaire (149)
  1. Lettre de saisine de l’Office par la commission de la culture, de l’éducation, de la communication et du sport du Sénat
  2. Liste des recommandations de l’Office
  3. Avant-propos
  4. Remerciements
  5. I. La science et les technologies ont un impact considérable sur les facteurs de performance des sportifs de haut niveau, même si leur...
  6. A. Le rôle majeur de la science et des technologies dans l’amélioration des matériaux et des équipements
  7. 1. Les matériaux et les équipements au cœur de la performance
  8. a) Des matériaux légers et résistants
  9. b) Des équipements aéro- et hydrodynamiques
  10. c) Des équipements plus sûrs
  11. d) Des équipements conçus pour assurer un certain confort aux sportifs
  12. 2. L’importance de la caractérisation des matériaux et du réglage des matériels
  13. a) La caractérisation des revêtements des raquettes de tennis de table
  14. b) La caractérisation et le réglage du matériel pour les épreuves d’IQfoil et de Kitefoil
  15. c) L’optimisation du fauteuil tennis en fonction des surfaces de jeu
  16. 3. Des équipements sur mesure pour les parasportifs
  17. a) La nécessité de prendre en compte les besoins spécifiques des para-athlètes
  18. b) La spécialisation des fauteuils pour répondre aux contraintes des disciplines sportives
  19. B. La science et les technologies au service de la détection des hauts potentiels
  20. 1. Les effets indésirables d’une sélection reposant exclusivement sur l’âge chronologique
  21. 2. L’élaboration de couloirs de performance
  22. 3. La plus-value des experts de terrain
  23. C. Le poids de la science et des technologies dans la préparation des athlètes
  24. 1. L’apport de la science à la préparation des athlètes
  25. 2. Une préparation physique qui ne laisse rien au hasard
  26. a) La construction scientifique des entraînements
  27. b) L’adaptation aux facteurs environnementaux
  28. 3. La gestion de la fatigue
  29. a) Les impacts de la fatigue
  30. b) La mesure de la fatigue
  31. c) La gestion de la fatigue
  32. d) Vers un traitement contre la fatigue mentale ?
  33. 4. La prévention des blessures
  34. 5. Le rôle croissant de la préparation mentale
  35. a) La préparation mentale individuelle
  36. b) La préparation mentale collective
  37. 6. La préparation technique et tactique
  38. a) Les technologies au service de l’optimisation du mouvement
  39. b) Les technologies au service de la préparation des rencontres sportives
  40. 7. L’attention accrue portée par la recherche à la santé mentale des sportifs de haut niveau
  41. D. Les effets néfastes de la « technologisation » des performances dans le sport
  42. 1. Le renforcement des inégalités
  43. 2. Une surveillance des athlètes et une pression psychologique accrue
  44. 3. La technologisation de la performance au détriment de la santé des athlètes ?
  45. a) La science au service du « sport spectacle »
  46. b) Une prévention et une gestion des commotions cérébrales encore insuffisantes
  47. c) Les « coups de chaleur » d’exercice : un phénomène longtemps ignoré
  48. 4. Les dérives vers le dopage et l’homme augmenté
  49. a) Innovation technologique ou dopage ?
  50. b) Les nouvelles formes de dopage
  51. c) Vers une normalisation de l’homme augmenté ?
  52. 5. Le développement de pratiques pseudo-scientifiques
  53. 6. Une trop grande importance accordée aux données
  54. II. Pour préparer les jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, la France a engagé une stratégie d’optimisation scientifique de la...
  55. A. L’organisation du sport de haut niveau en France : un modèle qui a fait ses preuves mais atteint ses limites
  56. 1. Un modèle né dans les années 1960 qui a permis une amélioration des résultats sportifs pendant plusieurs décennies
  57. 2. Un modèle devenu moins performant
  58. B. Les efforts de structuration et de financement de la recherche pour le sport de très haute performance
  59. 1. La mise en place du programme prioritaire de recherche Sport de très haute performance
  60. 2. La structuration des sciences du sport
  61. a) Une recherche longtemps cantonnée dans les laboratoires des Staps
  62. b) Le lancement du programme Sciences2024
  63. c) La création du groupement de recherche Sports et activités physiques
  64. C. La réorganisation du sport de haut niveau : la création de l’Agence nationale du sport
  65. 1. Les objectifs : réformer le modèle sportif de haut niveau français et améliorer le rang de la France à l’échelle internationale
  66. 2. Un projet phare dans l’accompagnement scientifique à la performance : le Sport Data Hub
  67. D. Des avancées très significatives
  68. 1. Des coopérations fortes entre le monde scientifique et le monde sportif
  69. 2. La montée en compétence des fédérations
  70. E. Des obstacles persistants
  71. 1. Les contraintes administratives
  72. 2. Les contraintes culturelles
  73. 3. Les limites liées à la formation
  74. 4. Les limites financières et organisationnelles
  75. III. Les recherches et les innovations au service des performances des sportifs de haut niveau ont des applications dans les domaines de...
  76. A. Un continuum entre la performance et la médecine
  77. 1. Des coopérations fortes entre la recherche fondamentale et la recherche clinique
  78. 2. Des domaines de recherche communs à la haute performance et à la médecine
  79. a) La neuroplasticité
  80. b) La fatigue
  81. 3. Des applications communes : l’exemple de l’électrostimulation
  82. 4. Une préoccupation commune : la personnalisation des entraînements
  83. B. Les interactions dans le domaine de l’appareillage
  84. 1. La biomécanique et l’analyse du mouvement au service de l’appareillage
  85. 2. La démocratisation des équipements et l’adaptation des normes à l’évolution technologique
  86. a) Un marché de niche coûteux
  87. b) L’adaptation des normes aux évolutions technologiques
  88. C. Le transfert des technologies du sport de haut niveau vers le sport de loisir
  89. 1. L’essor des applications mobiles
  90. 2. Des équipements de pointe au service du sport de loisir
  91. 3. L’impact des objets connectés : vers une nouvelle forme de pratique de l’activité physique ?
  92. IV. En dépit des bénéfices reconnus de l’activité physique sur la santé humaine, la condition physique de la population continue de se...
  93. A. Les impacts de l’inactivité physique et de la sédentarité
  94. 1. L’inactivité physique et la sédentarité : deux notions distinctes
  95. 2. Les risques liés à l’inactivité physique et à la sédentarité
  96. a) Les risques liés à l’inactivité physique
  97. b) La capacité physique, un puissant paramètre du risque de mortalité
  98. c) Les risques liés à la sédentarité
  99. d) Les enfants et les adolescents fortement concernés par les risques sanitaires liés à l’inactivité physique et la sédentarité
  100. B. Un consensus scientifique sur les bienfaits de l’activité physique
  101. 1. Le rôle de l’activité physique dans la santé physique
  102. a) L’amélioration de la capacité cardio-respiratoire
  103. b) Le développement musculaire et la sécrétion de myokines
  104. c) L’effet protecteur de l’activité physique sur le cœur
  105. d) Les effets positifs de l’activité physique sur le poids
  106. e) L’impact de l’activité physique sur la santé osseuse
  107. 2. L’activité physique, facteur d’amélioration de la santé cognitive et mentale
  108. a) Les effets sur les capacités cognitives
  109. b) Les effets de l’activité physique sur le sommeil
  110. c) L’impact positif de l’activité physique sur le psychisme
  111. 3. L’activité physique comme promoteur d’un vieillissement en bonne santé
  112. 4. Le rôle à la fois préventif et curatif de l’activité physique pour de nombreuses maladies non transmissibles
  113. a) Un rôle préventif avéré
  114. b) Un rôle curatif indéniable pour de nombreuses pathologies
  115. C. La dégradation de la condition physique de la population
  116. 1. Le non-respect des recommandations en matière d’activité physique
  117. 2. La montée inquiétante du niveau de sédentarité
  118. 3. Des coûts sanitaires induits très élevés
  119. D. Le relatif échec des politiques publiques en faveur de l’activité physique et de la lutte contre la sédentarité
  120. 1. 25 ans d’efforts pour rendre la population française plus active et moins sédentaire
  121. 2. De nombreux obstacles à la mise en place des politiques publiques de lutte contre la sédentarité
  122. 3. Un héritage des Jeux de 2024 trop limité
  123. E. Les perspectives scientifiques pour inciter à l’activité physique
  124. 1. L’analyse scientifique des freins et des leviers à l’activité physique
  125. a) Des cours d’EPS qui ne suscitent pas l’engouement pour l’activité physique
  126. b) Le rôle du plaisir dans l’engagement et le maintien dans l’activité physique
  127. c) Les moyens de se prémunir contre l’abandon du sport chez les jeunes
  128. 2. Le concept de littératie physique pour expliquer, promouvoir et éduquer à l’activité physique
  129. 3. Des recherches visant une personnalisation et une optimisation des préconisations en matière d’activité physique
  130. a) Des recommandations en matière d’activité physique à adapter au profil et au mode de vie des personnes
  131. b) L’analyse de la pertinence scientifique de l’injonction des 10 000 pas par jour
  132. 4. Le rôle des sciences de l’implémentation pour assurer le succès des interventions en matière d’activité physique
  133. 5. Les innovations technologiques au bénéfice de l’activité sportive et physique de demain
  134. V. Les dix recommandations de l’Office
  135. A. Mettre la science au service de la performance et de l’activité sportive
  136. 1. Sanctuariser et élargir les programmes de recherche en lien avec le sport de très haut niveau (notamment sur les spécificités...
  137. 2. Renforcer l’expertise des fédérations et les moyens de l’Insep et de l’Agence nationale du sport
  138. 3. Charger l’Agence nationale du sport de représenter l’ensemble des fédérations et des clubs sportifs dans les relations avec les...
  139. 4. Veiller à ce que l’esprit de la loi Jardé relative aux recherches impliquant la personne humaine soit respecté
  140. 5. Faire de la prévention des commotions cérébrales et du coup de chaleur d’exercice des priorités de santé publique, notamment dans les...
  141. 6. Réglementer la préparation mentale dans le sport et rationaliser les diplômes des préparateurs physiques
  142. B. Faire de la France une nation active et sportive
  143. 7. Actualiser régulièrement les données sur la sédentarité, l’activité physique, les temps passés devant les écrans et la condition...
  144. 8. Faire de la prescription de l’activité physique adaptée un axe majeur du traitement non médicamenteux des maladies chroniques et des...
  145. 9. Promouvoir les recherches sur la réduction de la sédentarité et l’encouragement à l’activité physique ainsi que sur la motivation et...
  146. 10. Redonner sens à l’activité physique au quotidien à tout âge : de l’école maternelle jusqu’aux structures médicalisées
  147. Examen du rapport par l’Office
  148. Liste des personnes entendues
  149. Liste des déplacements

Chez les patients obèses, l’effet de l’activité physique peut avoir un impact majeur dans la perte de masse grasse, notamment viscérale, facteur majeur de risque cardiovasculaire. Par ailleurs, il a été constaté que les exercices d’endurance étaient particulièrement efficaces pour diminuer la pression artérielle chez les personnes obèses montrant des niveaux de pression artérielle élevés en début de programme.

Schéma des effets bénéfiques de l’activité physique

dans les maladies chroniques

Source : Étude collective de l’Inserm (2019) précitée

BDNF : Brain-Derived Neurotrophic Factor ; BPCO : Bronchopneumopathie chronique obstructive ; CV : cardiovasculaire

La pratique d’une activité physique est un élément fondamental pour lutter contre le diabète de type 2 et ses complications. Ces dernières sont principalement cardiovasculaires et dégénératives (rétinopathie, neuropathie, néphropathie) et définissent la sévérité de la maladie et son influence sur la vie quotidienne du patient. La pratique d’une activité physique par le patient diabétique de type 2 réduit le risque de mortalité toutes causes (entre - 30 % et - 40 %), mais aussi celui de mortalité cardiovasculaire (- 25 % à - 40 %), première cause de décès chez ces patients.

Le syndrome coronaire aigu, avec ou sans infarctus du myocarde, signe l’entrée du patient dans la pathologie coronaire. Le syndrome coronaire aigu touche sept millions de personnes supplémentaires dans le monde chaque année. Le taux de mortalité à un an est aujourd’hui de l’ordre de 10 %. Chez les patients qui survivent, 20 % souffrent d’un deuxième événement cardiovasculaire au cours de la première année. Dans ce cadre, la prévention par l’exercice physique est cruciale pour réduire les risques de récidive et améliorer la qualité de vie. Les méta-analyses montrent qu’un programme de réadaptation cardiaque fondé sur l’activité physique induit une baisse de 30 % de la mortalité d’origine cardiovasculaire, de 26 % de la mortalité totale et une diminution de 31 % du risque de réhospitalisation.

L’insuffisance cardiaque chronique (ICC) est une pathologie fréquente et grave. Son incidence annuelle augmente régulièrement du fait du vieillissement de la population et de l’amélioration des traitements des pathologies cardiovasculaires, en particulier de la maladie coronaire. La mortalité à cinq ans de l’ICC reste très élevée (30 % à 50 %), et dans les pays industrialisés son coût est estimé en moyenne à 2 % des dépenses totales de santé.

Pendant très longtemps, la pratique d’activité physique a été contre-indiquée pour les patients atteints d’ICC afin de laisser le cœur fatigué « se reposer » et par crainte d’aggravation ou de complication de la pathologie sous-jacente. Ce n’est qu’au cours des vingt dernières années que l’association d’une activité physique adaptée au traitement optimal de l’ICC a été proposée et progressivement recommandée par les différentes sociétés savantes. Les progrès dans la connaissance de la physiopathologie de l’ICC ont permis de comprendre que le déconditionnement physique pouvait rendre compte pour une large part d’une évolution progressive de l’ICC d’une maladie du cœur vers une maladie systémique avec une atteinte associée des systèmes ventilatoire et musculaire squelettique. Ces altérations secondaires contribuent aux deux symptômes cliniques dominants de l’ICC, la dyspnée[207] et la fatigue, qui permettent de chiffrer les degrés de gravité de l’ICC. Il a aussi été montré que l’inactivité physique aggrave le pronostic des patients atteints d’ICC et contribue à une augmentation de la mortalité précoce.

Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) constituent la première cause mondiale de handicap fonctionnel et la troisième cause de handicap en général. L’AVC, longtemps décrit comme une pathologie spécifique aux personnes âgées, concerne de plus en plus les personnes de moins de 55 ans. Le mode de vie actuel et les facteurs de risque cardiovasculaire, en premier lieu le tabagisme, jouent un rôle important dans cette évolution. Les séquelles post-AVC sont neuromusculaires et cognitives. Après la survenue d’un AVC, les patients sont très peu actifs dans la vie quotidienne, leur niveau d’inactivité physique et de sédentarité est trop élevé. Ils présentent ainsi une faible capacité cardio-respiratoire.

Il est cependant prouvé que le réentraînement après un AVC est bénéfique pour améliorer la capacité cardio-respiratoire, la force musculaire, la déambulation et les activités quotidiennes.

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) qui se caractérise par une obstruction bronchique permanente et peu sensible aux bronchodilatateurs, connaît une prévalence dont la progression ne cesse d’inquiéter les spécialistes de santé publique. Elle est actuellement considérée comme la troisième cause de mortalité au niveau mondial. La mortalité associée à la BPCO diminue depuis quelques années chez les hommes et augmente chez les femmes.

En France, la prévalence se situe entre 5 et 10 %, mais elle est très certainement sous-évaluée en raison d’un dépistage complexe et coûteux. Les coûts directs de cette pathologie sont estimés entre 3 700 et 7 500 euros par an et par patient, auxquels il convient d’ajouter des coûts indirects (absentéisme, perte de productivité, etc.) et des coûts personnels liés à une qualité de vie dégradée.

L’activité physique, véritable pierre angulaire de la réhabilitation respiratoire, est reconnue depuis de nombreuses années comme l’unique méthode ayant un niveau de preuve de grade A pour l’amélioration de la qualité de vie, de la tolérance à l’effort et la réduction de la dyspnée et des exacerbations[208] des patients atteints de BPCO. Plus récemment, de nombreux travaux ont complété ces données. Il a ainsi pu être mis en évidence que l’activité physique pouvait réduire la vitesse du déclin du VEMS[209], marqueur essentiel de la gravité de l’obstruction bronchique, et ainsi limiter l’apparition de cette pathologie ou ralentir sa progression. Le niveau d’activité physique est également relié à la diminution des hospitalisations en lien avec la BPCO ainsi qu’à la probabilité de survie des patients atteints de BPCO. Des travaux réalisés sur des suivis parfois longs (plus de 7 ans) rapportent des résultats extrêmement homogènes mettant en évidence que la probabilité de survie des patients atteints de BPCO chute de façon spectaculaire avec la réduction du niveau d’activité physique habituelle.

L’asthme est une maladie caractérisée par des épisodes réversibles d’altération plus ou moins sévère de la fonction respiratoire et une hyperréactivité bronchique considérable. Sa prévalence est d’environ 11 % chez les enfants et 7 % chez les adultes. Si la prévalence de l’asthme chez ces derniers est stable, elle a toutefois tendance à augmenter chez les enfants. L’activité physique chez le patient asthmatique est un paradoxe car elle a un impact positif sur son état clinique mais elle peut également provoquer un bronchospasme post-exercice. C’est souvent l’une des principales raisons qui fait renoncer les asthmatiques à l’activité physique. Pourtant, les effets rapportés sont réels : amélioration de l’aptitude physique aérobie qui s’accompagne d’une meilleure protection contre le bronchospasme post-exercice par une majoration considérable de la bronchodilatation d’exercice, amélioration de la qualité de vie et de l’état clinique des patients avec un accroissement significatif du nombre de jours passés sans symptôme respiratoire.

L’activité physique occupe également une place fondamentale dans le traitement des pathologies ostéo-articulaires. Des exercices spécifiques permettent de réduire ou prévenir les déficiences et les limitations d’activité spécifiques à la pathologie ostéo-articulaire sous-jacente (raideur, instabilité, déformation articulaire, faiblesse musculaire, troubles de la marche, etc.). Ils s’appuient sur le renforcement musculaire, la mobilité, l’étirement ou la proprioception des articulations ou des groupes musculaires atteints. Le programme d’activité physique non spécifique quant à lui cherche à réduire ou prévenir les déficiences et les limitations d’activité liées à l’évolution chronique de la maladie ou à l’iatrogénie médicamenteuse, telles que la fatigue, les symptômes d’anxiété et de dépression, la baisse des performances musculaires globales qui contribuent au syndrome de déconditionnement à l’effort.

En France, environ trois millions de personnes vivent après avoir été atteintes d’un cancer, et la moitié est âgée de 70 ans ou plus. Les cancers les plus fréquents chez les personnes âgées sont les cancers du sein, de la prostate et du côlon-rectum, suivis des hémopathies malignes et du cancer de l’endomètre. Après le diagnostic d’un cancer, on observe une diminution du niveau d’activité physique total et d’activité physique d’intensité élevée ainsi qu’une augmentation de la sédentarité. Par ailleurs, le surpoids, l’obésité et la prise de poids observés pendant et après un cancer sont associés à une augmentation du risque de récidive de certains cancers, à une hausse de la morbidité et de la mortalité toutes causes confondues ainsi qu’à une augmentation de risque de second cancer.

L’Institut national du cancer estime que la pratique d’une activité physique post-diagnostique est associée à une diminution de la mortalité globale de 40 % pour les cancers du sein et du côlon et de 30 % pour les cancers de la prostate. Des effets positifs plus marqués apparaissent pour les quantités d’activité physique par semaine les plus élevées mais restent néanmoins significatifs avec une activité moindre (5 MET/h par semaine)[210].

L’ensemble des essais randomisés et méta-analyses confirment le bénéfice de l’activité physique en termes d’amélioration des capacités cardio-respiratoires et physiques, que le programme d’activité physique soit initié au début de la chimiothérapie, dès la fin des traitements ou à distance de ceux-ci.

De nombreuses méta-analyses ont montré que l’activité physique pendant ou après le traitement est associée à une réduction du poids, de l’IMC et de la masse grasse. Lorsque les études se limitent aux femmes ménopausées, elles montrent un bénéfice de l’activité physique sur la diminution du pourcentage de masse grasse et un gain ou maintien de la masse musculaire.

L’ensemble des méta-analyses ayant étudié l’impact de l’activité physique sur la fatigue rapporte de façon convergente que l’activité physique, pendant et après les traitements, diminue la fatigue, notamment chez les patients porteurs de cancers du sein et de la prostate.

L’activité physique semble en outre jouer un rôle bénéfique pour plusieurs effets secondaires des traitements (douleurs, perte de la densité minérale osseuse associée à l’hormonothérapie et la ménopause précoce).

La prévalence des troubles dépressifs concerne trois millions de personnes en France avec deux fois plus de femmes que d’hommes. Un trouble dépressif augmente le risque d’adopter un mode de vie sédentaire et de diminuer le niveau d’activité physique hebdomadaire. Pourtant, des essais randomisés contrôlés ont testé l’efficacité de programmes d’activité physique adaptée en tant qu’alternative aux médicaments et ont constaté une équivalence de bénéfices entre programme d’activité physique et médicament antidépresseur chez les patients ayant un trouble dépressif. Après le traitement d’un épisode dépressif, une pratique régulière d’activité physique contribuerait à prévenir les récidives d’épisode dépressif.

C. La dégradation de la condition physique de la population

Nos sociétés modernes sont confrontées à un paradoxe majeur.

Le niveau de preuve de l’impact de nos habitudes de vie sur notre santé est de plus en plus élevé : le nombre de citations pour « physical activity and health » dans Pubmed est passé de 1 230 entre 1970 et 1979 à 3 612 entre 1980 et 1989, 14 066 entre 1990 et 1999, 44 503 entre 2000 et 2009 et 132 765 entre 2010 et 2019.

Pourtant, nos habitudes de vie ne font que dégrader la condition physique de la population générale.

1. Le non-respect des recommandations en matière d’activité physique

En France, quelles que soient les tranches d’âge, l’activité physique est considérée comme insuffisante au regard des recommandations de l’OMS et l’inactivité physique semble devenue une norme de vie. L’étude INCA 3[211] a montré que 37,5 % des hommes et 46,4 % des femmes se déclaraient inactifs. Les femmes sont les plus concernées : en 10 ans, la proportion de femmes physiquement actives a diminué de 16 %.

En ce qui concerne les plus de 65 ans, 87 % d’entre eux connaissent les préconisations de l’OMS, mais seulement 30 % les respectent.

Le niveau de pratique de l’activité physique des adolescents est également inquiétant. Une étude réalisée sur près de 1,6 million de personnes en 2020 montre que, parmi les populations jeunes (11-17 ans) des 25 pays les plus favorisés, la France occupe le 22e rang.

Les données épidémiologiques les plus récentes en France proviennent d’enquêtes réalisées entre 2014 et 2016 (étude INCA 3 menée en 2014-2015 et étude ESTEBAN mise en place de 2014 à 2016). Les résultats de ces enquêtes montrent que 49,3 % des garçons et 76,7 % des filles âgés de 6 à 17 ans ne respectent pas les recommandations de 60 minutes d’activité physique d’intensité modérée à élevée par jour.

La puberté est un des marqueurs du déclin de l’activité physique quel que soit le sexe. Si 70 % des garçons et 56 % des filles âgés de 6 à 10 ans respectent les recommandations de l’OMS, ils ne sont plus que 40 % des garçons et 16 % à l’âge de 15 à 17 ans.

Le niveau d’activité physique est marqué par d’importantes inégalités de genre. À partir de 11 ans, les filles sont moins actives que les garçons et cette tendance s’accentue avec l’âge.

Les inégalités observées dans la pratique d’activités physiques et sportives sont également sociales. La proportion d’adolescents ayant de faibles niveaux d’activité physique est plus importante dans les établissements scolaires situés en zones défavorisées que dans ceux en zones mixtes, ou en zones favorisées (respectivement 41 %, 21 % et 19,5 %). Au sein de chaque catégorie d’établissement, un gradient social est observé, les élèves issus de milieux socio-économiques modestes ayant les plus faibles niveaux d’activité physique, en particulier à cause d’un manque de soutien et d’engagement de la part de leurs parents. De même, la pratique sportive en club ou au sein d’une association est plus importante chez les jeunes dont le ou les parents ont un niveau scolaire élevé.

L’enseignement d’éducation physique et sportive constitue une part importante de l’activité physique des élèves. Interrogés dans le cadre d’enquêtes épidémiologiques, approximativement 80 % des enfants et adolescents déclarent avoir eu un cours d’EPS la semaine qui précède. Dans le cadre du projet SCOPE (Suivi de la condition physique des élèves) mené à Rennes, il a été constaté que les jours d’EPS permettent une augmentation conséquente de l’activité physique des lycéens (85 % atteignent les recommandations d’activité physique ce jour-là contre 23 % les jours sans EPS). Les pratiquants en clubs sportifs sont les plus susceptibles de respecter les recommandations de l’OMS. Pour les jeunes, le sport est un moyen privilégié de réaliser de l’activité physique.

Certains publics sont particulièrement sujets à l’inactivité, comme les enfants en situation de handicap, trop souvent privés d’accès à une activité physique et sportive faute d’aménagements spécifiques.

Plus largement, les enfants en situation de surpoids ou d’obésité sont pris dans des cercles vicieux, leur pathologie les tenant éloignés de l’activité physique et sportive, notamment des cours d’EPS, alors qu’ils devraient au contraire bénéficier de possibilités de pratique renforcées[212].

L’environnement physique a une forte incidence sur le niveau d’activité physique des enfants et des adolescents. Le temps passé en dehors de la maison, l’accès à des espaces de jeu, la disponibilité des équipements, les aménagements des logements, le potentiel piétonnier du quartier, sa densité ou encore la sécurité du trafic peuvent être des déterminants. Ainsi, 40 % seulement des enfants âgés de 6 à 10 ans utilisent un mode de transport actif pour se déplacer du domicile familial à l’établissement scolaire, essentiellement à pied. 60 % des déplacements sont effectués avec un moyen de transport motorisé, dont 31,7 % en voiture. Le choix du mode de transport est principalement guidé par des critères de sécurité : 46 % des parents ne sont pas favorables à ce que leurs enfants se rendent au collège à vélo pour des raisons de sécurité.

La pandémie de covid-19 a, malheureusement, eu un impact particulièrement négatif sur l’activité physique. Entre 30 et 60 % des enfants et adolescents ont diminué leur niveau d’activité physique pendant le premier confinement.

2. La montée inquiétante du niveau de sédentarité

En France, une étude de 2015[213] sur les comportements sédentaires de 35 000 travailleurs adultes a révélé qu’ils passaient 12 heures assis les jours de travail et 9 heures les jours non travaillés.

On observe néanmoins des différences selon les classes d’âge. Les 15-25 ans passent en moyenne plus de 6 heures par jour assis, principalement devant des écrans. Ce temps reste élevé au cours de la vie d’adulte, mais n’est plus que de 3 h 45 chez les 55-64 ans. En revanche, plus de 80 % des personnes âgées ont des comportements sédentaires élevés.

Le temps sédentaire passé devant la télévision est inversement associé au niveau d’instruction. Par contre, le temps passé devant un ordinateur pendant le temps de loisir est associé au niveau d’instruction.

Chez les enfants et les adolescents, le temps total passé assis occupe 45 % de la journée à 7 ans et 75 % de la journée à 15 ans. L’école participe à la sédentarité en maintenant les élèves en position assise. On estime que 65 à 70 % du temps passé à l’école l’est dans un comportement de sédentarité.

Le temps passé devant un écran est considéré comme un marqueur du comportement sédentaire. L’évolution rapide des technologies et l’omniprésence des médias numériques affectent la façon dont les enfants et les adolescents se divertissent. Les activités physiques sont reléguées au second plan au profit d’activités sédentaires sur écran. Les enquêtes sur le temps passé devant les écrans sont anciennes. Ainsi, selon l’étude ESTEBAN menée en 2014-2016, chez les garçons, 50,7 % des 6-10 ans, 72,5 % des 11-14 ans et 87,1 % des 15-17 ans passent au moins trois heures par jour devant un écran. Chez les filles, ces pourcentages sont respectivement 41,2 % des 6-10 ans, 67,8 % des 11-14 ans et 71 % des 15-17 ans. Des données plus récentes[214] recueillies de 2020 à 2021 auprès de 283 collégiens ont montré qu’en moyenne, ceux-ci déclaraient passer 4 h 27 devant un écran chaque jour. Mais ces données sont déjà un peu anciennes et elles reposent sur une base déclarative qui tend à sous-estimer ou minimiser le temps passé réellement devant les écrans.

Cet indicateur est un marqueur social. Ainsi, la proportion d’enfants passant plus de trois heures par jour devant un écran est inversement associée au niveau d’étude du ou des parents de l’enfant, chez les garçons comme chez les filles.

La pandémie de covid-19 a là aussi favorisé les comportements sédentaires des enfants et des adolescents. 60 à 80 % d’entre eux ont augmenté leur temps d’exposition à un écran. L’augmentation de la sédentarité pendant cette période a été plus marquée chez les enfants (+ 2 h 40 min par jour) que chez les adultes (+ 2 h 06 min). Une étude portant sur 30 000 enfants de différentes nationalités[215] a montré que le temps moyen passé devant les écrans par les 3-18 ans est passé de 162 minutes par jour à 246 minutes pendant la pandémie. Or, un an après la pandémie, seuls 15 % des enfants de 8-11 ans avaient baissé leur temps de sédentarité, ce qui laisse penser que les habitudes prises pendant la pandémie ont perduré.

Le temps passé devant les écrans par les enfants est un élément important à prendre en compte, 71 % des élèves de 11 ans et 83 % des élèves de 12 ans étant équipés d’un smartphone.

La condition physique représente un déterminant majeur de santé chez l’enfant et l’adolescent. D’une manière générale, la condition physique des garçons de 6 à 12 ans est légèrement meilleure que celle des filles, à l’exception de l’agilité et de la souplesse. De faibles capacités physiques à l’adolescence sont associées à une augmentation de la morbidité et de la mortalité à l’âge adulte.

Dans de très nombreux pays, on note une baisse régulière des capacités cardio-respiratoires des enfants et adolescents depuis les années 1980, souvent plus importante chez les garçons que chez les filles, mais qui s’atténue depuis les années 2000. En France aussi, la baisse des capacités cardio-respiratoires est importante et régulière depuis le début des années 1980. Les capacités musculaires (force, puissance et endurance musculaire) des jeunes diminuent régulièrement depuis le début des années 2000, avec pour conséquence une baisse de 11 centimètres en 30 ans des performances lors de sauts en longueur sans élan, indépendamment de l’âge, du sexe et du poids corporel.

Selon la Fédération française de cardiologie, en quarante ans, les enfants ont perdu environ 25 % de leur capacité cardiovasculaire. En 1970, un collégien pouvait courir 600 mètres en trois minutes. Aujourd’hui, pour parcourir la même distance, il lui faut en moyenne une minute de plus. Trois enfants sur cinq ne savent pas enchaîner quatre sauts à cloche-pied en entrant en sixième.

La pandémie de covid-19 a accentué la dégradation de la condition physique des enfants. L’Onaps[216] a réalisé une étude longitudinale de manière à évaluer les effets des différents confinements liés à la covid-19 sur la condition physique et les performances cognitives des enfants du primaire. Pour cela, 106 élèves de CE2 et CM1 ont participé à une évaluation en février 2020 (juste avant le premier confinement) et 100 élèves de CE2 et CM1 à une évaluation en janvier 2021. Ces enfants ont réalisé la même batterie de tests évaluant leurs caractéristiques anthropométriques, leur composition corporelle, leurs préférences d’activités, leurs performances cognitives et leur condition physique. Les résultats n’ont fait apparaître aucune différence concernant le poids, l’IMC, le pourcentage de masse grasse et la force de préhension. En revanche, la puissance musculaire, la motricité, les capacités cardio-respiratoires et les performances cognitives sont apparues significativement réduites en 2021 (post-confinements) comparativement à ce qui était observé avant les confinements (mars 2020), soulignant ici un effet délétère de ces derniers.

3. Des coûts sanitaires induits très élevés

Différentes études économiques réalisées à l’échelle internationale et à l’échelle nationale ont cherché à évaluer les coûts associés à l’inactivité physique et à la sédentarité dans nos sociétés. Les variations dans les estimations s’expliquent par l’hétérogénéité méthodologique considérable entre les différentes études. En effet, certaines ne prennent pas en compte l’ensemble des pathologies associées à l’accumulation de comportements délétères, d’autres ne prennent en compte que les coûts à l’échelle du secteur public ou du secteur privé.

Le point commun de toutes ces études est la probable sous-estimation des coûts en raison des choix méthodologiques qui ont été faits.

France Stratégie[217] a évalué en 2022 le coût de l’inactivité physique. Un outil a été élaboré pour estimer les coûts évités en termes de mortalité et de morbidité, pour des scénarios caractérisés par la proportion de personnes adultes (20-39 ans ou 40-74 ans), sans maladie chronique préexistante, dont l’activité physique deviendrait, jusqu’à leur décès, conforme aux recommandations de l’OMS.

Son utilisation permet de mettre en évidence qu’un coût annuel de 140 milliards d’euros serait évité si toutes les personnes inactives sans maladie chronique préexistante âgées de 20 à 74 ans devenaient actives et le restaient jusqu’à leur décès. Le coût évité par personne devenant définitivement active s’élève à 840 euros pour une personne âgée de 20 à 39 ans et à 23 275 euros pour une personne âgée de 40 à 74 ans : plus de 90 % de ces valeurs sont liés au coût social de la mortalité, environ 5 % au coût des pertes de bien-être liées à la maladie et le reste aux dépenses de soins.

En France, entre 40 000 et 50 000 décès sont annuellement attribuables à la sédentarité et à l’inactivité physique.

En 2021, en France, 12 millions de patients souffraient d’une maladie chronique reconnue dans le cadre du dispositif d’affection de longue durée (ALD). Les projections du ministère de la santé annoncent une augmentation des malades chroniques de 750 000 à 1 million entre 2020 et 2025 et une déclaration des maladies chroniques de plus en plus précoce (dès 30 à 40 ans).

Selon l’Assurance maladie, en 2020, les pathologies et les traitements chroniques ont représenté 63 % des dépenses de santé du régime général (environ 86 milliards d’euros) et concerné 36 % de la population (soit près de 21 millions de personnes pour le régime général de la sécurité sociale). La prévention des maladies chroniques est donc cruciale pour contenir les dépenses de santé.

Par ailleurs, l’augmentation de l’espérance de vie s’accompagne d’une augmentation des années de vie en incapacité, même s’il y a une baisse importante de la mortalité pour les maladies cardiovasculaires et la plupart des cancers. Or, selon la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, si la part des 65-74 ans devrait rester stable entre 2020 et 2070, la part des 75-84 ans devrait passer de 6,1 % à 10 % et celle des 85 ans et plus passer de 3,4 % à 7,8 %.

Actuellement 7,2 % de la population de 60 ans et plus bénéficient de l’allocation personnalisée d’autonomie et le montant total de la contribution des finances publiques à la compensation de la perte d’autonomie s’élève à 27,7 milliards d’euros. L’allongement de l’espérance de vie sans incapacité constitue donc un enjeu financier majeur.

D. Le relatif échec des politiques publiques en faveur de l’activité physique et de la lutte contre la sédentarité

1. 25 ans d’efforts pour rendre la population française plus active et moins sédentaire

Les bénéfices associés à l’activité physique sur la santé sont aujourd’hui largement démontrés tant en prévention primaire que dans le champ du soin, à tous les âges de la vie. Cependant, une trop faible proportion de la population française respecte les recommandations en matière d’activité physique et la sédentarité se généralise à toutes les classes d’âge. Au début des années 2000, une dynamique autour de la promotion de l’activité physique bénéfique pour la santé a émergé en France et de nombreuses politiques publiques se sont succédé depuis 25 ans pour essayer d’encourager l’adoption d’un mode de vie physiquement actif.

Dans le champ de la nutrition, le programme national nutrition santé (PNNS) est le principal plan offrant un cadre général à la promotion de l’activité physique. Le PNNS 2001-2005 définissait neuf objectifs prioritaires en termes de santé publique. Le dernier d’entre eux visait à « augmenter l’activité physique quotidienne par une amélioration de 25 % du pourcentage des sujets faisant l’équivalent d’au moins 1/2 h de marche rapide par jour ». Il était également précisé que « la sédentarité étant un facteur de risque de maladies chroniques, [elle] doit être combattue chez l’enfant » sans que des mesures concrètes ou des objectifs chiffrés soient fixés.

Le PNNS 2006-2010 fixait comme objectif « une amélioration de 25 % du pourcentage des personnes, tous âges confondus, faisant l’équivalent d’au moins une demi-heure d’activité physique d’intensité modérée, au moins cinq fois par semaine (soit 75 % des hommes et 50 % des femmes) ».

Le PNNS 2011-2016 élargissait aux enfants ses recommandations en matière d’activité physique, tout en reconnaissant la difficulté de faire changer les mentalités : « Un grand nombre d’initiatives ont déjà été développées […] Cependant, il est nécessaire de renforcer la politique de promotion et d’éducation à la santé. » Il fixait comme objectif d’augmenter la proportion d’adultes situés dans la classe d’activité physique élevée respectivement de 20 % et 25 % chez les hommes et les femmes, et d’augmenter la proportion d’adultes situés dans la classe d’activité physique moyenne de 20 % au moins. En ce qui concerne les enfants, l’objectif du PNNS 3 était d’inciter au moins 50 % des jeunes de 3 à 17 ans à avoir une activité physique d’intensité élevée trois fois par semaine pendant au moins une heure. Le temps passé devant les écrans constituait déjà une préoccupation dans le troisième PNNS, qui fixait comme objectif de le réduire de 10 % pour la tranche d’âge des 3 à 17 ans.

Parallèlement, le conseil des ministres du 10 octobre 2012 a décidé le lancement du premier plan national de santé publique dédié à l’activité physique, à la nutrition et à l’alimentation. Décliné au niveau régional, il reposait sur quatre priorités : promouvoir et développer la pratique de l’activité physique et sportive ; généraliser et professionnaliser l’activité physique et sportive en Ehpad ; renforcer la prise en compte de la promotion de l’activité physique et sportive comme facteur de santé ; initier de nouveaux partenariats publics-privés.

Le quatrième PNNS (2019-2023), prolongé jusqu’en 2024, affichait la volonté que 80 % de la population adulte atteigne un niveau d’activité physique au moins modéré. Il souhaitait également réduire de 20 % le nombre d’adultes passant plus de trois heures par jour devant un écran en dehors de leur activité professionnelle.

Il a été complété par la stratégie nationale sport santé (2019-2024) visant à améliorer l’état de santé de la population en favorisant l’activité physique et sportive de chacun, au quotidien, avec ou sans pathologie, à tous les moments de la vie. Cette stratégie, copilotée par le ministère chargé des sports et le ministère chargé de la santé, s’articulait autour de quatre axes : la promotion de la santé et du bien-être par l’activité physique et sportive ; le développement et le recours à l’activité physique adaptée à visée thérapeutique ; la protection de la santé des sportifs et le renforcement de la sécurité des pratiquants ; le renforcement et la diffusion des connaissances. C’est dans le cadre de cette stratégie que les maisons sport-santé ont été créées en 2019. Elles ont pour objectif d’accompagner les personnes souhaitant pratiquer une activité physique et sportive à des fins de santé, de bien-être ou thérapeutiques.

Le cinquième programme national nutrition santé devrait être présenté à l’automne 2025. La deuxième stratégie nationale sport santé 2025-2030 (SNSS 2) a été rendue publique le 5 septembre 2025. Elle fixe une feuille de route articulée autour de douze mesures pour lever les freins à la pratique sportive et accompagner chaque Français quels que soient son âge, son état de santé ou ses conditions de vie.

Les douze mesures de la stratégie nationale sport santé 2025-2030

organisées en 5 objectifs

• Objectif 1 : mettre en place les conditions d’une pratique physique accessible à tous

Action 1 : instaurer le mois de l’activité physique et sportive

Action 2 : faciliter l’accès à une offre de sport-santé

Action 3 : faciliter l’accès aux équipements sportifs pour la pratique du sport-santé

Action 4 : renforcer les maisons sport-santé et les positionner comme pivot du sport-santé sur le territoire

• Objectif 2 : augmenter le niveau d’activité physique des jeunes à l’école et à l’université

Action 5 : poursuivre la généralisation des 30 minutes d’activité physique quotidienne à l’école élémentaire et en établissements sociaux et médico-sociaux

Action 6 : développer l’activité physique des collégiens et lycéens éloignés d’une pratique régulière

Action 7 : généraliser le déploiement d’initiatives sport-santé et de maisons sport-santé dans les établissements d’enseignement supérieur

• Objectif 3 : sensibiliser les acteurs et développer l’activité physique dans le monde professionnel

Action 8 : inciter les entreprises à proposer des dispositifs de promotion de l’activité physique et de lutte contre la sédentarité à leurs employés

Action 9 : renforcer la place de l’activité physique et sportive dans les trois versants de la fonction publique

• Objectif 4 : prévenir la perte d’autonomie des personnes avançant en âge par le sport-santé

Action 10 : faire de la pratique de l’activité physique une priorité du premier mandat de la conférence nationale de l’autonomie afin de prévenir la perte d’autonomie des personnes âgées

• Objectif 5 : développer le recours à l’activité physique adaptée à des fins thérapeutiques

Action 11 : prendre en charge l’activité physique adaptée pour le traitement des principales maladies chroniques

Action 12 : former les professionnels du sport-santé, effecteurs et prescripteurs, à l’activité physique à visée de santé pour faciliter l’orientation des patients

Dans le champ des maladies chroniques, plusieurs plans ont intégré la dimension activité physique, tels que le plan d’actions national Accidents vasculaires cérébraux 2010-2014, le plan Obésité 2010-2013, les différents plans Cancer lancés depuis 2003 ainsi que le plan d’action pour les maladies chroniques lancé en 2023.

L’activité physique joue également un rôle important dans tous les plans lancés dans le champ du vieillissement, qu’il s’agisse des plans nationaux successifs « Bien vieillir » lancés depuis 2003, du plan national d’action de prévention de la perte d’autonomie de 2015 ou encore du plan « Vieillir en bonne santé » de 2020.

La place de l’activité physique dans les politiques de santé a été confirmée dans plusieurs lois.

La loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique a mis en avant l’importance de l’activité physique comme moyen de prévention des maladies et d’amélioration de la santé. Elle a fixé des objectifs en matière de réduction de la sédentarité et d’augmentation de la pratique régulière d’activité physique.

La loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de la santé a intégré l’activité physique adaptée dans le parcours de soins des patients atteints d’affection de longue durée. Désormais, les médecins traitants peuvent prescrire une activité physique adaptée aux patients atteints d’affections de longue durée. Les professionnels de santé tels que les kinésithérapeutes, les ergothérapeutes et les psychomotriciens ainsi que les enseignants en activité physique adaptée sont autorisés à dispenser ces activités.

La loi n° 2022-296 du 2 mars 2022 visant à démocratiser le sport en France a entendu favoriser l’accès à la pratique sportive pour tous les Français, quels que soient leur âge, leur condition physique ou leur lieu de vie. Pour y parvenir, plusieurs mesures ont été prévues, comme le développement des équipements sportifs de proximité, « une pratique quotidienne minimale d’activités physiques et sportives au sein des écoles primaires », en plus des programmes d’EPS et l’instauration d’un « pass’sport » de 50 euros par enfant pour financer une adhésion dans un club.

Cette loi a également introduit plusieurs évolutions pour renforcer le sport-santé. Elle a étendu les possibilités de prescription médicale d’activité physique adaptée aux patients atteints de maladie chronique et aux personnes présentant des facteurs de risques ou en perte d’autonomie. Elle a également donné une légitimité aux maisons sport-santé en créant un chapitre les concernant dans le code de santé publique.

En 2024, il a été décidé que la promotion de l’activité physique et sportive (APS) serait une grande cause nationale. L’objectif était de mettre en avant le sport et de replacer l’activité physique au cœur de la vie des Français avec un mot d’ordre : « Bouger 30 minutes par jour ». Cette initiative a permis de favoriser l’activité physique chez les jeunes par la généralisation des 30 minutes d’activité physique quotidienne à l’école primaire et d’ajouter deux heures d’EPS par semaine au collège. En outre, le pass’sport peut désormais être utilisé pour l’inscription dans une structure de loisir sportif marchand (une salle de sport par exemple).

Par ailleurs, dans le cadre du deuxième plan Génération 2024, 300 millions d’euros ont été débloqués sur trois ans pour déployer les infrastructures sportives à proximité des établissements scolaires, des tests d’aptitudes physiques ont été mis en place dès la 6e pour évaluer l’évolution de la condition physique chez les jeunes, en particulier les capacités cardiovasculaires, et le nombre de places en classes sport-études a été augmenté, pour passer de 10 000 à 25 000 d’ici 2026.

Enfin, à la rentrée 2025, une évaluation systématique des qualités physiques des élèves de 6e a été mise en place afin de positionner les performances des élèves par rapport à la moyenne de leur groupe d’âge et d’adapter les enseignements aux besoins identifiés.

2. De nombreux obstacles à la mise en place des politiques publiques de lutte contre la sédentarité

En dépit des mesures prises par les pouvoirs publics, la sédentarité a fortement progressé en France, notamment chez les enfants, et le niveau d’activité physique reste faible.

Les causes du relatif échec des politiques françaises en matière d’incitation à l’activité physique sont plurielles. Leur analyse dépasse largement l’objet du présent rapport qui se limite à présenter l’apport de la science dans la lutte contre l’inactivité physique et la sédentarité.

Le développement de l’inactivité physique et de la sédentarité est un phénomène mondial auquel un nombre croissant de pays est confronté et tous peinent à inverser cette tendance.

La France a lancé un certain nombre de dispositifs intéressants mais leur mise en place se heurte à des obstacles qui réduisent leur efficacité[218].

L’activité physique est désormais considérée comme une thérapeutique non médicamenteuse et peut être prescrite par ordonnance depuis 2016. Néanmoins, ce dispositif serait peu utilisé car les séances d’activité physique adaptée ne sont pas prises en charge par l’assurance maladie. Par ailleurs, la médecine en France reste essentiellement curative plutôt que préventive. Les thérapies non médicamenteuses pourtant validées scientifiquement ont du mal à s’imposer. La formation initiale et continue des professionnels médicaux et paramédicaux sur l’impact de l’activité physique sur la santé reste insuffisante. Or, seul un médecin convaincu et convaincant peut entraîner une meilleure adhésion et observance thérapeutique chez son patient.

La Haute Autorité de santé a élaboré des référentiels d’aide à la prescription de l’activité physique adaptée par pathologie ou état de santé, mais ils sont trop mal connus des médecins. L’activité physique adaptée pâtit d’un manque d’information sur les filières et sur les dispositifs de sport-santé sur ordonnance. Par ailleurs, les formations et le métier des enseignants en activité physique adaptée et des éducateurs sportifs formés susceptibles de prendre en charge les patients manquent de lisibilité et de crédibilité auprès des médecins.

Le choix du sport comme grande cause nationale pour 2024 a permis d’organiser 3 159 événements et projets toute l’année avec 98 partenaires. Selon un sondage réalisé par OpinionWay en novembre 2024, 90 % des Français disent que l’opération « Bouger 30 minutes chaque jour » est bonne pour la santé et la forme, et 73 % des Français ont entendu parler de cette opération, même s’ils ne sont que 43 % à savoir que le sport a été déclaré grande cause nationale pour 2024 et qu’aucune des personnes interrogées n’est capable de rattacher le programme « 30 minutes par jour » aux actions menées dans le cadre de la grande cause nationale de 2024.

Un rapport du Sénat[219] de 2024 réalisé par Béatrice Gosselin et Laure Darcos s’est intéressé au dispositif de 30 minutes d’activité physique par jour mis en place à l’école primaire et a souligné « une mise en œuvre parcellaire ». En effet, selon l’enquête DGESCO auprès des directeurs d’école parue en janvier 2024, « le taux de 91,5 % de ceux indiquant observer une mise en œuvre des 30 minutes d’activité physique quotidienne ne représente que 55 % de l’ensemble des écoles. Par ailleurs, sur les écoles indiquant mettre en œuvre cette mesure, 22 % indiquent qu’elle concerne moins de la moitié des classes de l’école. » Le rapport sénatorial s’interroge donc sur l’impact réel du dispositif en matière de lutte contre la sédentarité. Il souligne également un manque de temps, d’espace adapté et de formation pour l’application efficace de cette mesure. Ainsi, seule une école sur quatre indique avoir été accompagnée à l’occasion de la mise en œuvre des 30 minutes d’activité physique quotidienne.

Comme le rappelle la mission flash de l’Assemblée nationale menée par Frédérique Meunier et Christophe Proença[220], l’éducation physique et sportive est un apprentissage à part entière dont les objectifs excèdent largement la seule acquisition de compétences physiques ou motrices puisque les enfants apprennent également à coopérer, à s’exprimer en utilisant leur corps, à s’approprier des méthodes et des outils (chronométrage, tableaux de suivi, etc.), à partager des règles, des rôles et des responsabilités. Enfin, l’EPS doit apprendre aux élèves « à entretenir leur santé par une activité physique régulière », un objectif que l’on retrouve dans les programmes de l’ensemble des cycles.

Ces compétences, à la fois motrices, cognitives et psychosociales, sont absolument décisives pour pouvoir s’intégrer et évoluer en société de façon autonome et responsable, tout en préservant sa santé physique et mentale. Elles devraient donc être appréhendées comme des savoirs fondamentaux et l’EPS, comme une matière centrale.

Pourtant, la mission flash a estimé que c’était loin d’être le cas, en particulier dans le premier degré, alors que c’est précisément entre 6 et 11 ans que se joue en grande partie la capacité d’une personne à s’engager dans l’activité physique[221] pour le reste de sa vie : ce que les spécialistes nomment « la littératie physique ». La mission flash a estimé que l’EPS reste trop négligée dans le premier degré, où elle constitue souvent une variable d’ajustement. Elle a calculé que si les programmes officiels prévoient trois heures hebdomadaires d’EPS obligatoire pendant toute l’école primaire, le temps moyen effectif consacré à cette matière n’est en réalité que d’une heure 45 minutes par semaine et que dans certaines écoles, les cours d’EPS ne sont pas du tout dispensés.

La mission flash a avancé plusieurs facteurs pour expliquer la relative marginalisation de l’EPS dans le premier degré : le niveau très variable d’appétence et de compétence des enseignants, qui restent mal formés à l’enseignement de l’EPS[222], et le fait que les postes de conseillers pédagogiques en EPS ne sont pas tous pourvus, alors qu’ils constituent des ressources importantes pour les enseignants du premier degré.

La mission flash a également regretté que le volume hebdomadaire d’EPS fixé à quatre heures en 6e soit ensuite réduit à trois heures dans les classes de 5e, 4e et 3e, alors que c’est dans ces tranches d’âge que beaucoup d’adolescents délaissent la pratique sportive et augmentent leur sédentarité à travers l’usage du téléphone portable.

La difficile mise en œuvre d’une culture de l’activité physique dépasse largement le cadre scolaire et touche l’ensemble de la société française, notamment le milieu professionnel.

Dans une interview donnée à France Assos santé[223], Pierre Rondeau[224], économiste et codirecteur de l’Observatoire du sport à la Fondation Jean-Jaurès, a fait remarquer que les bénéfices d’une activité sportive ou d’une activité physique régulière en termes de santé sont connus mais se heurtent à la représentation que se fait notre société du sport. Que ce soit à l’école, à l’université ou au travail, il n’est nulle part valorisé.

Ainsi, moins d’une entreprise sur cinq proposerait du sport à ses collaborateurs. Selon lui, le coût de la sédentarité s’élève à 17 milliards d’euros en prenant en compte l’absentéisme, les soins liés aux maladies, la perte d’autonomie, les risques sociaux. Neuf milliards d’euros[225] seraient nécessaires pour permettre à l’ensemble de la population française d’accéder à une activité physique ou sportive et prévenir les risques sanitaires évoqués précédemment. Pourtant, les décideurs politiques ne seraient pas prêts à réaliser cet investissement de neuf milliards alors même qu’il conduirait à une économie nette de huit milliards d’euros.

Le manque de reconnaissance dont souffrent le sport et l’activité physique en France a été souligné par plusieurs intervenants au cours des auditions menées dans le cadre de cette étude.

Audrey Bergouignan[226] a ainsi fait remarquer que la France a une culture du sport moins développée que beaucoup d’autres pays, et ne peut pas être considérée comme une nation sportive. Elle a illustré ses propos en expliquant qu’en France, l’athlète est souvent perçu comme une personne qui a échoué dans ses études, alors que toutes les universités américaines considèrent le sport comme un élément clé de notoriété et de réputation et s’efforcent d’attirer les étudiants ayant les meilleures performances sportives.

Vincent Nougier[227] a également constaté que si la France est attachée à ses sportifs de haut niveau (SHN) en termes de communication, de résultats sportifs et de grands champions, elle n’a pas pour autant une culture de l’activité physique pratiquée quotidiennement par la population.

3. Un héritage des Jeux de 2024 trop limité

À l’occasion de l’accueil des grands événements sportifs, il est souvent fait état de l’« effet de démonstration » qu’ils peuvent susciter pour les populations hôtes qui se sentiraient inspirées par les réussites et exploits sportifs au point de s’engager elles-mêmes dans des pratiques physiques.

Les organisateurs des jeux Olympiques de Paris 2024 ont souligné l’occasion unique que ces Jeux devaient représenter pour construire une « Nation sportive »[228]. De nombreux équipements sportifs construits pour les Jeux ont été légués aux habitants des territoires d’accueil comme le rappelle le député Benjamin Dirx dans son rapport d’information[229].

Extrait du rapport d’information de l’Assemblée nationale

sur l’impact budgétaire et l’héritage des Jeux

La plupart des infrastructures sportives construites ou rénovées pour les JOP sont destinées à être léguées aux habitants des territoires d’accueil. Ainsi, depuis le 1er novembre 2024, date à laquelle le Cojop a remis les clés des ouvrages olympiques, la Solideo a entamé sa phase d’héritage, centrée sur la reconversion des équipements sportifs utilisés lors des Jeux. Plusieurs de ces équipements ont déjà été livrés, parmi lesquels :

- la marina du Roucas Blanc à Marseille, inaugurée en janvier 2025 ;

- le pôle d’activité multisport (Prisme) à Bobigny, inauguré le 1er février 2025 ;

- le complexe sportif Pablo Neruda, ouvert depuis le 9 avril 2025 à Saint-Ouen ;

- les pistes de vélo tout terrain (VTT) de la colline d’Élancourt, ouvertes le 17 mai 2025 ;

- le Centre aquatique olympique à Saint-Denis, accessible au grand public depuis le 2 juin 2025 ;

- la piscine de la ville de Colombes, qui a ouvert le 28 juin 2025.

D’autres équipements sportifs sont en cours de reconversion avant leur ouverture au public, tels que :

- le parc des sports du Bourget ;

- la réimplantation des 18 bassins de natation temporaires du Centre aquatique olympique et de Paris La Défense Aréna dans le département de la Seine-Saint-Denis, avec des travaux prévus tout au long de l’année 2025 ;

- la réutilisation des installations de sports urbains, notamment le skatepark street à La Courneuve et la zone de warm-up à Noisy-le-Sec, dont les travaux se poursuivent jusqu’à mi-2026.

Les équipements sportifs représentent un héritage direct des JOP pour les territoires d’accueil, contribuant à favoriser la pratique sportive de leurs habitants. Les opérations de reconversion menées par la Solideo visent à transformer ces infrastructures, initialement conçues pour des pratiques sportives de haut niveau, en équipements adaptés à tous les profils de licenciés et de pratiquants. Par exemple, sur la colline d’Élancourt, des pistes VTT moins techniques ont été aménagées afin de développer la pratique de loisir.

En Seine-Saint-Denis, département où la pratique de la natation reste encore peu répandue, le volet aquatique revêt une importance particulière, avec la construction de quatre nouvelles piscines et la rénovation de quatre autres. Associés au programme « 1, 2, 3 Nagez ! », ces équipements ont notamment permis aux enfants de Saint-Denis de rejoindre la moyenne nationale en ce qui concerne leur compétence en matière de natation. Une étude évaluant l’impact des Jeux sur les capacités en natation des enfants du département, sous l’égide du Dijop, est prévue pour publication fin 2025.

Le « ruissellement » des événements sportifs sur la participation sportive de masse est très débattu, les effets identifiés par la littérature se révélant très inégaux au gré des circonstances et des contextes comme en témoigne un article scientifique récent[230] qui a recensé les études sur cette question.

Les effets limités des grands événements sportifs

sur la pratique sportive amateur

(extrait de l’article d’Hugo Bourbillères et Mathieu Djaballah

sur les impacts des grands événements sportifs internationaux)

Les études qui se sont penchées sur la question identifient généralement des augmentations temporaires et assez localisées. Par exemple, Perks (2015) montre que les jeux Olympiques de 2010 à Vancouver n’ont eu presque aucun impact sur les niveaux de participation sportive au plan national, mais la région de Vancouver a connu une hausse modeste et assez ponctuelle immédiatement après l’événement. La Coupe du monde de rugby 2007 a engendré une augmentation des effectifs dans les clubs, notamment dans les régions où il est traditionnellement peu pratiqué (Barget et Gouguet, 2010). Lors du départ du Tour de France 2015 aux Pays-Bas, 24 % des spectateurs déclaraient que le fait d’assister à l’événement les incitait à devenir plus actifs (Van Bottenburg et al., 2016), mais il ne s’agissait que de données déclaratives. Une autre étude montre que les Jeux du Commonwealth à Glasgow en 2014 ont eu une certaine influence sur la participation sportive, mais principalement sur les populations préalablement engagées dans des activités physiques (Cleland et al., 2019).

Au-delà de ces quelques cas plutôt positifs, il existe bien plus d’exemples de l’absence d’effet d’encouragement. Feng et Hong (2013) n’ont par exemple trouvé aucune relation entre la participation sportive dans les villes en Chine et les Jeux de 2008 à Pékin. Il est par ailleurs intéressant d’analyser les jeux Olympiques de 2012 à Londres. En effet, aucune édition antérieure n’avait fait de l’héritage en termes d’augmentation des pratiques sportives un objectif aussi proactivement poursuivi (Weed, 2014 ; Manzenreiter, 2014). L’expression « inspirer une génération » résumait cette ambition, qui visait à faire en sorte qu’un million de personnes supplémentaires pratiquent un sport d’ici la fin des Jeux. L’un des enjeux majeurs était de répondre à la problématique de l’obésité au Royaume-Uni. Les résultats, cependant, ne sont pas très positifs. Selon l’enquête Active People de Sport England, la participation sportive nationale (au moins une fois par semaine) a légèrement augmenté (de 34,6 % à 36,9 %) pendant la période précédant les Jeux (2005-2012), mais elle a diminué dès l’année suivant l’événement.

Il est donc difficile de valider l’existence d’un effet incitatif des grands événements sportifs sur les pratiques physiques de masse. Cet effet est, au mieux, modeste et vaut essentiellement pour les personnes déjà actives (Frawley, 2013). Déclencher une hausse de la participation sportive des personnes sédentaires (séniors, personnes en difficultés sociales) reste une véritable gageure. Pour ce faire, il semble falloir ne pas se contenter d’effets spontanés, mais mettre en œuvre des politiques volontaristes au sein du territoire d’accueil, permettant notamment de réduire l’inégalité d’accès aux pratiques. Il faut donc non seulement agir sur les comportements individuels, mais également sur l’offre de pratiques physiques à tous les niveaux (Girginov et Hills, 2009).

Un rapport de l’Injep[231], publié en janvier 2025 révèle que le nombre de licences annuelles délivrées par quarante-cinq des principales fédérations sportives a augmenté d’environ 5 % à la rentrée 2024-2025. Il s’agit d’une hausse modérée, qui touche peu les fédérations sportives ayant le plus de licenciés (football, tennis, équitation, basket-ball et rugby), généralement peu sensibles à l’impact des jeux Olympiques. Toutefois, les jeux Olympiques de Paris ont permis de mettre en lumière de nombreux sports moins reconnus. En ce sens, certaines fédérations enregistrent une hausse notable de leurs licenciés, comme le tennis de table (+ 23 %), le badminton (+ 19 %), l’escrime (+ 19 %), le tir à l’arc (+ 15 %) ou encore le taekwondo (+ 13 %).

Comme le souligne le rapport, l’enjeu pour ces fédérations est de parvenir à faire perdurer cet engouement et à conserver leurs licenciés. La Fédération française handisport se révèle également être grande gagnante des Jeux, avec une hausse de 21 % de ses licenciés. Cette hausse soudaine est probablement due au rayonnement de ces sports grâce aux médaillés français et à la mise en lumière de nouvelles célébrités inspirantes dans ces disciplines.

E. Les perspectives scientifiques pour inciter à l’activité physique

La question n’est plus de savoir si l’activité physique est bénéfique, mais comment inciter l’ensemble de la population à pratiquer et à intégrer l’activité physique dans son quotidien.

La conception spontanéiste de l’autonomie en activité physique considère qu’il suffit que le patient soit informé des bénéfices de l’activité physique pour qu’il décide de changer ses habitudes. Toutefois, face aux limites rencontrées par ce modèle, une conception plus interventionniste s’est peu à peu imposée, qui part du principe que l’autonomie en activité physique ne va pas de soi et qu’elle peut être construite dans le cadre d’une intervention éducative.

C’est cette conception qui a conduit à introduire la prescription par ordonnance de l’activité physique. Il a été constaté qu’une ordonnance écrite a en moyenne deux fois plus de chances d’être convertie en actes qu’un simple conseil oral. Néanmoins, les médecins restent insuffisamment formés à l’intérêt et à la mise en œuvre de l’activité physique comme thérapeutique non médicamenteuse[232]. En outre, leur confiance dans les professionnels de terrain compétents en matière d’activité physique adaptée reste limitée.

Il est important de discuter avec le patient de l’objectif et des modalités de l’activité physique en tenant compte de ses envies, de ses motivations et de son parcours de soin. L’enjeu majeur de la pratique d’activité physique chez les personnes atteintes de maladies chroniques est la motivation et l’adhésion à une activité physique régulière.

Les sciences humaines et sociales peuvent contribuer utilement à guider les pouvoirs publics pour analyser les freins et les leviers à l’activité physique, parvenir à optimiser et à personnaliser les préconisations et assurer la durabilité des interventions.

Une partie de la communauté scientifique mise également sur le développement d’innovations technologiques pour favoriser et personnaliser l’activité physique.

1. L’analyse scientifique des freins et des leviers à l’activité physique

Lors de son audition, Olivier Rey[233] s’est inspiré de la théorie de l’autodétermination[234] pour présenter les trois facteurs qui suscitent l’engagement dans l’activité physique et sportive :

- le sentiment d’auto-efficacité : la croyance en sa capacité à accomplir une tâche physique joue un rôle crucial dans la décision de s’engager dans une activité physique. Les expériences de succès précédentes et le soutien social ont un impact positif sur ce sentiment ;

- le plaisir et la motivation intrinsèque : de nombreuses études montrent que le plaisir et le bien-être ressentis pendant une activité sont un prédicteur fort de l’engagement initial ;

- les influences sociales et culturelles : les normes sociales et les modèles positifs, tels que la famille et les pairs, sont des déclencheurs clés pour démarrer une activité physique.

Trois facteurs favorisent également le maintien de l’engagement :

- les objectifs liés à la maîtrise et à la progression personnelle[235] ;

- le soutien des pairs, de la famille et des coachs ;

- l’établissement d’une routine ancrée dans le quotidien.

Enfin, trois facteurs sont souvent à l’origine de la rupture de l’engagement dans l’activité physique :

- les barrières psychologiques et physiques (les blessures, le stress et le manque de temps) ;

- la motivation extrinsèque[236] excessive ;

- le plaisir diminué : la perception d’une activité comme étant une corvée ou trop exigeante contribue à la rupture.

La prise en compte de ces résultats scientifiques est indispensable pour mettre en place une politique publique efficace visant à inciter durablement la population à faire de l’activité physique et appelle les remarques suivantes.

a) Des cours d’EPS qui ne suscitent pas l’engouement pour l’activité physique

Le sentiment d’auto-efficacité joue un rôle primordial dans l’engagement dans l’activité physique. La première expérience est fondamentale car elle va conditionner la poursuite ou non par l’individu de l’activité physique. En outre, plus une personne a réussi une tâche par le passé, plus elle croit en sa capacité à la réussir à nouveau. De même, observer des individus proches réussir augmente la croyance en ses propres capacités. Enfin, les encouragements et le soutien social renforcent la confiance en soi.

Alors que l’environnement scolaire est perçu comme le lieu idéal de la promotion de l’activité physique, les expériences vécues et marquantes en éducation physique ne semblent pas systématiquement favorables à l’atteinte de son objectif de promouvoir durablement l’activité physique. Par conséquent, les modalités d’enseignement devraient être adaptées afin de tenir compte des différences de niveau physique entre les élèves et d’éviter à la fois de dégoûter les enfants peu disposés à l’exercice physique et d’ennuyer les plus actifs.

Par ailleurs, si les objectifs liés à la maîtrise et à la progression personnelle figurent parmi les facteurs clés du maintien de l’engagement dans l’activité physique, on peut s’interroger sur l’impact du système de notation normatif imposé à l’école, avec une prise en compte insuffisante, voire inexistante des progrès réalisés individuellement.

b) Le rôle du plaisir dans l’engagement et le maintien dans l’activité physique

Une étude de 2018[237] s’est intéressée aux raisons qui incitent les personnes âgées à être actives en distinguant entre les 60-70 ans et les plus de 70 ans. Quelle que soit leur classe d’âge, le plaisir est le déterminant qui contribue à un haut niveau d’autodétermination à pratiquer une activité physique régulière. C’est même le seul facteur pour les plus de 70 ans. Pour les 60-70 ans, le besoin de rester en bonne santé ainsi que l’affiliation sont également des facteurs de motivation pour pratiquer de l’activité physique. En revanche, l’évitement de la maladie et la reconnaissance sociale n’ont pas d’influence positive sur la pratique de l’activité physique.

Une étude de 2021[238] a examiné les liens entre les motivations à l’activité physique et l’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse sur une période de cinq ans, couvrant la transition de la fin de l’enfance (9-11 ans) à l’adolescence moyenne (15-16 ans) chez les garçons et les filles. Les données proviennent de l’étude longitudinale Monitoring Activities of Teenagers to Comprehend their Habits (MATCH), qui a suivi des élèves de 5e et 6e années dans 17 écoles du Nouveau-Brunswick, au Canada.

Chez les garçons, les motivations liées à la forme physique étaient négativement associées à la pratique d’activité physique, alors que les motivations liées au plaisir et à la compétence étaient positivement associées à la pratique d’activité physique.

Chez les filles, les motivations liées au plaisir étaient positivement associées à la pratique d’activité physique pendant la fin de l’enfance. Les motivations liées à la compétence étaient positivement associées à la pratique de l’activité physique de la fin de l’enfance à l’adolescence moyenne.

Les résultats suggèrent que les motivations liées à la forme physique ne sont pas efficaces pour augmenter l’activité physique chez les adolescents, surtout chez les garçons. En revanche, le plaisir est un prédicteur fort de la pratique d’activité physique, surtout chez les garçons. Chez les filles, cette association positive diminue avec l’âge. Les motivations liées à la compétence sont positivement associées à la pratique d’activité physique pour les deux sexes, avec un effet plus prononcé chez les filles.

En conclusion, cette étude met en lumière l’importance des motivations intrinsèques, comme le plaisir et la compétence, pour promouvoir l’activité physique chez les jeunes, tandis que les motivations extrinsèques, comme la forme physique et l’apparence, semblent moins efficaces.

Pourtant, en dépit de l’importance du plaisir dans l’engagement et le maintien de l’activité physique montrée par les recherches scientifiques, les pouvoirs publics ciblent majoritairement les bénéfices de l’activité physique sur la santé pour inciter la population à être plus active.

Une étude de 2024[239] s’est intéressée aux raisons permettant de comprendre la relative inefficacité d’une politique qui met en avant les effets de l’activité physique sur la santé et arrive au constat suivant : l’obtention des bénéfices sur la santé implique des efforts considérables. Or, ces bénéfices sont différés dans le temps, ce qui limite l’intérêt à s’engager dans une activité physique. En outre, des mécanismes de distorsion des croyances peuvent amener les individus à traiter certaines informations avec un « scepticisme motivé », en particulier lorsqu’elles ne correspondent pas à leurs préférences. Les personnes peuvent être tentées de minimiser les bienfaits de l’activité physique, surtout si ce comportement est peu plaisant pour elles.

Au contraire, le plaisir, et plus globalement des expériences affectives positives, réduisent la perception de l’effort physique et entraînent des conséquences immédiates, obtenues en lien direct avec l’activité réalisée. Enfin, plus les personnes vont éprouver du plaisir, plus elles vont être enclines à donner du crédit aux bienfaits apportés par l’activité physique. L’enjeu est alors d’apprendre aux personnes à se faire plaisir en faisant de l’activité physique, en choisissant les activités qui leur plaisent, en les pratiquant à des intensités agréables, en sélectionnant le lieu et le moment de la journée qui leur conviennent le mieux.

c) Les moyens de se prémunir contre l’abandon du sport chez les jeunes

L’analyse scientifique des freins à l’activité physique chez les adolescents remet également en cause les stratégies de santé publique principalement orientées vers la promotion du sport au profit des politiques se concentrant sur la prévention de l’abandon du sport.

Une étude de 2024[240] s’est intéressée à l’évolution de la pratique d’activité sportive entre l’enfance et l’adolescence. 1 149 adolescents des Bouches-du-Rhône ont été amenés à déclarer en 2019 s’ils étaient pratiquants sportifs, s’ils avaient abandonné une pratique sportive régulière ou s’ils n’avaient jamais été pratiquants sportifs réguliers.

Sur les 1 080 adolescents (garçons et filles) retenus[241], 66,4 % étaient des pratiquants sportifs, 28,9 % avaient abandonné la pratique sportive et 4,7 % n’avaient jamais pratiqué.

La répartition entre pratiquants, anciens pratiquants et ceux qui n’avaient jamais pratiqué varie en fonction du sexe. Il y a 19,3 % de moins de filles pratiquant une activité sportive que de garçons (56,9 % contre 76,2 %). Le pourcentage de filles ayant abandonné la pratique sportive est plus élevé que chez les garçons (35,1 % contre 22,5 %), de même que le pourcentage de filles n’ayant jamais pratiqué (8 % contre 1,3 %).

Les résultats de cette étude montrent que si les adolescents qui avaient entrepris une activité sportive n’y avaient pas renoncé[242], plus de 95 % des adolescents seraient encore engagés dans une pratique sportive. De plus, les inégalités de pratique des adolescents en fonction du sexe et du statut socio-économique sont principalement le résultat du processus d’abandon qui s’exerce à divers degrés. Ainsi, la situation économique et sociale des parents a peu d’impact sur le taux d’enfants n’ayant jamais pratiqué (l’écart est seulement de 4 % entre les enfants « défavorisés » et les enfants « favorisés »). En revanche, ce facteur influence fortement le maintien de la pratique à l’adolescence puisque l’écart de pratique sportive entre les enfants « favorisés » et les enfants « défavorisés » atteint 19 % à la date de l’étude.

Le processus d’abandon de la pratique sportive, socialement déterminé, entre l’enfance et l’adolescence, est significatif, d’où la pertinence d’une politique menée par le système éducatif et les fédérations sportives visant à limiter lesdits abandons.

Si les taux d’abandon étaient fortement abaissés, les taux de participation seraient les mêmes entre filles et garçons et entre adolescents issus de différents milieux sociaux. Les interventions doivent donc être ciblées pour réduire le taux d’abandon sportif des filles et des adolescents issus des milieux les plus modestes.

Les auteurs de l’étude mettent en avant plusieurs facteurs à prendre en compte :

- la densité des installations sportives au sein des lieux de vie est liée à la participation sportive. Les installations pourraient être construites selon les préférences des jeunes pour soutenir leur engagement ;

- à l’échelle interpersonnelle, la perception négative du climat de compétition a été mise en avant comme responsable d’une proportion abondante d’abandons des filles. Il faut donc développer une offre sportive proposant une diversité d’expériences à côté de celle de la compétition pour maintenir l’engagement des jeunes filles dans le temps ;

- le manque de plaisir est souvent mentionné comme cause d’abandon : selon la théorie de l’autodétermination, ce manque de plaisir peut être lié à de faibles sentiments de compétence, d’autonomie ou d’appartenance au groupe ; il faudrait donc développer un parcours d’orientation sportif, qui prendrait la forme de passerelles entre différentes fédérations sportives pour faciliter la transition des jeunes d’un sport à l’autre.

L’éducation physique étant obligatoire jusqu’à 16 ans, elle devrait constituer un levier important pour contrer le phénomène d’abandon sportif qui se déroule hors l’école, en développant par exemple des contenus éducatifs fondés sur la connaissance des activités sportives et ayant pour finalité de soutenir la motivation des jeunes à s’engager dans une pratique sportive en dehors de l’école. Elle pourrait également initier les adolescents à des pratiques sportives en lien avec celles qu’ils pratiquent en dehors de l’école, pour leur fournir les compétences nécessaires au passage d’une activité physique à l’autre.

Une étude de 2019[243] s’est intéressée aux raisons qui poussent les adolescents à abandonner le sport.

Entre 11 et 14 ans, la principale raison avancée est la perte de plaisir dans la pratique du sport en club[244]. Le cadre sportif peut apparaître trop sérieux, les exercices trop répétitifs. Selon les adolescents, la compétition occupe une place soit trop importante, soit trop réduite. Le manque de compétence, un niveau insuffisant ou l’absence de victoires pendant la saison incitent également les adolescents à abandonner le sport qu’ils pratiquent.

Enfin, les adolescents justifient l’abandon de la pratique sportive par une mauvaise atmosphère au sein du club ou de l’équipe, ou encore la mésentente avec l’entraîneur.

À partir de 15 ans (ce qui correspond à l’entrée au lycée), l’école est responsable du décrochage sportif : la pression exercée sur les lycéens pour l’obtention de résultats académiques élevés les pousse à augmenter le temps consacré aux études au détriment des loisirs, notamment du sport. Par ailleurs, aux emplois du temps souvent très chargés s’ajoute la phase des devoirs, ce qui laisse peu de temps pour la pratique d’un sport.

Même si les résultats de cette étude méritent d’être confirmés[245], ils offrent des pistes de réflexion intéressantes pour « réconcilier » les jeunes et le sport. Ainsi, les fédérations sportives ont un rôle important à jouer pour comprendre les raisons qui poussent les jeunes à se détourner du sport et pour s’engager à la fois dans la fidélisation des pratiquants, mais également dans des stratégies d’accueil de nouveaux pratiquants. En effet, la moitié des adolescents ayant décroché en matière de pratique dans un club sportif manifestent le souhait de reprendre une activité sportive. Néanmoins, plus le temps pendant lequel ils ne pratiquent plus de sport s’allonge, plus leur motivation diminue. Un dispositif pourrait donc être développé permettant aux enfants et adolescents déjà licenciés dans un club, de pouvoir tester gratuitement d’autres sports. En cas d’essai concluant, la licence pourrait être transmise au nouveau club.

Un tel dispositif a été testé dans trois départements. Il s’agit de la carte « passerelle » qui permet aux écoliers du CM1, du CM2 et de sixième licenciés à l’Usep[246] ou à l’UGSEL[247] de tester différents sports gratuitement et sans nouvelle prise de licence, à raison de trois séances maximum par club. Selon le bilan de l’expérimentation, 50 % des jeunes ayant testé un sport ont ensuite pris leur licence dans un club sportif, permettant ainsi une pratique plus assidue de la discipline choisie.

Une réflexion doit également être menée sur les temps scolaires et sur la place du sport dans l’enseignement, trop souvent relégué au second plan alors même que la recherche scientifique montre le lien entre la pratique d’une activité physique et les performances scolaires.

À cet égard, il convient de remarquer qu’avec 1 000 heures de cours par an au lycée, la France se situe largement au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE, laissant peu de temps pour les activités sportives extra-scolaires.

Par ailleurs, et en dépit des critiques exprimées précédemment, l’école joue un rôle fondamental pour l’activité physique des enfants et des adolescents via les heures d’EPS obligatoires hebdomadaires de la primaire au lycée. Néanmoins, la France fait partie des pays où les élèves ont le plus de vacances, avec 16 semaines par an. Ce chiffre est supérieur à la moyenne de 14 semaines observée dans les pays d’Europe et de l’OCDE. Plusieurs intervenants ont fait remarquer que le temps d’activité physique diminuait fortement pendant les vacances scolaires, en particulier pour les enfants les plus défavorisés.

Toute réflexion sur le temps scolaire en France devrait avoir pour objectif de dégager du temps pour favoriser l’activité physique des collégiens et des lycéens.

2. Le concept de littératie physique pour expliquer, promouvoir et éduquer à l’activité physique

Selon Margaret Whitehaed[248], le concept de littératie physique (LP) se définit comme « la motivation, la confiance, la compétence physique, le savoir et la compréhension nécessaires qu’une personne possède et qui lui permettent de valoriser et de prendre en charge son engagement envers l’activité physique durant toute sa vie ». Dans cette définition, la « motivation » se manifeste par une attitude positive et le désir de pratiquer l’activité physique. La « confiance » et la « compétence physique » sont liées à la croyance en sa propre capacité à utiliser, appliquer et apprendre efficacement une pluralité de mouvements dans des contextes variés. La « connaissance et la compréhension » font référence à la prise de conscience de son propre corps, de sorte que l’on puisse évaluer avec précision ses capacités de mouvement, formuler des suggestions d’amélioration et être en mesure de comprendre comment l’activité physique influence sa santé globale[249].

La notion de littératie physique est caractérisée par quatre dimensions inséparables[250] :

- la dimension physique qui correspond aux capacités et habiletés motrices, au contrôle du corps et à la condition physique acquise par et pour le mouvement ;

- la dimension psychologique constituée des attitudes et des émotions associées au mouvement ainsi qu’à leur impact sur la confiance et la motivation pour bouger ;

- la dimension sociale qui renvoie aux habiletés communicationnelles, facilitatrices d’interactions avec autrui (entraîneurs, adversaires, coéquipiers, amis, etc.) ;

- la dimension cognitive qui repose sur la compréhension et le développement des connaissances nécessaires à l’activité physique et à la prise de conscience de l’intérêt d’une vie active.

Concrètement, un individu « physiquement lettré » serait davantage enclin à s’engager dans des activités physiques et sportives non seulement parce qu’il dispose des compétences mais également parce qu’il est capable de se saisir, voire de provoquer des opportunités d’activité physique et sportive.

Comme le font remarquer les auteurs de l’article précité : « Aujourd’hui, la reconnaissance des apprentissages scolaires reste attachée à l’évaluation et à la note qui en résulte, mais peine à garantir les effets de ces apprentissages sur l’adoption de modes de vie durable. Ainsi, l’appréciation de la littératie physique des élèves ne doit pas prendre la forme d’une évaluation sommaire destinée à juger et à comparer leur niveau à des normes, mais plutôt à les conseiller et les guider vers des pratiques, des ateliers ou des ressources qui seraient favorables à leur vie physique. […] Le développement de la littératie physique à l’école ne peut reposer uniquement sur les leçons d’EPS et nécessite d’envisager un parcours de formation scolaire favorable au développement de ses quatre domaines. Une des clés de la réussite est de repenser l’environnement scolaire afin de multiplier les opportunités d’activités physiques quotidiennes. »

L’Éducation nationale a ciblé deux apprentissages prioritaires dès le plus jeune âge : apprendre à nager et savoir faire du vélo. Depuis 2008, le programme « j’apprends à nager » vise à rendre les enfants à l’aise dans l’eau dès le plus jeune âge, à favoriser l’apprentissage de la natation et à prévenir les noyades. Cet apprentissage est destiné aux enfants de 4 à 6 ans[251] dans le temps scolaire, périscolaire ou extrascolaire. Le plan « Savoir rouler à vélo » est mis en œuvre avec les ministères de l’intérieur, des transports et les acteurs du monde sportif. Il a pour but le déploiement d’un apprentissage massif du vélo pour les élèves de 6 à 11 ans dans le cadre scolaire ou périscolaire. L’objectif est de leur permettre de circuler à vélo en réelle autonomie à l’entrée au collège, tout en les incitant à des mobilités actives, en toute sécurité.

Ces initiatives doivent être saluées et mériteraient d’être systématisées à tous les enfants.

Par ailleurs, compte tenu de la détérioration générale de la condition physique constatée chez les enfants, il est urgent non seulement de développer leur littératie physique dès le plus jeune âge afin de leur donner le goût de l’activité physique, mais également de rendre leur environnement et le rythme de leurs journées propices à l’activité physique.

3. Des recherches visant une personnalisation et une optimisation des préconisations en matière d’activité physique
a) Des recommandations en matière d’activité physique à adapter au profil et au mode de vie des personnes

Les recommandations en matière d’activité physique pour obtenir des bénéfices sur la santé, notamment pour diminuer le risque d’apparition des maladies chroniques, sont relativement uniformes en matière de durée (30 à 50 minutes d’exercice aérobie par jour), d’intensité (modérée à vigoureuse) et de fréquence (3 à 5 fois par semaine). Cependant, cet effet dose-réponse dépend du niveau de condition physique du pratiquant. Chez des pratiquants peu entraînés, des effets significatifs peuvent être obtenus même avec des doses plus faibles, alors que chez les pratiquants entraînés, la dose nécessaire pour observer un effet doit être plus importante. Selon le professeur Jean-Jacques Temprado, pour les personnes très actives, il faut ajouter au moins la moitié de la dose préconisée en moyenne dans les messages de prévention.

La prescription de l’activité physique doit donc prendre en compte les caractéristiques biologiques et comportementales de l’individu ainsi que son contexte de vie socio-économique. Plusieurs interlocuteurs ont insisté sur la nécessité de sortir du slogan simpliste de « 30 minutes d’activité physique par jour » pour déterminer comment, chez quel public, dans quelles conditions et en lien avec quels autres comportements de santé il est concrètement possible d’encourager l’activité physique.

Lors de son audition[252], la professeure Martine Duclos a présenté plusieurs études visant à affiner les préconisations en matière d’activité physique afin de tenir compte des capacités physiques, de la disponibilité et des modes de vie des personnes.

Une équipe de recherche[253] s’est interrogée sur l’efficacité d’une activité de faible intensité en réalisant une méta-analyse à partir de six études de cohortes comportant au total 13 960 personnes âgées de 55 à 78 ans et suivies pendant sept ans.

L’étude fait apparaître qu’une activité de faible intensité[254] peut diminuer la mortalité cardiovasculaire à condition d’être pratiquée trois heures par jour. Ces résultats permettent ainsi de faire des recommandations aux personnes rencontrant des difficultés de mobilité.

Faute de temps, de nombreuses personnes exercent une activité physique uniquement le week-end, voire un seul jour par semaine[255]. Les femmes sont particulièrement concernées en raison de la multiplicité des tâches qu’elles ont à gérer dans la vie quotidienne[256]. Une étude menée en 2023[257] pour mesurer l’impact sur la santé de la concentration de l’activité physique sur un seul jour s’est appuyée sur une cohorte de la UK Biobank comportant 89 000 personnes, âgées de 57 à 69 ans, dont 56 % de femmes.

Les résultats obtenus montrent un impact identique de l’activité physique sur la mortalité cardiovasculaire qu’elle soit répartie sur la semaine ou concentrée sur un ou deux jours. Les risques de démence et d’accident cardiovasculaire sont diminués de 23 %, le risque de maladie de Parkinson de 49 %, le risque de dépression de 26 %, le risque d’anxiété de 28 %.

En matière d’activité physique intense, 75 à 150 minutes par semaine sont préconisées avec des séquences de 10 à 15 minutes à chaque fois. Plusieurs études ont analysé l’impact d’une activité physique intense de courte durée (moins de 5 minutes par jour) sur la santé.

Une première étude[258] s’est appuyée sur une cohorte de la UK Biobank de 71 893 personnes équipées d’un accéléromètre, âgées en moyenne de 62,5 ans, dont 55,9 % de femmes. Le suivi a été réalisé pendant près de 6 ans. Quatre groupes ont été distingués :

- celui faisant moins de 10 minutes d’activité physique intense par semaine ;

- celui réalisant entre 10 à 20 minutes d’activité physique intense par semaine ;

- celui réalisant entre 30 à 60 minutes d’activité physique intense par semaine ;

- celui réalisant plus de 60 minutes par semaine.

L’impact sur la mortalité toutes causes confondues a été étudié. Il a été constaté qu’une activité physique intense comprise entre 10 et 30 minutes par semaine permet de diminuer les risques de mortalité de 30 %. 15 minutes d’activité physique intense par semaine constituent la dose minimale pour diminuer le risque de cancer et de maladies cardiovasculaires de 50 %. Au-delà de 56 minutes par semaine, l’activité physique intense n’aurait plus d’impact sur la diminution du risque de cancer et de maladies cardiovasculaires. Concrètement, des sessions quotidiennes de trois minutes par jour d’activité physique intense seraient suffisantes pour réduire de moitié les risques de cancer et de maladies cardiovasculaires.

Une autre étude[259] s’est intéressée à l’impact de l’activité physique pendant des durées très courtes (une à deux minutes) réalisées dans le cadre de la vie quotidienne. L’étude s’est intéressée à des personnes inactives avec un âge moyen de 61,8 ans et suivies pendant près de sept ans à partir de la UK Biobank. Elle a montré que trois sessions d’une minute par jour diminuent la mortalité cardiovasculaire de 39 % et la mortalité par cancer de 40 %.

Il convient d’éviter tout malentendu dans l’interprétation de ces études qui n’ont pas vocation à inciter la population générale à moins d’activité physique dont l’intérêt dépasse largement la prévention des risques de santé. En revanche, elles montrent que les recommandations générales peuvent être personnalisées, voire optimisées et que des objectifs d’activité physique relativement modestes peuvent être inclus sans difficulté dans la vie quotidienne tout en ayant des impacts non négligeables sur la prévention de certaines maladies.

Ces résultats s’intègrent dans une réflexion plus globale sur l’optimisation du temps – souvent restreint – que peuvent consacrer des personnes peu actives à l’activité physique. Dans le cadre de l’obésité et du diabète par exemple, des exercices d’endurance combinés à du renforcement musculaire sont préconisés pour la perte de masse grasse viscérale et le contrôle glycémique. Lorsque leur condition physique le permet, des exercices intenses réalisés de manière fractionnée sur un temps court sont proposés aux patients obèses ou diabétiques, car ils procurent des bénéfices et des résultats équivalents à ceux d’exercices d’intensité plus faible mais plus longs.

b) L’analyse de la pertinence scientifique de l’injonction des 10 000 pas par jour

Certains chercheurs se sont intéressés à la pertinence des « 10 000 pas par jour »[260], injonction apparue il y a près de cinquante ans dans le cadre d’une campagne publicitaire pour le lancement d’un podomètre[261] japonais. Cet objectif de 10 000 pas s’est ensuite diffusé, notamment dans les applications mobiles alors qu’aucune étude scientifique n’avait validé le fait qu’il faille atteindre cet objectif pour bénéficier des bienfaits de la marche sur la santé.

Depuis, plusieurs études ont montré que le nombre de pas nécessaires pour un effet positif sur la santé variait selon les publics étudiés et était généralement inférieur à 10 000 pas par jour.

Dans une étude américaine menée en 2019 sur des femmes âgées en moyenne de 72 ans[262], les chercheurs ont observé une réduction de la mortalité toutes causes confondues chez les femmes qui effectuaient au moins 4 400 pas par jour (comparé à celles qui en faisaient en moyenne 2 700). Au-delà de 7 500 pas par jour, aucun bénéfice additionnel n’était observé. En outre, dans cette étude, l’intensité de la marche n’était pas associée à une baisse de la mortalité significative lorsqu’on tenait compte du nombre de pas fait chaque jour. Ces résultats pourraient servir à encourager les personnes sédentaires pour qui 10 000 pas par jour représentent un but inatteignable.

En 2021, une autre étude[263] a été menée chez des hommes et des femmes dont l’âge moyen était de 45 ans. Cette étude suggère que 7 000 pas par jour est le seuil au-delà duquel le risque de décès est diminué dans cette population. Au-delà de 10 000 pas par jour, aucun bénéfice additionnel en matière de risque de décès n’a été observé.

En 2022, une analyse croisée[264] des études disponibles a montré que le plus grand bénéfice en termes de réduction de la mortalité et des maladies cardiovasculaires est observé autour de 6 000 à 8 000 pas par jour pour les personnes âgées de 60 ans et plus, et autour de 8 000 à 10 000 pas par jour pour les personnes âgées de moins de 60 ans.

À l’été 2025, une nouvelle analyse[265] des études scientifiques disponibles a été publiée sur l’intérêt des 10 000 pas par jour. Par rapport à 2 000 pas, 7 000 pas par jour sont associés à une réduction de 47 % du risque de mortalité toutes causes confondues. Le risque d’incidence des maladies cardiovasculaires est réduit de 25 % et celui de mortalité due aux maladies cardiovasculaires de 47 %. La réduction d’incidence du cancer n’est pas significative, mais le risque de mortalité par cancer est réduit de 37 %. Les résultats de cette analyse font également état d’un risque réduit de 14 % de diabète de type 2, d’un risque réduit de 38 % de démence et d’un risque réduit de 22 % de symptômes dépressifs.

Bien que 10 000 pas par jour représentent un objectif souhaitable pour les personnes actives en matière de bénéfice pour la santé, 7 000 pas par jour sont associés à des améliorations cliniquement significatives et pourraient constituer un objectif plus réaliste et plus facile à atteindre pour les personnes faiblement ou modérément actives.

L’un des défis est d’inciter les personnes sédentaires à l’activité physique. Des préconisations trop ambitieuses peuvent les décourager. C’est la raison pour laquelle les experts sont enclins à suggérer aux personnes peu actives de commencer par ajouter 1 000 pas par jour à leur activité physique quotidienne, soit une marche de 10-15 minutes, et d’augmenter chaque semaine la durée de cette marche quotidienne jusqu’à atteindre environ 7 500 pas par jour.

4. Le rôle des sciences de l’implémentation pour assurer le succès des interventions en matière d’activité physique

Les études scientifiques insistent toutes sur l’impact de l’activité physique et de la réduction de la sédentarité sur la santé. Pourtant, ces études ont peu d’impact en santé publique en raison de leur faible répercussion sur le comportement de la population.

Le style de vie actif est un comportement de santé complexe, déterminé par des facteurs relevant de niveaux micro, méso et macro-environnementaux. Les incitations politiques sont insuffisantes pour encourager la population à adopter et à maintenir un comportement favorable à sa santé. Outre le système de santé (facteur macro-environnemental), des facteurs impliqués dans l’adhésion à un style de vie actif ont été identifiés, qu’il s’agisse de facteurs personnels ou micro-environnementaux (auto-efficacité, historique d’activité physique, motivation), et des facteurs méso-environnementaux (accessibilité aux équipements, modalités de mise en œuvre de l’activité physique : intervenants, supervision, lieux de pratique).

Facteurs qui influencent la pratique de l’activité physique

D’après Booth issu de l’ouvrage : Rostan F., Simon C., Ulmer Z. dir. Promouvoir l’activité physique des jeunes. Élaborer et développer un projet de type Icaps. Saint-Denis : Inpes, coll. Santé en action, 2011

Les sciences de l’implémentation ont vocation à développer des stratégies spécifiques pour promouvoir l’intégration des résultats de la recherche dans la politique et la pratique des soins de santé[266]. Elles se définissent comme l’étude scientifique de méthodes visant à promouvoir l’adoption systématique des résultats de recherche et autres pratiques fondées sur des preuves scientifiques dans les pratiques de routine et, ainsi, à améliorer la qualité et l’efficacité des soins.

Elles interviennent à différentes échelles : au niveau du patient, mais également au niveau des acteurs de terrain, des organisations et de la politique de santé. Elles nécessitent une évaluation initiale du contexte, des obstacles et des facteurs facilitant la réalisation d’une intervention complexe, afin de déterminer les stratégies initiales à adopter pour favoriser cette réalisation.

Dans son rapport d’habilitation à diriger des recherches, Aude-Marie Foucaut[267] fait la remarque suivante à propos de la prescription d’activité physique en oncologie : « En tant qu’intervention non médicamenteuse efficace, l’exercice physique en oncologie ne consiste pas seulement à conseiller ou à promouvoir un style de vie actif et de parler de son bénéfice, mais consiste à proposer un volume d’exercices (fréquence, intensité, temps et type d’exercices) et des modalités particulières d’exercices (supervision, environnement de pratique, usage du numérique, en contexte urbain ou rural, modalités d’accompagnement motivationnel et éducatif, coûts, etc.). Ainsi, et au regard des sciences de l’implémentation, il conviendra d’identifier et de mettre en évidence dans les recommandations de bonnes pratiques les “composants centraux” (ou invariants) – éléments essentiels et indispensables à la mise en œuvre de l’exercice physique dans les parcours –, et les “périphériques adaptables” (ou composants modulables) – les éléments, structures et systèmes adaptables liés à l’intervention d’exercice physique et à l’organisation dans laquelle elle est mise en œuvre. Le maintien des composants centraux et l’adaptation des périphériques adaptables permettra de supporter la validité interne, la fiabilité, et la fidélité de l’intervention. Ce focus est à notre connaissance très peu effectué dans les recommandations internationales alors que nous sommes à l’heure où les études d’implémentations en contexte de vie réelle doivent être développées pour une science des solutions qui accuse un retard conséquent vis-à-vis de la science des problèmes. »

De nombreuses personnes entendues ont insisté sur la nécessité d’investir dans les sciences de l’implémentation pour que l’efficacité de l’intervention ne soit pas seulement potentielle mais devienne réelle.

5. Les innovations technologiques au bénéfice de l’activité sportive et physique de demain

Les accéléromètres permettent d’analyser les mouvements. Au cours d’une journée de 24 heures, six comportements de mouvement peuvent être identifiés : le sommeil, le temps passé assis, le temps passé debout sans bouger, la marche lente, la marche rapide et des exercices physiques. Une étude de 2024[268] a mesuré le temps consacré à chacun de ces comportements[269] et a étudié l’impact d’une modification du temps dédié à certains comportements sur la pression artérielle.

Il a été constaté qu’une augmentation du temps passé à faire de l’exercice physique ou à dormir[270] conduisait à une réduction de la pression artérielle. Concrètement, une augmentation du temps consacré à l’exercice physique de cinq minutes par jour aux dépens des cinq autres comportements permet de réduire la pression artérielle systolique de 0,68 mmHg et la pression artérielle diastolique de 0,54 mmHg. Une baisse de la pression artérielle systolique de 2 mmHg a également été constatée lorsque l’exercice physique remplace 20 minutes de marche rapide, 21 minutes de sédentarité, 22 minutes debout, 26 minutes de marche lente et 27 minutes de sommeil.

Cette étude montre qu’une réallocation limitée des comportements au bénéfice de l’exercice physique a un réel effet sur la pression artérielle. Les montres connectées (qui sont équipées d’un accéléromètre) peuvent jouer un rôle important pour analyser les comportements au cours de la journée et faciliter des modifications peu exigeantes qui auront néanmoins un réel effet sur la santé.

L’intelligence artificielle devrait également contribuer à améliorer la santé des personnes en tenant compte de tous les comportements de mouvement et aboutir à une médecine prescriptive d’activités physiques personnalisées. Elle permettra aussi de tenir compte du rythme circadien des personnes dans la pratique des activités physiques en privilégiant, le cas échéant, certaines périodes de la journée.

D’autres innovations technologiques ont pour objet de faciliter l’accès à l’activité physique pour des catégories de population rencontrant certaines difficultés à pratiquer une activité physique régulière, comme les personnes en situation de handicap. L’exergaming, à savoir le fait d’effectuer une activité physique de manière ludique et motivante en passant par le jeu vidéo, peut constituer une piste intéressante pour permettre à ces personnes d’exercer une activité physique. La chercheuse Mai-Anh Ngo a évoqué les possibilités offertes par le Ring Fit Adventure, un jeu vidéo pratiqué sur Nintendo Switch, dans lequel le joueur se déplace le long d’un parcours déterminé en courant sur place et en sautant au-dessus d’obstacles en pressant et relâchant un anneau en plastique (le Ring-Con) fourni avec le jeu. L’exergaming présente le double intérêt de permettre la pratique du sport et de l’activité physique à domicile et de lui donner une connotation ludique, ce qui peut motiver des personnes a priori peu sensibles à l’activité physique. Le jeu peut même être paramétré de manière à le rendre accessible à des personnes lourdement handicapées.

De plus en plus de jeux vidéo sont développés à l’intention des personnes âgées. L’objectif est de solliciter les capacités cognitives tout en proposant une activité physique grâce à divers outils numériques. Des systèmes de touches avec des jeux de lumière permettent de stimuler le joueur et de le faire bouger tout en jouant. Des recherches sont entreprises pour développer des programmes de réalité virtuelle personnalisés afin de tenir compte des spécificités et des besoins de chaque utilisateur. Dans le cadre de la chaire Active Aging, le projet de recherche Silver Explorer vise à concevoir un jeu vidéo pour et avec les séniors, en réalité virtuelle, utilisable à domicile avec un concept d’entraînement, des modules d’exercice, ainsi qu’une histoire attractive qui inciterait le joueur à pratiquer régulièrement et à maintenir ses capacités physiques.

À Rennes, le laboratoire M2S (Mouvement, sport, santé) a développé un jeu vidéo proposant une activité physique à des enfants atteints de cancer qui sont dans des chambres stériles. Les séances d’activité physique sont adaptées aux informations métaboliques et aux traitements que l’enfant reçoit. Grâce à un algorithme de machine learning, le comportement du compagnon virtuel de l’enfant est individualisé afin de proposer des séances adaptées. La fréquence cardiaque de l’enfant est prise en compte pendant toute la durée du jeu et ce dernier est modulé pour ne pas dépasser un nombre de battements cardiaques défini à l’avance. Par exemple, l’un des jeux développés propose à l’enfant de couper des briques dans différents environnements, comme sur une plage ou dans l’espace. La vitesse des cubes est adaptée en fonction de la fréquence cardiaque de l’enfant.

L’université Paris-Saclay, dans le cadre du projet CESAM (Centre d’étude du sport et d’analyse du mouvement), utilise les exergames dans ses recherches. Si ces jeux, développés par la société Neoexpérience, ont d’abord été conçus pour divertir, les acteurs du monde de la recherche et du sport ont décelé en eux un potentiel intéressant pour améliorer la motricité et les habiletés cognitives, en particulier chez les personnes âgées. Des jeux à but thérapeutique ont donc été mis au point, qui ciblent la mémoire de travail ou encore la flexibilité attentionnelle.

D’une manière générale, l’exergame est utilisé pour inciter à bouger les gens peu enclins à l’activité physique. Des programmes de stimulation physique et cognitive par le jeu sont mis en place auprès de publics qui ont des déficits cognitifs, physiques ou moteurs. D’autres projets existent avec des enfants exposés à des déficits importants dans leurs habiletés motrices générales. Le jeu va permettre d’améliorer leur capacité à lancer une balle, à tirer dans un ballon ou même à sauter.

Selon certaines études[271], les exergames seraient une piste intéressante pour développer l’activité physique adaptée en direction d’enfants en manque de pratique physique afin d’atteindre l’objectif fixé des 30 minutes d’activité par jour dans les écoles primaires, ou encore pour des gens réfractaires au sport en raison de capacités physiques insuffisantes. Leur caractère ludique a vocation à faciliter puis maintenir la motivation des publics ciblés pour cette pratique.

Néanmoins, les exergames tendent à encourager l’utilisation des écrans, ce qui peut s’avérer paradoxal au moment où de nombreuses études scientifiques insistent sur la nécessité de réduire le temps passé devant les écrans, notamment des enfants et adolescents.

Par ailleurs, ces technologies sont très coûteuses : l’équipement d’une salle dédiée aux exergames s’élève à 25 000 euros. Tout achat d’exergame doit donc faire l’objet d’une réflexion préalable sur son utilité au regard d’autres investissements. À supposer par exemple qu’une école dispose du budget pour l’acquisition d’un exergame, on peut se demander s’il ne serait pas plus pertinent d’employer un éducateur sportif pour accompagner les enseignants dans la mise en place des 30 minutes d’activité physique par jour, pour animer les récréations et les pauses-déjeuner et pour développer une stratégie en faveur de l’activité physique au sein de l’école.

V. Les dix recommandations de l’Office

En conclusion de cette étude, l’Office formule deux grandes séries de recommandations : les premières visent à maintenir et accroître l’apport de la science au développement de la performance et de l’activité sportive, les secondes à encourager plus fortement la pratique sportive en France.

A. Mettre la science au service de la performance et de l’activité sportive

1. Sanctuariser et élargir les programmes de recherche en lien avec le sport de très haut niveau (notamment sur les spécificités féminines), tout en associant davantage les fédérations

L’accompagnement scientifique à la performance est devenu indispensable pour remporter les compétitions au plus haut niveau mondial. La France a pris du retard par rapport à certains pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni ou encore l’Australie qui, depuis des décennies, intègrent la science dans leur stratégie sportive. Les jeux Olympiques et Paralympiques de Paris ont été l’occasion de renforcer la coopération entre la science et le sport de haut niveau. Il faut maintenant asseoir cette stratégie dans le temps.

Cet objectif implique de :

- garantir le financement du nouveau programme prioritaire de recherche de 20 millions d’euros annoncé en juillet 2025 pour préparer les jeux Olympiques d’été de 2028 à Los Angeles et les jeux Olympiques d’hiver de 2030 en France ;

- accorder le cas échéant la responsabilité scientifique des projets de recherche sélectionnés aux référents scientifiques des fédérations parties prenantes ; s’assurer que les fédérations impliquées pourront bénéficier de financements afin de couvrir les moyens humains et d’accompagnement qu’elles engagent ;

- financer des études scientifiques sur la physiologie des sportives et son impact sur la pratique et les performances sportives ;

- ouvrir les projets de recherche liés au sport aux appels à projet de l’Agence nationale de la recherche (ANR) en inscrivant le sport dans les thématiques transversales des appels à projets génériques annuels et en déclarant éligibles au financement de l’ANR les fédérations et les établissements appartenant au réseau du Grand Insep.

2. Renforcer l’expertise des fédérations et les moyens de l’Insep et de l’Agence nationale du sport

Les fédérations, le réseau Grand Insep et l’Agence nationale du sport sont les piliers du sport de haut niveau en France. Les fédérations sont responsables de la stratégie sportive dans leurs disciplines et de l’accompagnement de leurs athlètes. Elles sont toutes conscientes du rôle de la science sur l’amélioration des performances sportives même si la mise en pratique de cette stratégie varie selon les fédérations.

Pour accroître leur expertise, l’Office propose de :

- renforcer la formation scientifique des entraîneurs et des sportifs en encourageant l’acquisition de diplômes universitaires et la formation à la culture scientifique dans des parcours professionnalisants ;

- renforcer la légitimité des référents scientifiques au sein des fédérations en précisant leurs tâches et les compétences requises dans des fiches de poste ; mentionner explicitement le rôle et l’implication attendus du référent scientifique dans le cadre des projets de performance fédéraux ;

- faciliter le recrutement de doctorants dans les fédérations en augmentant le nombre de bourses Cifre ;

- augmenter le plafond d’emplois de l’Insep et de l’ANS pour tenir compte de l’apparition de nouveaux métiers (sport data scientists) et pour renforcer leurs fonctions d’accompagnement scientifique à la performance[272].

3. Charger l’Agence nationale du sport de représenter l’ensemble des fédérations et des clubs sportifs dans les relations avec les fournisseurs de données afin de peser dans les négociations sur les aspects techniques et de souveraineté des données relatives aux sportifs français

De plus en plus de données sont produites et traitées dans le domaine du sport, soulevant à la fois des enjeux de souveraineté et des enjeux techniques liés au traitement de ces données. L’Insep et les fédérations sportives sont des clients relativement modestes des grandes entreprises, le plus souvent étrangères, qui fournissent et hébergent les données. La récupération des données brutes auprès des fournisseurs constitue un véritable enjeu mais ceux-ci y sont réticents car cela permettrait de mettre à jour les algorithmes utilisés pour leur traitement. Néanmoins, le recueil des données brutes est indispensable pour vérifier que les données traitées ne sont pas même involontairement biaisées, voire faussées. Il existe en outre un risque de confidentialité pour des données exploitées par des entreprises américaines, australiennes ou britanniques.

Pour remédier à ces difficultés, il serait judicieux de mettre fin à la fragmentation des marchés de données, chaque fédération négociant actuellement de son côté avec les fournisseurs de données, et de confier à une entité nationale comme l’Agence nationale du sport la représentation de l’ensemble des fédérations et clubs sportifs dans les relations avec les fournisseurs de données, à l’instar de ce que font UK Sport ou Team USA.

4. Veiller à ce que l’esprit de la loi Jardé relative aux recherches impliquant la personne humaine soit respecté

La loi Jardé clarifie les règles applicables aux recherches pratiquées sur l’être humain en fonction de leur niveau de risque et du degré d’intervention sur les personnes. Les comités de protection des personnes (CPP) sont chargés de vérifier que les projets de recherche respectent un certain nombre de critères médicaux, techniques et juridiques afin d’assurer la protection des personnes.

Dans le domaine des sciences du sport, les projets de recherche ne présentent généralement pas le même degré d’intervention sur les personnes que les projets en recherche clinique. Il conviendrait donc que les CPP adaptent leurs contrôles à la nature de ces projets et veillent à l’homogénéisation de leurs décisions dans le respect de l’esprit de la loi Jardé.

5. Faire de la prévention des commotions cérébrales et du coup de chaleur d’exercice des priorités de santé publique, notamment dans les compétitions extrêmes et pour les jeunes publics

Les commotions cérébrales restent encore mal connues dans le sport de haut niveau et dans le sport amateur en France, en dépit des efforts croissants de sensibilisation de la part des fédérations. Aussi, plusieurs mesures doivent être mises en œuvre pour les prévenir ainsi que leurs conséquences à long terme :

- financer des études longitudinales sur le suivi des sportifs professionnels afin de disposer d’indicateurs chiffrés sur leur incidence et leurs effets à long terme en matière de santé ;

- enrichir le système de surveillance vidéo des joueurs du rugby avec l’intelligence artificielle afin de repérer les situations à risque et les attitudes déviantes de certains joueurs même en l’absence de commotions cérébrales que l’arbitre pourrait sanctionner. Cette surveillance vidéo des joueurs pourrait être étendue à d’autres disciplines sportives (handball, basket-ball, judo) ;

- prévoir des sanctions plus sévères dans tous les sports de contact pour lesquels certains comportements de jeu sont susceptibles d’entraîner des commotions cérébrales. L’exclusion par exemple de deux minutes du joueur de handball qui tire dans la tête du gardien introduite en 2022 n’est pas suffisamment dissuasive ;

- s’assurer que les protège-dents connectés imposés par World Rugby depuis 2023 pour détecter les impacts à la tête remplissent correctement leur fonction première de protection contre les chocs ;

- engager au niveau international une réflexion sur l’homogénéisation des gabarits en fonction des postes au rugby pour renforcer l’efficacité de la prévention des commotions cérébrales ;

- renforcer la sensibilisation des joueurs amateurs ;

- au rugby, interdire les plaquages et les chocs répétés lors des rucks pour les joueurs de moins de 15 ans ;

- s’aligner sur les pratiques en vigueur aux États-Unis, en Angleterre et en Irlande interdisant au football les jeux de tête pour les enfants avant l’âge de 11 ans. L’apprentissage de la technique du jeu de tête doit faire l’objet de consignes au niveau national afin notamment de l’accompagner d’exercices visant à renforcer les muscles de la nuque. La taille et la pression des ballons utilisés doivent être modifiées. L’utilisation de balles en mousse pour l’apprentissage des têtes au football doit être privilégiée ;

- encourager les recherches sur le coup de chaleur d’exercice, pathologie largement sous-estimée aussi bien par le milieu médical que par le milieu sportif. Les recherches doivent être amplifiées pour connaître les mécanismes physiologiques en cause et améliorer l’efficacité de sa prise en charge. Parallèlement, le coup de chaleur d’exercice doit faire l’objet de campagnes de sensibilisation auprès des sportifs et des équipes médicales.

6. Réglementer la préparation mentale dans le sport et rationaliser les diplômes des préparateurs physiques

Les préparateurs physiques et mentaux jouent un rôle déterminant dans l’amélioration des performances des sportifs de haut niveau. Pourtant, ces professions ne sont pas clairement identifiées et restent confrontées à la multiplication de pratiques pseudo-scientifiques qui non seulement nuisent à la crédibilité de ces métiers, mais peuvent mettre en danger les athlètes. Il faut donc structurer ces professions. Il est proposé d’instaurer un cadre commun de connaissances qui s’appuierait sur la formation Staps Entraînement et optimisation de la performance sportive pour les futurs préparateurs physiques et préparateurs mentaux.

Dans l’attente d’une réglementation des compétences et des diplômes requis pour les métiers de préparateur physique et de préparateur mental, le développement de labels par les fédérations et l’Insep devrait être encouragé afin de garantir la qualité des prestations des préparateurs physiques et des préparateurs mentaux en activité.

En ce qui concerne le métier de préparateur physique, il est proposé la mise en place d’une carte professionnelle dédiée aux fonctions support de l’encadrement sportif avec mention spécifique Préparation physique, distincte des 80 diplômes et brevets existants dont les intitulés utilisent pourtant des termes en rapport avec la préparation physique (conduite de séances de préparation physique sportive, développement et maintien des capacités physiques, musculation éducative, sportive et d’entretien, etc.). Cette carte professionnelle doit sanctionner des connaissances et des compétences spécifiques[273]. Par ailleurs, le préparateur physique doit également être un entraîneur, ce qui suppose l’obtention du diplôme d’État de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport (DEJEPS)[274].

Le métier de préparateur mental doit également être réglementé. Un groupe de travail créé en 2022 et piloté conjointement par la Société française de psychologie du sport, l’Association nationale représentative des jeunes du champ du sport et de l’association ainsi que la Conférence des directeurs et directrices en Staps a publié 15 préconisations[275] dont l’Office considère qu’elles méritent d’être reprises par les pouvoirs publics.

Elles répondent à une double exigence : reconnaître la richesse et la diversité des pratiques existantes, tout en construisant un cadre commun, lisible, rigoureux et protecteur pour les entraîneurs et les sportifs.

Parmi les propositions avancées figure la création d’un titre professionnel inscrit au répertoire national des certifications professionnelles conditionnant l’exercice de la profession. L’accès au métier de préparateur mental serait réservé aux personnes justifiant d’une formation master[276] intégrant un socle disciplinaire en psychologie du sport et d’un stage long débouchant sur un mémoire professionnel. Avant de pouvoir exercer, un minimum de 300 heures de pratique et de 20 heures de supervision par un professionnel serait exigé.

Des dispositions transitoires pour les professionnels déjà en activité seraient envisagées visant soit à leur permettre de se mettre en conformité à travers un titre provisoire, soit à poursuivre leur activité sans formation complémentaire à partir d’une certaine ancienneté.

Enfin, à l’instar de ce qui est proposé pour les préparateurs physiques, les préparateurs mentaux feraient désormais l’objet d’un statut professionnel à travers la création d’une carte professionnelle dédiée aux fonctions support de l’encadrement sportif avec mention spécifique Préparation mentale.

B. Faire de la France une nation active et sportive

7. Actualiser régulièrement les données sur la sédentarité, l’activité physique, les temps passés devant les écrans et la condition physique des Français

Les enquêtes sur l’activité physique des Français, leur propension à la sédentarité et le temps passé devant les écrans sont anciennes. Ainsi, l’étude ESTEBAN sur le temps passé devant les écrans par les enfants et adolescents a été menée entre 2014 et 2016. De même, les avis de l’Anses relatifs à l’évaluation des risques liés aux niveaux d’activité physique et de sédentarité des enfants et des adolescents datent de 2016 et de 2020.

Il est donc urgent de disposer de données plus récentes à la fois sur le taux de sédentarité, sur l’activité physique et sur les temps passés devant les écrans. Leur actualisation régulière est nécessaire car elle permettra d’évaluer les politiques publiques engagées pour lutter contre la sédentarité et encourager l’activité physique. Il est donc indispensable d’investir financièrement, matériellement et humainement dans des enquêtes populationnelles sur ces thématiques pour obtenir des données actualisées.

Les données sur la condition physique des Français, en particulier des enfants, ne font pas non plus l’objet d’un suivi régulier. À la rentrée 2025, le Gouvernement a mis en place une évaluation des aptitudes physiques des élèves de 6e. Il serait pertinent de généraliser cette initiative aux enfants entrant en maternelle, au CP et au lycée. À l’instar du carnet de santé, un carnet d’activité physique devrait être institué pour tous les enfants afin de suivre leur appropriation de la littératie physique, mais également de pouvoir faire des comparaisons dans le temps et d’évaluer les politiques publiques en matière d’incitation à l’activité physique et leurs répercussions sur l’habileté motrice.

8. Faire de la prescription de l’activité physique adaptée un axe majeur du traitement non médicamenteux des maladies chroniques et des troubles de santé mentale

La prévention secondaire vise à agir au tout début de la maladie afin d’en limiter l’évolution ou d’en faire disparaître les facteurs de risque. La prévention tertiaire consiste, lorsque la maladie est installée, à réduire l’aggravation, les complications, les invalidités et les rechutes.

Il existe un consensus scientifique sur le rôle de l’activité physique aussi bien en matière de prévention secondaire qu’en matière de prévention tertiaire. C’est la raison pour laquelle l’activité physique adaptée est considérée depuis 2016 comme une thérapie non médicamenteuse pour les patients atteints d’une affection de longue durée ou de pathologies chroniques.

Néanmoins, en pratique, l’activité physique adaptée peine à trouver sa place dans notre système de soins. Les obstacles sont nombreux et ont été répertoriés dans une étude mentionnée précédemment[277] : méconnaissance persistante de l’impact de l’activité physique sur la santé par l’ensemble des professionnels de santé ; statut peu adapté des enseignants en activité physique adaptée qui ne sont pas reconnus comme auxiliaires médicaux ; situation financière fragile des maisons sport-santé en l’absence de financement de fonctionnement pérenne. Le non-remboursement des programmes d’activité physique adaptée à visée thérapeutique par l’assurance maladie est également considéré comme un frein au développement de cette thérapie non médicamenteuse.

Il convient donc de mettre l’activité physique adaptée au cœur de la stratégie de santé publique en levant systématiquement les obstacles cités précédemment. Cela passe par la formation et la sensibilisation des professionnels de santé, en particulier des médecins que la loi a autorisés depuis 2016 à prescrire de l’activité physique adaptée à visée thérapeutique ; la reconnaissance des enseignants en activité physique adaptée en tant qu’auxiliaires de santé ; la stabilité financière des maisons sport-santé. Le remboursement des programmes d’activité physique adaptée à visée thérapeutique par l’assurance maladie coûterait plusieurs milliards à court terme, mais il permettrait de faire des économies en réduisant les facteurs de risque liés à certaines maladies et en ralentissant, voire en empêchant leur aggravation. La stratégie nationale sport santé 2025-2030 rappelle qu’une vingtaine d’expérimentations relevant de l’article 51 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 intègrent de l’APA dans le parcours de soins de maladies chroniques (maladies cardiovasculaires, respiratoires, obésité, cancers). Certaines sont terminées et ont démontré leur efficacité. Plusieurs autres arrivent à échéance en 2025 et 2026. Une analyse économique des coûts-bénéfices de ces expérimentations doit être entreprise pour éclairer le législateur et lui permettre de prendre une décision fondée sur des données scientifiques, sans connotation morale[278].

9. Promouvoir les recherches sur la réduction de la sédentarité et l’encouragement à l’activité physique ainsi que sur la motivation et l’observance à long terme des pratiques physiques

Les sciences de l’implémentation devraient jouer un rôle crucial dans la lutte contre la sédentarité et l’encouragement de l’exercice physique. Elles visent à identifier les obstacles et les facilitateurs à la réalisation d’une intervention complexe, à développer des stratégies d’implémentation, à adapter les interventions aux contextes locaux ainsi qu’à sensibiliser non seulement les professionnels de santé, mais également toutes les parties prenantes (politiques, administrations, etc.). Ces approches permettent de traduire les connaissances scientifiques en actions concrètes et efficaces pour promouvoir un mode de vie actif. Elles s’intéressent aux facteurs qui motivent les individus à pratiquer de l’activité physique et aux conditions qui favorisent l’observance à long terme des stratégies mises en place. Ainsi, les études scientifiques mettent toutes en avant l’importance des motivations intrinsèques comme le plaisir ou la compétence pour promouvoir l’activité physique. Pourtant, le discours des pouvoirs publics continue de mettre d’abord l’accent sur les bénéfices de l’activité physique sur la santé.

Les recherches dans le domaine des sciences de l’implémentation sont peu développées en France. Il convient donc de les promouvoir et d’assurer leur financement dans le cadre de la stratégie nationale sport santé 2025-2030 en cours d’élaboration.

10. Redonner sens à l’activité physique au quotidien à tout âge : de l’école maternelle jusqu’aux structures médicalisées

Le slogan « 30 minutes d’activité par jour » a l’avantage d’être simple et de donner une marge d’action relativement large aux Français pour qu’ils puissent se l’approprier facilement. Néanmoins, notre environnement comme nos styles de vie laissent peu de place à l’activité physique et nous poussent à toujours plus de sédentarité. Une politique efficace de promotion de l’activité physique et de lutte contre la sédentarité ne peut donc pas reposer sur la seule sensibilisation des individus et leur responsabilisation pour adopter de nouveaux comportements.

Une réflexion holistique s’impose afin de redonner du sens à l’activité physique au quotidien à chaque étape de la vie, dans divers contextes (écoles, lieux de travail, Ehpad, etc.) et pour divers profils de personnes, en lien avec l’enjeu de réduction des inégalités sociales et territoriales de santé. Des actions ciblées doivent être envisagées selon les publics[279] (enfants, adultes, personnes en situation de handicap, personnes âgées, etc.) qui ne pourront être efficaces que si les environnements sont également adaptés pour faire de l’activité physique une évidence.

De même, la lutte contre la sédentarité doit être pensée et intégrée dans l’organisation de la scolarité et du travail pour avoir un impact durable sur les comportements.

L’élaboration de telles stratégies dépasse largement l’objet du présent rapport. Elles concernent des secteurs aussi variés que l’aménagement du territoire, les transports, la santé, l’école, le monde du travail, les loisirs.

La stratégie nationale sport santé mise en place en 2019 par les ministères chargés du sport et de la santé a comme objectif d’améliorer l’état de santé de la population en favorisant l’activité physique et sportive de chacun. Elle est toutefois conçue de façon trop sectorielle et faute de financements adéquats, aucune réforme structurelle ne peut être mise en œuvre pour développer par exemple des infrastructures sportives, favoriser la mobilité douce ou encore aménager les villes afin de rendre l’activité physique agréable et pouvoir la pratiquer en sécurité.

Pourtant, la dégradation de la condition physique de nos concitoyens en raison de la sédentarité et du manque d’activité physique constitue une bombe à retardement pour nos finances publiques et notre système de santé qu’il convient de désamorcer au plus vite.

La stratégie nationale sport santé 2025-2030 présentée le 5 septembre 2025 fixe une feuille de route articulée autour 12 mesures concrètes, pour lever les freins à la pratique sportive et accompagner chaque Français quels que soient son âge, son état de santé ou ses conditions de vie.

Elle devra être considérée comme l’une des politiques publiques prioritaires des prochaines années et portée au plus haut niveau de l’État. Pour être efficace, elle devra impliquer l’ensemble des ministères afin de mettre en œuvre une politique coordonnée avec des objectifs chiffrés, un budget dédié et une évaluation régulière des actions entreprises. C’est à ces conditions qu’elle parviendra à faire de la France une nation compétitive, active et saine.

Examen du rapport par l’Office

L’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques s’est réuni le jeudi 13 novembre 2025 afin d’examiner le projet de rapport sur « Science et sport », présenté par M. David Ros, sénateur, rapporteur.

M. Stéphane Piednoir, sénateur, président de l’Office. – Nous nous retrouvons pour la présentation d’un rapport attendu, celui de notre collègue David Ros, sur la thématique « Science et sport », et plus précisément sur l’impact de la science et des technologies sur la performance sportive.

M. David Ros, sénateur, vice-président de l’Office, rapporteur. – Tout d’abord, je tiens à vous remercier de m’avoir confié cette mission sur la science et le sport.

Les aléas politiques ont fait de la rédaction de ce rapport une expérience particulière. En effet, nous avons commencé nos travaux en mars 2024, avec Jean-Luc Fugit. Après la dissolution de l’Assemblée nationale, en juin 2024, c’est Stéphane Vojetta qui l’a remplacé, avant que l’élection de ce dernier soit invalidée en juillet 2025. J’ai donc terminé la rédaction seul. Nos deux collègues députés ont néanmoins fortement contribué à ces travaux, auxquels je tiens à les associer, même si leur nom n’apparaîtra pas. Ainsi, nous avons mené plus de cinquante auditions, rencontré plus de cent personnes et effectué huit déplacements pour aboutir à ce rapport dépassant les 200 pages.

Nos travaux se sont orientés selon quatre axes principaux et se terminent par dix recommandations. Le premier axe concerne l’apport de la science au sport de compétition et ses éventuels effets pervers. Le deuxième traite des conséquences de l’organisation à Paris des jeux Olympiques et Paralympiques qui a créé une dynamique de structuration autour de la relation science-sport. Le troisième, sur lequel nous avons beaucoup insisté, Jean-Luc Fugit, Stéphane Vojetta et moi-même, porte sur la manière dont les travaux de recherche sur le sport de haut niveau irriguent la pratique du sport en général, la médecine, le bien-être et le bien-vieillir. Enfin, la dernière partie souligne le paradoxe entre l’abondance des travaux scientifiques sur l’activité physique et la faible pratique du sport ou de l’activité physique en France.

La première partie du rapport, sur l’effet de la science et des technologies sur la performance des sportifs de haut niveau, concerne principalement trois domaines : les matériaux et les équipements, la détection des talents et la préparation des athlètes.

Pour les matériaux, par exemple, tout le monde rêve de s’acheter un vélo que l’on peut soulever d’un doigt. Le poids des vélos de compétition est ainsi passé en quelques dizaines d’années de plus de quinze kilogrammes à moins de sept kilogrammes.

Je mentionne également les semelles à plaques de carbone, qui augmentent de 4 % l’efficacité de la course, ainsi que, dans le domaine de la voile, les nombreux travaux menés sur l’optimisation aéro- et hydrodynamique.

Des progrès sont également constatés dans le domaine de la sécurité des athlètes, par exemple pour lutter contre les chocs sur les pistes d’athlétisme ou les praticables de gymnastique. C’est également le cas du confort, grâce aux innovations technologiques portant sur les textiles et les chaussures. Ainsi, au Plessis-Robinson, le centre de recherche du Racing 92 effectue un travail considérable de personnalisation des chaussures pour les joueurs.

De plus en plus de travaux sont menés sur la caractérisation des équipements, particulièrement pour les athlètes paralympiques, comme sur l’adaptation des fauteuils de tennis aux surfaces de jeu. Ces travaux scientifiques ont des retombées évidentes pour les autres sportifs. Ainsi, le parasportif est une locomotive qu’il convient de mettre en avant pour les sportifs de haut niveau, mais également pour les sportifs de tous les jours.

Un autre domaine de recherche porte sur la détection des hauts potentiels, encore imparfaite sur certains aspects, car la plupart des modèles se focalisent excessivement sur l’âge de naissance, et non sur l’âge biologique. Il faut également tenir compte de l’historique de la pratique d’une personne, par exemple le nombre de semaines d’entraînement. À titre de comparaison, un élève qui obtient 18 en mathématiques après y avoir consacré six heures d’entraînement n’a pas forcément le même potentiel que celui qui, pour la même note, s’est préparé pendant six minutes… Il faut donc faire de même pour les sportifs.

J’en viens à la préparation des athlètes, qui existait bien sûr avant les Jeux, mais le phénomène s’est amplifié. De très nombreux domaines scientifiques sont concernés : la biomécanique, la physiologie, les neurosciences, la psychologie, avec la préparation mentale, et la sociologie. Les données permettent d’individualiser les programmes d’entraînement de manière très sophistiquée en fonction des capacités initiales et des objectifs recherchés. En parallèle, on développe de plus en plus la préparation mentale, même pour de très grands sportifs comme Teddy Riner. Loin d’être un aveu de faiblesse, il s’agit d’un élément essentiel dans la préparation des athlètes aux compétitions.

S’ajoutent encore les sciences et préparations techniques et tactiques avant l’épreuve, notamment via la réalité virtuelle. Par exemple, Loïs Boisson, au cours de la rééducation postérieure à son opération de la hanche, a utilisé des lunettes de réalité virtuelle pour simuler certains gestes et réapprendre à se déplacer correctement. Le même principe est applicable pour se préparer à la technique de l’adversaire. Au tennis de table par exemple, les frères Lebrun ont analysé les services de leurs adversaires, afin de mieux anticiper les effets donnés à la balle. Ces technologies joueront un rôle croissant dans la préparation aux épreuves.

Se pose cependant la question des possibles effets néfastes de la technologie.

Tout d’abord, on observe des inégalités grandissantes entre les fédérations, dont certaines n’ont pas les moyens de mettre ce genre d’outils à la disposition de leurs sportifs. En outre, au cours des cinq dernières années, 9 % des études ont concerné des athlètes femmes, contre 71 % exclusivement des hommes. Un rééquilibrage est donc nécessaire, d’autant que les spécificités physiologiques du cycle féminin ont un effet sensible sur leur performance le jour de l’épreuve.

Par ailleurs, la surveillance permanente des athlètes qui résulte de la collecte des données peut être un facteur de stress pour l’athlète, qu’il faut apprendre à gérer. De manière plus générale, cela pose la question de l’impact des données sur la santé des athlètes, les outils technologiques devant servir à comprendre leur état de forme plutôt qu’à outrepasser leurs limites physiques.

J’aborde, enfin, la dérive du dopage numérique et de l’homme « augmenté ». Ainsi, en 2026, la compétition des « jeux augmentés », organisée par des milliardaires américains, tolérera toute forme de dopage. Ses créateurs envisagent même qu’y soit battu le record du monde du 100 mètres… Anabolisants, numérique, matériel, tout sera permis, suivant l’idée selon laquelle l’homme peut être encore meilleur à chaque épreuve. Les limites sanitaires de cet exercice sont claires.

Nous en arrivons au deuxième axe du rapport : en 2024, les jeux Olympiques et Paralympiques (JOP) de Paris ont été l’occasion de réorganiser l’accompagnement scientifique de la performance sportive en France.

Notre modèle du haut niveau, qui date des années 1960, avait été organisé autour de quatre piliers : le ministère chargé des sports, les fédérations, l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Insep) et les centres de ressources, d’expertise et de performance sportives (Creps). Si les résultats passés ont été significatifs, le constat plus récent était celui d’un retard par rapport à d’autres pays en matière de très haute performance et d’accompagnement scientifique ; je songe notamment à nos amis britanniques, ce qu’ont illustré les derniers Jeux de Londres.

Telle est la raison de la réorganisation, qui a commencé en 2018 avec le lancement du programme Sciences2024 et un programme prioritaire de recherche (PPR) doté de 20 millions d’euros sur cinq ans. C’est à la fois beaucoup et peu lorsque l’on considère les projets menés dans le cadre de la préparation aux jeux Olympiques. Un groupement de recherche (GDR) Sports et activités physiques a été créé, qui mêle sciences et sports, afin de franchir les barrières psychologiques et culturelles qui existent entre ces deux mondes.

Cela a permis de restructurer les institutions du sport de haut niveau avec, notamment, la création de l’Agence nationale du sport (ANS), qui comprend un pôle Haute performance. Parmi les projets réalisés par l’ANS, le plus important est le Sport Data Hub, qui permet de centraliser des données physiologiques et biomécaniques des sportifs de haut niveau, irriguant les programmes personnalisés que j’ai mentionnés. Cet outil n’existait pas avant le lancement des Jeux.

Le bilan est globalement positif. Les coopérations ont été renforcées entre les mondes scientifique et sportif, favorisant une montée en compétence des fédérations. On a vu ainsi naître un écosystème de l’accompagnement scientifique de la performance. Reste, cependant, la question des moyens.

Des obstacles administratifs subsistent également, notamment liés à la mise en œuvre de la loi Jardé du 5 mars 2012 relative aux recherches impliquant la personne humaine, dont l’esprit n’est pas toujours compris ou respecté, et à la concurrence de pays européens qui n’ont pas le même regard. Un projet de loi de bioéthique devrait être prochainement examiné : ce sera l’occasion de reconsidérer cette problématique, y compris sous un angle européen.

Enfin, il demeure des obstacles culturels, qui tiennent à la place de la science de manière générale dans le monde sportif.

Comme je l’ai dit, il existe des inégalités entre des fédérations riches et pauvres. L’ANS devrait jouer un rôle de modération ou, à tout le moins, de soutien à l’égard de certaines fédérations.

N’oublions pas non plus l’incertitude sur le financement de la recherche pour le sport de haut niveau. Certes, pour la période post-2024, nous bénéficierons encore du phare des Jeux de 2030. Cependant, pour que ce dispositif soit efficace dans la durée, son financement ne doit pas dépendre des seules séquences olympiques.

Le troisième axe du rapport concerne les retombées des recherches initialement destinées au sport de haut niveau. Dans quels domaines ont-elles irrigué la médecine, le bien-être en général ou le soin de personnes présentant des séquelles ou des blessures, l’appareillage et les loisirs ?

Nous avons tout d’abord observé, notamment en province, un continuum très fort entre la recherche sur la performance sportive et la médecine : outre le sportif et le scientifique, le médecin n’est souvent pas très loin. Par exemple, à Saint-Étienne ou à Dijon, l’université, un centre sportif et un hôpital sont tout proches et s’articulent autour de l’objectif commun d’un traitement personnalisé, grâce à la fois au numérique et à l’approche humaine.

Les retombées dans le domaine de l’appareillage sont considérables, avec d’énormes progrès sur l’analyse du mouvement et sur la biomécanique dont les victimes de traumatismes liés notamment aux accidents de la route pourront par exemple bénéficier.

Un enjeu important réside dans la démocratisation des équipements, l’effet de masse faisant baisser les prix, ce qui permet d’accroître leur diffusion. Il reste néanmoins une difficulté d’adaptation des normes d’innovation technologique avant la mise sur le marché. Sans doute le législateur devra-t-il veiller à faciliter cette démarche dans le cadre d’expérimentations.

Dans le domaine du sport de loisir et grand public, l’approche personnalisée dont bénéficie le champion s’est étendue aux sportifs amateurs avec, par exemple, des matériels qui permettent, soit de disposer d’un coach numérique, soit d’apprendre avec un coach humain comment utiliser le numérique. Chacun peut s’identifier à un sportif de haut niveau et se fixer ses propres objectifs.

Les équipements de pointe se diffusent également et ont tendance à se personnaliser, avec une pratique physique à la demande. Là encore, il convient d’être prudent face à une possible dérive technologique. Ainsi, une pratique sportive guidée par les seules recommandations numériques pourrait faire perdre le bénéfice des sensations personnelles.

La dernière partie du rapport concerne les effets du sport sur la santé physique, qui font l’objet d’un consensus généralisé. Pourtant, ce consensus peine à se matérialiser.

En préambule, il convient de distinguer les notions de sédentarité et d’inactivité physique. En effet, si les deux phénomènes peuvent se cumuler, il est aussi possible, tout en ayant une activité physique, d’être sédentaire du fait de sa profession. La sédentarité et l’inactivité physique ont des impacts distincts et forts sur la santé. Ainsi, faire du sport ne suffit pas, il faut aussi lutter contre la sédentarité au quotidien. Actuellement, seuls 11,5 % des hommes et 10,6 % des femmes sont à la fois actifs et non sédentaires. On note que les femmes, avec toutes les tâches qu’elles accomplissent, sont finalement plus actives que les hommes.

L’impact de la sédentarité est considérable sur la santé. L’inactivité physique est, elle, liée à 5,3 millions de décès par an dans le monde ; il s’agit du quatrième facteur de mortalité, juste avant le tabac. Elle entraîne de nombreux problèmes de santé, dont l’augmentation des risques d’obésité, de diabète et, bien sûr, de maladies cardiovasculaires. De plus en plus d’études scientifiques montrent aussi une corrélation avec le développement de cancers.

Pourtant, les bienfaits de l’activité physique sont connus et documentés scientifiquement. Ainsi, des études menées dans tous les pays, sous différentes approches, aboutissent aux mêmes résultats. Bien évidemment, l’on songe avant tout à la santé physique, avec le renforcement du cœur, des muscles et des os, comme nous l’avons tous appris à l’école. Mais sont désormais aussi connus les rôles préventifs et curatifs de l’activité pour un certain nombre de maladies, y compris le cancer.

En outre, de plus en plus d’études font état d’effets sur la santé mentale et cognitive, avec une amélioration de la mémoire et de la concentration. Dans l’idéal, en cours d’apprentissage, à chaque heure et demie de travail intellectuel intense devrait être associé un quart d’heure de marche rapide.

S’ajoute à cela la diminution de l’anxiété et de la dépression, maux qui touchent de plus en plus nos sociétés. Par ailleurs, même si le résultat est moins clair, de premières études ont été publiées sur la relation entre l’activité physique et la lutte contre le déclin cognitif et la maladie d’Alzheimer, par la combinaison de certains exercices de concentration et de pratiques sportives. Le sujet est d’autant plus important que ce type de maladies s’accroît fortement et que nous vivons plus longtemps.

Ainsi, le gain moyen lié à l’activité physique se situerait entre sept et dix ans d’espérance de vie en bonne santé. Soit dit en passant, lorsque l’on parle du départ à la retraite, ce qui compte n’est pas tant l’âge limite que le nombre d’années qu’il reste à vivre en bonne santé. Nous devrions le prendre en compte dans le cadre de nos réflexions politiques.

Néanmoins, on constate une dégradation extrêmement alarmante de la condition physique des Français. Ainsi, pas moins de 37,5 % des hommes et 46,4 % des femmes, ainsi que 70 % des plus de 65 ans, sont inactifs. Par ailleurs, 66 % des jeunes de 11 à 17 ans cumulent plus de deux heures devant les écrans et moins d’une heure d’activité physique par jour. Les inégalités sociales sont marquées dans ce domaine, et le phénomène a été amplifié depuis la covid-19, en particulier chez les enfants et les adolescents.

Les conséquences sont claires : la condition physique est moins bonne et les coûts sanitaires sont extrêmement élevés, ce qui doit être relevé en période d’examen du budget. Ainsi, le « sport sur ordonnance » est souvent considéré par Bercy comme une dépense supplémentaire, alors que les études montrent très clairement qu’il aboutirait à une baisse des dépenses futures.

On peut donc parler d’un échec des politiques publiques menées, toutes tendances politiques confondues, malgré vingt-cinq ans d’initiatives, du programme national nutrition santé (PNNS) et des stratégies nationales sport santé (SNSS), dont la dernière concerne la période 2025-2030. Or ces plans et ces actions de communication ne se traduisent pas dans les faits.

On peut pointer un certain nombre d’obstacles, à commencer par un urbanisme inadapté. De plus, du fait des inégalités sociales, ces plans ne profitent qu’à une partie de la population. Enfin, il existe un manque global de reconnaissance de l’importance du sport et de l’activité physique tout au long du parcours scolaire de l’enfant, au lycée, à l’université, voire dans le monde de l’entreprise. Il faut donc changer de paradigme culturel quant à la manière dont nous considérons le sport et l’activité physique dans notre société.

Comme l’a évoqué hier la commission de la culture du Sénat, l’héritage des JOP est limité et ne fait pas l’objet d’une stratégie d’accompagnement au-delà de l’événement lui-même, qu’il s’agisse de la compétition de 2024 ou de celle de 2030. Dans ces conditions, comment passer d’une nation de sportifs à une nation sportive ?

Des travaux scientifiques existent pour aider à promouvoir l’activité physique. Un aspect important consiste à mettre en avant la motivation principale qui doit être le plaisir. En parallèle, la communication sur les bénéfices pour la santé doit se poursuivre et être reliée au plaisir de faire du sport, plutôt qu’à la contrainte.

L’éducation physique et sportive (EPS) est essentielle pour développer l’activité physique. La ministre des sports Marie Barsacq, très intéressée par la question, m’avait indiqué qu’elle s’était heurtée à une position quelque peu dogmatique des syndicats de professeurs d’EPS, qui estimaient que la création et le suivi d’un parcours sportif et sanitaire du jeune, de la sixième à la troisième, n’était pas leur métier. Il y a donc un travail culturel à mener, d’autant plus que les données chiffrées existent, avec le bilan de compétences effectué à l’entrée en sixième. Confier ce travail aux professeurs d’EPS, dans le cadre d’un contrat avec les enfants qu’ils suivent pendant les quatre années du collège, valoriserait leur métier. Tout le monde gagnerait à placer le sport au cœur des enseignements. Pourquoi ne pas multiplier le nombre de professeurs principaux enseignant l’EPS, au lieu de réserver ce rôle aux professeurs de mathématiques ou de physique ?

Un autre sujet est l’abandon du sport entre l’enfance et l’adolescence, pour différentes raisons : les premières amours, l’abandon des sports collectifs, la passion pour les écrans ou la musique… Ce décrochage, en augmentation, est aussi de plus en plus précoce, puisqu’auparavant, il intervenait à 15 ou 16 ans, contre 12 ou 13 ans désormais. Là encore, le rôle du professeur d’EPS est important pour donner confiance aux jeunes et les aider à poursuivre l’activité sportive tout au long de leur parcours scolaire.

Plus globalement, il existe une responsabilité importante de l’école, du lycée, de l’université, des grandes écoles, des entreprises et des administrations dans le rapport au sport, qui est souvent réduit à ce que l’on fait après… Par exemple, à Polytechnique, le sport ne représente qu’un tout petit coefficient. Or, puisque l’activité physique améliore la concentration, donc l’apprentissage et la productivité une fois adulte, il faut la remettre au cœur de la société. En particulier, les administrations doivent être exemplaires dans les possibilités offertes à leurs employés de pratiquer du sport.

Un travail d’explication est également nécessaire pour que chaque individu adapte son activité physique en fonction de son âge, de ses pathologies et de son contexte social.

J’en viens aux dix recommandations du rapport qui s’orientent selon deux axes principaux. Les six premières consistent à mettre la science au service de la performance et de l’activité sportive, les suivantes visent à faire de la France une nation sportive.

En premier lieu, il faut sanctuariser et élargir les programmes de recherche. Nous avons vu les effets positifs des 20 millions d’euros dépensés sur cinq ans. Les pérenniser est une bonne chose, mais peut-être faudrait-il augmenter le montant. La recherche de crédits publics étant difficile aujourd’hui, j’avais évoqué avec la ministre la possibilité d’avoir recours plus largement au mécénat, comme c’est déjà parfois le cas.

Deuxièmement, il faut mener un travail avec les fédérations, l’Insep et l’ANS, notamment s’agissant du soutien de cette dernière aux fédérations qui n’ont pas les moyens de lancer des programmes de recherche. Cela permettrait non seulement d’augmenter le nombre de médailles, comme l’a mentionné hier la ministre Marina Ferrari, mais aussi de renforcer le lien entre les domaines scientifique et sportif.

La troisième recommandation consiste à faire de l’ANS le seul interlocuteur des fournisseurs de données, notamment pour les scientifiques. Cela soulève la question de la souveraineté sur lesdites données, qui pèse sur les discussions techniques. Pour l’heure, elles sont quelque peu dispersées, alors que leur volume va augmenter très fortement.

Quatrièmement, il faut s’assurer du respect de l’esprit de la loi Jardé, ou peut-être en repréciser le cadre.

La cinquième recommandation, extrêmement importante, concerne la prévention des commotions cérébrales et des coups de chaleur. Un important travail sur les commotions a été réalisé dans le monde du rugby, par exemple au Racing 92. Mais le phénomène touche beaucoup d’autres sports, comme le handball et le football. Ainsi, certains pays nordiques interdisent aux joueurs de football de moins de 11 ans de pratiquer le jeu de tête, parce que le cerveau n’est pas encore complètement protégé à cet âge. Pourquoi pas en France ? Il en va de même pour le judo : la multiplication des chutes, de 4 à 6 ans, et même jusqu’à 11 ans, pourrait provoquer des débuts de cisaillement autour du cerveau. La fédération devrait peut-être modifier la pratique du baby-judo.

Partie du rugby de haut niveau, cette réflexion s’est bien diffusée dans d’autres sports. Mais il n’y a pas, à notre connaissance, de démarche générale du ministère sur la prévention des commotions, alors que celles-ci ont des conséquences extrêmement importantes, y compris celle du coût lié aux maladies et problèmes de santé de longue durée qu’elles occasionnent.

Les coups de chaleur sont un phénomène qui a d’abord été identifié et analysé par les militaires. Souvent associés à l’exposition directe à la chaleur, ils peuvent advenir lors de la pratique de sports extrêmes. Ainsi, la température des participants à des épreuves de trails peut dépasser 39 degrés, du fait d’une réaction du corps aux inflammations liées à l’épreuve subie par l’organisme.

Or la température de certains corps ne peut pas redescendre, ce qui peut provoquer l’arrêt du cœur voire une mort subite. Des matériaux sont en cours de développement pour refroidir les organes externes et améliorer le fonctionnement du corps et du cerveau et faire face à ces coups de chaleur.

Ce phénomène est toutefois méconnu car lorsqu’une personne meurt de mort subite ou d’un arrêt cardiaque, le coup de chaleur est rarement mis en avant. Des études permettent désormais de mieux l’identifier.

Ainsi, un travail global de prévention, à la fois sur les commotions et les coups de chaleur, devrait être mené par le ministère.

La sixième recommandation vise à réglementer la préparation mentale, domaine dans lequel la formation des praticiens est marquée par une grande hétérogénéité : détention d’un diplôme ou non, niveau réel de compétence… La formation des préparateurs physiques doit également être revue, en lien notamment avec les ministères des sports et de l’enseignement supérieur.

Le second axe, plus général, de nos recommandations tend à faire de la France une nation, sinon sportive, du moins active. La septième recommandation consiste à actualiser les données sur la sédentarité et l’activité physique, dans des bases de données comprenant l’activité physique, le temps passé devant les écrans, ou encore la condition physique générale des Français. Ces éléments doivent être accessibles en permanence de manière dynamique dans le cadre d’un observatoire, jusqu’à ce que les consulter devienne un réflexe, comme l’on s’informe chaque matin de la météo sur son téléphone, et une source de motivation.

Huitièmement, il s’agit de faire de l’activité physique adaptée un axe majeur des traitements non médicamenteux et d’ancrer culturellement la conviction selon laquelle cette activité adaptée permet de lutter contre des maladies chroniques et des troubles de la santé mentale. L’idéal serait de disposer de critères d’évaluation pour mesurer le retour sur investissement, c’est-à-dire les dépenses que cette activité physique permettrait d’éviter, afin de convaincre Bercy de généraliser la démarche dans les budgets des années à venir.

La neuvième recommandation vise à promouvoir les sciences de l’implémentation pour réduire la sédentarité et mettre en œuvre des stratégies de long terme pour encourager l’activité physique.

Cela va de pair avec la dernière recommandation, qui relève de la communication, puisqu’elle consiste à mettre en pratique, de l’école maternelle aux structures médicalisées, du premier au dernier âge, l’activité physique ou le sport, sous l’angle à la fois de la santé publique et de la performance, qu’il s’agisse de l’apprentissage des enfants, de la pratique dans le monde professionnel, ou de l’activité intellectuelle lorsque l’on vieillit. Ce travail implique au premier chef les ministères de l’éducation nationale, des sports, de la recherche et de l’économie et des finances.

Pour conclure, si la SNSS 2025-2030 a déjà fait l’objet d’actions de communication, elle doit désormais être portée au plus haut niveau de l’État, lequel peut agir par l’exemple, ne serait-ce qu’au travers de la pratique du sport dans les administrations.

Je suis certain que lors de la présentation prochaine de cette stratégie, la ministre des sports sera présente, mais pas son homologue de l’éducation nationale. Avec mon collègue Bernard Fialaire, nous avions réuni les acteurs du sport et de la recherche, ainsi que le délégué interministériel chargé du sport-santé, Vincent Roger. Lorsque nous nous sommes étonnés de l’absence de représentants de l’éducation nationale, celui-ci nous avait dit que trois personnes avaient pourtant été invitées. Cela illustre bien le fait qu’il ne s’agit pas de l’une des priorités de ce ministère, ce qui pose problème.

De manière plus générale, pour être efficace, il faut une implication coordonnée de tous les ministères, avec des budgets dédiés et, surtout, des critères d’évaluation clairs pour mesurer si les actions menées vont dans le bon sens. Or ces critères sont simples : il s’agit de l’état physique des Français, dont la cartographie est essentielle. C’est ainsi que nous pourrons voir si nous allons dans la bonne direction.

Mme Olga Givernet, députée. – Après l’expérience des jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 et en vue de ceux de 2030, des éléments sont-ils amendables dans le cadre du projet de loi en cours de discussion ? Les JOP de 2030 marqueront, à n’en pas douter, des avancées technologiques concernant l’usage des matériaux et la mise en place de conditions nécessaires à la pratique sportive.

Dans la lettre de saisine de l’Office, l’e-sport n’est pas évoqué. Un large public, avec une forte émulation, est pourtant concerné. Envisagez-vous de mettre l’accent sur le sujet ultérieurement ?

Enfin, concernant l’accès aux données, on observe le développement de nombreuses applications santé qui permettent, par exemple, de calculer le nombre de pas. Comment peut-on favoriser l’appropriation par le grand public de ces technologies ?

M. David Ros, sénateur, vice-président de l’Office, rapporteur. – La Cour des comptes a indiqué que la disponibilité des acteurs, aussi bien pour la communication et la logistique que de la part des entreprises et du bénévolat, a constitué un atout pour les JOP de Paris. Il s’agira de vérifier que l’écosystème de compétences réunies fonctionne aussi bien lors des JOP de 2030.

Un montant de 20 millions d’euros sera consacré au lancement du programme prioritaire de recherche (PPR). Les thématiques seront différentes de celles mises en avant lors des JOP de Paris. Les acteurs de la recherche française sont en pointe, notamment dans les domaines du matériel, mais aussi sur des thématiques en lien avec les conditions météorologiques ; l’enjeu sera de bien les mobiliser.

Quand on dispose de peu de moyens, il faut identifier les sportifs qui ont un potentiel pour favoriser leur progression. En 2012, lors des JOP de Londres, le Royaume-Uni avait largement battu son record de médailles en ciblant un certain nombre de disciplines, notamment le cyclisme sur piste. En vue des JOP de Los Angeles, sa stratégie a évolué : en multipliant par dix le budget, il ambitionne désormais de se situer derrière les États-Unis et la Chine pour le nombre de médailles.

Par ailleurs, les JOP, en particulier ceux d’hiver, constituent une vitrine pour le tourisme et le matériel.

Nous n’avons pas étudié la question de l’e-sport. En revanche, l’apport de la réalité virtuelle est désormais intégré dans la préparation des sportifs de haut niveau ; je pense notamment à la possibilité de s’entraîner en dépit de blessures. Le matériel est encore coûteux, mais cet aspect pourrait se développer auprès du grand public.

Aujourd’hui, alors que nous sommes saturés de données, se pose la question de leur juste utilisation, au regard des objectifs que nous nous sommes fixés. Comme pour l’intelligence artificielle, une phase d’apprentissage est nécessaire. Au-delà des données, la sensation aussi doit guider dans l’effort.

Au lycée, un semestre est consacré à la pratique de la musculation. À cet âge, les garçons font de la musculation dans leur coin, guidés par les seuls influenceurs, et ils pensent tout savoir sur le sujet. Les professeurs d’EPS pourraient jouer un rôle pédagogique, en établissant un programme, en échangeant avec les jeunes sur le discours des influenceurs. Pour l’instant, ce n’est pas le cas, les professeurs étant, le plus souvent, déconnectés de ces vagues de données qui nous submergent.

Par ailleurs, des questions liées à la souveraineté se posent concernant l’utilisation et le partage de ces données.

M. Daniel Salmon, sénateur. – Certaines définitions, notamment celle de la sédentarité, me semblent encore assez floues.

J’établis une différence entre le sport du quotidien et celui qui vise la performance. Par quotidien, j’entends la marche quand on se rend à son travail. Ce type d’activité physique n’est pas considéré comme du sport, mais s’avère fondamental en matière de santé.

Aujourd’hui, notre société valorise la performance, et cela entraîne certains excès : je pense à l’exemple, cité par le rapporteur, de la hausse de température corporelle après un effort prolongé. Par ailleurs, comme de nombreuses études le montrent, ce culte de la performance conduit les personnes à des déplacements néfastes d’un point de vue écologique, sans parler de la question des déchets qui se pose notamment en Himalaya. Autant le sport au quotidien doit être valorisé, autant la performance ultime soulève de nombreuses questions. On peut également s’interroger sur la place de la technologie. Le sport génère une activité économique non dénuée de conséquences écologiques.

Concernant le sport de haut niveau, on observe des phénomènes d’usure après un certain âge. Il s’agit de placer les curseurs au bon endroit, afin d’encourager l’activité physique sans tomber dans l’excès.

Nous devons également prendre en compte la question de l’alimentation. Notre société est encore trop favorable aux aliments gras et sucrés : cette année encore, je défendrai des amendements visant à lutter contre cette tendance par la suppression de la publicité sur ces produits.

Enfin, il y a le sujet des écrans, et leur usage délétère pour nos jeunes.

M. David Ros, sénateur, vice-président de l’Office, rapporteur. – Sur les douleurs articulaires, les données ne préviennent malheureusement pas de l’usure d’un ménisque. À ce titre, les sensations éprouvées restent essentielles.

L’ultra-trail concerne très peu de personnes. Avec le réchauffement climatique, se pose plus globalement la question de savoir comment nous allons continuer à faire du sport. En 2085, les températures moyennes devraient se situer au-delà des 28 degrés Celsius sur une grande partie du globe. L’idée est de développer de nouveaux matériaux qui permettront une activité physique dans des conditions favorables…

M. Daniel Salmon, sénateur. – Tout en luttant contre le réchauffement climatique !

M. David Ros, sénateur, vice-président de l’Office, rapporteur. – Nous projeter dans l’avenir n’exclut pas de gérer aussi le présent.

Sur les questions alimentaires, nous disposons des connaissances ; l’enjeu est de savoir les utiliser.

Les effets néfastes des écrans sont bien connus. Par exemple, le fait d’être en contact de façon prolongée avec un écran moins de quarante-cinq minutes avant de s’endormir, altère la qualité du sommeil et la récupération physique.

Selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pour échapper à l’inactivité physique, il faut que les enfants de 5 à 17 ans aient chaque jour une activité d’intensité modérée à soutenue d’une durée de soixante minutes et que les adultes aient chaque semaine une activité d’intensité modérée d’une durée de cent cinquante minutes. Les critères sont donc assez vagues. Par ailleurs, l’important n’est pas le nombre de pas effectués chaque jour, mais le rythme de la marche. Plus la marche est rapide, plus on augmente la capacité cardio-respiratoire et plus on améliore l’état général de santé.

La sédentarité correspond au temps passé assis ou allongé. Pour autant, on peut être assis et effectuer des exercices de gainage passif.

Mme Florence Lassarade, sénatrice, vice-présidente de l’Office. – J’ai été surprise par le faible taux – 11 % – de personnes pratiquant une activité physique, même modérée, après 65 ans. Je connais, en effet, de nombreuses associations proposant de la marche aux seniors. Les plus de 65 ans ne constituent pas une catégorie homogène, il faudrait introduire des tranches d’âge.

Il y a quelques années, l’université Clermont Auvergne avait mené une enquête sur l’installation de vélo-bureaux dans les classes, qui avaient permis d’augmenter le niveau sportif tout en améliorant les performances scolaires. Hélas, l’expérience ne s’est pas généralisée. Pourtant, elle s’appuyait sur le constat que la performance des meilleurs élèves en sport actuellement correspond à la performance des moins bons élèves en sport il y a 20 ans.

Les enseignants ont, en général, peu d’appétence pour le sport. Cela ne favorise pas une activité physique régulière des élèves. On tolère de moins en moins les enfants agités, alors que l’agitation est naturelle à cet âge. On constate également une augmentation de 20 % de l’obésité en vingt ans.

Dès l’enfance, il s’agit de s’attaquer aux habitudes les plus ancrées. À ce titre, l’influence des grands sportifs, qui font rêver les enfants, est décisive. Après chaque période de jeux Olympiques ou de Coupe du monde de football, il est frappant de voir les enfants se mettre au sport.

M. David Ros, sénateur, vice-président de l’Office, rapporteur. – Les statistiques montrent qu’il existe de nombreuses différences entre le troisième et le quatrième âge. Je m’interroge sur le fait que les clubs de marche ne soient pas recensés dans le périmètre des activités sportives. L’activité physique ne requiert pas toujours une licence en club. Se pose alors la question de sa prise en compte dans les statistiques.

Une large part du temps scolaire – 65 à 70 % – est sédentaire. Dans le cadre d’une expérience visant à lutter contre l’obésité menée en milieu scolaire aux États-Unis, une moitié de la classe devait se tenir debout, en situation de musculation passive, pendant les cours. Les effets ont été nuls sur le poids ; en revanche, on a constaté de meilleurs résultats scolaires chez les élèves restés debout ; et les résultats ont été meilleurs encore en incluant cinq minutes de marche active toutes les heures et demie.

La corrélation entre une activité physique régulière et de meilleurs résultats scolaires est avérée, notamment en période d’apprentissage. En privilégiant une alternance des rythmes, l’activité physique favorise la mémorisation et la concentration.

Concernant les enseignants, au-delà des appétences individuelles, l’enjeu est culturel. Dans le parcours d’apprentissage de l’enfant, ils ne considèrent pas le sport comme une pratique essentielle. Dans les pays anglo-saxons, les classes sont plus actives et interactives. Il faut remettre l’activité physique et le sport au centre de la société.

La compétition induit l’idée d’un dépassement de soi, et les sportifs de haut niveau sont des modèles auxquels les jeunes peuvent s’identifier.

M. Pierre Henriet, député, premier vice-président de l’Office. – On peut tout faire dire à des statistiques. Le rapport indique que 11 % des hommes et 10,6 % des femmes pratiquent une activité physique. Sans doute faut-il travailler à une nomenclature plus précise de l’activité physique afin de mieux comprendre les enjeux.

L’absence de lien entre le sport et l’éducation est préoccupant. Les sportifs de haut niveau, qui connaissent bien les modèles éducatifs étrangers, ont été nombreux à le dire lors des JOP de 2024. Il existe une volonté politique pour faire de la France une nation sportive, mais nous sommes loin de pouvoir atteindre cet objectif, car le sport n’est pas une priorité dans notre pays. Il n’est pas valorisé dans les études comme c’est le cas dans les pays anglo-saxons. L’Éducation nationale ne semble pas avoir la volonté de faire entrer le sport à l’école. L’Office doit se saisir de cette problématique et faire des propositions sur le sujet.

La situation est paradoxale : alors que les enseignants d’EPS disposent de nombreuses compétences et qu’ils sont soumis à un processus de sélection particulièrement rude, on constate une incompréhension, voire un dégoût des élèves pour le cours d’EPS qui va les éloigner de la pratique sportive.

Vous n’avez pas évoqué le sujet du sport cérébral ; je pense notamment aux échecs. Un certain nombre d’études ont montré les bienfaits de l’activité sur les performances cognitives, ce qui représente un argument supplémentaire pour renforcer le lien entre le sport et l’éducation.

Enfin, qu’adviendra-t-il de ce rapport ? Je suppose qu’il sera présenté à la commission de la culture, de l’éducation, de la communication et du sport du Sénat. Il serait intéressant d’en faire autant à l’Assemblée nationale.

M. David Ros, sénateur, vice-président de l’Office, rapporteur. – Les taux de 11 % et de 10,6 % que vous avez mentionnés correspondent à des comportements à la fois actifs et non sédentaires. Pour ce qui est des comportements inactifs et sédentaires, les taux s’élèvent à 24 % pour les hommes et 39 % pour les femmes. 61% des hommes sont actifs et sédentaires.

Concernant le sport cérébral, j’étais persuadé qu’une activité physique concomitante améliorait les capacités de concentration ; des spécialistes m’ont répondu que le cerveau n’était pas conditionné pour effectuer deux activités à la fois et qu’il fallait privilégier les séquences alternées.

Un certain nombre des recommandations du rapport sont adressées au ministère, notamment celles qui concernent l’ANS et les JOP de 2030. Des éléments de notre rapport pourront également être repris dans le cadre du budget ou de propositions de loi (PPL) spécifiques.

Je souscris à ce que vous avez dit sur les professeurs d’EPS. Le concours est très difficile, en particulier celui de l’agrégation, et les professeurs disposent de nombreuses connaissances en matière de physiologie, de physique et de mécanique ; je déplore que celles-ci ne soient pas mieux utilisées dans le cadre de l’apprentissage.

M. Stéphane Piednoir, sénateur, président de l’Office. – Le rapport traite, d’une part, de la technologie qui permet d’augmenter les performances, d’autre part, de la recherche sur le corps humain.

Concernant la technologie, vous avez évoqué l’évolution du poids des vélos. Or nous avons su parfois interrompre certaines avancées qui dénaturaient une pratique : je pense, par exemple, à l’usage des combinaisons en natation. Actuellement, on peut s’interroger sur le développement de l’utilisation des chaussures à plaque carbone dans la course à pied.

Quant à l’accompagnement à la performance, notamment avec l’utilisation de capteurs de données qui permettent d’analyser les mouvements et les chocs, c’est une évolution qui me semble profitable, même si elle concerne surtout les sportifs de haut niveau. La réalité virtuelle permet également de mieux appréhender la pratique ainsi que les aspects tactiques.

On observe une forme d’addiction dans l’utilisation des applications. Liée à l’impératif d’atteindre des objectifs, elle peut favoriser l’isolement du sportif. Des dérives existent, en particulier dans la course à pied. Nous ne disposons pas de moyens législatifs pour lutter contre ce phénomène, d’où l’importance des messages de pédagogie pour sensibiliser les sportifs au risque d’enfermement dans un univers numérique alors que l’on apprend beaucoup au contact des autres.

En ce qui concerne les « Enhanced Games » qui doivent se dérouler l’année prochaine aux États-Unis, il est effrayant que certains sportifs soient prêts à tous les dopages pour optimiser leurs performances.

La recherche sur les capacités du corps humain présente certains aspects positifs. La promotion des pratiques sportives contribue à la lutte contre les maladies : je pense notamment à la maladie d’Alzheimer ainsi qu’à certains cancers dont la progression est ralentie par l’exercice physique. Sans aller jusqu’à dire que nos sept à dix années d’espérance de vie supplémentaire en bonne santé mériteraient que l’on décale d’autant l’âge de départ à la retraite, la connaissance scientifique permet aujourd’hui de faire progresser la santé publique.

Toutefois, des dérives existent et nous serons vigilants, notamment au moment de la révision de la loi de bioéthique. Qu’est-il possible de modifier dans la biologie du corps humain pour augmenter les capacités de celui-ci ? Nous avons en tête ce qui se pratiquait à l’époque en Allemagne de l’Est : les femmes athlètes étaient mises enceintes quelques mois avant les compétitions internationales afin de développer des hormones augmentant leurs capacités physiques. Chacun se rappelle également les médecins attachés aux équipes de cyclisme pour pratiquer des transfusions sanguines désormais interdites.

Les médecins œuvrant pour des équipes sportives de haut niveau ont toujours un temps d’avance sur le législateur. À chaque fois, c’est au moment où éclatent les scandales que nous découvrons les capacités de la médecine. Peut-être pourrions-nous envisager une action sur les règlements des compétitions sportives ?

Je considère que la France n’est pas une nation sportive. Nous obtenons des résultats surtout lorsque nous accueillons de grandes compétitions. Mais nous n’avons pas ce sentiment d’acculturation, qui est perceptible dès l’école dans les pays anglo-saxons. Par exemple, nos étudiants délaissent le sport pendant leurs études et nous n’avons pas de compétitions entre les universités comme il en existe aux États-Unis.

La première action à mener concerne l’école et l’EPS. Par exemple, il serait opportun que les professeurs disposent des données permettant un suivi des qualités de l’élève ; cela aiderait à individualiser la pratique sportive. Rien n’est fait non plus, pendant la scolarité, pour encourager le développement du sport de haut niveau. Ainsi, Amélie Oudéa-Castera a suivi un cursus scolaire dans le privé qui lui garantissait une plus grande flexibilité dans ses apprentissages et dans le passage de ses examens afin de faire du tennis de haut niveau.

Sur les traumatismes, la prévention progresse, notamment dans le rugby. Mais certains sports qui connaissent un fort développement sont effrayants : ainsi, dans les arts martiaux mixtes (MMA), tous les coups sont permis.

Le dépassement de soi reste une valeur importante, mais l’on peut s’engager dans une activité sportive sans se mettre en danger.

Notre corps sécrète de la dopamine durant l’effort et il serait pertinent d’axer la communication sur la recherche de ce plaisir gratuit que procure le sport.

M. David Ros, sénateur, vice-président de l’Office, rapporteur. – La frontière entre l’innovation technologique et le dopage, ainsi que les effets néfastes des applications pour les sportifs amateurs, sont traités dans le rapport.

Concernant la loi de bioéthique, il faudra tenir compte des échanges entre les coachs sportifs et les chercheurs qui ne disposent pas des mêmes outils. Certains sportifs s’intéressent aux enjeux scientifiques, mais dans la plupart des cas, c’est le coach qui a le rôle d’informer et de mettre en confiance.

Pour ce qui est du suivi des enfants, je suis d’accord avec vous : les enseignants d’EPS verraient leur fonction revalorisée si on leur confiait la responsabilité du suivi des enfants à travers un passeport sportif numérique auquel les médecins auraient également accès. On mettrait ainsi en avant non seulement le sport, mais aussi celui qui l’enseigne. Il importe d’impliquer le ministère chargé des sports et celui de l’éducation nationale dans cette réflexion.

Le problème des coups de chaleur se pose aussi pour les ouvriers qui travaillent dans le bâtiment. Les matériaux développés pour les sportifs pourraient être intégrés à leur équipement.

Les commotions sont un sujet central dans le rugby. Désormais, des capteurs renseignent l’entraîneur en temps réel sur les données physiques du joueur.

Quant au lien entre le sport et les études, je peux témoigner d’un exemple flagrant de défaillance du système français. En effet, j’ai rencontré un jeune Français originaire de Toulon qui jouait dans l’équipe junior de rugby et voulait poursuivre ses études. Finalement, il est parti en Angleterre, car l’université de Leicester était prête à lui payer ses études tout en lui permettant de jouer pour l’équipe locale.

M. Stéphane Piednoir, sénateur, président de l’Office. – En matière écologique, on observe des progrès, malgré le problème persistant de l’empreinte carbone liée aux déplacements. Les compétitions ouvertes aux amateurs, notamment celles de course à pied, suscitent un vif engouement et sont devenues un vrai business. D’autres signes sont encourageants, comme la prochaine édition du marathon de Paris qui se fera sans gobelets ni bouteilles en plastique. Certains organisateurs renoncent à la distribution de t-shirts.

Par ailleurs, la pratique sportive induit des comportements alimentaires différents. Avant une compétition par exemple, les sportifs font attention à tout ce qu’ils ingèrent.

Nous serons attentifs au suivi de ce rapport dans nos commissions respectives, voire dans le cadre d’un débat dans l’hémicycle. Dans la période actuelle, un moment de concorde nationale ne serait pas superflu.

M. David Ros, sénateur, vice-président de l’Office, rapporteur. – Nous pourrions également transmettre ce rapport aux commissions des affaires sociales des deux chambres.

L’Office adopte à l’unanimité le rapport « La science dans la mêlée pour une nation sportive » et autorise sa publication.

Liste des personnes entendues

Marie Barsacq, ministre des sports et des jeux Olympiques et Paralympiques de France

Nicolas Bouscaren, praticien hospitalier Santé publique, méthodologiste

Agence française de lutte contre le dopage (AFLD)

Béatrice Bourgeois, présidente

Jérémy Roubin, secrétaire général

Laboratoire AntiDopage Français (LADF)

Magali D’Elia, secrétaire générale

Groupement de recherche Sports et activités physiques (CNRS)

Audrey Bergouignan, directrice de recherche CNRS, responsable du groupement de recherche

Philippe Terral, professeur de sociologie, membre du bureau du groupement de recherche

Thomas Borel, responsable des affaires publiques et des relations parlementaires du CNRS

Sciences2024

Christophe Clanet, directeur du programme Sciences2024

Ludovic Seifert, professeur des universités à l’UFR Staps, enseignant-chercheur du laboratoire Cetaps (Centre d’études des transformations des activités physiques et sportives) de l’université de Rouen Normandie

Sylvain Blanchard, directeur médical et scientifique du Racing 92

Vincent Nougier, professeur à l’université Grenoble Alpes

Samuel Vergès, directeur de recherche Inserm, responsable de l’équipe Hypoxie-Exercice du laboratoire Hypoxie physiopathologie (HP2) – Université Grenoble Alpes/Inserm/CHU Grenoble Alpes

Laurent Bosquet, directeur du laboratoire Move (UR 20296), coordinateur de la chaire Sport santé à la faculté des sciences du sport de l’université de Poitiers

Sylvain Ferez, maître de conférences (HDR), directeur du laboratoire Santé, éducation, situations de handicap (SantTESiH) à l’université de Montpellier

Marc Fermigier, professeur émérite, porteur du projet Du carbone à l’or olympique au laboratoire de physique et mécanique des milieux hétérogènes à l’ESPCI Paris/PSL

Amandine Aftalion, directrice de recherche CNRS au Centre d’analyses et de mathématiques sociales (Cams) – École des hautes études en sciences sociales (EHESS)/CNRS

Cédric Moro, directeur de recherche Inserm, responsable de l’équipe MetaDiab à l’Institut des maladies métaboliques et cardiovasculaires (I2MC) – Inserm/Université Toulouse III Paul-Sabatier

Claire Thomas-Junius, directrice du laboratoire de biologie de l’exercice pour la performance et la santé (LBEPS)

Alexandra Malgoyre, médecin en chef, chercheur, chef du département Environnements opérationnels à l’Institut de recherche biomédicale des armées (Irba)

Agence nationale du sport

Yann Cucherat, manager général Haute performance

Philippe Graille, responsable Sport Data Hub/Recherche/Innovation

Benoît Schuller, responsable du Sport Data Hub

Pascale Duché, directrice du laboratoire Impact de l’activité physique sur la santé (IAPS) – Faculté des sciences du sport/UFR Staps de l’université de Toulon

Anne Vuillemin, enseignant-chercheur en Staps à l’université Côte d’Azur, présidente de la Société française de santé publique (SFSP)

Mai-Anh Ngo, ingénieure de recherche CNRS au groupe de recherche en droit, économie, gestion (Gredeg) – CNRS/Université Côte d’Azur

Julien Piscione, responsable du département Accompagnement à la performance de la Fédération française de rugby

Sébastien Dalgalarrondo, chargé de recherche CNRS à l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux, sciences sociales, politique, santé (Iris)

Paul Charton, directeur général de Chiron IT

Olivier Rey, maître de conférences à l’Institut des sciences du mouvement (ISM) – Université Aix-Marseille/CNRS, porteur du projet Mouv’en santé

Corentin Clément-Guillotin, maître de conférences, laboratoire Motricité humaine, expertise, sport, santé (Lamhess) – Université Côte d’Azur

Augustin Vicard, directeur de l’Institut de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep), président de l’Observatoire national du sport

Benjamin Pageaux, professeur adjoint à l’École de kinésiologie et des sciences de l’activité physique (Eksap) de l’université de Montréal

Général Paul Sanzey, responsable du Centre national des sports de la Défense (CNSD) – Ministère des armées

Jean-François Chermann, neurologue, spécialiste des commotions cérébrales

Mathias Pessiglione, directeur de recherche, co-responsable de l’équipe Motivation, cerveau et comportement de l’Institut du cerveau

Nicolas Coulmy, directeur du pôle Développement, formation, suivi scientifique de la Fédération française de ski (FFS)

Bastien Soulé, professeur des universités, membre du laboratoire sur les vulnérabilités et l’innovation dans le sport (L-ViS) de l’université Claude-Bernard Lyon 1

Yannick Nyanga, ancien joueur professionnel de rugby, international français, co-auteur du livre Data et sport : la révolution

Jérémy Pierre, maître de conférences (HDR), porteur du projet Propa à l’UFR Staps de l’université Gustave Eiffel

Martine Duclos, présidente de l’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité (Onaps)

Salomon

Nicolas Horvais, chef de projet Innovation & Sustainability

Thibaut Poupard, responsable Footwear, Innovation & Sustainability

Fédération française Handisport (FFH)

Sandra Mauduit, coordinatrice du service Recherche expertise formation

Marjolaine Astier, référente expertise et formation

Mickaël Campo, maître de conférences en psychologie du sport à l’université Bourgogne Europe

Fédération française de handball (FFHandball)

Olivier Maurelli, conseiller technique national en charge du dossier recherche et développement

Emmanuel Bidet, médecin de l’équipe de France masculine

Mourad Bounouara, responsable fédéral du projet Hand fauteuil

Pierrick Bernard, responsable scientifique du projet handisport à la fédération

Gymnova

Rémi Karakotchian, directeur général

Patrice Ferraina, directeur commercial France et marketing

Philippe Chauvin, père de Nicolas Chauvin, ancien troisième ligne des Espoirs du Stade Français décédé en 2018

Fédération française de voile

Paul Iachkine, référent scientifique

Philippe Mourniac, ancien directeur des équipes de France de voile olympique

Julie Doron, maîtresse de conférences (HDR) en psychologie appliquée au sport et à la performance à l’UFR Staps – laboratoire Motricité, interactions, performance de l’université de Nantes

Bernard Mossant, entraîneur de Gabriel Tual à la Fédération française d’athlétisme (FFA)

Thierry Soler, directeur technique national par intérim de la Fédération française de badminton (FFBaD)

ISPC Synergies (Institut de Santé Parasport Connecté)

François Genêt, président

Philippe Fourny, directeur général

Laboratoire Mouvement, sport, santé (M2S) – Université Rennes 2

Benoît Bideau, directeur

Franck Multon, professeur des universités

Guillaume Claude, chercheur

Michaël Attali, professeur des universités à l’université Rennes 2

Liste des déplacements

Déplacement à Palaiseau le jeudi 6 juin 2024

X-Novation Center, École polytechnique

Christophe Clanet, directeur du programme Sciences2024

Romain Labbé, directeur général de Phyling

Inria Saclay

Cédric Adjih, chercheur

Nicolas Anciaux, délégué scientifique adjoint

François Cottin, chercheur

Petra Isenberg, chercheuse

Olivier Le Maître, chercheur

Emilie Peinchaud, responsable communication – Centre de Saclay

Frédérique Vidal, chargée de mission Relations institutionnelles et appui aux territoires

Déplacement au Plessis-Robinson le mercredi 15 juin 2024

Racing 92

Laurent Travers, président du directoire

Julien Albinet, directeur général adjoint

Philippe Rouch, directeur des relations Entreprises, École nationale supérieure d’arts et métiers

Sylvain Blanchard, médecin

Maxence Duffuler, ingénieur Data

Jean-Philippe Viseu, podologue du sport

Déplacement à Lyon et Saint-Étienne le mercredi 8 janvier 2025

Laboratoire de physique de l’École normale supérieure de Lyon

Emmanuel Trizac, président de l’École normale supérieure de Lyon

Stéphane Parola, vice-président Recherche de l’École normale supérieure de Lyon

Jean-Christophe Géminard, directeur du laboratoire de physique

Philippe Odier, maître de conférences, laboratoire de physique

Romain Vuillemot, maître de conférences, École centrale de Lyon

Vincent Dolique, ingénieur de recherche CNRS

Mathilde Ranc, coordinatrice et enseignante en APA, responsable de la salle S.P.O.R.T (Stimulating People and Organizing Recreational Therapies)

Institut régional de médecine et d’ingénierie du sport (Irmis), Saint-Étienne

Thomas Lapole, directeur du laboratoire interuniversitaire de biologie de la motricité (LIBM)

Jérémy Rossi, responsable de la plateforme technologique de l’Irmis

Léonard Féasson, responsable du l’unité de myologie du CHU

Déplacement à Dijon le jeudi 9 janvier 2025

Charalambos Papaxanthis, directeur du laboratoire Cognition, action et plasticité sensorimotrice (Caps) – Inserm/Université Bourgogne Europe

Hervé Assadi, directeur de l’UFR Staps Dijon-Le Creusot de l’université Bourgogne Europe

Romuald Lepers, professeur des universités, directeur adjoint de l’UFR Staps Dijon-Le Creusot de l’université de Bourgogne Europe

Centre d’expertise de la performance (CEP) – Gilles Cometti

Carole Cometti, directrice

Guillaume Berthe, préparateur physique

Baptiste Chanel, préparateur physique

Valentin Gal, adjoint aux préparateurs physiques

Quentin Richard, adjoint aux préparateurs physiques

Baptiste Rusch, adjoint aux préparateurs physiques

Mehdi Ighirri, entraîneur au club Dijon Métropole Handball

Élise Prudhomme, entraîneur au club Jeanne d’Arc Dijon Basket

Laboratoire Cognition, action et plasticité sensorimotrice (Caps)

Gaëlle Deley, maître de conférences

Jérémie Gaveau, enseignant chercheur

Pauline Hilt, chercheuse Inserm

Florent Lebon, enseignant-chercheur

Carol Madden-Lombardi, chercheuse CNRS

Vianney Rozand, maître de conférences

Ahmad Kaddour, ingénieur d’études Inserm

Cyril Chatain, post-doctorant

Quentin Marre, post-doctorant

Gabriel Poirier, post-doctorant

Julia Sordet, doctorante

Samuel Gerbe, doctorant

Pierre Navarro, doctorant

Rudy Toussaint, doctorant

Centre hospitalier universitaire (CHU) Dijon Bourgogne

Davy Laroche, enseignant-chercheur

Sophie Julliand, kinésithérapeuthe

Lauranne Claquesin, coordinatrice des études cliniques

Déplacement à Paris le jeudi 20 mars 2025 matin

Institut de biomécanique humaine Georges-Charpak

Sébastien Laporte, professeur des universités, directeur de l’institut

Hélène Pillet, professeure des universités

Xavier Bonnet, maître de conférences

Déplacement à Lille le jeudi 20 mars 2025 après-midi

B’Twin Village de Decathlon

Damien Fournet, directeur du Decathlon SportsLab

Nils Gueguen, leader Advanced Science

Cédric Morio, directeur du programme de recherche Haute Performance

Franck Pilet, responsable Affaires publiques France

Déplacement à Orsay le vendredi 28 mars 2025 après-midi

Faculté des sciences du sport de l’université Paris-Saclay

Christopher Hautbois, doyen de la Faculté des sciences du sport, vice-président Partenariats et management du sport de la conférence des directeurs et des doyens Staps

Michel-Ange Amorim, professeur des universités, IUF honoraire

Bastien Berret, professeur des universités, responsable de l’équipe Mouvement humain, adaptation, performance sportive (MHAPS)

Jules Bernard-Espina, maître de conférences

Florys Castan-Vicente, maîtresse de conférences

Anne-Marie Heugas, maître de conférences

Alexandra Perrot, maître de conférences (HDR)

Ioannis Bargiotas, ingénieur de recherche

Déplacement à Paris le mardi 8 avril 2025

Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Insep)

Direction

Fabien Canu, directeur général

Djamel Achache, conseiller du directeur général

Pôle médical – spécificités féminines

Juliana Antero, chercheure Spécificité féminine

Caroline Maitre, gynécologue-médecin du sport

Pôle médical – santé mentale

Hélène Joncheray, chercheur en sociologie de la performance sportive

Laure Calviac, responsable de l’unité de psychologie du sport

Alexis Ruffault, chercheur en psychologie

Plateau technique

Jean-François Toussaint, directeur de l’Institut de recherche biomédicale et d’épidémiologie du sport (Irmes)

Gaël Guilhem, directeur du laboratoire Sport, expertise et performance (SEP)

Benoit Schuller, responsable du Sport Data Hub à l’Agence nationale du sport

Adrien Sedeaud, chercheur et adjoint du directeur de l’Irmes

Nathan Miguens, ingénieur de recherche

Patrick Roux, formateur au pôle Formation

Déplacement à Bordeaux le mardi 22 avril 2025

Institut de neurosciences cognitives et intégratives d’Aquitaine (Incia) – Université de Bordeaux/CNRS

Sandrine Bertrand, directrice

Philippe Poisson, responsable d’unité au Centre hospitalier universitaire de Bordeaux

Aymar de Rugy, directeur de recherche CNRS en neurosciences au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bordeaux

Hélène Cassoudesalle, maître de conférence – praticien hospitalier au CHU de Bordeaux

Étienne Guillaud, responsable de la plateforme d’analyse du mouvement (PAM)

Camille Jeunet, chargée de recherche

Gymnase SMART (Sport mouvement ambition recherche et technologie)

Julien Morlier, directeur

Kevin Blin, manager

Effie Segas, ingénieure

Thierry Weissland, maître de conférences à l’université de Bordeaux

Noémie Duclos, kinésithérapeute, maître de conférences à l’université de Bordeaux

Matthieu Pachoud, responsable du développement technique et scientifique du projet Neurathletics

Antoine Gomez, designer en neurosciences

Centre de ressources, d’expertise et de performance sportive (Creps) de Bordeaux

Patrice Béhague, directeur

Jean-François Di Martino, responsable de la performance paralympique

Déplacement à Marseille et Toulon

les mercredi 23 et jeudi 24 avril 2025

Institut des sciences du mouvement Étienne-Jules Marey (ISM) – Faculté des sciences d’Aix-Marseille Université

Maxime Travert, professeur des universités

Jean-Jacques Temprado, professeur des universités

Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection

Maxime Luiggi, maître de conférences

Faculté des sciences du sport d’Aix Marseille Université

Denis Bertin, directeur de l’unité d’appui à la recherche (UAR) HIPE Human Lab

Université de Toulon

Arnaud Faupin, vice-président Formation

Pascale Duché, directrice du laboratoire Impact de l’activité physique sur la santé

Éric Watelain, professeur des universités

Arnaud Richard, professeur des universités

Ilona Alberca, enseignante chercheuse

Opale Vigié, post-doctorante

Loriant Honnorat, doctorant

Mathieu Deves, doctorant Cifre

Josée Massi, maire de Toulon

[1] Lors des championnats du monde d’athlétisme de Tokyo en 2025, Jimmy Gressier a gagné la course des 10 000 mètres en 28’55’’77. Les deuxième et troisième ont franchi la ligne d’arrivée respectivement en 28’55’’83 et 28’56’’02. Au saut en hauteur, le Néozélandais Hamish Kerr s’est imposé en franchissant 2,36 m contre 2,34 m pour le deuxième et 2,31 m pour le troisième.

[2] Limite inférieure instaurée par l’Union cycliste internationale en 2000 pour garantir un équilibre entre la recherche d’une légèreté optimale et la durabilité nécessaire pour résister à l’intensité des courses professionnelles.

[3] Jean-Baptiste Delame, « Le poids des vélos du Tour de France », Lokkirent, 3 décembre 2024, https://www.lokki.rent/media/poids-velo-tdf

[4] Appendices en forme d’ailes.

[5] Le catamaran Nacra 17 a été sélectionné comme support officiel olympique en 2016 à Rio. Toutefois, ce n’est qu’aux jeux Olympiques de Tokyo en 2020 qu’il est passé de dérives courbes à des foils en C et des safrans avec des plans porteurs, devenant ainsi un bateau entièrement volant.

[6] Marc Fermigier, « Voler sur l’eau : la révolution des foils », Pour la science, n° 560, 16 mai 2024.

[7] IMOCA signifie International Monohull Open Class Association. Cette association a donné son nom à la catégorie de bateau qu’elle gère, à savoir le bateau monocoque de 60 pieds.

[8] Arnaud Faupin, « Jeux Paralympiques : pourquoi les fauteuils sont-ils si différents selon les compétitions ? », The Conversation, 27 août 2024.

[9] École nationale supérieure d’arts et métiers.

[10] Théophile Rémond, Physique du rebond : application à la balle de tennis de table. Mécanique des matériaux, École normale supérieure de Lyon-ENS Lyon, 2023.

[11] Planche à voile sur foil.

[12] Sport de glisse nautique où la planche de surf équipée d’un foil et le surfeur sont entraînés par l’action du vent sur un cerf-volant.

[13] Projet de recherche financé dans le cadre du programme prioritaire de recherche Sport de très haute performance (voir infra II. C. 1.).

[14] Mathieu Deves, Tennis fauteuil : comment la science améliore les performances, The Conversation, 20 août 2024. La thèse, encadrée par Arnaud Faupin, Christophe Sauret et Arnaud Hays, a débuté en 2023 et devrait s’achever en 2026.

[15] Nicolas Forstmann, Julien Schipman, Bryan Le Toquin et Jean-François Toussaint, « Paraperf – optimisation de la performance paralympique : de l’identification à l’obtention de la médaille », Réflexions Sport # 32, novembre 2024.

[16] Güllich et al., « Quantifying the extent to which successful juniors and successful seniors are two disparate populations: A systematic review and synthesis of findings », Sports Medecine, 53(6), 2023.

[17] Audition du 16 janvier 2024.

[18] S. Cobley, J. Baker, N. Wattie, et J. McKenna, « Annual age-grouping and athlete development: a meta-analytical review of relative age effects in sport », Sports Medicine, vol. 39, n° 3, 2009, ou encore K. L. Smith, P. L. Weir, K. Till, M. Romann, et S. Cobley, « Relative Age Effects Across and Within Female Sport Contexts: A Systematic Review and Meta-Analysis », Sports Medicine, vol. 48, n° 6, June 2018.

[19] Sedeaud et al., « Talent identification: Time to move forward on estimation on potentials? Proposed explanations and promising methods », Sports Medicine, January 15, 2025.

[20] Boris Jidovtseff, « Spécialisation sportive précoce : quels risques sur le développement et sur la santé ? », Ortho-rhumato, Volume 14, n° 2, 2016.

[21] Certains sports exigent néanmoins une spécialisation précoce, principalement les disciplines artistiques et acrobatiques comme la gymnastique, la danse ou encore le patinage artistique. En gymnastique, pour atteindre un haut niveau, les premiers contacts avec la discipline se font entre 4 et 8 ans. L’entraînement s’intensifie d’année en année et à partir de 11-12 ans, les gymnastes de haut niveau y consacrent la totalité de leur temps de loisir.

[22] Bart et al., « The path to international medals: A supervised machine learning approach to explore the impact of coach-led sport-specific and non-specific practice », PLOS One, September 2020.

[23] Sieghartsleitner et al., « Science or Coaches’ eyes? Both! Beneficial Collaboration of Multidimensional Measurements and Coach Assessments for Efficient Talent Selection in Elite Youth Football », Journal of Sports Science and Medicine, 18, 2019.

[24] Tout en se félicitant de cette initiative, votre rapporteur s’étonne qu’un quatrième critère plus positif n’ait pas été introduit, qui aurait valorisé les enfants les plus aptes physiquement.

[25] Cf. IV. D. 2. La littératie physique est définie comme « la motivation, la confiance, la compétence physique, le savoir et la compréhension qu’une personne possède et qui lui permet de valoriser et de prendre en charge son engagement envers l’activité physique durant toute sa vie ».

[26] Les allures mesurées sont regroupées en activités de faible intensité (immobile, marcher, trottiner, course d’intensité moyenne) et activités de haute intensité (course d’intensité élevée, sprint, effort statique comme la mêlée ordonnée).

[27] Guy et al., « Adaptation to hot environmental conditions: an exploration of the performance basis, procedure and future directions to optimize opportunities for elite athletes », Sports Medicine, Vol. 45, November 2014.

[28] Marcora et al., « Mental fatigue impairs physical performance in humans », Journal of applied physiology, 106 (3), 2009. Le protocole retenu consistait à faire réaliser aux participants 90 minutes de tâches d’AX-CPT (test reconnu au niveau international pour mesurer la fatigue mentale dans lequel on demande au sujet d’appuyer sur la touche espace quand la lettre X est présentée à la suite de la lettre A et de ne pas répondre pour tous les autres stimuli tels que la couleur des lettres), puis un test d’endurance à 80 % de la puissance maximale aérobie.

[29] Audition du 13 février 2025.

[30] Pour mesurer la fatigue, une échelle visuelle analogique se présente sous forme d’une ligne horizontale longue d’une dizaine de centimètres avec des descriptions aux extrémités telles que « pas de fatigue » à l’extrémité gauche de la ligne (0) et « extrêmement fatigué » à l’extrémité droite de la ligne (10). L’individu est invité à indiquer un trait sur la ligne qui correspond à son niveau de fatigue actuel.

[31] D’autres paramètres altèrent la VFC indépendamment de la fatigue, comme la douleur ou les émotions, ce qui conduit votre rapporteur à préférer le terme d’évaluation plutôt que de mesure.

[32] La préparation mentale permet de lutter contre la fatigue mentale (cf. supra).

[33] Adaptations se produisant à la suite de la fatigue due à l’entraînement physique et améliorant la condition physique de l’athlète :

1. Adaptations physiologiques : augmentation de la capacité cardiovasculaire, amélioration de la capacité pulmonaire, renforcement du système immunitaire, amélioration de la régulation hormonale, augmentation de la densité osseuse.

2. Adaptations neurophysiologiques : amélioration de la coordination motrice, renforcement des connexions neuronales, augmentation de la myélinisation des fibres nerveuses, amélioration de la synchronisation neuromusculaire.

3. Adaptations neuromusculaires : augmentation de la force musculaire, amélioration de l’endurance musculaire, renforcement des tendons et des ligaments, amélioration de la récupération musculaire, augmentation de la masse musculaire maigre.

Ces adaptations contribuent à une meilleure performance athlétique et à une plus grande résistance à la fatigue.

[34] À condition de ne pas avoir atteint un niveau de fatigue qui ne lui permette plus d’améliorer sa condition physique quel que soit le volume de l’entraînement, voire qui conduise à une baisse des performances. Il y a alors un risque de burnout qui impose une réduction de l’activité physique.

[35] L. Bosquet, J. Montpetit, D. Arvisais, I. Mujika, « Effects of tapering on performance: a meta-analysis », Medicine and Science in Sports and Exercise, 39 (8), August 2007.

[36] Insep, Améliorer sa récupération en sport, 2013.

[37] Sébastien Le Garrec, « La santé mentale des athlètes », Bulletin de l’Académie nationale de médecine, Volume 209, Issue 4, Avril 2025.

[38] Il a été montré que pour avoir un effet positif sur la qualité et la quantité de sommeil, la cryostimulation devait être utilisée au plus près de l’heure du coucher et ce pendant au moins cinq jours consécutifs.

[39] Constituée de deux ateliers collectifs et d’un atelier individuel.

[40] Audition de Mathias Pessiglione, co-responsable de l’équipe « Motivation, cerveau et comportement » de l’Institut du cerveau, le 13 février 2025.

[41] Jacquet, Thomas et al., « Acute Smartphone Use Impairs Vigilance and Inhibition Capacities », Scientific Reports, vol. 13, n° 1, December 2023.

[42] G. Greco, R. Tambolini et F. Fischetti, « Negative effects of smartphone use on physical and technical performance of young footballers », Journal of Physical Education and Sport, 17(4), 2017.

[43] L. S. Fortes, G. P. Berriel, H. Faro, C. G. Freitas-Júnior et L. A. Peyré-Tartaruga, « Can prolongate use of social media immediately before training worsen high level male volleyball players’ visuomotor skills? », Perceptual and Motor Skills, 129, 2022.

[44] L. S. Fortes et al., « Playing videogames or using social media applications on smartphones causes mental fatigue and impairs decision-making performance in amateur boxers », Applied Neuropsychology: Adult, 2021.

[45] L. S. Fortes, D. de Lima-Júnior, P. Gantois, J. R. A. Nasicmento-Júnior, et F. S. Fonseca, « Smartphone use among high level swimmers is associated with mental fatigue and slower 100- and 200- but not 50-meter freestyle racing », Perceptual and Motor Skills, 128, 2021.

[46] Note scientifique n° 37 La pollution lumineuse de Mme Annick Jacquemet, sénatrice, faite au nom de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (https://www.senat.fr/rap/r22-292/r22-2921.pdf).

[47] Hartstein et al., « The impact of screen use on sleep health across the lifespan: A National Sleep Foundation consensus statement », Sleep Health, Volume 10, Issue 4, August 2024.

[48] Yeug et al., « A prospective cohort study of hamstring injuries in competitive sprinters: preseason muscle imbalance as possible risk factor », British Journal of Sports Medicine, 43, 2009.

[49] Audition du 19 décembre 2024.

[50] Société française de psychologie du sport, Fiche 2, « L’essentiel de la préparation mentale – Fixation des objectifs », 2020.

[51] Les exemples sont hélas nombreux. On peut citer Alexis Lebrun qui, lors de sa confrontation avec son frère au cours du championnat de France en mars 2025, a frappé la table plusieurs fois dans un geste d’énervement et s’est cassé un doigt.

[52] Société française de psychologie du sport, Fiche 5, « L’essentiel de la préparation mentale – Concentration », 2020. Les athlètes peuvent identifier les types de distractions présentes pendant la compétition et les intégrer à l’entraînement. Ils sont également incités à sélectionner des mots clés qui les aident à se concentrer sur des éléments utiles pendant la compétition. La répétition d’affirmations positives dans sa tête, surtout si elles sont basées sur la réalité telles que « je me sens en forme et fort », « je suis prêt à partir » est une autre technique pour éviter les distractions.

[53] Marjorie Bernier, « TrainYourBrain, un programme de préparation mentale pour optimiser la lucidité et l’engagement en match », Réflexions Sport, Numéro 32, Insep, novembre 2024.

[54] Cf. projet de recherche TrainYourBrain financé dans le cadre du programme prioritaire de recherche Sport de très haute performance.

[55] Varesco et al., « Fatigue in elite fencing: Effects of a simulated competition », Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports, August 13, 2023.

[56] Une compétition à l’entraînement reproduisant un format de compétition pour les jeux Olympiques a été organisée avec les athlètes de l’équipe de France, comprenant cinq matchs en 15 touches séparés de temps de récupération similaires à ceux d’une compétition officielle.

[57] Varesco et al., « Effects of 5-week brain endurance training on fatigue and performance in elite youth épée fencers », International Journal of Sports Physiology and Performance, 20 (7), May 27, 2025.

[58] Mickaël Campo, « TEAM Sports : la dimension mentale en sports collectifs », Réflexions Sport, Numéro 32, Insep, novembre 2024.

[59] Programme financé dans le cadre du programme prioritaire de recherche Sport de très haute performance, voir infra II. B. 2.

[60] Appelées stratégies de communal coping.

[61] S. Cotteril et K. Fransen, « Athlete leadership in sport teams. Current understanding and future directions », International Review of Sport and Exercice Psychology, Vol 9, N° 1, April 2016.

[62] Éric Brunelle et Dominic Lauzon-Marques, « Inspirer pour performer. Le leadership partagé dans les équipes sportives », Gestion, Volume 44 n° 4, hiver 2020.

[63] Pendant un essai, pendant un arbitrage vidéo, etc.

[64] A. Lees, « Techniques and applications of biomechanics in sport », Journal of Sports Sciences, 20 (10), 2002.

[65] Des capteurs cinématiques sont placés sur le sportif en des points de référence du corps, plus particulièrement sur les articulations. Les caméras de capture de mouvement envoient des rayons infrarouges sont réfléchis par les capteurs cinétiques, ce qui permet d’enregistrer leur position, donc les mouvements du corps. Toutes les retranscriptions du déplacement spatial du sportif sont visibles sur l’ordinateur.

[66] L’ordinateur doit connaître la position et l’orientation relatives des caméras pour reconstruire les mouvements en trois dimensions.

[67] Le fait que les rayons infrarouges des caméras ne peuvent pas traverser les obstacles entre la caméra et le marqueur a pour incidence la perte du capteur et donc du mouvement du sportif.

[68] Ces dérives proviennent des erreurs intrinsèques des capteurs et de l’intégration numérique, provoquant des erreurs sur la position, l’orientation et la vitesse.

[69] Audition de Paul Charton, CEO de Chiron IT, le 16 janvier 2025.

[70] Gaël Guilhem, « Comment l’IA aide-t-elle à rendre les athlètes plus performants ? », Techniques de l’ingénieur, 21 février 2025.

[71] Financé dans le cadre du programme prioritaire de recherche Sport de très haute performance.

[72] Audition du 23 octobre 2024.

[73] Vella, Schweickle, Sutcliffe, Swann, « A systematic review and meta-analysis of mental health position statements in sport: scope, quality and future directions », Psychology of Sport and Exercise, Volume 55, July 2021.

[74] Thèse en cours de Simon Valverde sous la direction d’Hélène Joncheray sur l’identification et la prévention des risques psychosociaux chez les sportifs de haut niveau et/ou professionnels en France.

[75] Sébastien Le Garrec, « La santé mentale des athlètes », Bulletin de l’Académie nationale de médecine, Volume 209, Issue 4, avril 2025.

[76] Schaal et al., « Psychological balance in high level athletes: gender-based differences and sport-specific patterns », PloS ONE, Volume 6, Issue 5, May 2011.

[77] Cressey et al., « Scholarly Olympics : how the games have shaped research », Nature, 536, 2016.

[78] Audition du 27 février 2025.

[79] Ryan et al., « Inequalities in the evaluation of male versus female athletes in sports medicine research: a systematic review », The American Journal of Sports Medicine, Volume 51, Issue 12, 2022.

[80] Nathalie Boisseau, Martine Duclos, Michel Guinot, La femme sportive : spécificités physiologiques et physiopathologiques, 2009.

[81] Exploring Menstrual Periods Of Women athletes to Escalate Ranking.

[82] L’escrime, l’aviron, le football, le ski et le cyclisme.

[83] RGPD, Article 6 : Licéité du traitement.

[84] L’Insep justifie l’utilisation d’un « Athlete Management System » pour l’analyse posturale des sportifs à des fins de prévention des blessures et d’optimisation de la performance, par la mission d’intérêt public en application des dispositions de l’article R. 211-2 du code du sport. En effet, l’Insep participe à la politique nationale du développement des activités physiques et sportives particulièrement dans le domaine du sport de haut niveau et contribue à la protection de la santé des sportifs et au respect de l’éthique. À ce titre, il assure, en lien avec les fédérations sportives, la formation et la préparation des sportifs de haut niveau. Les fédérations délégataires justifient elles aussi la collecte de données d’entraînement par la mission d’intérêt public en application du contrat de performance et du contrat de délégation (articles L. 131-15 et R. 131-28 et R. 131-28-1 du code du sport qui encadrent le contrat de performance et le contrat de délégation).

[85] Les demandes d’équipement en GPS ou LPS ou encore les demandes d’Athlete management systems ne sont pas centralisées au niveau du ministère chargé des sports ou de l’Agence nationale du sport, ce qui permettrait d’imposer un seul interlocuteur face aux entreprises et de profiter de la taille du marché national pour négocier des conditions contractuelles plus favorables, à l’instar de ce qui est fait dans certains pays étrangers (à travers UK Sport au Royaume-Uni par exemple). À l’heure actuelle, chaque fédération et chaque club négocie directement avec lesdites entreprises.

[86] Podcast Team Sports numéro 8 – Science en jeu, « Affiner l’art de l’entraînement », 17 juin 2024.

[87] Dans la réponse de la Fédération française de football au questionnaire envoyé dans le cadre de la présente étude sur la détection et la prise en charge des commotions cérébrales, les statistiques avancées pour les trois dernières saisons sont les suivantes : le nombre de matches professionnels (L1, L2, Coupe de France, Coupe d’Europe) s’est élevé à 661 pour la saison 2024/2025, 840 pour la saison 2023/2024 et 867 pour la saison 2022/2023. Le nombre de commotions cérébrales identifiées a été respectivement de 10, 13 et 20.

[88] Dans les disciplines telles que le rugby, le football américain, la boxe, la lutte, le judo.

[89] Dès 1928, le Punch Drunk était décrit par Harrisson Martland, médecin légiste et passionné de boxe, chez des boxeurs atteints de démence, de dysarthrie et de syndrome cérébelleux. En 1937 était inventé le concept de dementia pugilistica, identifiant l’association entre des troubles cognitifs, une ataxie et un syndrome parkisonien. En 1973, Corsellis fait une description très précise de la démence pugilistique (J.A. Corsellis et al., « The aftermatch of boxing », Psychological Medicine, 1973).

[90] J. F. Chermann, E. Orhant, D. Brauge, « Comment, en France, le rugby et le football ont permis de mieux prendre en charge la commotion cérébrale ? », La lettre du neurologue, Volume XXVIII, N° 6, juin 2024.

[91] Mackay et al., « Neurodegenerative Disease Mortality among Professional Soccer Players », The New-England Medical Review and Journal, 381 (19), November 7, 2019.

[92] Orhant et al., « A retrospective analysis of all-cause and cause-specific mortality rates in French male professional footballers », Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports, 32 (9), September 2022.

[93] Ueda et al., « Neurodegenerative disease among male elite football (soccer) players in Sweden: a cohort study », Lancet Public Health, 8 (3), April 2023.

[94] Selon Jean- François Chermann, neurologue spécialiste des commotions cérébrales chez les sportifs, une subcommotion correspond à un impact transmis au cerveau lors d’un coup avec altération neurologique très transitoire d’une durée de l’ordre de la minute. Cette altération neurologique regroupe des signes comme la sensation d’être sonné, la vision d’étoiles sans qu’aucun syndrome post-commotionnel ne survienne. Cf. « Complications retardées des commotions : encéphalopathie chronique post-traumatique », La médecine du sport.com.

[95] Matser et al., « A dose-response relation of headers and concussions with cognitive impairment in professional soccer players », Journal of Clinical and Experimental Neuropsychology, 23, 2001.

[96] Matser et al., « Chronic traumatic brain injury in professional soccer players », Neurology, 51, 1998.

[97] Si cette initiative doit être saluée, sa mise en œuvre soulève de nombreuses critiques. En effet, les protège-dents choisis pour être instrumentés présenteraient des lacunes en matière de protection contre les chocs. La Fédération française de rugby a officiellement saisi World Rugby sur ce sujet.

[98] Dans son rapport sur le suivi des commotions cérébrales en TOP 14 et PRO D2 pendant la saison 2023-2024, l’observatoire des commotions cérébrales constate qu’un nombre important de HIA 3 n’est pas enregistré dans le SCRM alors que cette consultation est non seulement obligatoire, mais également primordiale pour la détermination de la durée d’arrêt d’un joueur avant son retour au jeu.

[99] Réponse au questionnaire sur la gestion des commotions cérébrales envoyé par les rapporteurs à la Fédération française de football.

[100] Quentin Lhuaire, « La commotion cérébrale dans le handball amateur en France : étude nationale prospective autour du protocole carton blanc », Médecine humaine et pathologique, 2024.

[101] Audition du 19 mars 2025.

[102] Audition du 10 octobre 2024.

[103] Inoue et al., « Incidence and factor analysis for the heat-related illness on the Tokyo 2020 Olympic and Paralympic Games », BMJ Open Sport & Exercice Medicine, 9, 2023.

[104] Smith et al., « The last Summer Olympics? Climate change, health and work outdoors », The Lancet, Volume 388, Issue 10045, 2016.

[105] Décalés d’août à fin septembre pour s’adapter au climat.

[106] Les vitesses de nage avaient été augmentées de plus de 2 %.

[107] Ils permettent de cacher la prise d’autres substances dopantes interdites.

[108] Michel Audran, « L’Olympisme mis à l’épreuve », Pour la science, hors-série n° 124, août-septembre 2024.

[109] Audition du 10 octobre 2024.

[110] Transcranial direct current stimulation.

[111] Cf. entretien de Michel Audran, ancien directeur du Laboratoire national de lutte antidopage de Châtenay-Malabry, Pour la science, hors-série n° 124, août/septembre 2024.

[112] Audition du 27 février 2025.

[113] Telles que le master mention Staps : entraînement et optimisation de la performance sportive (EOPS), spécialisé en psychologie du sport ; le master EOPS non spécialisé en psychologie du sport mais complété par un diplôme universitaire en psychologie du sport ; le master mention psychologie complété par un diplôme universitaire en psychologie du sport.

[114] Les pôles sportifs implantés dans les Creps sont des structures d’entraînement et de formation pour les sportifs de haut niveau, incluant les pôles Espoir, les pôles France et parfois des pôles ressources nationaux. Ils offrent aux jeunes athlètes un encadrement professionnel, des installations sportives optimales et un accompagnement personnalisé pour concilier réussite sportive et parcours scolaire ou universitaire. Les disciplines varient selon les Creps, mais peuvent inclure l’athlétisme, le basket-ball, l’escrime, le handball, le tennis de table, etc.

[115] 12 projets ont été retenus à la suite de l’appel à projets. Toutefois, le projet BEST-Tennis n’a pas été reconduit à l’issue de la première évaluation.

[116] Il s’agit d’une organisation en réseau des centres d’entraînement et de formation de haut niveau maillant le territoire français (Creps, Écoles nationales, Centre national des sports de la Défense).

[117] Conférence organisée le 29 juillet 2024 par le ministère chargé de la recherche et de l’enseignement supérieur au Club France.

[118] Cette cellule est composée des athlètes appartenant au cercle de haute performance (athlètes ayant gagné une médaille il y a moins de deux ans aux JOP ou lors de championnats du monde), des athlètes réalisant régulièrement des performances de niveau mondial, des athlètes réalisant des performances de niveau mondial occasionnellement et les athlètes en devenir à potentiel exceptionnel.

[119] Il peut s’agir de données d’applications mobiles, d’accéléromètres, de capteurs optiques, de chambres environnementales, de caméras vidéo à haute fréquence, etc.

[120] Enquête adressée aux encadrants techniques en charge de la haute performance des fédérations, Mouvens, 2024.

[121] Laboratoire d’InfoRmatique en Image et Systèmes d’information.

[122] Conférence de directeurs et directrices.

[123] Il s’agit par exemple de prélèvements de sang ou d’échantillons biologiques (biopsies cutanées, écouvillonnages, etc.), de la collecte de données physiologiques au moyen de capteurs ou d’imagerie, ou encore de stimulations externes mécaniques, électriques ou magnétiques.

[124] Il s’agit par exemple du recueil de salive, d’urines, de sueur, du recueil de données par capteurs extracorporels non invasifs (EEG, ECG, pression artérielle), d’enregistrements vidéo, de photos, de questionnaires.

[125] Organismes mis en place pour encadrer les recherches biomédicales par la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique.

[126] Le passage devant cette commission est indispensable puisque c’est elle qui formule un avis pour le remboursement par l’assurance maladie des dispositifs médicaux.

[127] Décret modifié par le décret n° 2023-232 du 30 mars 2023 relatif à la prise en charge anticipée des dispositifs médicaux numériques à visée thérapeutique et des activités de télésurveillance médicale par l’assurance maladie au titre de l’article L. 162-1-23 du code de la sécurité sociale.

[128] Cf. infra III. B. 1.

[129] La prothèse Synsys coûte 86 000 euros.

[130] F. Burlot, M. Delalandre, H. Joncheray, J. Demeslay, M. Julla-Marcy, A. Heiligenstein et F. Bignet, Les conditions de travail des entraîneurs des jeux Olympiques de Tokyo : des carrières au travail quotidien, Doctoral dissertation, Insep, 2002.

[131] F. Burlot, M. Delalandre, H. Joncheray, J. Demeslay, M. Julla-Marcy et A. Heiligenstein, 2023. Article précité.

[132] À cet égard, certaines fédérations et établissements nationaux ont un rôle précurseur. Ainsi, le nouveau référent scientifique de la Fédération française de voile est un chercheur de l’Ifremer détaché à 50 % de son temps. De même, le référent scientifique de la Fédération française de gymnastique est un enseignant-chercheur de l’université de Besançon détaché à 100 %. Le Creps de Toulouse bénéficie d’une mise à disposition à 50 % d’une enseignante-chercheuse qui est déchargée de ses enseignements pour mener des actions d’accompagnement avec les sportifs en complément de son activité de recherche.

[133] Le vendredi 4 juillet 2025, la ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative, Marie Barsacq a annoncé le lancement d’un nouveau programme de recherche dédié à la haute performance sportive. Ce programme fera l’objet d’un investissement de 20 millions d’euros dans le cadre de France 2030, et des appels à projets sont prévus à l’horizon janvier 2026.

Ce programme sera structuré autour de huit axes prioritaires :

1. Biomécanique et sciences de l’entraînement : perfectionner les gestes techniques et s’adapter à des environnements extrêmes ;

2. Technologie sportive et équipements : optimiser le matériel et rechercher des gains marginaux (textiles, parasport) ;

3. Intelligence artificielle : traitement et exploitation des données massives ;

4. Préparation mentale et physiologie : prévention des blessures, gestion du stress ;

5. Santé globale de l’athlète : lutte contre le burnout et accompagnement à la reconversion ;

6. Facteurs environnementaux et sociétaux : impacts du sommeil et des sollicitations médiatiques ;

7. Facteurs humains : prise en compte du genre, des sciences de l’apprentissage dans la performance ;

8. Approche intégrative : recours à l’IA prédictive pour la récupération et la prévention des blessures.

[134] L’appel à projets qui résultera de ce nouveau programme prioritaire de recherche pour la haute performance sportive et l’innovation ne sera lancé qu’en janvier 2026, soit deux ans seulement avant les jeux Olympiques de Brisbane. L’accompagnement scientifique à la performance en France présentera donc un retard de 3 à 4 ans par rapport aux pays anglo-saxons. Quant aux Australiens, les soutiens supplémentaires aux programmes scientifiques au service des jeux Olympiques à Brisbane ont commencé en 2022, traduisant une vision à long terme ambitieuse et structurante sur 10 ans.

[135] Les établissements du réseau Grand Insep concentrent sur les territoires de nombreuses interactions entre les différentes communautés scientifiques et sportives pour la haute performance. Certains Creps (Montpellier et son antenne à Font-Romeu, Toulouse, Poitiers, Bordeaux, Nantes, Vichy, etc.) emploient plusieurs responsable et accompagnateurs scientifiques titulaire d’un doctorat et menant avec les universités locales de nombreux projets de recherche. Il existe également des laboratoires communs comme à Poitiers ou à Vichy avec deux laboratoires de l’université de Clermont.

[136] Le budget de l’Agence nationale du sport est passé de 461 millions d’euros en 2024 à 415,2 millions d’euros en 2025, même si, selon le manager général de la haute performance de l’Agence nationale du sport, cette réduction des crédits n’a pas eu d’impact pour le sport de haut niveau dont les crédits sont restés stables à 114 millions d’euros.

[137] La commission d’enquête sénatoriale sur les missions des agences, opérateurs et organismes consultatifs de l’État a rendu son rapport le 3 juillet 2025 dans lequel elle préconise la suppression de l’ANS.

[138] Qui entraîne une faiblesse musculaire et une atrophie.

[139] Cf. supra III. A. 2.

[140] Il s’agit d’une fatigue anormale qui subsiste après le repos.

[141] Cf. I. C. 3.

[142] Les personnes souffrant de fatigue chronique à la suite d’une maladie ou même sans cause identifiée (fatigue idiopathique) seraient au nombre de plusieurs millions.

[143] Laboratoire interuniversitaire de biologie de la motricité.

[144] Advance Neurorehabilitation Therapies and Sport, acronyme anglais pour Sports et Thérapies Neuro-éducatives Avancées.

[145] Stimulating People and Organizing Recreational Therapies.

[146] 50 personnes sont actuellement sur liste d’attente.

[147] Vélo ergomètre robotisé avec stimulation électrique fonctionnelle.

[148] Loi n° 20168-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé. L’activité physique adaptée vise des personnes incapables de pratiquer des activités physiques ou sportives ordinaires en autonomie et en sécurité et considérées comme inactives.

[149] Partie de la prothèse dans laquelle s’insère le moignon.

[150] Entreprise française qui fabrique des dispositifs médicaux orthopédiques.

[151] Le chargement d’une prothèse est l’action de mise en contact entre le moignon et la prothèse via l’emboîture.

[152] Phase d’appui, phase oscillante et position neutre.

[153] En phase d’appui, la flexion du genou autorise la dorsiflexion de la cheville, ce qui permet les mouvements de triple flexion du membre inférieur (flexions simultanées de la cheville, du genou et de la hanche) utilisés par les sujets non amputés pour descendre les escaliers ou les pans inclinés et s’asseoir. En phase oscillante, la flexion du genou provoque une dorsiflexion automatique de la cheville permettant d’augmenter la distance entre le pied et le sol afin de limiter les risques de trébuchement.

[154] Praticien hospitalier en médecine physique de réadaptation à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches.

[155] Audition du 19 décembre 2024.

[156] Actuellement, l’assurance maladie assure une prise en charge forfaitaire de 598 euros pour les fauteuils destinés au sport de loisir.

[157] World Rugby a imposé le port de protège-dents connectés afin de pouvoir détecter tout fait de jeu à forte accélération que subiraient les joueurs. Néanmoins, une polémique entoure le choix des protège-dents effectué par World Rugby, qui connaîtraient des insuffisances dans leur mission première, qui est de protéger les tissus mous et les dents et de réduire les risques de commotion cérébrale. La Fédération française de rugby a saisi World Rugby sur cette question.

[158] Sont impliqués dans ce projet l’UMR 1219 BPH Inserm/Université de Bordeaux, le service de médecine physique et de réadaptation ainsi que le service de médecine bucco-dentaire du CHU de Bordeaux, le laboratoire I2M UMR CNRS 5295 Ensam, la plateforme d’analyse du mouvement, Incia, UMR CNRS 5287.

[159] Les normes relatives aux aides techniques sont moins contraignantes que celles liées aux dispositifs médicaux.

[160] Benhdia Yanis, « Les Nouvelles applications mobiles pour les amateurs de sport », Stratégiedigitalesport.com.

[161] La jauge d’énergie « Body battery » dans l’application Garmin Connect est une fonction qui utilise la variabilité de fréquence cardiaque, le niveau de stress et l’activité pour estimer les réserves d’énergie de l’utilisateur durant la journée.

[162] Sebastian Deterding et al., « From Game Design Elements to Gamefulness: Defining “Gamification” », Proceedings of the 15th International Academic MindTrek Conference: Envisioning Future Media Environments, ACM, 2011.

[163] Minna Ruckenstein et Mika Pantzar, « Beyond the Quantified Self: Thematic Exploration of a Dataistic Paradigm », New Media & Society, vol. 19, no 3, mars 2017. La mesure de soi ou « quantified self » est un ensemble de pratiques qui consistent à analyser sa capacité physique ou son mode de vie : poids, tension, calories consommées, nombre de pas dans la journée, rythme cardiaque, etc. L’objectif est d’améliorer sa santé et son bien-être.

[164] Éric Dagiral, Christian Licoppe, Anne-Sylvie Pharabod, « Quantified Self », Réseaux. Communication – technologie – société, n° 216, 2019.

[165] Evé Southcott and Julius Jooste, « Unveiling the Impact of Mobile Fitness Applications on Motivational Orientation in Sustaining Exercise Behaviors: A Qualitative Investigation », Physical Culture and Sport. Studies and Research, 103, 2024.

[166] Evé Southcott and Julius Jooste, 2024, étude précitée.

[167] Bénédicte Vignal, Guillaume Routier, Brice Lefèvre, Bastien Soulé, « Courir et mesurer autrement : le recours aux objets connectés par les pratiquantes de la course à pied », Loisir et Société/Society and Leisure, 2022, pp.1-24.

[168] Cf. enquêtes menées par BVA (2023), le Credoc (2022) et Emmanuel Dagiral et ses collaborateurs (2019).

[169] B. Vignal, G. Routier, B. Lefèvre et B. Soulé, « Courir et mesurer autrement : le recours aux objets connectés par les pratiquantes de la course à pied », Loisir et Société, 45(3), 482-505, 2022.

[170] Étude publiée par l’Anses sur les consommations et les habitudes alimentaires de la population française.

[171] Chi Pang Weng, Xifeng Wu, « Stressing harms of physical activity to promote exercise », The Lancet, vol. 380, July 21, 2012.

[172] Garcia et al., « Non-occupational physical activity and risk of cardiovascular disease, cancer and mortality outcomes: a dose–response meta-analysis of large prospective studies », British Journal of Sports Medicine, 57, 979-989, 2023.

[173] Blair et al., « Physical fitness and all-cause mortality. A prospective study of healthy men and women », JAMA, November 3, 1989.

[174] Ross et al., « Importance of Assessing cardiorespiratory fitness in clinical practice: a case for fitness as a clinical vital sign: a scientific statement from the American Heart Association », Circulation, Volume 134, Number 24, 2016.

[175] Frédéric Costes, « Effets physiologiques de l’activité physique », Revue du rhumatisme monographies, 88, 2021.

[176] Jochem et al., « Association between muscular strength and mortality in clinical populations: a systematic review and meta-analysis », JAMDA, 20, 2019.

[177] Chaput et al., « Economic Burden of excessive sedentary behaviour in Canada », Canadian journal of public health, 114 (2), April 2023.

[178] Dohrn et al., « Accelerometer-measured sedentary time and physical activitvy. A 15 year follow-up of mortality in a Swedish population-based cohort », Journal of science and medicine in sport, 21 (7), 2018.

[179] Lee et al., « Sedentary work and breast cancer risk: A systematic review and meta-analysis », Journal of Occupational Health, 63 (1), June 23, 2021.

[180] D. Schmid, M. F. Leitzmann, « Television viewing and time spent sedentary in relation to cancer risk: a meta-analysis », Journal of the National Cancer Institute, 106 (7), 2014.

[181] Avis de 2016 et de 2020 relatifs à l’évaluation des risques liés aux niveaux d’activité physique et de sédentarité des enfants et des adolescents.

[182] Il convient d’insister sur le fait que les chiffres sont anciens et que les temps d’écran ont certainement augmenté.

[183] Cabanas-Sanchez et al., « Associations of total sedentary time, screen time and non-screen sedentary time with adiposity and physical fitness in youth: the mediating effect of physical activity », Journal of Sports Sciences, 37 (8), 2018.

[184] Metabolic Equivalent of Task : cette unité a été créée spécialement pour mesure l’activité physique. Le MET s’appuie sur le rapport entre la dépense énergétique d’activité pratiquée et celle du métabolisme au repos. 8,75 MET équivaut aux recommandations de 150 minutes d’activité à intensité physique modérée à intense par semaine.

[185] Kokkinos et al., « Exercice capacity and mortality in older men: a 20-year follow-up study », Circulation, Volume 122, 2010.

[186] Frédéric Costes (2021). Étude précitée.

[187] Damon L Swift et al., « The Effects of Exercise and Physical Activity on Weight Loss and Maintenance », Progress in Cardiovascular Diseases, 61(2), July-August 2018.

[188] Eddy Zakhem et al., « Étude observationnelle sur l’impact du type d’activité physique sur la densité minérale osseuse, la géométrie osseuse de la hanche et le TBS chez des hommes adultes », Kinésithérapie, la Revue, Volume 15, Issue 163, juillet 2015.

[189] Claude-Pierre Giudicelli, Xavier Bigard, Améliorer la pratique des activités physiques, du sport et réduire la sédentarité à l’école, un enjeu de santé publique, Rapport de l’Académie nationale de médecine adopté le 17 septembre 2024.

[190] Ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports, « Activité physique, fonctionnement cognitif et performances scolaires : niveau de preuve et grade de recommandation », Note du Conseil scientifique de l’éducation nationale, n° 6, février 2022.

[191] Subramanian et al., « Effect of Structured and Unstructured Physical Activity Training on Cognitive Functions in Adolescents. A randomized Control Trial », Journal of Clinical and Diagnostic Research for doctors, 9, 2015 ; Hunter et al., « Active kids active minds: a physical activity intervention to promote learning? », Asia-Pacific Journal of Health, Sport and Physical Education, 5, 2014.

[192] En neurosciences, on appelle fonctions exécutives du cerveau un ensemble de processus cognitifs qui permettent à un individu de réguler volontairement ses pensées et ses comportements pour atteindre un objectif ou s’adapter à une situation nouvelle ou complexe.

[193] Kredlow et al. (2015). « The effects of physical activity on sleep: a meta-analytic review », Journal of Behavorial Medicine, 38, 2015.

[194] Romain Meeusen et Kenny De Meirleir, « Exercise and Brain Neurotransmission », Sports Medicine, vol. 20, n° 3, September 1995.

[195] Lynette L. Craft et Frank M. Perna, « The Benefits of Exercise for the Clinically Depressed », The Primary Care Companion For CNS Disorders, vol. 6, n° 3, June 2004.

[196] M. L. Bruchon-Schweitzer, Une psychologie du corps, Paris, P.U.F, 1990.

[197] G. Ninot, D. Delignières et M. Fortes, « L’évaluation de l’estime de soi dans le domaine corporel », Revue Staps, 53, 2000.

[198] Perte progressive de la masse musculaire liée au vieillissement.

[199] Perte de la force musculaire.

[200] Jean-Jacques Temprado, « Effets de l’exercice physique sur les fonctions cognitives au cours du vieillissement », Gérontologie et société, N° 156, vol. 40, 2018.

[201] Expertise collective de l’Inserm, Activité physique : prévention et traitement des maladies chroniques, 2019.

[202] Page internet du National Cancer Institute: physical activity and cancer.

[203] Winzer et al., « Physical activity and cancer prevention: a systematic review of clinical trials », Cancer Causes and Control, 22 (6), 2011.

[204] Cf. Winzer et al. (2011). Étude précitée.

[205] Bernstein et al., « Bile acids as carcinogens in human gastrointestinal cancers », Mutation Research, 589 (1), 2005.

[206] Garcia et al., « Non-occupational physical activity and risk of cardiovascular disease, cancer and mortality outcomes: a dose-response meta-analysis of large prospective studies », British Journal of Sports Medicine, 57, 2023.

[207] Difficulté à respirer.

[208] Épisodes d’aggravation des symptômes tels que la toux, l’essoufflement (dyspnée) et la production d’expectorations.

[209] Volume d’air expiratoire maximal en une seconde.

[210] Institut national du cancer, Bénéfices de l’activité physique pendant et après cancer, mars 2017.

[211] Études individuelles nationales de consommations alimentaires menées par l’Anses entre 2014 et 2015.

[212] Cf. Frédérique Meunier et Christophe Proença, mission flash sur l’activité physique et sportive et la prévention de l’obésité en milieu scolaire, commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale. Communication du 19 mars 2025.

[213] Saidj et al., « Descriptive study of sedentary behaviours in 35,444 French working adults: cross-sectional findings from the ACTI-Cités study », BMC Public Health, 15, 379, 2015.

[214] Données du Centre national d’appui au déploiement en activité physique et lutte contre la sédentarité (CNDAPS).

[215] Madigan et al., « Assessment of Changes in Child and Adolescent Screen Time During the covid-19 Pandemic », JAMA Pediatrics, Vol. 176, N° 12, 2022.

[216] Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité.

[217] France Stratégie, L’évaluation socioéconomique des effets de santé des projets d’investissement public, rapport du groupe de travail présidé par Benoît Dervaux et Lise Rochaix, mars 2022.

[218] Dominique Delandre, rapport de la mission interministérielle sport-santé. Travaux conduits de novembre 2022 à 2023. Remis le 7 avril 2025.

[219] Sénat, Redonner du souffle aux « 30 minutes d’activité physique quotidienne à l’école » pour améliorer la santé des élèves, rapport d’information n° 774 (2023-2024), déposé le 25 septembre 2024 ; https://www.senat.fr/rap/r23-774/r23-774.html

[220] Assemblée nationale, mission flash sur l’activité physique et sportive et la prévention de l’obésité en milieu scolaire, 19 mars 2025 ;

https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/documents/sportsco/l17n27177607_document.pdf

[221] Cette capacité correspond à la littératie physique, définie par la motivation, la confiance, la compétence physique, le savoir et la compréhension qu’une personne possède et qui lui permettent de valoriser et de prendre en charge son engagement envers l’activité physique pour toute sa vie.

[222] L’EPS est l’une des matières de la formation initiale des futurs professeurs des écoles, mais sa place a reculé depuis les années 2000. Dans les maquettes de master MEEF (Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation), les horaires dédiés à l’EPS sont réduits, passant en quelques années de 100 heures à 50 heures, parfois même à 24 heures dans certains instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation (INSPE) (Créteil, Clermont, Lille).

[223] https://www.france-assos-sante.org/2025/03/24/en-termes-de-sante-publique-il-faut-mener-une-politique-de-valorisation-du-sport/

[224] Coauteur avec Louise Le Borgne du livre Les Français et le sport. Bâtir une nation sportive, le défi français (Le Cherche-Midi, 2024).

[225] Les investissements viseraient notamment la prise en charge de la prescription d’activité physique adaptée, la rénovation des infrastructures et le recrutement d’enseignants d’EPS.

[226] Directrice de recherche CNRS, responsable du groupement de recherche Sports et activités physiques, audition du 24 octobre 2024.

[227] Professeur à l’UFR Staps de l’université Grenoble Alpes, audition du 7 novembre 2024.

[228] Ministère des sports et des jeux Olympiques et Paralympiques, Des jeux responsables et utiles. Pour un héritage durable, août 2024.

[229] Rapport d’information déposé en application de l’article 146 du règlement, par la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire sur l’impact budgétaire et l’héritage des jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 (M. Benjamin Dirx), n° 1667.

[230] Hugo Bourbillères, Mathieu Djaballah, « Impacts des grands événements sportifs internationaux : points de repères et controverses », Management & organisations du sport, 6, 2024.

[231] Injep, Les licences sportives annuelles au sortir des Jeux de Paris 2024, janvier 2025.

[232] Anne-Marie Foucaut (coordinatrice), Ordonnances en activité physique adaptée : 100 prescriptions, 2e édition, 2024.

[233] Maître de conférences à l’université Aix-Marseille, audition du 30 janvier 2025.

[234] E. L. Deci et R. M. Ryan, « Self-determination theory: A macrotheory of human motivation, development and health », Canadian Psychology, 49 (3), 2008.

Cette théorie s’intéresse aux motifs qui poussent un individu à l’action. Elle présente un continuum motivationnel qui va de la motivation la moins autodéterminée (il s’agit de l’amotivation) à la motivation la plus autodéterminée (la motivation intrinsèque) en passant par la motivation extrinsèque elle-même divisée en régulation intégrée (caractérisée par l’acceptation consciente des valeurs induites par l’action et l’atteinte des objectifs), régulation identifiée (caractérisée par l’acceptation consciente des objectifs et de la nécessité des actions pour les atteindre), régulation introjectée (engagement intériorisé mais soumis à une régulation externe) et régulation externe (engagement lié à des demandes externes ou un contexte social).

[235] La théorie des buts d’accomplissement développée notamment par John G. Nicolls en 1984 est un cadre théorique en psychologie qui explique comment les individus s’engagent dans une tâche en distinguant deux types d’approche : les individus qui adoptent des buts de maîtrise cherchent à développer leurs compétences et à apprendre la tâche à accomplir. Ils sont motivés par l’apprentissage et l’amélioration personnelle. La compétence est évaluée de manière autoréférencée, c’est-à-dire en fonction de ses propres progrès et efforts. Les individus qui adoptent des buts de performance cherchent à démontrer une compétence supérieure par rapport aux autres. La compétence est évaluée de manière normative, en comparaison avec les autres.

[236] L’activité physique est pratiquée non en raison du plaisir qu’elle procure, mais pour des raisons externes comme la recherche de récompenses tangibles (médailles, prix, argent), la reconnaissance sociale, le désir d’améliorer son apparence physique ou de perdre du poids pour répondre à des normes sociales ou médicales.

[237] Pauline Maillot, Clémentine Becquard, Alexandra Perrot, « Motivation des personnes âgées à pratiquer une activité physique », Gérontologie et société, n° 156, vol. 40, 2018.

[238] Abi Nader et al., « Associations between physical activity motives and trends in moderate-to-vigorous physical activity among adolescents over five years », Journal of sports sciences, 2021.

[239] Maltagliati et al., « Why people should run after positive affective experiences instead of health benefits? », Journal of Sport and Health Science, Volume 3, Issue 4, July 2024.

[240] Maxime Luiggi, Maxime Travert, Jean Griffet, « Adhésion et abandon de la pratique sportive chez l’adolescent : vers une politique de rétention ? », Santé publique, Volume 36, N° 5, septembre-octobre 2024.

[241] Les questionnaires remplis à moins de 50 % ou comportant des réponses aberrantes n’ont pas été retenus.

[242] Lorsqu’on additionne le taux de pratiquants sportifs et le taux de celles et ceux qui ont abandonné la pratique sportive.

[243] Colin Gatouillat, Jean Griffet et Maxime Travert, « Navigating the circles of social life: Understanding pathways to sport drop-out among French teenagers », Sport, Education and Society, 15 juillet 2019.

[244] Dans cette étude, la quasi-totalité des 100 adolescents ayant abandonné la pratique sportive exerçait celle-ci dans un club.

[245] Cette étude a porté sur 395 adolescents de sept établissements différents tous situés dans les Bouches-du-Rhône.

[246] Union sportive du premier degré.

[247] Union générale sportive de l’enseignement libre.

[248] Margaret Whitehead, « The Concept of Physical Literacy », European Journal of Physical Education, Volume 6, Issue 2, 2001.

[249] Thèse de Joseph Gandrieau soutenue publiquement le 20 décembre 2023, Comprendre et mesurer le concept de littératie physique : un défi majeur pour promouvoir l’activité physique durable ?

[250] Joseph Gandrieau, Thibaut Derigny, Christophe Schnitzler, François Potdevin, « Envisager la littératie physique pour éduquer à une vie active », Métiers santé, avril-août 2020.

[251] Ce plan concerne également des enfants plus âgés et des adultes. Les enfants âgés de moins de 11 ans représentent 85 % du nombre total des participants. Depuis 2008, 239 325 pratiquants ont bénéficié de ce dispositif et 62 558 enfants ont validé le test qui atteste des compétences minimales permettant d’assurer sa propre sécurité dans l’eau. 318 sites sont concernés. Cf. Fédération française de natation, Bilan des plans ministériels « j’apprends à nager/aisance aquatique », 2024.

[252] Cheffe de service de médecine du sport au CHU de Clermont-Ferrand, présidente de l’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité, audition du 27 février 2025.

[253] Qiu et al., « Does objectively measured light-intensity physical activity reduce the risk of cardiovascular mortality? A meta-analysis », European Heart Journal. Quality of Care and Clinical Outcomes, 7, 2021.

[254] Faire la cuisine, faire du repassage, se déplacer dans sa maison, arroser ses plantes, faire le marché…

[255] Dans les pays anglo-saxons, cette tendance à concentrer un maximum d’activités physiques sur un seul jour est dénommée : « weekend warrior physical activity ».

[256] Selon l’Insee, depuis 25 ans, les hommes s’occupent un peu plus de l’éducation des enfants, mais leur contribution aux tâches domestiques est restée relativement stable. Les femmes gèrent 71 % des tâches ménagères et 65 % des tâches parentales.

[257] Khurshid et al., « Accelerometer-Derived “Weekend Warrior” Physical Activity and Incident Cardiovascular Disease », JAMA, 2023.

[258] Ahmadi et al., « Vigorous physical activity, incident heart disease and cancer: how little is enough? », European Heart Journal, 2002.

[259] Stamatakis et al., « Association of wearable device-mesured vigorous intermittent lifestyle physical activity with mortality », Nature medicine, 2022.

[260] Ce qui correspond à une distance comprise entre 6 et 8 kilomètres en fonction de la longueur des pas, soit entre 1 h 15 et plus de 2 heures de marche selon la vitesse de marche.

[261] Le podomètre s’appelait manpo-kei, ce qui peut être traduit par « l’outil pour mesurer les 10 000 pas ».

[262] Lee et al., « Association of step volume and intensity with all-cause mortality in older women », JAMA Internal Medicine, 179 (8), May 29, 2019.

[263] Paluch et al., « Steps per day and all-cause mortality in middle-aged adults in the coronary artery risk development in young adults study », JAMA Network Open, September 3, 2021.

[264] Paluch et al., « Daily steps and all-cause mortality: a meta-analysis of 15 international cohorts », The Lancet Public Health, Volume 7, Issue 3, March 2022.

[265] Ding et al., « Daily steps and health outcomes in adults: a systematic review and dose-response meta-analysis », Lancet Public Health, July 3, 2025.

[266] L’activité physique dans un but de santé est considérée comme une intervention non médicamenteuse et peut être associée à un soin.

[267] Aude-Marie Foucaut, Les sciences de l’implémentation au service du style de vie actif dans les parcours de soins ; date de soutenance : 5 septembre 2023.

[268] Blodgett et al., « Device-mesured 24-H movement behaviors and blood pressure: a 6-part compositional individual participant data analysis in the ProPass consortium », Circulation, Volume 151, Number 2, November 6, 2024.

[269] 14 761 personnes ont été considérées dans l’étude. Le temps moyen de sommeil s’élève à 7,3 heures, le temps de sédentarité à 10,7 heures, le temps passé debout à 3,17 heures, le temps consacré à la marche lente à 1,57 heure, le temps passé à marcher rapidement à 1,13 heure et le temps consacré à des exercices physiques (course et cyclisme) à 16 minutes.

[270] Une baisse de 2 mmHg de la pression artérielle systolique a été constaté lorsque 2 heures 50 minutes de sédentarité ont été remplacées par du sommeil.

[271] Vaillant-Coindard et al., « Utilité perçue de l’exergaming pour favoriser l’activité physique à l’école : étude pilote auprès des enseignants », Santé Publique, HS2, vol. 36, 2024 ;

https://doi.org/10.3917/spub.hs2.2024.0117.

[272] Actuellement, une seule personne à l’Insep est chargée de l’animation du réseau national des référents scientifiques, ce qui est largement insuffisant. La mise en place du Sport Data Hub par l’Agence nationale du sport va également nécessiter l’embauche de personnels supplémentaires.

[273] Telles que : maîtriser les données fondamentales de la physiologie de l’exercice, connaître les particularités de l’évolution des capacités physiques dans le temps en fonction de l’âge et du genre, être capable de gérer les fondements méthodologiques de l’entraînement, maîtriser les outils technologiques, connaître les techniques de renforcement musculaire, maîtriser les techniques de récupération du sportif, être capable d’assurer les conditions de réathlétisation en lien avec l’équipe médicale, être capable d’expliquer et de démontrer des réalisations techniques, etc.

[274] Ou encore la licence Staps spécialité Entraînement sportif.

[275] Cf. Réglementation de la préparation mentale dans le sport. Préconisations du Comité national des préparateurs mentaux (CNPM).

[276] Soit un master Staps EOPS spécialisé en psychologie du sport, soit un master EOPS associé à un diplôme universitaire en psychologie du sport, soit un master en psychologie combiné à un diplôme universitaire en psychologie du sport.

[277] Rapport de la mission interministérielle sport-santé « Delandre » remis le 7 avril 2025.

[278] Certains opposants au remboursement de l’activité physique adaptée par l’assurance maladie renvoient à la responsabilité individuelle des patients de prendre des dispositions favorables à leur santé. Dans ce cas, le même raisonnement devrait être appliqué au remboursement des médicaments dont l’effet est amoindri par des comportements à risques de la part des patients. Or, personne ne remet en cause le remboursement des prescriptions de médicaments.

[279] Les recommandations du rapport Delandre peuvent servir de base à cette réflexion.